Le fou-rire devant la situation pantalonnesque de l'UMP me permet momentanément d'oublier les baffes qui se perdent du côté présidentiel.
Mais ce n'est pas sûr que ce soit une chance.
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21.11.12
19.10.12
366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, besoin d'un objet essentiel
Parfois, toujours, l'héroïsme quotidien de très jeunes gens me rebute et me fascine tout à la fois. Jusqu'où faut-il intervenir, venir entre eux et ce qu'ils posent comme essentiel à eux mêmes. Point d'appui et fardeau tout ensemble, qui de nous peut dire si cela dépasse leurs forces? Et qui peut renoncer à cette question taraudante? Nous verrons-nous un jour reprocher de ne les avoir pas soulagés? Ou bien, adultes, ricanerons-ils de nous, traitant notre envie de faire avec, à côté comme de pitoyables tentatives de faire à leur place ce qu'ils s'étaient arrogés comme à leur mesure? Petits juges arc-boutés, mordant qui s'approche de trop près, ils réclament de se hisser vers nous, mais sans nous.
17.5.12
366 réels à prise rapide. Aujourd'hui tache.
C'était une jour sans tâche et ça aurait pu être un jour anniversaire sans tache. Jour paisible, amical et sans enjeux réels.
Pourquoi a-t-il fallu que je regarde twitter et que la phrase stupide, grossière, d'un blogueur connu sur ce pays que j'aime, me saute aux yeux. Pays de ploucs vraiment? Mais où il ne viendrait à personne l'idée d'arriver chez l'autre, la condescendance à la bouche. Cet homme intelligent vient de se condamner à n'y comprendre rien, jamais. La première des chose à y apprendre, ici, c'est la bénignité habituelle des relations et l'inutilité d'être désagréable pour se sentir exister.
"Oh, J'ai cru voir, sur une fleur, glisser une longue limace."
NB : au lieu Cyrano j'aurais pu citer " la bêtise hannetonnante" de Renard. C'eût été pareil.
Pourquoi a-t-il fallu que je regarde twitter et que la phrase stupide, grossière, d'un blogueur connu sur ce pays que j'aime, me saute aux yeux. Pays de ploucs vraiment? Mais où il ne viendrait à personne l'idée d'arriver chez l'autre, la condescendance à la bouche. Cet homme intelligent vient de se condamner à n'y comprendre rien, jamais. La première des chose à y apprendre, ici, c'est la bénignité habituelle des relations et l'inutilité d'être désagréable pour se sentir exister.
"Oh, J'ai cru voir, sur une fleur, glisser une longue limace."
NB : au lieu Cyrano j'aurais pu citer " la bêtise hannetonnante" de Renard. C'eût été pareil.
14.5.12
366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, enfant.
Sur mes huit arrières-grands parents, six étaient des étrangers. Parfois venus sans rien d'autre que le désir de vivre paisiblement. De fortune et d'histoire diverses. Des quatre langues, ne nous reste que le français, pour des raisons elles aussi diverses. Des bouts d'histoires, des attendrissements imprévus qui s'accrochent à des paillettes d'Epinal, recettes transmises, violons sur le toit, vieilles rengaines, douceur de l'accent russe. L'un deux ne fut peut être pas très honnête. Celui là pas très tendre.
Dans leur descendance, six normaliens, un polytechnicien, deux médecins, une linguiste, ingénieurs, infirmière, banquière devenue orthophoniste, ratons laveur en devenir.
Le discours actuel sur ces inassimilables étrangers me pue au nez.
Dans leur descendance, six normaliens, un polytechnicien, deux médecins, une linguiste, ingénieurs, infirmière, banquière devenue orthophoniste, ratons laveur en devenir.
Le discours actuel sur ces inassimilables étrangers me pue au nez.
10.5.12
366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, une multitude de.
Combien de chagrins d'enfants nous font grandir?
Aujourd'hui, un oiseau de proie nous a ravi P'tite Poule, un bébé poule-soie qui prenait Miss Bibi pour sa mère.
Qui peut-être bien était un coq, d'ailleurs. Mais Miss Bibi avait facilement renoncé aux œufs anticipés. Pas aux drôles de piaulements, au bec fourré dans son giron, à sa façon de courir comme un jeune chiot à son retour d'école.
Chagrins d'enfants, en multitude, avant de pouvoir admettre l'impitoyable.
Aujourd'hui, un oiseau de proie nous a ravi P'tite Poule, un bébé poule-soie qui prenait Miss Bibi pour sa mère.
