14.9.11

Nidification


Un jour, quelqu'un y oubliera un livre. Un autre jour, une autre personne laissera, entre les pages, une fleur ramassée sur le chemin, au cours d'une de ces balades qu'on choisit de faire, malgré le temps gris, et qui vous récompense d'une miraculeuse lumière entre la déchirure des nuages. Un grain de sable viendra se loger dans l'embrasure de la porte et s'y fera oublier. La fêlure d'une tasse fera un coup au cœur, un regret minime et déchirant et puis on s'habituera. On la tournera du bon côté en buvant le café pendant un temps et on la jettera un jour. Ou bien non.
La maison perdra de son apprêt, se griffera au fil du temps, comme tous les visages qu'on aime pour longtemps. Il y aura des objets qu'on aura pas vraiment voulu, des cadeaux qui ne vont pas vraiment mais qu'on garde parce que les gens ont tellement voulu dire merci. Le jardin ne sera jamais exactement comme on voudrait, mais d'une année sur l'autre, il pourrait bien y avoir des belles surprises, des abondances imprévues qui remplissent de gratitude et d'un certain étonnement. On fera même l'emplette d'un sécateur pour faire un bouquet qu'on placera là, sur la table basse et il ne sera jamais pareil que le suivant.
C'est la maison de mon amie, une maison toute neuve malgré son grand âge et qui débute dans ses fonctions. Une maison qui lui ressemble déjà tellement, à la fois précise et improgrammée, une maison qu'elle prête, pour que d'autres qu'elle puissent y dérouler un moment de leur histoire avec ce pays au charme prenant.
Je ne passe jamais à proximité sans lui lancer un regard amical et je sais qu'elle me le rend malgré ses volets fermés. Elle attend, sans urgence, de sentir à nouveau la crêpe et le café.
C'est une maison et, déjà, c'est toute une histoire.

PS: et, pour ceux qui ont eu la gentillesse de me demander, au vu de mon long silence, si tout allait bien, la réponse est : oui, cré bien, ne vous inquiétez pas. Juste que l'écriture, ça a toujours des reflux. Mais je vous aime toujours, hein!

30.6.11

Méditer.


Parfois, ce qui bute, c'est le billet impossible à écrire, impossible à éviter.
Celui-ci, je tourne autour depuis plus d'un mois, très exactement depuis le jour de mon anniversaire.
J'ai reçu un putain de cadeau.
Des proches, qui méditaient depuis longtemps de créer en micro édition, une collection joliment appelée "La pensée vagabonde", m'ont fait la surprise de se lancer avec les pouèmes publiés ici.

Ils l'ont fait avec une telle chaleur, une telle générosité que j'en suis restée coite.
Ils l'ont fait avec une telle discrétion que je ne l'ai su qu'en découvrant le bébé bien emballé. Ils m'ont laissé le choix de le laisser à l'état d'incunable, comme un coup d'essai pour eux et cadeau pour moi seule, ou de le rendre public.
Ben voilà.
J'ai médité. Et puis finalement, j'ai décidé de me considérer comme éditée.
Là.
Pffff.





Cui qui n'en veut aka cliquer.

17.4.11

Avril léger


C'était un matin léger
j'ai croisé le sourire d'une feuille
qui pourtant, n'était pas tombée
de la dernière pluie.

Plus tard,
j'eus un baiser.

6.4.11

L'Afrique à Paris



Ceux qui me lisent depuis longtemps savent combien j'aime l'univers d'Alain Korkos. .
Alors, vous pourriez prendre ce qui suit pour une plogue amicale et rituelle. Ce serait dommage. Vous y perdriez beaucoup.
Le livre "les carnets de l'Afrique à Paris", pour lequel il s'est acoquiné avec la délicieuse Catherine M'Boudi, est un bijou.
Un bijou délicat, rieur, voilé d'amertume tendre pour la vie qui va pas toujours comme on veut, un bijou au charme têtu et insidieux.
Ce n'est pas seulement qu'ils la connaissent bien cette Afrique à Paris, ils connaissent aussi ce qu'est l'exil, ce besoin funambule de se rattacher au goût, à l'odeur, à la chanson qui vous a bercé sans y disparaître dans un exotisme qui ne serait plus qu'un embaumement.
Le dessin, ici, dépasse l'illustration : ce sont les portraits sensibles de ceux que vous croisez tout les jours sans forcément les regarder, de cette vieille dame qui attend l'avion après avoir rendu visite à ses enfants à l'employé de la ville dans son costume vert acide. Vendeuses de safu, sapeurs, coiffeuses pleines de sollicitude, coiffeur muet dont la seule douceur est de parfumer les tout-petits à la barbe-à-papa, écrivains, musiciens, colleurs d'affiches...
Dans la précision affectueuse de ces portraits, il y a un avertissement, à nous tous adressé. Ce n'est pas d'entendre ces étranges sabirs dans le métro, qui nous met en danger.
Ce qui nous met en danger de perdre notre âme, c'est d'oublier que ces langues, comme la nôtre, ne disent souvent que des choses très quotidiennes, très banales et très nécessaires, le petit qui marche couci à l'école, le tissu qu'on a trouvé, la peine de cœur, le boulot, la maman qui fatigue un peu, le recette du gombo qu'on ne fait pas tout à fait pareil.

