13.8.09

Voyage en bleu

J'ai été tagguée par Gilsoub en bleu et en sept.
Voilà donc sept petits bleus de mon voyage.
Un bleu grue:


Un bleu corvée. Ou bien, c'est selon, l'ultra-chic marin qui assortit les pelles aux manches à air.


Du bleu container :

Et celui-là, une dédicace à Yves.



Du bleu à la dérobée, à l'ombre de la cargaison.


Le bleu impassible de l'attente au large de Kaliningrad. Nous dansions doucement sur l'ancre et attendions le pilote.

Le bleu nuit de l'arrivée à Gävle, dans ce chenal si étroit que nous aurions presque pu toucher les balises de la main.

Comme toujours, la prend qui veut! Meerkat, un petit chat bleu? Du bleu, déjà plein chez Boutoucoat,mais elle en a sûrement en reserve. Still?

11.8.09

Embarquement 4.


Sans doute n'est-il de voyage absolu que dans la contemplation.

Quelqu'un vient. On échange des mots. Et bien qu'il soit question du pays, là-bas, de ces Iles Philippines semées sur la mer, on est déjà sorti de la géographie.
Les mots, doucement, vous arriment, vous suturent à l'histoire.
Le second regard sera différent.

8.8.09

Embarquement 3.



Le voyage, par un paradoxe, commence à l'escale.
Et l'escale, autre déplacement de l'habitude, n'est en rien du repos.
Très tôt et jusqu'à très tard, une multitude de véhicules sillonnent le terminal, de toutes couleurs et de toutes tailles.
Il y en a de très petits, véhicules de sécurité d'un rouge éclatant, des tracteurs pour amener et retirer les échelles de coupées, des camions citernes, d'immenses faucheux qui vont chercher les containers et...
De souriantes grenouilles qui les transportent à bord :


Parfois, cela travaille aussi coté mer : ici, cet homme concentré écoute son tuyau de vidange d'huiles usées.


Tout ceci forme une tornade disciplinée, une agitation méthodique où tout est prévu et rien, jamais, ne doit être laissé à la routine.
Le chargement des containers dépend, non seulement de leur port d'embarquement, de leur contenu et de leur poids, tout autant que de leur destination.
Tâchez d'imaginer, vous qui, comme moi, avez certainement toujours besoin du dernier de la pile, ce gigantesque jeu de pousse taquin. Il ne doit pas seulement être joli à l'œil : il doit être équilibré, quelque soit le temps, se défier de l'explosif et de l'inflammable et être prêt au déchargement avec le minimum d'effort.

Les dockers, si vite qu'ils aillent à terre, mettent une surprenante délicatesse à l'opération de grutage. Comme s'ils mettaient un point d'honneur à n'ébranler que très doucement le bateau.
Plus encore que le roulis, je crois que c'est ce mouvement qui a imprimé en moi une sensation que je découvre destinée à une durable nostalgie.
Le plus troublant, dans ce voyage, ce n'était pas d'être seule femme au milieu d'un équipage d'hommes. C'était, allongée sur ma couchette, de découvrir qu'un bateau qu'on charge a le même mouvement ample et doux qu'un lit où on fait l'amour.

6.8.09

Lazy Woman

"Lazy woman!" me dit l'ami Max en arrachant les mauvaises herbes à ma place.
Mais mon ami Max, qui refait un, non, deux bateaux, une grange en ruine, un vieux fourgon et héberge le cheval de sa fille, n'a définitivement pas les mêmes critères que moi.
Toutefois, il a raison. J'ai tout juste lavé mes p'tites brassières de voyage. Les photos sont en vrac dans l'ordinateur, les posts à moitié rédigés, j'ai pas appelé mon pôpa, ni fait les bagages de miss Bibi.
J'ai l'impression qu'il fait soleil absolument partout dans le monde, même la nuit, sauf chez moi.
Il fait un temps à bronzer sous la couette.
Qui m'aime m'y suive, tiens.

3.8.09

Embarquement 2.



Dès cinq heures du matin, j'ai vu le port s'éveiller, bruire, puis sonner dans toute une gamme d'alarmes.
Il y a des portes, des avis impératifs en allemand et dans un anglais que je ne comprends pas, des barrières de sécurité, des interphones.
Il y a des gens qui vont et viennent avec l'assurance un peu appuyée de ceux qui, souvent, travaillent sous le regard des néophytes.
Il est vingt heures, maintenant, sur le quai de Bremerhaven, j'ai un peu moins de 1500km derrière moi et je vais pour la troisième fois en vingt-quatre heures demander si quelqu'un en sait un peu plus sur l'arrivée de ce cargo, prévue, selon diverses sources entre midi et minuit.
Il est vingt heures, je suis un peu perdue et bien sûr, pointe la question lancinante des voyageurs et des amoureux : fallait-il se donner tout ce mal?

Mais il y avait cette voix. Elle a troué ma solitude, m'a promis, non pas monts et merveilles, mais une place auprès de lui, la chaleur, la sécurité, le confort. Elle m' a dit viens, qui est sans doute le plus beau mot de toute langue, et je l'ai crue. Je suis venue, irrésistiblement attirée par les mystères enclos en quelques mots. J'ai franchi en aveugle des bois et des plaines mornes. .
Et maintenant, j'attends.
Vous avez dit, comme tous ils font, que vous rappelleriez. Je suis sûre, comme toutes elles le sont, que vous allez le faire.
Que vous ne vous seriez pas donné la peine de m'appeler du milieu de la Baltique, pour me laisser échouer, comme cet autre traître, sur le quai de ce terminal.
Oui, vous allez rappeler et, cher Capitaine, je prie à cet instant pour que vous ne ressembliez pas à votre voix et que vous fassiez pour de bon 1m50 et 110 kgs.
Et teutonniquement chauve.
S'il vous plaît.




Le Reinbek est à quai. On m'invite à rouler ma valise jusqu'à un portillon, qui ne s'ouvrira que lorsque que la navette chargée de me déposer devant la passerelle, arrivera.
Le shuttle est un vrombissant petit insecte noir et blanc, efficace et indifférent. Il m'expulse sans un mot juste devant un immeuble de dix étages encore plus long que haut.
Trois sourires, trois poignées de main, quatre escaliers raides comme des volées hollandaises et me voilà temporairement propriétaire de 12 m carrés de liberté à la fois circonscrite et presque totale.
Fort bien insonorisée des vibrations aériennes, je peux y dormir toute la journée s'il me plaît, m'y exercer à l'opéra ou au poirier, lire, rêver ou vous écrire, personne ne viendra m'y déranger.
Le plus difficile, finalement, aura été de franchir cet espace hérissé d'inconnu qu'est un terminal de containers.
Maintenant, je sais, je parle la langue, j'ai été admise. J'en ai une enfantine vanité et le cœur battant.


Ah oui : le Capitaine est charmant. Son petit garçon aussi.

1.8.09

Embarquement.


Le voyage en cargo, finalement, n'est rien d'autre qu'une forme de retraite laïque.
Comme à la Trappe, on y entrera avec l'espoir vif, un bagage bien trop abondant pour l'usage véritable qu'on en fera, la promesse fervente et naïve d'utiliser ce temps pour aborder enfin des territoires intellectuels trop longtemps négligé, un peu d'appréhension, un peu de coquetterie aussi.
Et comme au couvent, la question " comment vais-je penser au mieux durant ces deux semaines?", masquera des interrogations, infiniment plus prosaïques, mais certainement plus sincères : "Vais-je m'ennuyer, seule avec moi?", "Est-ce que je ne vais pas en avoir absolument assez au bout de deux jours?", et par dessus tout : " comment vais-je manger?"

Très bien.
Sobrement, abondamment et avec une régularité de métronome.

Par contre, je n'ouvrirai que rarement ma méthode de breton, pas du tout ma boîte d'aquarelle. Quand au livre de Damazio, je l'ai tout simplement oublié à terre.

Mais alors qu'ai-je fait?

J'ai regardé la mer, j'ai déniché tout les recoins à l'abri du vent mais exposé au soleil, j'ai pris des centaines de photos, j'ai parlé, peu, mais bien, dans un anglais aussi approximatif que celui de tout le monde.

J'ai écouté en moi, une somme considérable de minimes apaisements.

J'ai cherché des îles dans la brume légère, j'ai tâché de deviner la destination d'immenses bateaux dessinés sur la ligne d'horizon comme des jouets de grands.
Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde.

Il ne s'est rien passé.