Qui peut-être bien était un coq, d'ailleurs. Mais Miss Bibi avait facilement renoncé aux œufs anticipés. Pas aux drôles de piaulements, au bec fourré dans son giron, à sa façon de courir comme un jeune chiot à son retour d'école.
Chagrins d'enfants, en multitude, avant de pouvoir admettre l'impitoyable.
30.4.12
366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, ce qui craque
La jeune fille de cet après-midi.
Elle se fendille de partout, ça pleure de l'œil et du nez, ça déborde et délave le maquillage.
J'ai toujours des scrupules quand j'ai le sentiment d'avoir porté la pointe un peu trop loin, même si je sais qu'on ne fait pas toujours du bien à ceux que l'on prétend soigner. Dans les débris, je tâche de discerner ce qui ira un peu plus loin que cette soudaine incision, quelque chose avec lequel elle pourrait repartir sans avoir le sentiment de n'avoir fait que craquer.
Elle se fendille de partout, ça pleure de l'œil et du nez, ça déborde et délave le maquillage.
J'ai toujours des scrupules quand j'ai le sentiment d'avoir porté la pointe un peu trop loin, même si je sais qu'on ne fait pas toujours du bien à ceux que l'on prétend soigner. Dans les débris, je tâche de discerner ce qui ira un peu plus loin que cette soudaine incision, quelque chose avec lequel elle pourrait repartir sans avoir le sentiment de n'avoir fait que craquer.
Libellés :
366 réels à prise rapide,
Des fois,
hein.
22.4.12
366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, je renonce à.
Aujourd'hui, j'ai solennellement renoncé à ses pompes, à ses œuvres, à son armée de bras cassés, au lent pourrissement des Institutions, au cynisme affiché, à la mise en prison d'enfants d'étrangers en situation irrégulière, à l'hystérisation des lois, à la falsification des mots, à la plume venimeuse, à la méfiance de l'autre érigée en système, aux gens modestes, aux effets de manches, aux expulsions imbéciles de gens qui ont le droit de revenir 3 mois après, aux impôts d'autant plus injustes qu'ils ne disent pas leur nom, aux lignes Maginot de la santé
En un mot, comme en cent, j'ai voté.
En un mot, comme en cent, j'ai voté.
18.4.12
366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, ça n'aurait pas dû se passer ainsi.
C'est pourtant un mec que j'aime bien. Mais ses explications embarrassées quand à l'absence de procuration, ses esquives embrouillées quand je lui fais remarquer que la Normandie n'est pas si loin qu'il ne puisse faire l'aller retour sur Paris dans la journée, risquent bien de ternir le sentiment que je lui porte.
Tu votes, tu votes pas, tu vote dur, mou, à gauche à droite, bleu, blanc ou rouge mais jamais, jamais, tu ne fais comme si la fatalité en avait décidé pour toi, quand sont programmées depuis si longue date cette élection et tes vacances.
Tu votes, tu votes pas, tu vote dur, mou, à gauche à droite, bleu, blanc ou rouge mais jamais, jamais, tu ne fais comme si la fatalité en avait décidé pour toi, quand sont programmées depuis si longue date cette élection et tes vacances.
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Des fois,
hein,
jurez moi que c'est la dernière
11.4.12
366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, moment professionnel
I have a dream.
Je rêve de législateurs qui empêcheraient définitivement notre Etat de mettre des enfants en prison pour un délit sans victime qui n'est pas le leur.
Qui empêcheraient des marchands de vendre n'importe quoi, non seulement à, mais aussi au moyen d'enfants.
Qui, avant tout discours pompeux sur l'Education, commenceraient par rénover, dans toutes les écoles de France, l'endroit où ceux ci mangent et où ils pissent.
Qui comprendraient qu'élever l'enfant d'un autre est la tâche la plus subtile qui soit et qu'on ne peut continuer à mépriser, sous payer et abandonner ceux qui le font, des assistantes maternelles aux AVS.
Bref, je crois que j'ai rêvé qu'on réinventait la politique de l'Enfance.
Je rêve de législateurs qui empêcheraient définitivement notre Etat de mettre des enfants en prison pour un délit sans victime qui n'est pas le leur.
Qui empêcheraient des marchands de vendre n'importe quoi, non seulement à, mais aussi au moyen d'enfants.
Qui, avant tout discours pompeux sur l'Education, commenceraient par rénover, dans toutes les écoles de France, l'endroit où ceux ci mangent et où ils pissent.
Qui comprendraient qu'élever l'enfant d'un autre est la tâche la plus subtile qui soit et qu'on ne peut continuer à mépriser, sous payer et abandonner ceux qui le font, des assistantes maternelles aux AVS.
