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16.4.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, faux et usage de faux

Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : « Je m'endors. » Et, une demi-heure après, la pensée qu'il était temps de chercher le sommeil m'éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir dans les mains et souffler ma lumière ; je n'avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier ;

Trop tard. Vous êtes mes complices.

14.4.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, sacs.

Dans son sac, les produits bobos-chics que je lui avait demandés.
Parce que j'ai beau trouver des pois au wasabi dans mon supermarché, il y a encore des produits que je me fais livrer de Lutèce par char à boeufs par gentille Fillamoi que j'ai.
Donc, entre mélasse de grenade et fèves tonka, du jus de yuzu.
Dans le mien, des coquilles saint-jacques.
Ça tombait drôlement bien.
On se serait cru un 12 avril.

13.4.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, une pièce particulière

Ce sera chez moi. Une pièce particulière, à moi seule. En échange de quoi, j'ai promis d'exhumer ma bibliothèque de ses cartons, d'acquérir une méridienne avec de vastes coussins et d'y écrire-sans doute moins que je n'y rêverai.
Ce luxe inappréciable, cette "chambre à soi" est au bout du jardin et dire que j'y vois ma maison autrement est tout aussi réel qu'allégorique. Ses murs sont chaulés de vert très pâle et le soleil y dessine des emporte-pièces de lumière que je suis bien obligée de partager avec le chat.
Bienvenue chez moi.

12.4.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, ils vont bien ensemble

La petite poule et le poulailler.
La terrasse du bistrot avec la fin du marché.
les épiphytes avec le mur de pierre
Le citron vert et la menthe dans le mojito.
La pomme et le lard dans la crêpe.
Le fou-rire avec la soirée.
Le thème du jour avec l'humeur du moment.

10.4.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, ce qui brille.

Les promesses.
Pas les trucs en toc qui pullulent en période électorale et se ternissent immédiatement. Les promesses, les vraies, celles qui se déploient avec force, presque sans effort, celles qui attendent les spectateurs patients et admiratifs, les promesses allègres et têtues.
Le sourire de l'enfant qui jusque là, ne se voyait pas jolie. La feuille vernissée, compacte, qui se hisse au dehors de sa cachette. L'averse et la flaque. L'idée précieuse que l'on planque encore, mais qui fait fanal.
Et ce blanc d'argent qui brille enfin et signe tout autant le temps passé ensemble que celui, inconnu, qui reste à parcourir.


NB: la photo est celle qui servira au chic des clics d'avril et est affectueusement dédié à Luce Luciole et FG.

7.4.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, laissez passer les petits papiers.

Menons nous, une heure seulement, une réelle vie d'adulte?*


*En dehors, bien sûr, de ce que nous offrons au regard, généralement peu scrutateur,  des autres.

3.4.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, ce que l'on porte.

Bonheur.
La clé de Saint Georges.
Et pour ce qui me concerne, " Un Jardin sur le Nil" d'Hermès.

2.4.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, signatures.

J'ai apposé ma signature, outre sur quelques courriers, mails et textos, sur 8 carnets de santé aujourd'hui. Pour 7 d'entre eux, elle est destinée à glisser dans les limbes des archives sans intérêt notable. Quelqu'un est passé là et, après quelques manipulations cabalistiques de chiffres divers, de couleurs,  de lettres, de mouvements, de résistance à la pression, en a conclu, tâchant de rendre son regard amical, que tout allait bien.
Par contre, cet autre là me reverra et je tâcherai, au cours d'épisodes, à nouveau émaillés de signatures et de chiffres, de vérifier que ça ne va pas si mal.

31.3.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, le monde est petit.

Le monde est petit. Petite phrase qui le rétrécit.
Mots de ceux qui n'aiment pas réellement le hasard. 
Hier, j'ai vue une petite fille qui ne mange pas. Cette nuit, dans mes rêves, une grande fille qui longtemps n'a pas mangé me dit que " la seule formation couture est est à Laval"
Ce matin, un gens que j'aime bien, qui résiste, comme d'autres avant lui, m'envoie des nouvelles lointaines et un petit bout de son intime archéologie.
J'ai passé ma journée au ras du sol et puis, après la douche, j'ai bu un verre d'un vin d'ailleurs.
Dans ma tête se croiseraient les mots, l'hier,  mes rêves, le lointain avec la vie à vivre, les choses à avaler, le pugnace et l'aérien, mes mains rêches de terre et mon cœur attendri, les autres et moi...
Et je trouverais le monde petit?
Allons donc.

30.3.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, je pourrais écrire sur ma tête.

Aujourd'hui, sur mon front, il y aurait pu y avoir un sceau de vagabond, un signe d'appartenance à la confrérie des flottants.
Cinq écoles, la mer à main gauche en montant, à main droite en descendant, soleil et chemin.
Peut-être, ce que j'aurais appris de cette journée, c'est combien nos vies ne sont lisses qu'en apparence, combien le hasard des rencontres peut mettre au jour un feuilletage insoupçonné, l'intrication, à notre présent, des multiples vies que nous n'avons pas vécues, qui sont restées amorcées, nées d'un moment, d'une humeur, d'une rêverie devant un paysage, d'un désir, instantanément figé, mais non point oublié.

29.3.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, ça change tout le temps.

Les jours précédents ont été des jours de suspens. Etais-je, sans le savoir, malade? Plus perplexe finalement qu' apeurée, je me suis demandé, une fois de plus, comment, pour nous, les choses changent, quand bien même rien n'a, encore, changé. Lorsque notre projection vers le futur se brouille, nous ne savons comment vivre le petit bout de vie juste présent sous nos yeux. Nous hésitons à lui donner un sens et nous savons qu'il est impossible de ne pas le faire.
Ce pique nique improvisé sur cette plage que j'aime tant, était-il le dernier jour d'insouciance?*
Et qu'est ce qui change, sinon l'idée?