Rien, et pourtant, je vais tâcher de vous faire partager ces temps du cargo, temps d'ailleurs et d'autrement, temps marqués par l'attente, le rite et la veille. J'ignore absolument comment je vais m'y prendre, j'ignore ce qui vous parviendra, hors la mer, du vent, de la fascination du sillage sans cesse ourlé, de la vibration chaude et retenue des moteurs puissants, des gestes mesurés, de la parole brève et de la tâche bien faite.
Mais je vais essayer.

24.7.09

A PORI (E)

Ceci est une spéciale dédicace à la charmante Tippie qui m'a fait les honneurs de sa ville et en particulier de sa statuaire pour le moins...euh... pour le moins euh, c'est exactement ça.
Donc tout spécialement pour elle, deux exemplaires de statues finlandaises, l'une à Pori, l'autre à Rauma.
Et puisque Gilsoub ne traîne pas loin, pourquoi ne pas proposer pour l'été un hors série sur le sujet " Et chez toi, le conseil municipal a choisi quoi?"



Je vous ai écrit de Bremerhaven, toute à la joie d'être arrivée.
Je ne vous ai pas écrit du canal de Kiel.
Je vous ai écrit de Kaliningrad. Mais la douanière campait dans sa guérite mobile sous la passerelle et je n'ai pas touché la terre russe.
Je vous ai écrit de Mantyluoto, me disant qu'il avait fallu bon nombre de hasard pour que je découvrisse ce port de Finlande, dans ce pays où la forêt descend jusqu'à la mer et sur le moindre ilôt.
Je vous écrit maintenant de Gävle, dans une brume suédoise, par une tout petite liaison, précaire comme une bouteille à la mer.
Je reviens bientôt.
Je vous embrasse.

10.7.09

Passer le pont.



Qu'est-ce qui fait qu'on se sente, à certains moments plus qu'à d'autres, en voyage?

Ce n'est ni affaire de météo, ni même de lieu. Cela n'a rien à voir avec l'exceptionnel du cadre, ni la jouissance appropriative d'avoir été là, d'avoir vu cela.

Le voyage commence avec le contraire de l'appropriation, avec le sentiment de ma propre étrangeté, de mon innappartenance, d'une forme d'irresponsabilité vis à vis des évènements. La jouissance est celle d'être rendue agile parce que déliée.

Il suffit parfois de passer le pont.



Parfois, cela ne marche pas. Le voyage n'est qu'une route morne, pesante, interminable. On se demande pourquoi on est parti, s'il était bien raisonnable de mettre en mouvement tant de chose et de gens, y compris soi-même, pour une aussi mince satisfaction.
Ce n'est souvent que le sentiment que le temps s'est morcelé inharmonieusement, que l'on a pas su tirer parti de rien, que la pensée, au lieu de flotter, s'enroule en barbelés.



Mercredi fut long, jusqu'à Arras. Mais je me suis sentie particulièrement bien dans cette ville qui offre sans détour, sans complications particulière, son vieux cœur magnifique. Sur la place aux hautes façades qui se soutiennent sans défaillance depuis des siècles, le luxe d'un café au son du beffroi me coûta un euro vingt et me fut servi par Martine, la cheville effondrée dans les tralettes et lœil vif, qui délaissa un temps ses cotes de porcs mises en route pour le midi pour venir cuisiner cette dame seule avec un appareil photo. C'est que le jeudi, il y a jamais grand monde.
Et cette ruelle, ne l'ai-je pas vue dans un Pieter de Hooch?


Dans la campagne, les engins agricoles moissonnaient soigneusement autour des cimetières militaires enclos, qui en paraissaient presque minuscules.
Est-ce qu'un jour, la ville rejoindra ces espaces volontairement laissés sous leur forme de champs de cratères, maintenant incompréhensibles?

(monument canadien de Vimy)

8.7.09

Ondes positives

Je suis dans l'enceinte d'une célèbre enseigne qui vend de la junk-food. L'avantage, c'est qu'ils ont ouvert des connexion wifi en libre service.
L'inconvénient, c'est que ni l'odeur, ni les bruits ambiants ne vous pousse à la délicatesse d'écriture.
Alors, ce billet sera pour donner des nouvelles.

Je suis du côté d'Arras. Je monte tout doucement vers le Nord. L'heure de départ est encore incertaine. Le 11? le 12? Peut-être finalement le 13. Mais j'ai un beau ticket de passage dans mon ordi et des gens très gentils qui me tiennent au courant tous les jours.


Quand je suis partie, j'ai allumé la radio. Il y était question de la "Jeanne d'Arc", de l'attachement que les marins qui y ont fait campagne ont pour ce bateau.
Puis, l'heure suivant, il fut question de Cendrars.
Sauf cinq minutes, où un vallon me fit perdre le contact avec la radio nationale, pour tomber sur une station locale.
Il y était question de Mac Orlan.

C'était, pour partir, de magnifiques ondes qui ne sentaient pas outrageusement la frite.
Mais qui en donnaient.

Je vais sans doute voir Tippie dans sa n'Hollande.
Tout va bien...

6.7.09

Décidément, c'est Corto...

Un quai pour un autre, ce sera donc celui du port de Bremerhaven, pour embarquer sur un cargo allemand qui fait un circulaire, passant par Kaliningrad, la Finlande et Gravle en Suède.
13 jours de farniente et de méditation.
De photos aussi, j'espère.
Départ prévu le 11 ou le 12 et retour vers le 24.

M'en vais partir par petites étapes, parce qu'il n'y a aucune raison de se bousculer et toutes les raisons de cultiver l'absence de précipitation.
Bref, je vais promener ma baleine sur une ligne du Havre à Brème.
JEA, j'ai votre adresse en munition, peut-être au retour.
Tippie, je devrais passer pas loin de chez toi... On partage un gâteau et un muffin?
Les autres... vous avez jusqu'à jeudi pour lancer une écholocation!

Pour le récit de voyage et les photos, ce sera au gré des connexions-peut-être seulement au retour. Un cargo, c'est des escales à des heures aléatoires... Pas sûre de trouver un cyber-café.

Rendez-vous fin juillet. D'ici là, portez-vous bien.

5.7.09

Sous la canopée


(c'est plus joli si on clique)
Sous la canopée
du Morbihan
j'ai croisé la patrouille
qui s'entraînait
pour le 14 juillet.

4.7.09

Sortir du gris


Ces derniers temps, j'ai beaucoup pensé à une nouvelle d'Alphonse Allais. En bon chimiste fou, il eut l'idée de décrire par le menu la composition élémentaire de sa bien-aimée. Ayant constaté que l'objet de ses soupirs étant composé essentiellement d'eau, de protéines et de quelques électrolytes, il en conclut que c'était bien bête de faire tant de tintouin pour si peu.

En dehors de quelques grands fracas et de l'impérieuse nécessité de survivre, il n'est guère de troubles de l'existence qui ne puissent être résumées de la même façon.
Peines de cœur, projets noyés, embarras de trésorerie ou inquiétude devant les tendances de votre progéniture à une forme hilare d'amoralité, rien qui, convenablement détaillé, disséqué, remis en perspective et trituré, rien qui puisse garder longtemps sa figure de drame.

Et rien, absolument rien qui, au final, ne résiste à cette entreprise, tant qu'il n'est pas encore temps de cesser d'en souffrir.
On aura beau faire, raisonner, abraser les écueils douloureux de la pensée, ils reviendront dans la nuit. On aura beau faire le tour des ses richesses, le matin vous verra le front collé à la vitre, le cœur étreint, balançant entre le sentiment d'injustice et celui de sa propre iniquité, abandonné, vacant.

Le premier mensonge de la raison, ou sa première erreur, est de croire l'homme raisonnable.

Ce n'est pas la raison qui a fait lâcher le gris. Peut-être la stupéfaction. La compassion pour l'homme aux quatre-vingt défauts (oui, oui, il en a perdu pas mal dans le maelstrom) touché, touchant, tenace à vouloir effacer les traces de ce qu'il faut bien appeler une Bérézina de Juillet, dont il n'était pourtant nullement responsable.
Vos messages, vos invitations, vos sacres.


Je ne courrais pas après Michel Strogoff. Mais après tout, j'ai eu d'autres amours littéraires. Dont certaines ont résisté.

J'aurai peut-être, une dizaine de jours, une place sur un cargo. Je le saurai lundi.
Alors, je ris, je fouine, je parle globish avec un Hambourgeois charmant au nom imprononçable qui me parle de la Baltique et me promet qu'il va tout faire pour que je parte. Je n'ai pas défait ma valise, juste effacé les widgets qui me donnaient la météo de Kazan et d'Irkoutsk. Je touche du bois et la casquette bleue pendue au mur.