Bref, je crois que j'ai rêvé qu'on réinventait la politique de l'Enfance.
10.4.12
366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, ce qui brille.
Les promesses.
Pas les trucs en toc qui pullulent en période électorale et se ternissent immédiatement. Les promesses, les vraies, celles qui se déploient avec force, presque sans effort, celles qui attendent les spectateurs patients et admiratifs, les promesses allègres et têtues.
Le sourire de l'enfant qui jusque là, ne se voyait pas jolie. La feuille vernissée, compacte, qui se hisse au dehors de sa cachette. L'averse et la flaque. L'idée précieuse que l'on planque encore, mais qui fait fanal.
Et ce blanc d'argent qui brille enfin et signe tout autant le temps passé ensemble que celui, inconnu, qui reste à parcourir.
NB: la photo est celle qui servira au chic des clics d'avril et est affectueusement dédié à Luce Luciole et FG.
Pas les trucs en toc qui pullulent en période électorale et se ternissent immédiatement. Les promesses, les vraies, celles qui se déploient avec force, presque sans effort, celles qui attendent les spectateurs patients et admiratifs, les promesses allègres et têtues.
Le sourire de l'enfant qui jusque là, ne se voyait pas jolie. La feuille vernissée, compacte, qui se hisse au dehors de sa cachette. L'averse et la flaque. L'idée précieuse que l'on planque encore, mais qui fait fanal.
Et ce blanc d'argent qui brille enfin et signe tout autant le temps passé ensemble que celui, inconnu, qui reste à parcourir.
NB: la photo est celle qui servira au chic des clics d'avril et est affectueusement dédié à Luce Luciole et FG.
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Des fois,
hein,
jeux,
va donc bosser feignante.
5.4.12
366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, un mot que j'ai écrit.
Aujourd'hui j'ai écrit " A suivre".
Et j'ai rajouté +++.
Sur un de ces post-it qui pointent hors de mes dossiers à l'ancienne, que je range dans mes antédiluviennes armoires.
Et puis je pense que j'ai dû soupirer, ou hausser les épaules, ou grogner.
Je n'aime pas quand une lettre de confrère vient confirmer un souci.
Et puis je réfléchis qu'à suivre, c'est très bien. A suivre oui, à voir comment ça se présente, et puis ce qu'on peut faire là, et puis encore un peu plus loin.
Suivre le mouvement, à côté, pas loin.
A suivre, parce que c'est tellement mieux que le mot fin.
Et j'ai rajouté +++.
Sur un de ces post-it qui pointent hors de mes dossiers à l'ancienne, que je range dans mes antédiluviennes armoires.
Et puis je pense que j'ai dû soupirer, ou hausser les épaules, ou grogner.
Je n'aime pas quand une lettre de confrère vient confirmer un souci.
Et puis je réfléchis qu'à suivre, c'est très bien. A suivre oui, à voir comment ça se présente, et puis ce qu'on peut faire là, et puis encore un peu plus loin.
Suivre le mouvement, à côté, pas loin.
A suivre, parce que c'est tellement mieux que le mot fin.
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366 réels à prise rapide,
Des fois,
hein.,
tremail
22.3.12
366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, le bien, le mal
Le bien, le mal. On jurerai presque que cela a été choisi. Mais le hasard, heureusement, ne connait ni le bien, ni le mal, ni aucun de nos gris-gris contre la peur et le chaos.
J'ai vécu, en direct, la mort d'un autre terroriste, il y a 17 ans. Il avait été scolarisé dans l'établissement scolaire où je travaillais alors. Sa mort sous l'oeil des cameras menaçait de faire trainée de poudre dans ce secteur ultra sensible et le principal du collège, homme de valeur et de peu de mots avait dit devant tous les gosses survoltés " je ne peux pleurer le terroriste. mais je pleure, comme vous, l'enfant qu'il a été".
Je reste persuadée que ces simples mots ont empêché le quartier d'exploser.
Je ne sais pas comment nous pouvons empêcher les enfants qui nous sont confiés de devenir des hommes arrimés à une dévastatrice folie.
Apparemment, le Conseil Constitutionnel a décidé que cela ne passerait par le fichage généralisé des honnêtes gens.
C'est bien.
J'ai vécu, en direct, la mort d'un autre terroriste, il y a 17 ans. Il avait été scolarisé dans l'établissement scolaire où je travaillais alors. Sa mort sous l'oeil des cameras menaçait de faire trainée de poudre dans ce secteur ultra sensible et le principal du collège, homme de valeur et de peu de mots avait dit devant tous les gosses survoltés " je ne peux pleurer le terroriste. mais je pleure, comme vous, l'enfant qu'il a été".
