19.5.08

bientôt, dans la pêche à la baleine...

Bon, très vite, parce que pas beaucoup de temps:
y a concours de photo chez gilsoub et jathénais. Le thème, choisi par votre (humble) servante, c'est "reflets".
Chez tili le thème, c'est le printemps, et la gourmande veut trois photos!
Mais la plus vache à vous rendre chèvre, c'est kozlika et ses matriochkas, une histoire à emboîter d'une drôle de façon, et pour laquelle je participerai le 8 juin, pour le chapitre 6. Mais allez voir le principe, vous verrez que c'est pur coton.
Pour les photos, je mettrai en ligne mercredi ou jeudi, parce qu'ici, en mai, les anniversaires pleuvent.
Edit: pis aussi, faut que je réponde à la tag melba de Myrtille. Pffff! j'ai un de ces planning!

18.5.08

anniversaire


Hier, au jour anniversaire, mes amis sont venus. Ils ont amené des cadeaux, des fleurs, des enfants et des lieux.
Des endroits qu'ils aimaient, pour partager du rêve, pour moi qui aime tant les voyages, même les voyages immobiles.

Me voilà, plus qu'avant-hier, riche de désirs et d'images.

J'ai des amaryllis et une colline kanak dont les hautes herbes ondulent sous le vent, du vert clair au rouge sombre. J'ai une ile fleurie et deux autres presque plates, lumineuses sous le maerl, et puis des roses d'un blanc vert. J'ai un château en Ecosse, dont la brume en écharpe va si bien aux rhododendrons échevelés, de hiératiques arums et même une toute petite étoile du côté d'Antarès.
Le grand caroubier de Mégrine n'est plus, alors en échange, j'ai la place de la gare d'El Fahs. Si j'y regarde bien, je suis sûr d'y trouver encore un âne, et des hommes qui portent le jasmin en bouquet derrière l'oreille.
C'était une très belle idée, un cadeau saugrenu et tendre. On a bu et mangé, on a parlé et ri, et ramassé chacun notre tour, un des minuscules chatons qui nous piaillaient entre les jambes.
Tard, on a distribué des enfants recuits et poisseux, et un tout petit, qu'on a enroulé dans du mohair, pour qu'il continue de dormir au chaud. On a rangé les chats, les verres et les tabourets de toutes les couleurs, et puis on s'est dit qu'on finirai tout ça demain.
Et c'était bien.

16.5.08

vraiment, j'vois pas le facteur commun.

Bien sûr, je me méfie de la stigmatisation possible d'une population, dès lors qu'on tente d'en cerner une ou quelques caractéristiques récurrentes.
Bien sûr, je me méfie des effets d'une épidémiologie de trou de serrure sur un tout petit groupe, non fiable statistiquement.
Mais quand, dans un groupe de vingt enfants, je retrouve deux encoprésiques, un constipé du diable, deux enfants atteints de terreurs nocturnes, un intoxiqué de son propre chef aux suppos de DO....NE à 4 ans (fallait quand même le vouloir pour s'en enfiler- oui, c'est le mot- neuf à la file), et un autre qui ne fixe son attention que vingt secondes, je me demande.
Ils seraient du même quartier, j'te chercherais le plomb dans les peintures...
Mais ils viennent de partout, dans cette classe à projet pédagogique particulier-au demeurant fort sympathique.
Pa moyen d'incriminer le milieu social, sont presque tous fils d'enseignants, de chefs d'entreprises, de commerçants aisés, tous solvables et très soucieux de bien élever leurs enfants.
Très.

14.5.08

j'suis pas superstitieuse pour un kopeck, mais...



Si quelques bonnes âmes parmi vous pouvaient croiser les doigts, réciter mantras, poser cierge à Sainte Rita, faire la bonne chance avec gris-gris, sortilège d'empicassement , conjurer la jettatura, envoyer patte de lapin, trèfle à quatre feuilles et fer à cheval,
et surtout
marabouter la main qui, demain, tirera le premier sujet du concours de M'zelle Zuzu,
je promet d'aller chercher pour vous la meilleure gwrac'h des Mont d'Arrée quand vous en aurez besoin...
Qu'elle s'envole, la belle!