Oui, bien sûr, il y avait aussi un marin, dans mes amours de jeunesse.

2.7.09

Partir, na!


Je n'aime pas le tourisme. Pour m'en convaincre, je n'ai qu'à regarder les innombrables offres de zoulis rêves à prix cassé.
Je l'ai fait, par acquis de conscience, poussée par les voix aimantes et désolées qui me disaient: " allez, fais-toi plaisir!"
Mais non, j'ai envie de voyage, pas de tourisme. Ce qui me plaisait dans ce rêve stoppé net, c'était justement le temps non emballé, le train, le temps sur le fleuve. Oui, oui, je voulais bien voir des églises, mais en plus du reste, des babas qui vendent des framboises, des réminiscence de Michel Strogoff et de la lumière entre les bouleaux.

Oui, peut-être qu'un jour, je serais tentée par les Torii ou les eaux cristallines de Vanuatu, mais c'est parce que quelque chose m'aura appelé là-bas, un ami, un tableau, une incise dans le feutre du quotidien.

Je n'aime pas le tourisme, mais la privation de voyage m'est aussi insupportable que l'éloignement trop prolongé de l'eau.

Alors, je vais partir. Je ne sais pas encore comment je vais lancer les dés, pour ouvrir la première case.
Prendre un volant et faire un blogotour? (mais, suis-je montrable en ce moment? Pas sûr... Vous avez du soapalin?)
Prendre un volant et ne se fier qu'à l'envie de cette route là, juste à droite?

Prendre le train pour une de ces gares parisiennes qui s'étoilent sur toute l'Europe et profiter de Schengen pour décider au gré des petits volets métalliques dont le bruit est aussi alléchant, aussi prometteur qu'une odeur de cannelle sortant du four?

Opter pour un tour d'iles? Un zig-zag alphabétique? Un voyage dans les Cévennes? Avec une ânesse?

J'ai envoyé des mails à des compagnies de cargos qui prennent, parfois, des passagers.
Amis canadiens, si jamais j'arrive à Montréal, passant par Gibraltar, prendrons-nous un bagel de concert?
Au bout de 15 jours de mer, à ne rien faire d'autre qu'épuiser ma pile à livres et photographier le bastingage, je serais sûrement plus montrable que maintenant.

Sait-on jamais?
Un désistement est si vite arrivé...

Partira pas.

Mais curieusement, pas pour les raisons craintes au départ.
Le passeport vagabond a été récupéré au terme d'une épopée, dont je n'aurais pas tiré 500 pages, mais un joli petit billet quand même.

L'enveloppe récupérée contenait bien le passeport mais au lieu des billets attendus....
une lettre de la société Arteast / Russorama déclarant le voyage annulé. Une histoire de dépot de bilan.

Je m'étais étonnée de la légèreté de ce voyagiste. Je comprend maintenant pourquoi il ne répondait pas à mes mails. Mais il aurait pu nous éviter de déranger 5 personnes pour courir après un courrier qui n'était même pas celui du Czar.

Ma déontologie m'interdit de le découper en rondelles. Par contre, le net peut-être un moyen efficace de faire savoir son incompétence.
Donc, vous pouvez faire savoir haut et fort que Russorama arteast est tout, sauf fiable.

(d'ailleurs, gentils amis, si vous cliquez suffisamment fréquemment sur ce billet, vous ferez monter mes stats, ce dont je me contrefous, mais si ce billet vient s'intercaler sur gougueule entre les pages de pub de ce monsieur, ça évitera à d'autres gens de rêver comme je l'ai fait.


Vous avez des plans sympas pour juillet?

1.7.09

Positivons.

Est-ce la grande valise va servir?
"Oh, dit Fille Cadette, ça peut toujours servir à planquer les morceaux du voyagiste dans la consigne."
'ffectivement.

30.6.09

Partira? Ou pas?

A trois jours du départ, mon passeport, mes billets d'avions, balancés par une stagiaire incompétente dans la nature, ou plus exactement à ma précédente adresse se baladent sans moi.
Nous rejoindrons-nous avant la fermeture de l'embarquement pour Moscou?

C'est une bonne question.
Et c'est un peu les boules aussi, avouons.

29.6.09

Quand on voit c'qu'on voit et qu'on entend c'qu'on entend, on a ben raison d'penser c'qu'on pense.

Tout à l'heure, en faisant une recherche pour un estimé confrère, je suis tombée sur une sidérante révélation.
Il était question de PAI, ces protocoles d'accueils individualisés qui ont pour but, en autorisant la prise de médicaments ou des gestes simples, de favoriser la scolarisation des enfants malades. Outils précieux qui ont permis tout autant de mettre en sécurité certains enfants que de limiter l'absentéisme. Ce confrère s'inquiétait du refus de mon service chéri de faire délivrer du V@lioum intra rectal (pensez: suppo liquide) pour un enfant sujet aux états de mal épileptique (cad, des crises qui s'enchaînent les unes aux autres), alors même que les secours ou ses parents étaient à plus de 30 mn d'accès de l'école.
Selon lui, c'était lié à la circulaire de 2003 qui modifiait le texte initial.
Je vous passe les détails de ma recherche. Rien dans la circulaire en question. Mais un service juridique de La Grande Maison, va savoir si c'est à l'échelon local ou ministériel semble avoir pondu une recommandation dont je vous laisse juge :

Il convient d'abandonner la délivrance de Valioum en intra rectal, car un enseignant, même en présence d'un tiers, pourrait se voir accuser d'abus sexuel.

Les bras m'en tombent, et j'en viendrais presque à souhaiter qu'il en tombe autre chose chez nos mirifiques juristes.
Car enfin outre qu'il s'agit d'un contrat où chaque étape est détaillée en présence des parents et de l'équipe, tous signataires, faut considérer deux petites pierres d'achoppement dans le raisonnement de ces cuistres.

D'une part, ces candides ont l'air de supposer que tout médecin, scolaire ou du Samu serait exempt d'inavouables perversions.

D'autre part, faudrait quand même réfléchir : si l'enseignant est pervers au point que la vue d'un enfant, les yeux révulsés, enchainant convulsion sur convulsion lui fait frétiller la machine à fantasme, je ne vois pas la raison de prolonger la jouissance de cet infâme pendant 30 longues et délectables minutes.
Un valioum et basta.

Si on veut vraiment, les yeux fermés, comme en Afghanistan.

28.6.09

Signaux.


Si je regarde là-bas, il y a Nividic. La Jument. Eckmühl. Et puis la Vieille. Men Brial. Celui de la pointe saint Mathieu, au milieu de ses ruines. Le Creach en habit noir et blanc. Les Moutons, et Trévignon.

Et puis si je me retourne et que je regarde vers la terre, voilà d'autres lumignons.
Phares terrestres aux éclats irréguliers et fidèles, amis, aimés, passants qui veillent et qui signent. Plein de mots doux reçus ces jours-ci.


Me v'la plus légère.


Et bientôt, tout bientôt, je m'en vais. Je vais voir Nijni Novgorod!

D'un bonheur.

Se baigner, seule au monde, à 0h37.

25.6.09

Lourd

Ce que je traine
c'est mon chalut
tout à la fois
ma peine
et ma subsistance

21.6.09

Exercice de style

Sur un sujet complexe, une forme de boutade, appelée par un post de Traou qui comporte un paragraphe sur la Belgique : d'après elle, le problème a été résolu par une loi très antérieure interdisant de circuler à visage découvert.

Etant donné que les députés viennent d'adopter une loi anticagoule,
tâchons d'imaginer ce qui va se passer sur le plan juridique, si des femmes voilées décident de manifester contre un projet de loi contre la burqa, avant l'adoption de cette dernière?

Faites un dessin.

16.6.09

Réussites

Je fais une réussite.
Une?
Je fais des réussites.
Inlassablement, je clique sur des cartes virtuelles. Inlassablement, mais par périodes. Il y a longtemps que je ne m'en veux plus, que je sais que c'est moins pour tuer le temps que pour décharger la pensée, que le geste répété, la limitation volontaire et maniaque à des enjeux sans valeur sont là pour endiguer les tensions.
Je fais des réussites.
Souvent sans grande réussite.
Celle-ci est presque immobilisée, promise sous brève échéance à tourner parfaitement en rond. Il ne reste qu'un minime déplacement, une infime ouverture.
Et voilà que le tableau s'anime, que ce déplacement de la dernière chance ouvre en grand des charnières qui en appellent d'autres, que les possibilités de manœuvre s'accumulent, que les cartes tournent et finalement,sagement, s'ordonnent en partie gagnée.

