29.6.09

Quand on voit c'qu'on voit et qu'on entend c'qu'on entend, on a ben raison d'penser c'qu'on pense.

Tout à l'heure, en faisant une recherche pour un estimé confrère, je suis tombée sur une sidérante révélation.
Il était question de PAI, ces protocoles d'accueils individualisés qui ont pour but, en autorisant la prise de médicaments ou des gestes simples, de favoriser la scolarisation des enfants malades. Outils précieux qui ont permis tout autant de mettre en sécurité certains enfants que de limiter l'absentéisme. Ce confrère s'inquiétait du refus de mon service chéri de faire délivrer du V@lioum intra rectal (pensez: suppo liquide) pour un enfant sujet aux états de mal épileptique (cad, des crises qui s'enchaînent les unes aux autres), alors même que les secours ou ses parents étaient à plus de 30 mn d'accès de l'école.
Selon lui, c'était lié à la circulaire de 2003 qui modifiait le texte initial.
Je vous passe les détails de ma recherche. Rien dans la circulaire en question. Mais un service juridique de La Grande Maison, va savoir si c'est à l'échelon local ou ministériel semble avoir pondu une recommandation dont je vous laisse juge :

Il convient d'abandonner la délivrance de Valioum en intra rectal, car un enseignant, même en présence d'un tiers, pourrait se voir accuser d'abus sexuel.

Les bras m'en tombent, et j'en viendrais presque à souhaiter qu'il en tombe autre chose chez nos mirifiques juristes.
Car enfin outre qu'il s'agit d'un contrat où chaque étape est détaillée en présence des parents et de l'équipe, tous signataires, faut considérer deux petites pierres d'achoppement dans le raisonnement de ces cuistres.

D'une part, ces candides ont l'air de supposer que tout médecin, scolaire ou du Samu serait exempt d'inavouables perversions.

D'autre part, faudrait quand même réfléchir : si l'enseignant est pervers au point que la vue d'un enfant, les yeux révulsés, enchainant convulsion sur convulsion lui fait frétiller la machine à fantasme, je ne vois pas la raison de prolonger la jouissance de cet infâme pendant 30 longues et délectables minutes.
Un valioum et basta.

Si on veut vraiment, les yeux fermés, comme en Afghanistan.

6 commentaires:

Mlle Moi a dit…

Etant donné la formulation du truc, je dirais que ce qu'ils craignent, ce n'est pas tant que l'enseignant commette un abus, que le fait qu'il risque d'en être accusé :)

anita a dit…

Vivi, mais pourquoi eux seulement et pas moi?

Valérie de Haute Savoie a dit…

Décidément, je trouve qu'en ce moment nous avons souvent les bras par terre ! Et si l'on arrêtait de stigmatiser tout ce que font les profs, peut être que ces trouilles assez ridicules s'effaceraient.

Mais quand je vois le cirque que l'on faisait pour un pauvre immunosuppresseur à prendre toutes les douze heures, lors des rares voyages scolaires de G., je ne suis guère étonnée par cette crainte de devoir administrer du v@lioum !

Anne a dit…

'fectivement ça laisse pantois.

Ce matin j'avais une pensée pour les auxilliaires de vie scolaire aux cdd non renouvelés... mais je vois que l'avenir des enfants malades ou handicapés à l'école à d'autres beaux jours ubuesques devant lui.

Lassitude de ce monde...

Moukmouk a dit…

La bêtise des juristes me laisse sans voix. Est-ce qu'il faut être atteint de grave paranoïa pour être avocat?

Denis T. a dit…

C'est complètement dément...

Ces gens là voient du sexuel partout ma foi...

Il n'y a rien de sexuel dans l'administration d'un médicament par voie rectale. Point à la ligne.

Pas plus que dans une mammographie ou un toucher rectal...