Sans, tout est possible

J'apprends, sur le site de Marianne2, que 90% des Jeunes Populaires, UMP pour ambitieux de moins de trente ans, n'ont pas renouvelé leur adhésion en 2008.
Ils n'auraient pas dû élire à leur tête un président nommé Fabien de Sans Nicolas.
(si, si! j'ai pas bédave des OGM à l'huile de vidange, promis!)
Voir aussi chez Oxygène.

12.5.08

Le bal des nostalgies


Sur le papier, cette journée apparaissait aussi traitresse, aussi propice à l'enlisement qu' une promenade en baie de Saint Michel. Aussi méfiant qu'on soit envers les principaux dangers, on sait, dès le départ, que les eaux souterraines ont creusé comme bon leur semblait et que les fondrières les plus menaçantes sont peut-être bien celles que recouvre une croûte apparemment ferme.
Mais des nostalgies à ciel ouvert, il y a en avait déjà une belle palanquée.
Le lieu, d'abord. Cette plage du Débarquement, c'est l'un des seuls endroits où je peux, de droit, m'asseoir et dire à mes enfants "voilà un endroit où, petite fille, j'ai joué, comme vous, au même endroit. "
Bien sûr, la ville s'est étendue derrière le front de mer et se plie à un merchandising de la mémoire, inconnu au temps où nous grimpions en toute innocence sur le char Sherman (?) qui tenait lieu de principal monument commémoratif.
Mais n'ont changé ni les haveneaux à crevette, ni la maison de mes grands-parents. Hideuse en en 1930, ayant survécu à l'occupation allemande et aux ravages des solides canadiens (;-))))) , elle reste petite, malcommode et charmante. La boulangère s'appelle peut-être bien encore Madame Marc et le glacier "le Bengali". L'extraordinaire stabilité des commerces permet même aux septuagénaires de la famille de désigner tel magasin par : " chez Msieur-dames-Merci" et un autre par :" chez Ça-Manque-en-ce -Moment-".
Identique est l'odeur de sable poussé sous les portes, et suspecte cette envie que j'avais proposer une partie de pêche à pied à l'enfant dernière...
Le deuxième exercice redoutable, c'était, en cet endroit le mariage d'un mien cousin, qui après une éclipse de près de vingt ans, rêvait du mariage qui n'avait pas eu lieu. Sans s'être aperçu-comment l'aurait-il fait, dans cette nuit tétanisée dans laquelle il luttait pied à pied?-qu'il n'y a que dans les contes de fées que le reste du château s'endort en même temps que le héros. Pour heureux que nous étions, et profondément car nous l'aimons, nous étions tous alourdis d'âge et d'histoires et nous sentions difficile de recréer les belles fêtes que l'on fait à vingt-cinq ans, quand les épousailles n'annoncent que des bonheurs sans mélange et des avenirs radieux.
Nous ne nous en sommes pas mal tiré. Il y eut des mots justes, posés en passerelles légères et lucides qui nous permirent de n'être ni dans la parodie, ni dans la répétition du drame. Il y a eu de la gaieté affectueuse et c'est absolument sans arrière- pensée que nous avons dansé sur des airs qui nous faisaient ricaner quand ils étaient de leur temps et du nôtre. *

Je me suis tirée d'un pas encore plus épineux et, qui plus est, sans dommage aucun, avec un plaisir doux et diffus, un tintement de cloche en argent dans le silence. J'ai reconnu sans hésitation , sous le poivre et le sel et derrière la joue plus émaciée, l'amour mince et blond de mes vingt ans. J'ai reconnu, à son sourire touché et réservé à la fois, qu'il y avait un vrai bonheur à se revoir, un bonheur sans poison et sans amertume, un bonheur qui nous a permis d'effleurer avec justesse les cicatrices de l'autre. Nous savions, l'un comme l'autre, illusoire et inévitable le désir d'effacer certaines balafres et nous avons été capables d'entendre le symétrique message:
"Ne me plains pas. Ceci est ma vie et il n'y a pas à regretter de ne pas en avoir eu d'autre. Ce que j'ai traversé et que je ne peux te présenter qu'en somme globale a été fait, pour moi, de jours passés l'un après l'autre, mélangé d'héroïque et de trivial, de résistance et de lâcheté, de questions métaphysique et d'histoires de yaourts périmés. Une vie quoi, contre laquelle j'ai fulminé parfois, dont j'aurais voulu à d'autres moments que ÇA s'arrête, même si je ne sais pas ce qu'était ce ÇA, mais vois-tu, une vie qui me permet aussi la douceur d'être là et de témoigner que nous avons été sincères et incomplets, et remarquablement tendres pour de si jeunes gens".