Et voilà qu'au delà des ruminations moroses et des apitoiements sur moi même, voilà je cesse de balancer entre le refus méprisant des larmes et leur inévitable délectation, voilà que tout d'un coup, je peux dire à quoi servent les larmes.

Cela sert à forer.

Obscurément, patiemment, involontairement, cela cherche un chemin vers le minime déplacement, cela use et lime les verrous, ça passe derrière ou à coté, cela desserre les collets et tout d'un coup, cela autorise un quelque chose qu'on appellera, selon le cas, un jeu.
Ou une articulation.

Sous la faconde, je suis un âne de long chemin. Je laisse pleurer en moi, puisque c'est inévitable et j'attends.

Sous la dent, j'ai vos mots gentils à ruminer et c'est bien ce que j'ai trouvé de meilleur.

14.6.09

Pourquoi pleurons-nous?

Mon ami Tom, qui fut un dilettante acharné et un travailleur subrepticement consciencieux, vieil homme qui dissimulait derrière de grands rires et le goût des jeunes femmes une blessure à jamais tatouée sur l'avant-bras, me parlait ainsi, avec faux soupirs et vrai accent de l'est, de celle qui fut, si mes souvenirs sont bons, sa deuxième épouse :
"Aah! Anita, tu vois, celle-ci me prrrocurrrra sept ans de bonheurrrs quotidiens et trrrois ans de chargrrrrin crrrréatif."
Je n'ai pas encore l'âge qu'il avait quand il me fit cette déclaration, du haut d'un chameau tunisien qui roulait en parallèle du mien, sentence qui me fit d'autant plus rire que mon coeur n'était alors plein que d'une très jeune enfant dont la fréquentation me ravissait, et d'un jeune mort avec lequel j'étais en paix.
Je croyais alors que je ne pleurerais plus.
"Ah! ah! ah" diraient mes lecteurs de plus de quarante ans, en accord avec le fantôme de Tom. Mais les lecteurs de plus de quarante ans qui pleurent encore ont le cœur assez tendre pour m'épargner leurs sarcasmes.
Mais sur quoi pleurons-nous? N'ai-je pas, pourtant, acquis l'âge et la raison de savoir que l'autre n'est jamais un miroir? Que rien, personne, pas un être ni un destin ne peut tenir lieu de monde à lui tout seul.

Parfois, je suis un âne sous la pluie, l'œil fixe et l'oreille mobile, espérant que les eaux se confondent.
Je n'en suis pas encore tout à fait au stade du chagrin créatif.

7.6.09

Reprise de croissance

Les hommes politiques et les économistes qui parlent actuellement de reprise de croissance me font penser à un patient à la diète forcée pour cause d'infarctus et qui surveille anxieusement le moment où il pourra de nouveau se goinfrer de charcuterie et de gâteaux.

6.6.09

Quelques trucs qui ne feront pas un billet.


Avant, je considérais comme un luxe abouti que de pouvoir lire, sans hâte, le journal du jour à la terrasse d'un bistrot. L'encre, l'odeur du café et celle du croissant, la plage de temps effiloché aux pages une à une, la rêverie et le regard en coin, formaient un présent délectable qui soutenaient l'apprentissage des nouvelles du monde.
Pourquoi je n'aime plus lire le journal?
Peut-être parce que j'ai bien conscience qu'il n'y a pas d'ailleurs, que c'est bien dans mon monde à moi que se passe cet acharnement à éviter de vivre ensemble, cette acceptation de la profonde laideur de nos traces, ces primes continuelles au cynisme. J'en suis d'autant plus consciente que les choix qui président actuellement à la gestion de ce petits bout de territoire heurtent absolument tout ce à quoi je crois.
Je n'aime plus le journal qui ne me renvoie que mon impuissance.
Mais j'irais voter quand même.

On nous demande aujourd'hui de ne pas oublier les américains. Gardons-nous en. Aujourd'hui, ce sont les Anglais qu'il fallait oublier.


L'avantage des créateurs dont on aime pas les productions, c'est qu'ils vous rappellent l'autorisation de faire comme bon vous semble et qu'en matière de chant, de danse, d'écriture ou de peinture, l'erreur ne lèse finalement personne. C'est un peu moins vrai en architecture.

Cette nuit, j'ai sauvé un enfant, j'ai souri à la gendarmette qui décidait de ne pas sanctionner l'absence de ma ceinture de sécurité et j'ai, très rapidement, reconnu que si cet autre enfant était différent des autres, c'est qu'il savait voler. Comme moi. Ou comme j'ai su faire, peut-être. C'était une nuit bien remplie.

J'aime toujours la maraude et dormir dans des endroits dont je n'aurais jamais entendu parler sans mon goût des segments blancs sur les cartes routières et des signes cabalistiques qui disent qu'il y un mégalithe à la première à droite après le franchissement de la voie ferrée. Les digitales étaient en sus.

1.6.09

J'ouvre l’œil

Ce temps d'été, les amis, l'eau qui commence à bien vouloir... Tout ceci me porte à la flemme.
Presque. J'ai quand même commencé quelque chose qui me tenait à coeur depuis que mon photoblog est arrivé à saturation de sa capacité de stockage.
J'ouvre donc, ce jour, L ’Œil de la Baleine.
Les visiteurs sont les bienvenus, c'te blague.

26.5.09

Vous n'étiez pas venu pour ça.


Ce n'est pas très souvent, mais des fois, j'ai une mauvaise nouvelle à annoncer.
Dans mon cadre d'exercice particulier, cette mauvaise nouvelle n'est généralement pas une réponse à une question posée mais une découverte.

Comment faire pour que ce soit autrement que brutal, imprévu, assommant?

Oui, madame, monsieur, je sais ce que c'est que ce signe; il n'est pas aussi innocent que vous l'avez toujours cru, cette chose là, si ancienne, avec laquelle vous vivez si paisiblement au point de n'en avoir jamais parlé à ce confrère que vous voyez si peu, cette chose-là est une cochonnerie.
Et l'enfant que vous m'avez amené bien portant repart avec un long courrier et la perspective d'un nombre incalculable d'examens, d'attente, de spéculations angoissées.
Et je ne pourrais vous y accompagner. Je vous laisse à la porte de mon confrère, avec mes voeux silencieux, les mots que j'ai tâchés de choisir en sachant qu'il ne pouvait y en avoir de doux, les larmes dans vos yeux et la colère que vous conteniez.

Il devait être question de tellement autre chose... Votre enfant rêve en classe et s'échappe et vous veniez en parler, avec confiance et crânerie, parce que la vie, vous connaissez, cette garce, vous avez su la faire cracher ce qu'elle vous devait, malgré votre passé d'anciens de la Ddass et tous les moments où vous vous êtes cogné aux murs.
Et vous aviez affuté le verbe haut et vous étiez contents de voir qu'on pouvait en sourire.
Mais ça, vous ne l'attendiez pas, et moi non plus, quand j'ai posé des mains presque routinières qui ont sonné l'alarme avant mes yeux, avant même mon cerveau.

Quand nous nous reverrons, parce que nous nous reverrons sûrement, vous serez passés dans une autre histoire et il y aura, entre nous, ce moment où celle-ci a basculé. Je sais que vous m'en voulez.
Si vous pouviez savoir à quel point je ne vous en veux pas de m'en vouloir et combien je pense à vous...

20.5.09

Encore une fille de Mai


Elle a seize ans aujourd'hui, cette autre belle de Mai, celle que j'appelle ma clandestine. Est-elle secrète, est-elle discrète?
Elle est comme ce pays-ci, en contour le plus souvent doux.
Mais parfois, parce que la lumière se fragmente, parce que le voile se déchire, parfois, sous l'acuité d'un étincelant rayon, d'un imprévisible ravissement, elle éclate au grand jour, radieuse, limpide et acérée, et me stupéfie.

Que l'année qui vient t'emballe et t'emmène, ma très chérie.

18.5.09

Je sais, c'est un tout pitit peu flou


Mais c'est pas ma faute, y faisait rien qu'à bouger!
Bon, c'était prévu comme photo du jour, et puis il y a Oxygène la bien nommée qui m'envoie ce lien-ci vers une opération escargot tout à fait digne d'intérêt...
Cela ne pouvait mieux tomber.
Contrairement à l'escargot adoptif* de Miss Bibi, qui a opéré sous mes yeux un splendide rétablissement avec double vrille enroulée et rattrapage sur la corne, dont malheureusement, il ne restera aucune autre trace que baveuse.
Ou alors très floue.

