5.1.16

Ecrire et voyager

Avoir envie d'écrire ou de voyager, chez moi, procède sensiblement du même état d'esprit : sortir de sa zone de confort, accepter le deséquilibre, mettre quelque chose en mouvement en sachant qu'il y aura un moment où on se demandera ce que diable on est venu chercher là.

C'est sans doute un signe que, juste avant d'être amicalement poussée dans la ronde des bonheurs du jour, je me sois remise à rêver activement, bien que littérairement, de voyages. J'avais déjà fait, dans le temps, des listes alphabétiques d'iles très aimées ou esquissé, sur papier, un tour du monde d'Aden à Zanzibar.

En ce moment, je joue avec les pages aléatoires de Wikipédia. Le jeu est de retenir chaque page qui parle d'une ville, d'une commune, ou de toute subdivision administrative équivalente et d'étudier, avec le plus grand sérieux, les modes de transports, l'hébergement et, si c'est possible,  d'avoir un début de représentation du paysage et des gens.
Facile, hein?
Sauf que s'il y a une chose dont le monde est bien pourvu, c'est de minuscules amas humains qui n'ont aucun monument significatif, pas forcément de route, certainement pas d'hôtel et quelque fois pas grand chose de plus qu'une ligne dans un registre administratif.

Le premier village tombé dans mon escarcelle, c'est Tuntutuliak, en Alaska, dont le nom signifie endroit aux nombreux caribous. Je ne sais pas encore très bien comment y aller, mais je sais comment acheter un mug de sa police tribale. J'ai très bien imaginé aussi ce que cela ferait d'être là, dans un endroit , ou absolument rien d'autre que le hasard ne m'aurait mené. Cela m'a rappelé un jour, un dimanche, dans le port de Gävle, en Suède. Ou plus exactement, un dimanche dans un entrepôt de sel désert. Un grand moment de : " mais Keskejfoulà au juste? "




Et puis après, j'ai eu envie d'aller à Lehvaz en Arménie. Et à Jatoba au Brésil. Et peut être aussi à Julesbourg, à la limite du Colorado et du Nebraska. A Forhen Linden, en Rhénanie.

Et puis j'ai fini cette journée à Kotolaname, au Botswana, bien loin des safaris de luxe. On ne le trouve même pas sur gougeule map, mais Michelin a l'air de penser que c'est à peu près là. 
J'ai cru voir passer un troupeau et Mma Ramotswe.
J'irais bien prendre un thé.
Un jour.



6 commentaires:

Cristophe a dit…

Peut-être aimerais-tu le Dictionnaire des lieux imaginaires, établi par Alberto Manguel et Gianni Guadalupi, en poche Babel.

luce luciole a dit…

J'adore ta façon de voyager, inspirante !

Sacrip'Anne a dit…

"Je ne sais pas encore très bien comment y aller, mais je sais comment acheter un mug de sa police tribale."

You made my day !

Franck Paul a dit…

Pourquoi j'ai jamais vu cette photo, hein ? J'aime bien cette photo moi !

gilda a dit…

Tiens on avait un peu le même jeu sans le savoir. Le mien est plutôt à base de stats et de google street view mais l'idée est un peu la même. Et je m'y adonne exactement dans les petits temps d'avoir besoin de souffler un peu, vraiment comme le temps de pause d'un petit jeu.

Tellinestory a dit…

@franck Paul: tu veux dire qu'il faudrait que je mette un peu d'ordre dans mes photos?