Je me souviens, un jour, avoir été bouleversée par une simple phrase du Musée Anne Franck : " A la fin de la guerre, Amsterdam avait perdu plusieurs milliers de ses habitants".
SES habitants. Pas seulement "Les juifs avaient perdu plusieurs milliers des leurs.
Le livre d'Alain et Catherine, qu'on y parle de l'Afrance ou de la Frique ( copiraïte leurzigues) c'est avant tout un livre sur les parisiens.
Têtes de chiens, tiens...!

PS : c'est au Editions Parigramme. Ça se trouve aussi très bien sur le net

5.4.11

Printemps

J'ai des pieds d'alouette
et une gueule de loup
un nombril de vénus
et un cœur de Marie

Mon jardin j'en conviens
en reste trop sage
je t'autorise la verge d'or
et le tison de Satan.

27.3.11

C'est vrai, les délinquants sont de plus en plus jeunes...

Cultive ton Jardin m'a envoyée vers cette histoire.
S'il ne vous fallait qu'un motif pour aller voter aujourd'hui, ce pourrait être celui-là.
M, appelons-là comme cela, est un bébé sans papier.
Ou plus exactement, dans un pays où aucun enfant n'a besoin d'autres papiers que celui qui le rattache à une filiation, il est demandé à M, quelques mois aux prochaines fraises, d'avoir un titre de séjour.
Comprenez moi-bien, si vous avez eu la flemme de cliquer sur le lien : ses parents, eux, ont un titre de séjour. Un vrai, avec un travail et ils payent la part d'impôts qu'ils doivent pour que des politiques éditent des lois aussi ineptes, coûteuses et indignes que celles qui a privé M. de la possibilités d'être dans des bras paisibles, le nourrisson bienvenu qu'elle aurait dû être.
La maman de M. a commis une faute : elle a accouché prématurément en Algérie, où elle y avait, deuxième faute, une mère malade. Donc M, née ailleurs, est un bébé déclaré par un fonctionnaire zélé, touriste de passage pour 3 mois.
Et à l'issue de ces 3 mois, M bascule dans une clandestinité où la moindre bronchiolite coûtera un bras à des parents qui cotisent pour celles des vôtres...
Allons au bout de la logique : Ni les parents, ni la sœur de M. ne sont expulsables.
Verra-t-on un autre fonctionnaire zélé venir chercher cette enfant? La sucette et le doudou sont-ils compris dans les effets dont un individu en situation irrégulière a le droit de se munir avant son transfert en centre de rétention?

Il est à peu près certain que non, qu'au bout du compte, un juge va proclamer l'imbécillité absolue de cette mesure. Ce sera long, ça va mobiliser une armée d'autres fonctionnaires (zélés bien sûr, mais pas de la même façon) qui ont des chats à fouetter et pas des enfants, c'est votre argent, le mien , le nôtre, gaspillé dans cette stérile obsession.

Ceux qui applaudissent à cette stricte application d'une loi censée les protéger feraient quand même bien de se méfier... Cette histoire de nourrisson, planqué 3 mois, qu'un homme de la cité prend sous son aile... Ça vous rappelle rien?
Il s'agissait de sortir et non de rester, le nourrisson était un garçon et non une fille, celui qui l'a protégé une fille de Pharaon et non un bon docteur de quartier, mais ça s'est assez mal terminé pour ceux qui, sous couvert de soumettre les adultes, s'en sont pris aux tout-petits.

Il faut combien de pluies de grenouilles sur ce pays pour que les gens comprennent?

13.3.11

l'endroit idéal pour boire un canon


A Portmagee, co Kerry, Irlande