*NB : Il s'agit, bien entendu d'une adoption simple et non point plénière. Il rejoint ainsi une vaste fratrie composée de vers de terres, bigorneaux, demi-lézards, dugongs ainsi que diverses espèces de très gros chiens pleins de poils et de poneys emphysémateux.

17.5.09

It makes my day


Aujourd'hui, j'ai quarante-six ans

-alors?
-Ben...je sais toujours pas si c'est le rocher qui se végétalise ou si c'est l'arbre qui devient minéral.

-Y manque des trucs sur ta photo.
- A voui. Manquent les tites fleurs, les t'its n'enfants, les grands, le sable, le chocolat, l'homme aux 89 défauts, mon fauteuil bleu, quelques chats, le souvenir de Maxime Cornu, les framboises de Pouchkine, les pignons dans le tajine, les cléomes qui ont bien voulu germer, les tomates pas vraiment, les copains dont je connais le toucher et ceux dont je connais le style et les émotions, le campanile centré dans ma fenêtre, le hérisson du fond du jardin, mes insomnies, les collections de trucs poussiérieux qui m'attendrissent ou m'enragent, les trucs sérieux qui font pareil, un nuage, deux nuages, la lumière sur l'étang, le filet de pêche, la pluie, la colère, les bibliothèque jamais rangées et les poireaux.
-T'as toujours aimé les listes, sur ce blog. Tu veux quoi pour ton anniversaire?
- De la curiosité, s'il vous plaît. Encore, et puis encore.
Pis je veux bien mendier un bisou.

16.5.09

Le bling-bling et les plombs pétés font-ils sonner les détecteurs?


Coucou revoilou le coup du détecteur de métaux!

Comme j'ai des lecteurs intelligents et sensibles, ils auront déjà compris que je n'ai surtout pas l'intention de banaliser ou d'escamoter le fait qu'un être humain vient d'être opéré après avoir été agressé à coup de couteau dans le cadre de son travail de professeur.

Mais c'est justement parce qu'on ne fait pas joujou avec les poupées vivantes que la réaction de Darcos est totalement insupportable de bêtise.

Alors, allons-y gaiement dans le nawak.

Vous avez déjà vu une établissement de type collège moyen? Vous avez vu le nombre d'entrées et de sorties?
De grilles pourvues de buissons suffisamment touffus pour dissimuler un éléphanteau?
De fenêtres?
Vous avez vu la taille d'un couteau de cuisine?

Vous avez déjà vidé le cartable d'un élève de 6°? Vous imaginez le nombre de règles métalliques, de gris-gris, de barrettes, de -horreur!-CISEAUX qu'on peut y trouver?

Vous avez déjà vu un élève mâle de 4°, peu pressé d'aller en cours? Vous imaginez le nombre de stratégies qu'il est capable de mettre au point pour faire sonner le foutu bouzin?

Et par dessus tout, vous imaginez le nombre de gens qu'il faudrait recruter pour surveiller le machin en question?

Y a quoi? 10 ou 12 000 établissements? Et un portique, ça vaut quoi? 2000 Euros? (J'en sais rien d'ailleurs, mais moi, je vous le ferais à ce prix là!)
Allez zou, une petite commande pour soutenir la consommation. Donc, trois entrées minimum à sécuriser par établissement, hop, plus ma petite commission, plus le dessous de table, allez, je vous fais l'affaire pour 25 000 000 d'euros.

Lecteur chéri, tu sais où il faut investir tes nombreuses économies.

Remarquez qu'il y a beaucoup moins cher.
Il suffit de changer radicalement la formation du personnel éducatif. Au lieu de ces profs laxistes et gauchistes qui méritent tout autant les croupières que leur taille le gouvernement que les boutonnières que leur font les élèves, engageons des terroristes.

Car depuis que l'équipe au pouvoir s'occupe de notre sécurité, les terroristes, population courtoise et responsable, ont appris à laisser leur nom et leur adresse sur les bagages dans le train et à demander par SMS la meilleure façon de faire dérailler ceux-ci.
Ils sauront donc sans aucun doute enseigner à nos chères têtes blondes à se ruer sur les portiques pour faire sonner toutes les alarmes en criant : "retenez-moi ou je fais un malheur!"

Encore faut-il, même à ce moment là, qu'il y ait quelqu'un pour écouter.

Mais bien entendu, rien de ceci ne se produira : le but du jeu, une fois de plus, est juste d'obtenir que mémé se rendorme devant son feuilleton en se disant que l'UMP veille sur elle.
"On sait bien que tout ça c'est du guignol
suspendu au crochet du boucher
alors ne traînons pas qu'on en rigole
de cette masquarade empaquetée
que nous livre la bonne société"

11.5.09

Argoat


Cliquer pour voir plus large

D'abord, il y a la rivière.
L'une des vertus des lieux magiques, c'est de vous faire oublier que vous n'êtes pas les seuls à les aimer. Peu importe ce que vous avez lu, ce qui s'en dit, ce qui circule en milliers de photos, peu importe que la rumeur vous prévienne en défiance ou en enthousiasme de commande, Venise vous attrapera d'une ombre de chat sur le mur, les Jardins de l'Alhambra ouvriront un minuscule repli de sentier rien que pour vous.

La rivière de Huelgoat n'est pas si célèbre, ni si fréquentée. Mais le nombre de familles tout autant que les touristes des beaux jours peuvent vous faire hésiter à franchir les premiers éboulements. Faites trois pas à gauche, deux à droite, les familles disparaissent et vous voilà guettant les fées.

Ah oui, j'aime l'eau! Et cette rivière changeante me ravit qui va de la chute grondante au miroitement taciturne.
Et puis, j'ai découvert que les rochers sont à l'inverse des hommes : c'est en vieillissant qu'ils deviennent chevelus. Ce jour là, le gros rocher du Ménage de la Vierge portait une affriolante coiffure de nombrils de Vénus et de jacinthes sauvages.
Sous les arbres, le lierre était bleu sombre; je me suis souvenue que les bretons n'avait qu'un seul mot pour désigner, tout ensemble, le vert et le bleu.
Et que ce n'est pas seulement à cause de la mer.

Et puis, il y a les gens des Monts d'Arrée, leur inventivité pour faire vivre des liens et des lieux. Si vous passez, arrêtez-vous à Berrien, à l'Autre Rive. Voulez-vous une bière, un café, un livre, un pouème? Un tableau, peut-être? Ceux qui sont au mur ne vous plaisent pas? Levez-la tête, on accroche aussi au plafond.

Oh, bien sûr, le lieu connote grave. Le 22 mai, on y donne lecture de La crosse en l'Air, de l'ami Prévert.
Vous serez prévenus.
Mais comme dans tous les lieux magiques, vous avez le droit à tous les détours, même les plus improbables. Personne ne vous empêchera, si le coeur vous en dit, de vérifier les cours de la Bourse sur les ordinateurs gracieusement mis à votre disposition.

10.5.09

Politesse



Cher ami
auriez-vous la gentillesse
de tenir
la place du rêve.

8.5.09

Rencontre sur la lande


Enlarge your salamandre en cliquant dessus

Rencontré e ce jour sur la lande, la salamandre le lézard a bien voulu poser.
Et pour couper court à toute critique, non,elle il ne fumait pas la pipe! Le brin d'herbe qui dépasse de sa bouche est d'origine.

(Edit : Merci Yves! Ben moi, je croyais que c'était pas un lézard, parce qu'il était vert clair, gros et placide. Un lézard, pour moi, c'est un truc qui se tire dans une faille en te laissant la meilleure part un morceau de lui-même entre les doigts.)

4.5.09

C't'une plaisanterie?

"L'optimisme est l'opium du genre humain ! L'esprit sain pue la connerie. Vive Trotski !"

Milan Kundera articulait son livre "La Plaisanterie" autour de cette phrase, inscrite sur une carte postale pour montrer l'étau dans lequel le système politique tchèque s'était enfermé.
A cause de cette simple plaisanterie, le héros se voyait traité en ennemi du peuple et sa vie entière basculait.
D'après Le Monde, Stéphane, un menuisier trentenaire sans antécédents affichés, vient de passer 24h en garde à vue parce qu'une vague connaissance lui a envoyé un SMS disant: "Pour faire dérailler un train t'as une solution ? Et hop, au gnouf.

Le procureur se défend : Je comprends que, de son côté, la garde à vue puisse paraître violente mais, dans ce genre d'affaire, on ne peut prendre aucun risque".

C'est vrai, ça. Des fois que des innocents puissent subir un préjudice.
Moi, je crois qu'ils auraient dû autoriser les tenailles pour lui faire avouer son forfait, intention de forfait, probabilité de forfait avis sur les déraillements.