Je reste persuadée que ces simples mots ont empêché le quartier d'exploser.
Je ne sais pas comment nous pouvons empêcher les enfants qui nous sont confiés de devenir des hommes arrimés à une dévastatrice folie.
Apparemment, le Conseil Constitutionnel a décidé que cela ne passerait par le fichage généralisé des honnêtes gens.
C'est bien.
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Des fois,
hein,
jeux,
va donc bosser feignante.
27.3.11
C'est vrai, les délinquants sont de plus en plus jeunes...
Cultive ton Jardin m'a envoyée vers cette histoire.
S'il ne vous fallait qu'un motif pour aller voter aujourd'hui, ce pourrait être celui-là.
M, appelons-là comme cela, est un bébé sans papier.
Ou plus exactement, dans un pays où aucun enfant n'a besoin d'autres papiers que celui qui le rattache à une filiation, il est demandé à M, quelques mois aux prochaines fraises, d'avoir un titre de séjour.
Comprenez moi-bien, si vous avez eu la flemme de cliquer sur le lien : ses parents, eux, ont un titre de séjour. Un vrai, avec un travail et ils payent la part d'impôts qu'ils doivent pour que des politiques éditent des lois aussi ineptes, coûteuses et indignes que celles qui a privé M. de la possibilités d'être dans des bras paisibles, le nourrisson bienvenu qu'elle aurait dû être.
La maman de M. a commis une faute : elle a accouché prématurément en Algérie, où elle y avait, deuxième faute, une mère malade. Donc M, née ailleurs, est un bébé déclaré par un fonctionnaire zélé, touriste de passage pour 3 mois.
Et à l'issue de ces 3 mois, M bascule dans une clandestinité où la moindre bronchiolite coûtera un bras à des parents qui cotisent pour celles des vôtres...
Allons au bout de la logique : Ni les parents, ni la sœur de M. ne sont expulsables.
Verra-t-on un autre fonctionnaire zélé venir chercher cette enfant? La sucette et le doudou sont-ils compris dans les effets dont un individu en situation irrégulière a le droit de se munir avant son transfert en centre de rétention?
Il est à peu près certain que non, qu'au bout du compte, un juge va proclamer l'imbécillité absolue de cette mesure. Ce sera long, ça va mobiliser une armée d'autres fonctionnaires (zélés bien sûr, mais pas de la même façon) qui ont des chats à fouetter et pas des enfants, c'est votre argent, le mien , le nôtre, gaspillé dans cette stérile obsession.
Ceux qui applaudissent à cette stricte application d'une loi censée les protéger feraient quand même bien de se méfier... Cette histoire de nourrisson, planqué 3 mois, qu'un homme de la cité prend sous son aile... Ça vous rappelle rien?
Il s'agissait de sortir et non de rester, le nourrisson était un garçon et non une fille, celui qui l'a protégé une fille de Pharaon et non un bon docteur de quartier, mais ça s'est assez mal terminé pour ceux qui, sous couvert de soumettre les adultes, s'en sont pris aux tout-petits.
Il faut combien de pluies de grenouilles sur ce pays pour que les gens comprennent?
S'il ne vous fallait qu'un motif pour aller voter aujourd'hui, ce pourrait être celui-là.
M, appelons-là comme cela, est un bébé sans papier.
Ou plus exactement, dans un pays où aucun enfant n'a besoin d'autres papiers que celui qui le rattache à une filiation, il est demandé à M, quelques mois aux prochaines fraises, d'avoir un titre de séjour.
Comprenez moi-bien, si vous avez eu la flemme de cliquer sur le lien : ses parents, eux, ont un titre de séjour. Un vrai, avec un travail et ils payent la part d'impôts qu'ils doivent pour que des politiques éditent des lois aussi ineptes, coûteuses et indignes que celles qui a privé M. de la possibilités d'être dans des bras paisibles, le nourrisson bienvenu qu'elle aurait dû être.
La maman de M. a commis une faute : elle a accouché prématurément en Algérie, où elle y avait, deuxième faute, une mère malade. Donc M, née ailleurs, est un bébé déclaré par un fonctionnaire zélé, touriste de passage pour 3 mois.
Et à l'issue de ces 3 mois, M bascule dans une clandestinité où la moindre bronchiolite coûtera un bras à des parents qui cotisent pour celles des vôtres...
Allons au bout de la logique : Ni les parents, ni la sœur de M. ne sont expulsables.