Quand je l'ai embrassé pour lui dire adieu, serrant son bras mince, pendant qu'il pouvait vérifier que j'avais suivi un inverse chemin, je me suis dit que la nostalgie, finalement, c'est comme les sables mouvants. Une fois que clairement, on est dedans, la seule façon de s'en sortir, c'est sans doute de lui offrir volontairement, et pour un temps, le plus de surface possible afin qu'elle vous porte au lieu de vous engloutir.



* Au passage, et sans tag aucun, vous apprenez une chose parfaitement inutile sur Anita: elle PEUT danser sur "Alexandra, Alexandrie..."



4.5.08

objets inanimés


Je regarde mon amie F. , sa garde rapprochée d'objets qui la désignent, ou bien la masquent, c'est selon, et je songe, avec des sentiments mêlés, à la façon fréquente et subreptice avec laquelle certaines choses me quittent.

Irrémédiablement, sans secours aucun, les parapluies désertent, les montres s'esquivent, les bijoux scintillent une dernière fois avant de glisser dans les replis de ma mémoire.
Et je ne parle pas des coûteux objets professionnels, toises vagabondes, tests optiques redevenus illusions, agenda surveillé comme un récidiviste de l'évasion désespérante.

Pour les stylos, c'est moins grave : je connais nombre de leurs sentiers souterrains, et en cas de manque, il me suffirait de saisir délicatement ma voiture entre le pouce et l'index et de la secouer comme on bat un tapis, pour faire émerger une bonne demi-centaine d'exemplaires de toutes les couleurs.
Le téléphone a l'avantage de répondre quand on l'appelle, pour peu que l'homme de la maison ne soit pas absent trop longtemps. Car c'est à lui qu'est dévolue la sollicitude envers cet objet qui , sans lui, mourrait tous les deux jours après une courte plainte que je n'entends jamais.
Je suis pourtant devenue infiniment moins désordonnée qu'avant, mais rien n'y fait : je n'aime pas les objets prothétiques et ils me le rendent.


D'où vient alors, que certains d'entre eux, qui ne brillent ni par leur utilité, ni par leur charme, me suivent d'année en année, alors que cent déménagements, accès de frénésie rangeuse et éliminatrice, voyages propices aux abandons, auraient dû les faire disparaître depuis des lunes?
Je connais, dans mon placard, certaine paire de chaussettes d'un brun ayant viré vers un indéfinissable taupe, rêches et sans grâce, des chaussettes obtuses, pour tout dire, fidèles et sans humour, n'ayant pour elles que d'être les dernières, quand toutes les autres sont au sale.
Soupirant, je les regarde me dire : "il te reste encore nous..."
Je me dis, bien loin de mon amie F. qui n'aime les objets que dans leur premier éclat choisi avec une exigeante discipline, que ces chaussette là ont gagné, à force de patience obstinée, la légitimité borgne qu'on accorde à certain chanteur médiocre mais endurant, ou à certains hommes politiques, véreux, mais infatigables.
C'est pourquoi, bien que guettant l'usure définitive, je viens, presque superstitieusement, de réunir en paire, sous le sourcil légèrement offusqué de F. , ces étranges pénates, moches et coriaces.
Mais je les préviens sourdement que l'humilité leur est de rigueur. Qu'elles se croient indispensables, qu'elles se mettent à se pousser du col et à se figurer qu'elles sont pour toujours les Elues de ma garde-robe, et je pourrais bien être radicale.
C'est moi qui décide, non mais.

Edit, spécial Marianne:

boomp3.com

2.5.08

entendre, parfois, l'arbre et la racine

Nous sommes traversés d'histoires

qu'elles nous surgissent
en grêles péremptoires
ou bien en couleuvres
données en becquées

par la bouche souriante
et les yeux sans appel
de nos pères et mères

Nous n'en connaissons;
que l'écho
autour de nous
comme le bruit du vent
dans les branches de l'arbre
qui parle tant

Si rares les instants
Où l'on entend le bruit même,
ce craquement de bois,
du vivant en train de vivre



(en écho à ce texte, cum commento)