Et pour remettre une démocratie sur les rails, vous avez une solution?


Itou chez Maître Eolas.
(pt'être que j'aurais dû faire droit? au lieu de médecine?)

3.5.09

Encore des zoziaux, et des rêves aussi, perchance.


Déjà, il y a quelques années, un zoizillon m'avait fait le coup.
Dans ce temps là, il avait d'un côté, cette famille que je trouvais rapiécée, cette belle-fille à laquelle je ne comprenais rien et surtout pas la terreur que je lui inspirais, les finances en vrac, mes colères et ces assiettes qu'on flanquait par terre, le chantier ni fait ni à faire, les vêtements en vagabondage, le jardin si souvent en déshérence et le sentiment si fort de ma propre incompétence.
De l'autre, ce petit visage qu'on m'avait confié-le temps d'un repas, d'un anniversaire, d'un après-midi de jeu?-va savoir-la bouche enfantine en cerise collante. Elle m'avait déjà poliment glué la joue pour me dire au-revoir et s'était retournée brusquement avec une espèce d'urgence à dire, une intensité qui l'essoufflait et la faisait bégayer :
"vous êtes, vous êtes... ah! vous êtes une jolie famille."
Et d'envoler le dernier bisou avec la main avant de tourner les talons.
Me laissant interdite, statufiée, avec le sentiment vague que j'en reprenais pour dix ans* avec la question : c'est quoi une famille/vie/enfance/ constitution réussie?

Je n'aurais jamais rien attendu de tel de cet autre grand zoizillon, même si je ne me laisse plus prendre à l'adolescente désinvolture. Les larmes au raz des cils n'étaient pas feintes, ni le désir de rester et ce qui se bafouillait avait exactement le même sens.
Je ne sais pas pourquoi et je ne tiens pas à le savoir. Je soupçonne au loin des gens pas méchants qui se sont peut-être perdus de vue, qui, peut-être pour ne pas se faire du mal, ont oublié de se tenir chaud...
Qu'est-ce que je pouvais lui dire, à cet espèce de héron à longues pattes, sinon le houspiller pour qu'il parte à l'heure?
Dois-je lui révéler qu'il ne sert à rien d'envier qui que ce soit, que plus que toute autre, l'économie d'une vie est obscure, incertaine et, la plupart du temps, menteuse? Et pourtant, a-t-on le droit de ne rien dire, d'affirmer à un zoziau si jeune encore, qu'il n'y a ni espoir ni chemin, ni modèle ni assurance?
Et voilà que tout en lui bottant virtuellement l'arrière-train pour qu'il ne rate point le sien, je me disait qu'il faudrait pouvoir, sans peur du ridicule, lui dire : n'envie personne. Mais vole toujours, dans le verger des autres, des autorisations à rêver ta vie, à la faire plus vive, plus drôle, plus chaude que ceux qui t'ont précédé.
Et puis tu es, tu es... Ah! tu es un très chouette zoizillon.

*(c'était y a quinze. Facile.)

Elle voulait du printemps

Tili voulait du printemps.
Est-ce ma faute à moi s'il pleut?
(Et si j'avais envie de faire joujou avec le macro?)



cliquer pour voir en grand

1.5.09

il y a vingt et un ans



Il y a vingt et un ans, j'ai poussé par trois fois et mis au monde un petit bout de zumain dont je m'émerveille, depuis et tous les jours, qu'elle soit si humaine.

Et, en toute objectivité, drôle, fine et belle.
Voui.

29.4.09

Matière à rêver



Je suis entrée en blogosphérie avec ma soeur et quelques cousins.
Des cousins d'en face, avec lesquels, pour copier Oscar Wilde, nous semblons avoir tout en commun, sauf la langue.
Je ne sais pas pourquoi j'ai longtemps lu plus de canadiens que de français, mais c'est ainsi.

Est-ce qu'ils sont très différents?
Oh, il y a bien sûr des signes qui ne trompent pas :
Quand il est écrit que ça sent le printemps parce qu'on entend de nouveau les oisea, les motos et qu'on peut enfin cesser d'entreposer son compost sur le balcon parce que le bac est libéré de ses deux mètres de neige.
Quand les recettes de cuisine sont en tasse et non en gramme.
Quand on est grano plutôt que bobo
Quand ça jure en simonac et que c'est drôle que c'en est écoeurant.
Quand ça complimente bien plus que ça ne débine, mais que ça prend pas de moufles quand ça a décidé de bitcher.
Quand, jamais, mais alors jamais, ça n'écrit que ça à la plotte à terre!
Quand ça peut voir des baleines pour de vrai et que sortir de la ville, ce n'est pas forcément être à la campagne, mais aussi être dans la nature, une nature immense, ni méchante ni bonne, à perte de vue.

Je me demande si le charme que souvent, j'y trouve en sus du contenu en soi, ce n'est pas le rapport aux connivences de langue qu'on trouve chez ceux qui se savent minorité. Une façon, parfois très discrète, et quelque soit le propos, de l'amour à l'histoire de la brosse à dents à travers les âges en passant par la musique et les potins, d'instiller un sentiment d'"être d'ici".

Je n'ai pas besoin de vous présenter Moukmouk, il est connu comme l'ours blanc et beaucoup l'ont déjà en lien.
Vous savez depuis longtemps que j'aime, d'une affection vraie, Chronique blonde, Tassili et Pierre-Léon.
Je lis depuis le début Daniel Rondeau. Pas qu'on copine, hein, je crois pas qu'on ait échangé plus de deux mots mais il a une vraie plume. Je crois que c'est chez lui que j'ai lu la superbe définition du blog : " être tout nu dans une chambre et attendre que quelqu'un allume la lumière".

Je vais aussi chez la Fêlée et son chum l'Ex-ivrogne que je ne lis jamais sans penser à la chanson de Ferré : "Richard, ça va?"
Il y a des fulgurances chez Miss Klektik et les trucs zarbis de l'Enclume des jours.
Il y miss Aboumrad qui est partie enseigner dans le très, mais alors le TRES grand Nord. Sort-on indemne et sans trace du Nunavut?

Oh! Et puis si en chemin à la poursuite de l'homme qu'a lu l'homme qu'a lu le blog de celle qu'a vu l'orignal, vous trouvez d'autres pépites, soyez gentils, partagez...

28.4.09

Le premier mai, défilez masqué!

(Mais pas de blagues, hein les gens! Ne prenez pas les VRAIS, sauf si c'est nécessaire. Sinon, laissez les stocks tranquilles pour le jour où ça sera, hélas, nécessaire.)

27.4.09

Drôles d'oiseaux.


J'étais partie pour faire quelques photos.
Tites fleurs, zoziaux, brins d'herbe.
Des vagues, tiens! 2566 photos de vagues, spa beaucoup, non? Une de plus aurait bien fait mon affaire.
donc, je suis partie vers la dune de R. parce que d'un coté, y a les vagues et de l'autre les zoziaux. Ou les papillons.

En approchant, y avait comme un bruit.
Pardon.
Y AVAIT COMME UN BRUIT!
Genre BOUM BOUM BOUM TCHISSSSSS BOUM BOUM.

Palsambleu, me suis-je dis, car toujours, je jure élégamment pour ne point souiller mon for intérieur.
Y a rave-méga-teuf à la vieille usine.

Vous avez déjà essayé de photographier des tites fleurs avec de la techno en fond sonore?
Enfin, je dis la techno... Déjà que je patine à reconnaître la gavotte de la polka, alors savoir si c'était du trance goa ou de la techno tribe...

Juste que ça faisait un gros bout de périphérique dans mon petit coin de dune et que dépitée, ronchonne et fumasse j'étais.

Galapiats. Petits cons égocentriques. Pollueurs. Vont faire rater les couvées de pipistrelles à écailles rouges. Laisser des papiers gras. Raides défoncés. Ptits cons.

A ce stade là, Anita n'avait qu'une alternative. Rentrer chez elle. Bougonner. Se faire plaindre par l'homme aux 90 défauts.

Ou bien aller y voir.
Vous pensez bien que j'y suis allée.


C'était fin de teuf. Ne restaient plus que les murs sonores et quelques groupes. C'était presque parfaitement propre et une toute jeune fille enroulée dans un sac de couchage m'a sourit d'une frimousse endormie et et sereine. Ses copains étaient ivres, sans excès finalement, détendus. Ils avaient été sages et avaient désigné à l'avance ceux qui conduiraient.
Tout pour plaire.
J'ai refusé le chouchen et je me suis assise.
J'ai passé un moment délicieux et j'ai de très jolis portraits de jeunes gens beaux, courtois et doucement pétés. Adorables zoziaux.

