19.4.09

jamais eu de robe noire.


Je n'ai jamais eu de petite robe noire qui va avec tout.
Mais j'ai mangé des figues noires en lisant dans l'arbre.
Je n'ai jamais laissé deux hommes se disputer à mon sujet
Mais les hommes de ma vie m'ont attendue plusieurs années.
Je n'ai jamais fait de ski hors piste
mais j'ai volé à l'aube au dessus du Sahel
et j'ai vu boire les éléphants
J'ai perdu toutes mes montres
mais ce morceau d'écorce
mi-madone, mi-idole
est encore près de moi
Je n'ai jamais entendu le cri d'une étoile
mais je connais le bruit de soie
d'une iris qui s'ouvre
et je sais
dans mon corps même
le son inoubliable
d'un dernier battement de coeur.

J'aimerais bien des chaussures neuves
Et savoir chanter juste
Mais j'ai fait une tarte aux myrtilles
et je ressemble de plus en plus
à une baboushka
à l'oeil plissé.

Et puis voilà.

8 commentaires:

Valérie de Haute Savoie a dit…

Je me souviens qu'un de mes chefs de choeur disait que personne ne chantait faux, qu'il suffisait bien souvent de peu pour que ceux qui ne savaient pas placer leur voix, apprennent rapidement à le faire.

Tu ne devais pas partir faire un voyage magnifique en train ? (c'est le Babushka qui m'y fait penser)

samantdi a dit…

Qu'il est beau ce texte, anita : c'est tout à fait toi !

Yves a dit…

À l'œil plissé d'un sourire...

Traou a dit…

Soupir... de plaisir de venir chez toi pour y trouver ces jolis mots-là...
(tu es quand même quelqu'un de tout à fait exceptionnel, sais-tu, Anita : la babushka bigoudène !!!)

m'irza a dit…

Je voudrais avoir ton talent pour transformer les mots en émotions.
Mais j'ai retrouvé le bonheur de te lire.
Et c'est déjà magnifique.

JEA a dit…

La Babouchka, version Kate Bush (et traduction ingrate) :

Elle voulait tester son mari
Elle savait exactement quoi faire:
Un pseudonyme pour le duper
Elle ne pouvait lui avoir joué plus mauvais tour

Elle lui envoya des lettres parfumées
Et il les reçut avec un étrange délice
Comme pour sa femme
Mais comment était-elle avant les larmes
Et comment elle était avant que les années filent
Et comment elle était quand elle était belle
Elle signa la lettre:

"Tout à vous,"
"Babooshka, Babooshka, Babooshka-ya-ya !"
"Tout à vous,"
"Babooshka, Babooshka, Babooshka-ya-ya !"

"Babooshka"

Elle voulait aller plus loin.
Alors elle fixa un lieu de rendez-vous,
Pour voir s'il
Tomberait pour elle incognito.
Et quand il posa les yeux sur elle,
Il eut la sensation qu'ils s'étaient (déjà) rencontrés auparavant.
Mysterieusement, elle
Lui rappelait sa petite femme,
L'aptitude à lui donner tout ce dont il a besoin.
Tout comme sa femme avant qu'elle ne se prenne ses distances
Tout comme sa femme quand elle était belle.
Il s'écria, je suis:

"Tout à toi,"
"Babooshka, Babooshka, Babooshka-ya-ya !"
"Tout à toi,"
"Babooshka, Babooshka, Babooshka-ya-ya !"

anita a dit…

@Valerie : c'est aussi ce que m'a dit un professeur de chant. mais c'était avant que j'ouvre la bouche.
@JEA : qu'est-ce que j'ai pu chanter cette chanson! Dans ma tête. Voir ci-dessus. La voix au gingembre et piment de Kate...
@Yves : >o/o<
Samantdi, Traou, M'irza, le joli bouquet!

Enn' a dit…

Une petite larme à l'œil. Eh, quand viens-tu nous voir à Toulouse, le pays du belcanto ? Ont t'attend Samantdi, moi et les autres !