Verra-t-on un autre fonctionnaire zélé venir chercher cette enfant? La sucette et le doudou sont-ils compris dans les effets dont un individu en situation irrégulière a le droit de se munir avant son transfert en centre de rétention?
Il est à peu près certain que non, qu'au bout du compte, un juge va proclamer l'imbécillité absolue de cette mesure. Ce sera long, ça va mobiliser une armée d'autres fonctionnaires (zélés bien sûr, mais pas de la même façon) qui ont des chats à fouetter et pas des enfants, c'est votre argent, le mien , le nôtre, gaspillé dans cette stérile obsession.
Ceux qui applaudissent à cette stricte application d'une loi censée les protéger feraient quand même bien de se méfier... Cette histoire de nourrisson, planqué 3 mois, qu'un homme de la cité prend sous son aile... Ça vous rappelle rien?
Il s'agissait de sortir et non de rester, le nourrisson était un garçon et non une fille, celui qui l'a protégé une fille de Pharaon et non un bon docteur de quartier, mais ça s'est assez mal terminé pour ceux qui, sous couvert de soumettre les adultes, s'en sont pris aux tout-petits.
Il faut combien de pluies de grenouilles sur ce pays pour que les gens comprennent?
17.2.11
Tu fais de la photo...

L'un de mes premiers textes d'adolescente, je m'en souviens, je l'avais montré à ma grand-mère. Ouvrière à douze ans, elle avait, chevillée à l'âme, la passion des textes, celle qui, aux petites heures d'une lumière chiche, vous sauve de la vie étroite et du destin programmé.
Ce texte, court comme tout ce que j'écris, disait la rencontre entre une jeune fille... et un enfant malade. Il y était, question, déjà, de raconter des histoires pour prendre soin.
Ma grand-mère m'a rendu le texte avec un demi-sourire : "Tu fais de la photo, m'a t-elle dit.
Aujourd'hui, je fais des photos. Et je continue, dans ma tête, à prendre des instantanés, chaque fois qu'on me parle d'un enfant.
Parfois, il me semble que ma profondeur de champ est d'autant plus grande que je ne les vois pas, que c'est dans la façon dont les adultes me parlent de lui que je peux voir la composition, les lignes brisées, les appuis.
Je n'ai jamais pu voir ST. Il est si peu là. Son temps de scolarité, dans cette classe d'intégration est si bref, si souvent empêché par ces moments où il tourne comme une toupie, pour échapper à ce qui le harcèle.
Il use tout le monde, il cherche, se colle, happe et rejette tour à tour. Il vous démonte une classe, pousse un professionnel aguerri aux limites de sa patience et surtout, il semble, dès lors qu'il a cessé de jouer les bombes à fragmentation, remplir ceux qui l'entourent, d'une compassion intense. Ce qui n'est pas donné à tout le monde.
Parce que ST, franchement, il cumule dans la biographie à la tronçonneuse. Né avec un handicap d'une mère gravement psychiatrisée et d'un père jamais identifié, il a vu rompre accidentellement le seul lien solide qu'il avait établi avec une première famille d'accueil. Il ne s'en est jamais remis. Des grands parents très âgés font ce qu'ils peuvent, mais ne peuvent qu'avec un souffle si court. C'est si usé, là.
A ces handicaps, il joint celui d'être né dans une période qui voit s'effondrer les crédits offerts pour la prise en charge quotidienne de ces enfants qui se blessent à tout contact avec le réel.
Alors, bien que la structure départementale en charge du handicap ait formulé une magnifique décision d'orientation, aucune structure n'a de place pour lui avant...Bah, mettons 18 mois.
Donc, on bricole. ST erre, d'un IME, normalement prévu pour des plus petits deux jours, à une maison d'enfant trois jours ou au centre d'accueil thérapeutique d'urgence, où il voit passer autant de monde que dans la salle des Pas Perdus, lui qui l'est tant.
Voilà, c'est ce qui se révèle dans cette réunion, alors que l'équipe de la maison d'enfants, presque humblement, demande à l'école si elle ne veut pas le scolariser une demi-journée de plus.
C'est là que j'appuie sur le déclencheur. Parce que clairement, ce n'est pas ça dont ST a besoin. Il a besoin que nous tirions ce cliché très vite, en en accusant tout les contrastes, sans faire dans le détail. Et que dans ce maëlstrom, on souligne à gros traits ce qui est si criant pour celui qui ne le connait pas : cet enfant est fou de ne pas pouvoir se poser quelque part et il est en train se noyer. Rien ne pourra avoir de sens pour lui si les visages ne cessent de tourbillonner autour de lui, s'il ne peut vider le sac qu'il trimballe d'un lit à l'autre.