Les gens, de loin, c'est du bruit.
De près, c'est des gens.

26.4.09

D'une urgence.

Il reste deux semaine pour sauver les films de Pierre Etaix.

A quatre-vingts ans, Pierre Etaix, clown, dessinateur et cinéaste ne peut plus montrer ses films.

Ses cinq longs métrages (dont quatre co-écrits avec Jean-Claude Carrière)sont aujourd'hui totalement invisibles, victimes d'un imbroglio juridique scandaleux qui prive les auteurs de leurs droits et interdit toute diffusion (même gratuite)de leurs films.

Alors, si comme moi, vous souhaitez comprendre les raisons de ce rapt culturel et signer la pétition pour la ressortie des films de Pierre Etaix, visitez ce lien:

Pétition de l'association des amis de Pierre Etaix



Il faudrait 50 000 signatures avant le 10 mai, date à laquelle l'association remettra la pétition à Madame Albanel, juste avant l'ouverture du festival de Cannes
De fait si chacun des signataires déjà listé ramène un seul comparse, le quorum sera atteint.
Vous avez sûrement fait des choses plus idiotes dans votre vie que de soutenir ce poète délicieux.
Après avoir sabré la pipe de M. Hulot, faut-il couper la chique au clown Yoyo?

D'une découverte scientifique de première importance.

Le gène de la mauvaise foi vient toujours de la famille de l'AUTRE PARENT.

25.4.09

Celui qui le fait

Libération se fait l'écho d'une nouvelle espèce de téléréalité, basée sur la célèbre expérience de Milgram.
Pour ceux qui n'auraient pas bénéficié, comme je l'ai fait, d'un généreux et tout à fait suffisant "cours de psychologie médicale"-soit 10 h en deuxième année, je rappelle le principe de la chose.
Vous, étudiant en psychologie, vous êtes l'expérimentateur. Votre tâche est, sous un prétexte quelconque, de tester la résistance à la douleur d'un sujet. Pour ce faire, vous lui envoyez de petites décharges électriques, puis des décharges de plus en plus forte.

Bien entendu, votre cobaye est un comédien, les fils sont débranchés et c'est vous le sujet de l'étude, mais vous n'en savez rien. Le but de l'expérience, ce n'est pas de montrer la résistance à la douleur de celui qui simule la grenouille choquée à 220 volts, mais de montrer votre propre résistance à l'autorité du chef de laboratoire qui est en train de vous faire commettre une authentique saloperie.

Dans le cas qui préoccupe Libération, l'expérience a été appliquée au jeux télévisés et c'est un candidat qui croit sanctionner les erreurs de son coéquipier par des décharges de plus en plus forte.
Le but, comme dans l'expérience initiale est de démontrer que la soumission fait de nous, braves types pourtant, des bourreaux.

Je suis bien incapable de jurer que jamais je ne ferais partie des appuyeurs de bouton rouge.
Mais je suis assez contente, à presque vingt-cinq ans d'intervalle, de rééditer ici ce que j'écrivis dans ma copie d'examen, au risque (minime) de me faire retoquer :

Il est certain que la décharge électrique occasionne une douleur dont la simple pensée nous fait frémir.
Mais se voir brutalement confronté à l'existence de son propre sadisme, et pire, à son étendue, est une douleur que je vis comme tout aussi grande, et plus délabrante peut-être, car plus insidieuse. Comment les étudiants ont-ils été traités, comment se sont-ils traités, après avoir découvert qu'ils étaient capables de ça?
Il y a donc ici deux catégories de sadiques.
Ceux qui appuient sur le bouton à des fins de démonstrations scientifiques.
Ceux qui les regardent faire.
A des fins de démonstrations psychologiques.

Quant à faire la même chose à des fins de divertissement...

Des fois, hein, la psychologie expérimentale me pue au nez encore plus que la télé.

22.4.09

Poirambo est de retour (et il n'est pas content)

La publicité pour les armes étant tout aussi interdite que celle pour le tabac, et dans la droite (!) ligne de la modification de l'affiche représentant Jacques Tati, la cinémathèque de Plussécon en association avec le centre culturel de Plussamarche s/Lebonpeuple vous présente l'affiche de sa rétrospective Rambo :

21.4.09

Pourquoi/Pourquoi pas?

Pourquoi pas montrer des corps?
Mais pourquoi montrer des corps?
Pourquoi une représentation artificielle serait moins parlante, moins pédagogique qu'un cadavre momifié?
A l'heure où les techniques 3D, la diversité des matériaux permettent une foule de combinaisons pour approximer presque à la perfection, la couleur, la texture et les proportions d'un corps, quel est le bénéfice d'exposer de l'ancien vivant?
Parce que là, c'est du vrai?
C'est du vrai momifié, racorni forcément par la technique de conservation.
C'est plus juste, plus authentique?

Mais pourquoi croyez-vous que les futurs chirurgiens continuent, continueront probablement très longtemps à s'entrainer sur des cadavres?

Justement parce qu'il n'y a pas de vrai. Il y a du faux, oui parce que je ne vais pas prétendre qu'un fémur peut pousser à la place d'un humérus.

Mais il n'y a pas de plus vrai fémur que d'autres. Il y a une infinité de variantes, d'aberrations de localisation, de veines qui passent devant au lieu de derrière, comme il y a une infinité d'appendices vagabonds, de reins flottants, de rameaux sensitifs farceurs, d'ectopies, de limites de la normale, d'humains toujours humains qui jamais ne se découpent toujours parfaitement selon le pointillé.

C'est parce qu'ils savent que l'anatomie est toujours menteuse que les apprentis chirurgiens s'entrainent à débusquer, inlassablement, le variable, le fluctuant, voire l'extravagant. Pas une seule fois. Des dizaines et des dizaines de fois, jusqu'à ce que le paysage leur semble familier au delà de la différence de chaque corps. Et un bon chirurgien, toujours, se méfiera de trop savoir.

Il n'y a pas de corps plus vrai qu'un autre.
Pourquoi ne pas en avoir pris des faux, alors, pour cette exposition si controversée d'Our Body?

Parce que cela n'aurait pas fait un rond?

L'obscène, ce n'est pas un testicule nacré, une aorte ourlée, le papillon d'une thyroïde.
L'obscène, c'est le pognon et l'art de tout rentabiliser, y compris un chinois mort.


Voir aussi chez Kystes.

20.4.09

Anita va-t-elle entrer en politique?


Je voudrais m'excuser de ne pas voir entendu les excuses au sujet de ce qui n'a pas été dit, mais je ne m'excuserai pas d'avoir dit ce que vous avez entendu sur le démenti de ce qui été dit ironiquement.
Ou le contraire.

J'ai bon?

A part ça, j'en connais qui sont pas élus, et qui sont intelligents. Ce sont même ceux que je préfère.

19.4.09

jamais eu de robe noire.


Je n'ai jamais eu de petite robe noire qui va avec tout.
Mais j'ai mangé des figues noires en lisant dans l'arbre.
Je n'ai jamais laissé deux hommes se disputer à mon sujet
Mais les hommes de ma vie m'ont attendue plusieurs années.
Je n'ai jamais fait de ski hors piste
mais j'ai volé à l'aube au dessus du Sahel
et j'ai vu boire les éléphants
J'ai perdu toutes mes montres
mais ce morceau d'écorce
mi-madone, mi-idole
est encore près de moi
Je n'ai jamais entendu le cri d'une étoile
mais je connais le bruit de soie
d'une iris qui s'ouvre
et je sais
dans mon corps même
le son inoubliable
d'un dernier battement de coeur.

J'aimerais bien des chaussures neuves
Et savoir chanter juste
Mais j'ai fait une tarte aux myrtilles
et je ressemble de plus en plus
à une baboushka
à l'oeil plissé.

Et puis voilà.

16.4.09

Faut sauver le soldat rayonne. ( private post)

Les blogs sont pleins d'histoires de chaussettes.
Veuves.
Esseulées.
Condamnées à attendre solitairement le retour de leur moitié de paire, des semaines durant, voire des mois chez certains procrastinateurs d'élite, recroquevillées en petit tas dans une bachole en plastique blanc, en osier chez les plus chics.
Au fond d'un placard noir, solitairement, la chaussette restante espère et patiente.
Certaines, pour meubler leur solitude et adoucir leur peine, se racontent d'improbables histoires dont l'une a été récemment recueillie par Monsieur Réponse, homme bon et délicat qui ne pouvait imaginer laisser sans réponse une question aussi cruciale pour le mi-bas.
Parfois, l'humanité distraite-feignante aussi hélas- se laisse attendrir et abrège le calvaire de la socquette. Poubelle, vidange ou chiffonniers, on tranche le noeud gordien et par là-même on se délivre du regard accusateur que vous lance la délaissée à chaque corvée de linge.