* Non.
Infiniment merci à ceux qui ont croisé les doigts, sans même demander pourquoi.

28.3.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, action éclair

Aujourd'hui a bien donné lieu à une action éclair. Mais je ne dirais pas laquelle. Des éclairs de compréhension, des éclairs d'humour, de gentillesse,  qui ont émaillé cette journée, oui, je veux bien en parler. Pas longtemps, mais juste pour que vous sachiez.
Que ces éclairs là portent loin et bien plus longtemps que leur trace visible.
Des fois, les gens bien, c'est vraiment bien.

27.3.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, une personne nerveuse

Nerveuse... En fait, je n'aime pas ce mot, sauf pour une viande récalcitrante. A la rigueur, il pourrait convenir à ce foutu SPM qui d'un seul coup, fait aboyer sans raison. Mais guère plus.
"Il ou elle a ses nerfs" me semble très souvent très réducteur. Cette femme qui s'accuse de cela, d' être nerveuse, me semble triste, désemparée. Et trop fréquemment humiliée.
Cette autre-là y masque l'hystérie, l'excitation rampante, la fascination du conflit, fût-il minime.
Et ce petit garçon qui s'effondre en pleurs parce que je lui demande de dessiner un bonhomme est surtout terrifié d'échouer.
Je préfère le sentiment aux nerfs.

25.3.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, un air en tête.

Bien que je chante faux à faire rater une couvée de mésanges, j'ai la tête comme un juke-box. Littéralement, je pense en chanson comme d'autres en images. Au fond, il est assez heureux qu'un reste d'inhibition m'empêche de fredonner tout haut. Car on pourrait alors lire en moi comme à confesse.
Aujourd'hui, ayant vanté à un ami virtuel, plutôt enchevêtré dans des mouvements contradictoires avec un être aimé, la paix du jardin, c'est naturellement "Monsieur" de Fersen qui m'a entêté.
"Dans la paix de son jardin, il cultive ses roses
Monsieur est un assassin quand il est morose"
Et ma foi..

23.3.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, toucher

Je touche. Mes amis, les gens qui ont de la peine, la terre, la farine.
Le ventre très doux des hérissons.
Des enfants. Toujours, je mets ma main à plat sur la poitrine, avant d'écouter leur cœur, avant de poser un stétho qu'ils trouvent toujours trop froid. C'est le signal du départ, quelque chose qui fait entrer l'examen dans un autre toucher. Je mets une main sous les reins, une sur le nombril. J'appuie un peu. Ils prétendent que ça chatouille. Quand je mets ma main sur leur dos, c'est que c'est fini.
Des fois j'ai un bisou. Toujours, je suis touchée.

22.3.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, le bien, le mal

Le bien, le mal. On jurerai presque que cela a été choisi. Mais le hasard, heureusement, ne connait ni le bien, ni le mal, ni aucun de nos gris-gris contre la peur et le chaos.
J'ai vécu, en direct, la mort d'un autre terroriste, il y a 17 ans. Il avait été scolarisé dans l'établissement scolaire où je travaillais alors. Sa mort sous l'oeil des cameras menaçait de faire trainée de poudre dans ce secteur ultra sensible et le principal du collège, homme de valeur et de  peu de mots avait dit devant tous les gosses survoltés " je ne peux pleurer le terroriste. mais je pleure, comme vous, l'enfant qu'il a été".
Je reste persuadée que ces simples mots ont empêché le quartier d'exploser.
Je ne sais pas comment nous pouvons empêcher les enfants qui nous sont confiés de devenir des hommes arrimés à une dévastatrice folie.
Apparemment, le Conseil Constitutionnel a décidé que cela ne passerait par le fichage généralisé des honnêtes gens.
C'est bien.

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, ce qu'il en restera dans un an.

L'amie parisienne, qui rigole de ne savoir, au jardin, distinguer une asperge d'un poireau, et l'amie toulousaine, fille de paysans  se sont unies pour redonner vie au jardin de la première. Cet automne , l'AT a donc ramené de chez elle, des boutures destinées à s'enraciner selon leur bon vouloir.
Rosier pompon, roses thé, églantiers. Certaines ont pris, d'autres pas. L'AP, revenue sur ses terres m'interroge. Celui-là, avec ses minuscules feuilles vertes, qu'est-ce?
Docte, je tranche.
Un églantier.
Je fais exactement pareil avec les boutons des petits nenfants.
Un coxsakie.
De toute façon, dans un an, personne ne se souviendra de mes prédictions.

20.3.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, au pied du lit

Au pied de mon lit,
un valet de pied
fait le pied de grue
Au gré de mon pied.


Au pied de mon luth
le pied de mat
d'un valet de gré
je fais les voiles.


Mon lit sans pied
a-t-il encore un pied de lit?
Ou bien suis-je juste prompte
à naviguer dans le lit du vent?

A perdre pied
au fond de mon lit
l'œil fixé
sur la ligne de pied.

18.3.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, un moment où j'ai regardé l'heure.

 Le dimanche, je vais chercher, sur ce coin de lande, des pousses de fenouils sauvages qui feront la sauce pour les pâtes du soir ou du lendemain.
A 11 heures 37, le ciel de nuages s'est fendu. Sous la lumière en rideau, le gros rocher un peu plus jaune s'est mis à ressembler à un crapaud levant sa face béate au soleil et la frange des vagues est devenue de ce vert  de glace liquide, insaisissable et si tentant.
A 11heures 51, le grain crépitant de grêle est arrivé. Mon amie Marianna m' a offert un café. Le printemps arrive.