J'ai renvoyé le cliché à la maison du handicap. Et je l'ai fait la rage au cœur, car toute solution d'urgence pour ST va en priver un autre enfant, tout aussi nécessiteux.
22.8.10
Cas soces.

Je suis née à côté d'une boîte de Pétri. Et dans l'incubateur, il y avait des gamins mal poussés, des adultes parfois eux-mêmes passés très près du couperet qui tentaient d'en tirer autre chose qu'une litanie de condamnations et puis, en bordure, des théoriciens qui tâchaient d'entendre ce qui liait les deux.
Comme une fille de paysans peut avoir l'oreille bercée de récits de vêlages difficiles et du rythme des rotations, j'ai entendue toute mon enfance parler de caractériels, de cas sociaux (dites cassos, casse-os, cas SOS, comme bon vous semble) de mal vissés, d'échappés de l'ASE, d'AEMO, d'éducs spé, de pratiques sociales, de juges pour enfants, de brigades des mineurs.
De gamins plus ou moins dérivetés, déclavetés, bercés trop près du mur, fous comme des paniers, comme des lapins, débiles mais loin d'être cons.
Maltraités, abandonnés, ou si désastreusement abîmés dans des corps intenables, d'étranges modes de perception d'un réel toujours fuyant.
Déroutants, hermétiques, incasables, insupportables, violents, déchirants, déchirés. Ou juste hors d'atteinte.
J'ai appris que la seule chose qui ne se mangeait pas dans le légume, c'était le fauteuil.
J'ai appris que PO (placement d'office) ça se disait aussi planque tes os.
J'ai appris que ces histoires là ont exactement la même fonctions que les plaisanteries de corps de garde, même si je les trouve plus drôles et moins vulgaires : tenir couchée l'angoisse de n'y pouvoir rien faire.
Cette rumeur là, même s'il me fallut des années pour mettre sur des histoires tangibles des noms qui n'étaient plus d'emprunt, m'était moins incompréhensible que celle qui court là, empuantissant les journaux et les têtes. La figure du délinquant délibéré, pourri jusqu'à la moelle puisqu'appartenant à une race maudite droguant ses enfants pour les faire mendier ou égorgeant le mouton dans l'escalier, cette figure de masse, irrémédiable, celle là m'est étrangère.
Je n'y reconnais ni ceux dont la rumeur de l'enfance cassée a bercé la mienne, ni les histoires réelles que croise désormais.
Tout au plus, si l'on insiste à vouloir à tout prix que j'évoque la figure d'un, déjà condamné, qui, sans vergogne aucune, sachant parfaitement le poids délétère de ses actions, persévère dans une ligne dont aucune instance, même internationale, ne le déviera, tout au plus si l'on veut me faire souvenir d'une violence froide, perverse, intentionnelle, répétitive, verrai-je surgir dans ma mémoire le nom et la poupine figure d'un ministre coupable d'injures raciales, continuant, quoique de façon déguisée, d'en vomir à pleine tonne.
A lire, la lettre ouverte du Pr Hochmann dans Le Monde et la très réaliste fiction de Gascogne et Dadouche sur le blog de Maître Eolas.
Et aussi, le Dies Irae de Samantdi
1.8.10
Les Diafoirus de la prévention sortent en escadrille...
On se demande toujours si l'on doit faire un commentaire des âneries gouvernementales, ou bien leur offrir le sort habituellement réservé aux éructations de fin de banquet du grand oncle sénile et ancien collabo.
Bon.
Les parents des délinquants mineurs iront en prison.
Tous les deux?
Ou bien on en tire un au sort?
Quand la mère s'est déjà coltiné toute seule l'élevage de trublions dont la carence de père peut un tout petit peu compter dans le glissement vers la délinquance, elle se coltine aussi la peine d'enfermement?
Et puis juste comme ça incidemment, qu'est-ce qu'on fait des autres enfants? Imaginez que vous êtes le petit dernier, celui qui justement fait tout pour effacer le souvenir des conneries des aînés, qui travaille bien à l'école et tout et que tout d'un coup, on vous fasse faire votre baluchon pour une famille d'accueil, vous faites quoi? A part spécialement bien bosser votre cours de chimie pour balancer une bombe dans le bouzin?
Est ce que par hasard l'espèce d'inconscient court sur pattes qui nous dirige aurait voulu sa môman pour lui tout seul, pour oublier ainsi qu'une famille, c'est composé de plusieurs personnes?
Bon.