Mais certains d'entre nous s'obstinent, sans relâche. On lance les troupes d'interpolochons, on sonde les fauteuils et jusqu'aux revers des bibliothèques, on retrace des itinéraires sur des cartes d'états-majors...
Et des fois, on gagne.
Après 237 jours de captivité sous un matelas, je viens de délivrer l'une d'entre elles.
Happy end, embrassade et rideau.

Ou presque.
Car il y a plus terrible encore que l'attente sans fin, plus déchirant que l'euthanasie de la dernière chaussette. C'est si tragique que je n'en ai vu mention nulle part sur les blogs.

Elles sont réunies, oui.
Mais le temps a passé. L'une a vieilli doucement parfumée de lessive bio, tandis que l'autre connaissait les rigueurs de la poussière et des attaques bacteriennes.
Une chaussette d'adolescent(e) laissée à elle-même durant des jours et des jours, dans des conditions extrêmes, cela ne tarde pas à retourner à l'état sauvage.

Elles sont réunies. Elles ne se reconnaissent plus.
Leur prometteuse histoire d'amour ( "où tu iras, j'irais, jusqu'à la fin du monde") a été brisée net. A quoi donc leur a servi leur inutile fidélité, leur chasteté absolue durant l'épreuve? Plus rien ne sera comme avant. Plus jamais elles ne feront les fières ensemble. Leur désaccord est bien trop visible. Même pour les festou noz.

Lecteur, mon ami, lectrice ma soeur, garde-toi de trouver ce post futile. Aide-moi et tourne un regard lourd de reproche vers l'Adolescente inconsciente, dont je sais qu'elle me lit :
"Mon enfant, tes 16 ans printaniers ne te rendent-ils pas sensible à la tristesse absolue de cette histoire? Combien de couples vas-tu ainsi briser, ô jeunesse cruelle, avant de décider que toute histoire d'amour mérite notre protection?"

C'est mon dernier espoir.
Parce que décidément, "descends ton linge sale, criss* ed feignasse baptisée à l'huile de lièvre!" ça marche pô.

14.4.09

Besoin de rêver?

Besoin d'une bonne petite claque au cynisme?
L'adresse se trouve sur ce post de Tassili.
Réjouissant, attendrissant et disponible sur le net-au moins jusqu'au 28 avril.

12.4.09

Pâques.


Photos Anita, l'homme aux 91 défauts

11.4.09

Propos philosophiques de Mademoiselle Bibi, 8 ans.

Une fourmi sur un brin d'herbe, ça va jusqu'au ciel.

10.4.09

Ambiguïté



Chez Gilsoub, c'est une fille.
Dans le cas ci dessus, j'hésite.
Fille ou garçon?

9.4.09

mon quart d'heure de férocité.


Chaque printemps, je dois admettre que mon jardin est la pierre d'achoppement de mes convictions sociales.
J'y pratique finalement bon nombre d'horreurs qu'il est temps de regarder en face.
J'ai recours sans vergogne à l'immigration choisie, appâtant la coccinelle , draguant les vers de terre en leur promettant nourriture choisie dans mon compost, convivialité et respect absolu de leurs moeurs, fussent-elles franchement ambisexuelles et partouzardes.
Le hérisson, privilégié, voit la trêve hivernale étendue aux quatre saisons et c'est avec mille remords que j'ai tâché de le reloger quand ma lutte bisanuelle contre le roncier s'est soldée par son accidentelle expulsion.
Montrez-moi vos quotas de nuisibles dévorés, vous voilà résidents choyés.

Pire, je pratique la chasse au faciès. Piquants, rampants et gluants, vous êtes mal barrés. Mais même ici, votre traitement ne sera pas équivalent, selon que vous serez à la rue ou coquillés. Allez savoir pourquoi je me contente parfois de déporter l'escargot par brouette spécialement affrétée, alors que la limace qui dort dans son sac de couchage de cuir orange subit un martyr immédiat et sans pitié. Tout juste si je consens à adoucir de bière ses derniers moments. Pour le reste, je ne détaillerai pas. Enfin, si, justement.

Je trie, je déracine, j'extermine, utilisant le fer et le feu, la cendre et la poix, au rebours de tout ce que je tâche de discipliner en moi et prêche par ailleurs.
Sans doute, pour contrebalancer cette férocité, me sera compté que je répugne au poison et plus encore, ma relative inefficacité : La velléité me sauve du mal.
C'est si vite que j'abandonne la lutte quand la fougère déroule sa crosse naissante qui ressemble à une main de nouveau né.
Même la ronce peut m'attendrir en son printemps minuscule d'un vert si net et si tendre.

Et le velours presque inquiétant de la tulipe noire...

8.4.09

Chez les autres aussi.

Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi a conseillé aux rescapés du tremblement de terre des Abruzzes hébergés provisoirement sous des tentes de "prendre ça comme un week-end en camping"

C'est ce qu' on appelle une réplique qui tue.

1.4.09

Rendez-moi le Pausilippe, bordel!


Au départ, ce blog devait être une sorte d'anfractuosité, un coin semi-déplié de ma propre vie, un libre court, un machin, quoi, où je pourrais faire se côtoyer des petits bouts de trucs, un atelier de mise en forme des pensées traversières, un fronton à écouter l'écho.

J'aimais bien pouvoir y laisser courir mon goût de la petite fleur et de la quantité négligeable, ma tendresse pour le prochain que j'aime parfois mieux à distance, j'ai bien aimé constater que mes tites photos pouvaient faire plaisir à d'autres, bref je me satisfaisais parfaitement que la pêche à la baleine vive au gré des flux, sans pour autant casser trois pattes à un canard.

Mais voilà, ils ont élu un sagouin qui a nommé plein de désastreux autres sagouins et, maintenant, quand je jette mes filets, j'ai plein de vieux trucs rances dedans et des nouveautés proliférantes que je trouve tellement inquiétantes.

Faut-il les rejeter immédiatement? Mais les rejeter à l'amer, n'est-ce pas les laisser poursuivre leur pollution sournoise? Les moisissures n'aiment pas la mise en lumière, c'est bien connu.
La pêche à la baleine commence à sentir quelque peu la décharge.
Mais j'aurais beau brailler qu'on me rende le Pausilippe et les jardins d'Italie, j'ai le nez sensible et je ne peux le fermer. Je cours bien après les miettes de mon insouciance (faire de moi, la colossale flemmarde, une militante! Ben coudonc, comme on dit en face, fallait vraiment qu'ils mettent le paquet!), il n'empêche que je bous une fois par jour.

Allez, cette fois-ci, je vous incite à écrire au Maire (zump, bien sûr) de Colmar. Sous prétexte que les lycéens ont manifesté avec une certaine impolitesse envers les forces de l'ordre, (ce qui reste, d'ailleurs à démontrer) il a coupé la subvention des voyages scolaires prévus cette année.
Donc, nous conclurons qu'aux yeux de ce monsieur :
  • 1) Les voyages scolaires ne sont pas un objet pédagogique. Ou bien alors il faudrait admettre que la Région puisse supprimer, pour les mêmes motifs, son aide à l'achat de manuels scolaires. (z'ont qu'à aller sur gougueule qui a un partenariat avec l'Education Nationale)
  • 2) Les lycéens ne sont pas des individus, mais une peuplade. Il n'importe pas qu'on sache précisément qui a fait quoi. Si ce n'est toi, c'est ton voisin de classe. Et toc. D'ailleurs, la prochaine fois que quelqu'un me tire la langue dans ma promenade dominicale, je fais couper l'eau à tout le quartier. ( Le problème, c'est que, quand on traite les gens en peuplade, on n'incite pas à les faire agir en concitoyens, mais ça, Monsieur le Maire s'en fout. Jusqu'en 2013.)
  • Monsieur le Maire est le seul propriétaire des sous de la commune. Peu lui chaut que 2 français sur 3 sympathisent avec les mouvements de protestation. Dont peut-être les parents de ces jeunes gens, qui ont déjà payé la subvention par le biais de leurs impôts locaux. (N'avaient qu'à pas pondre de la graine de gauchiste. La prochaine fois, c'est les allocations familiales qu'on supprime aux-mal votants.)
Des sagouins.


A part cela, je vais encore tenter d'avoir des pieds d'alouettes bleus, parce que l'espoir fait vivre, même si mes pieds d'alouettes font surtout vivre les escargots.