Les parents des délinquants mineurs iront en prison.
Tous les deux?
Ou bien on en tire un au sort?
Quand la mère s'est déjà coltiné toute seule l'élevage de trublions dont la carence de père peut un tout petit peu compter dans le glissement vers la délinquance, elle se coltine aussi la peine d'enfermement?
Et puis juste comme ça incidemment, qu'est-ce qu'on fait des autres enfants? Imaginez que vous êtes le petit dernier, celui qui justement fait tout pour effacer le souvenir des conneries des aînés, qui travaille bien à l'école et tout et que tout d'un coup, on vous fasse faire votre baluchon pour une famille d'accueil, vous faites quoi? A part spécialement bien bosser votre cours de chimie pour balancer une bombe dans le bouzin?
Est ce que par hasard l'espèce d'inconscient court sur pattes qui nous dirige aurait voulu sa môman pour lui tout seul, pour oublier ainsi qu'une famille, c'est composé de plusieurs personnes?
1.7.10
Deux choses sont infinies...*
Le truc le plus con de l'année. Et pourtant, l'épidémie de grippe fut un fertile terreau en âneries de choc.
Accrochez-vous c'est du lourd :
" Je suis d'accord pour l'achat d'un défibrillateur automatique externe par le Lycée, dit ce Proviseur, mais à condition qu'il soit réservé à celui-ci."
Donc, au lieu du logo, genre celui-ci

destiné à prévenir la population qu'on peut tenter de réanimer le pékin moyen qui vient de s'effondrer devant vous, ou, du moins, dans un rayon de 500m
je vais être forcée de proposer au prochain comité Hygiène et Sécurité un genre comme ça :

Et pour ceux qui me poseraient la question, non, il n'y a pas de défibrillateur de cerveau. Sinon, je vous jure que j'aurais tout tenté.
*L'Univers et la bêtise humaine. Encore pour l'Univers, je n'en ai pas encore acquis la certitude absolue. (Einstein)
Accrochez-vous c'est du lourd :
" Je suis d'accord pour l'achat d'un défibrillateur automatique externe par le Lycée, dit ce Proviseur, mais à condition qu'il soit réservé à celui-ci."
Donc, au lieu du logo, genre celui-ci

destiné à prévenir la population qu'on peut tenter de réanimer le pékin moyen qui vient de s'effondrer devant vous, ou, du moins, dans un rayon de 500m
je vais être forcée de proposer au prochain comité Hygiène et Sécurité un genre comme ça :

Et pour ceux qui me poseraient la question, non, il n'y a pas de défibrillateur de cerveau. Sinon, je vous jure que j'aurais tout tenté.
*L'Univers et la bêtise humaine. Encore pour l'Univers, je n'en ai pas encore acquis la certitude absolue. (Einstein)
Libellés :
Des fois,
duloc est un monde parfait,
hein,
va donc bosser feignante.
28.6.10
Enquiquinez les riches!
Dans cette atmosphère faisandée, où l'on découvre que les préfets touchent une prime d'efficacité pouvant se monter à 4 SMICS annuels, où l'on avoue implicitement qu'un ministre peut commander des redressements fiscaux-et en interdire d'autres?-, où un monarque se paye un avion pour nous pisser dessus de plus haut encore, il ne faut pas se priver d'une occasion, même minime, de redire que la loi est un bien commun.
Depuis 1986, date d'entrée en vigueur de la loi "littoral", de riches propriétaires* du Fouquet's club, empêchent l'accès au sentier douanier de Beg Meil** sous prétexte qu'ils y ont piscines, gloriettes tennis et autres agréments à tenir loin du peuple.
Il suffirait, pour que la continuité du sentier soit rétablie que les propriétaires reculent leur haie de 3 ou 4 mètres.
Une inlassable pétition de bretons têtus*** circule chez Cyberacteurs, demandant la simple application de la loi.
Si ça vous dit, de signer et de faire circuler, voici le lien
Rien ne vous interdit de cliquer aussi sur les pétitions voisines, notamment pour ceux qu'affligent la glaciation de la grille de France Inter.
* On compterait dans ce petit segment une propriété Bolloré, une Taittinger et une Lascar .
** d'accord, c'est en pays fouesnantais, donc chez les étrangers, mais bon !
*** un oxymore, je maintiens. ( ce sont les bretonnes qui sont têtues!)
Depuis 1986, date d'entrée en vigueur de la loi "littoral", de riches propriétaires* du Fouquet's club, empêchent l'accès au sentier douanier de Beg Meil** sous prétexte qu'ils y ont piscines, gloriettes tennis et autres agréments à tenir loin du peuple.
Il suffirait, pour que la continuité du sentier soit rétablie que les propriétaires reculent leur haie de 3 ou 4 mètres.
Une inlassable pétition de bretons têtus*** circule chez Cyberacteurs, demandant la simple application de la loi.
Si ça vous dit, de signer et de faire circuler, voici le lien
Rien ne vous interdit de cliquer aussi sur les pétitions voisines, notamment pour ceux qu'affligent la glaciation de la grille de France Inter.
* On compterait dans ce petit segment une propriété Bolloré, une Taittinger et une Lascar .
** d'accord, c'est en pays fouesnantais, donc chez les étrangers, mais bon !
*** un oxymore, je maintiens. ( ce sont les bretonnes qui sont têtues!)
21.6.10
j'peux pas, j'ai pause.

J'ai pause.
Je ne sais pas très bien pourquoi, pas plus que je sais comment s'est déployé un jour ce besoin de faire part. Je sais juste que j'en ai profondément eu du plaisir, que j'en ai un peu moins en ce moment, que cela arrive à beaucoup d'entre nous. Je sais que certains closent, effacent radicalement, attendent la reprise, envoient des signaux de loin en loin, pausent en fait de façon tout aussi diverses que nous écrivons.
Je sais que la vie publique atteint de tels sommets d'obscénité que je n'ai plus envie d'en rire, que ma vie privée, même si j'en laisse passer et, probablement, bien au delà de ce que j'imagine, n'a de place ici que si j'ai le sentiment d'en avoir pensé quelque chose et de n'en présenter que ce qui peut prendre soin de vous par écho.
Je sais que je manque d'envie de pastiches ou de jeux.
Je sais que je tiens à vous. Que je serais contente si vous avez le courage la patience ou l'envie de m'attendre un peu.
Que je reviendrais dès que j'aurais quelque chose à vous dire.
Et que ça sera peut-être même demain. Même si j'ai piscine.
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Des fois,
hein,
va donc bosser feignante.
13.6.10
bébés phoques

En ce moment, j'ai plein de bébés phoques.
De ceux qu'on pose sur la banquise, l'œil implorant et le poil mouillé devant les caméras et avec l'injonction immédiate et culpabilisatrice de "faire quelque chose!".
Docteur.
De résoudre le problème de ce jeune homme appareillé depuis des années, jamais signalé et dont on se dit, que peut-être, éventuellement il serait gêné pour entendre les bandes sonores aux épreuves orales de langue. Dans une salle déserte avec une seule personne. J'ai dit : "Ah? Et sept ans dans une classe plein d'adolescents bourrés d'hormones, il a entendu correctement?"
De celui qui terrorise tout le monde du haut de ses 8 ans manifestement psychotiques, qui est en attente de classe spécialisée et dont on me demande, faute de position claire du psychiatre et de l'inspection primaire de déclarer qu'il est "médicalement inapte à la scolarisation." Bon d'accord, mais du coup, comment vous allez pouvoir le scolariser dans sa classe spécialisé après? J'ai dit à l'Inspecteur que je pouvais faire un certificat comme quoi l'école de P. était "institutionnellement inapte à scolariser cet enfant." De toute façon, ça fait très longtemps qu'on est pas copains, lui et moi :-).
Celui qui vous demande un certificat d'aptitude pour aller en lycée agricole, parce que c'est le seul endroit qui l' a accepté et qui vous jure, les yeux en coquelicot, le nez en patate et la voix étouffée que non, absolument pas, il n'est pas sensible au rhube des foins. J'ai rien dit, j'ai tendu le paquet de mouchoir et levé un sourcil.
Celui qui a perdu sa maman et qu'on me supplie, à rebours d'une de mes rares règles intransigeantes (On voit un enfant de 6 ans avec l'adulte responsable, point barre.), d'accepter que la visite se déroule avec une grande sœur, parce que le père est en déplacement. Montez le son à 60 décibel et écoutez, sans frémir si vous le pouvez, la phrase proférée devant toute la classe : "PASSQUE C'EST PAS SA MERE QUI VA POUVOIR VENIR, HEIN!". Je suis héroïque, je n'ai pas répondu "il a un père, connasse, et une grande sœur qui a largement autre chose à faire de son chagrin que de jouer les mères de substitution".
J'ai eu le dit père longuement au téléphone, tout va aussi bien que cela peut, ils font face. Nous nous verrons en septembre, calmement. Dignement.
A vous, parce que vous êtes des potes, je vous dis : cette fin d'année, j'en ai marre.
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hein.,
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