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28.10.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, rondeurs

Aujourd'hui, flânant sur la toile
j'apprend qu'on propose
un emploi de métreur
à Champ d' Oiseau.

Je le savais.
La pie est un oiseau géomètre,
juste peut-être
un rien trop habillée
pour le poste.

12.5.12

366 réels à prise rapide. Fragment d'aujourd'hui, raconté en pouésie

On avait perdu petite poule
Et l'enfant se battait les flancs
Blanche, noire et grise
Les trois autres, bonnes ménagères
quelque peu défiantes
ne pouvaient tenir lieu
d'amie intime
de soucoupe volante
ou de moufle à plume.
On invita la Batam
qui porte sous sa robe
un pyjama de jambe
ah! tout affriolant!

Poule vole.
Accroupis devant la barrière du voisin
Les adultes se battent les flancs.
L'enfant rit.
Il n'est pas interdit de penser
Que la poule aussi.

5.4.11

Printemps

J'ai des pieds d'alouette
et une gueule de loup
un nombril de vénus
et un cœur de Marie

Mon jardin j'en conviens
en reste trop sage
je t'autorise la verge d'or
et le tison de Satan.

11.11.10

Où voir de la littérature de pote ancienne?


Chez Kozlika, qui fête ses cinquante ans et ceux de l'OULIPO par un jeu à contraintes. Voilà donc 10 strophes de cinq vers, commençant par les lettres O,U,L,I,P et terminant par O.
Et vous auriez voulu des petits chats?

Pour saluer Kozlika


Obédience volontaire ou bien
ukase amical
Littérature de mathématicien
inavoué ou bancal
plaidoyer pro domo?


Oublie donc les définitions!
Un poème jamais n'abolira
le hasard des émotions
Inventons ce qu'adviendra
par la plume ou le stylo


Or mon amie Kozlika
Unissant ses voeux
Les mêmes jubilés appelant les mêmes barakas
invite à ce curieux jeu
pondre des vers en solo


On en contera cinquante
Une floppée de contraintes
La rime claudicante
Invitant la sacro-sainte
pieuse finale en O


Opiomanes tous autant que nous sommes!
Uniques adorateurs des pièges tordus
Larbins presque! Bêtes de sommes
Idolâtres tout à fait éperdus
Pâlissant de nos écrits sans brio


Orphelins, tous, de Perec et Queneau
Usuriers de leur fantaisie
lâchée comme volée de moineaux
Impossible amnésie
Parodique placebo


Ouvrons néanmoins le ban
Une amie fête ici
les cinquante sous le vent
Indulgente à la pluie
Paisible tempo


Oasis dévolue à l'amitié
Urbanité déclinée sous forme d'agape
la maison que l'on retape
Inévitablement est encore en chantier
Pourquoi s'en faire un lamento?


Ourdisseuse de liens profonds
Ultra sensible à la peine d'être
l'amie a jeté l'ancre sur les hauts-fonds
Ilienne de ses fenêtres
Prodigue de ses allegretto


Oh! vous aurez compris combien j'aime
Une amie de si longue venue
la diabolique qui sème
insolemment ses jeux saugrenus
Pour hommage à l'OULIPO

10.10.10

sillons


Nous ne nous souviendrons pas de toutes nos folies.
Les robes seront vides
Le papier jaunira
les cailloux brillants
qui nous coulent à pleine main
s'éteindront
la bouche mordue sera sans trace
Aurions-nous vécu en vain?

C'est oublier que plus que tout
le corps engrange
notre plus haute humanité
sous la peau

Sous ta main,
dans la rencontre imprévue
et si familière pourtant
comme l'aiguille d'un gramophone
voilà que j'entends
la voix légère et ample
des sillons minuscules
notre mémoire sans souvenirs

l'amour peau à peau
inscrit infiniment

9.5.10

Aimer l'Irlande


Aimer le paysage
Comme la peau du Monde.
Le vent est né ici,
dans la brèche longue
des tourbes
Eveillant
Dans les collines immobiles
La harpe et l'herbe,
liées.

Il fallut si longtemps
En Irlande
Contourner du même pas
La pierre et le malheur
tenir le tumulte serré
Et l'œil sur la ligne des crêtes
que tous, ils savent chanter.

Croyez vous
qu'on puisse toujours
rester la voix basse?

Aimer l'Irlande
comme le vent du Monde
et les lacs d'eau noire
scellés sur l'Histoire.

31.1.10

Minuit


Sous la fenêtre glaciale
Je vois deux lunes
Et ta main sur mon sein gauche.

29.1.10

Observations à l'usage des sociétés savantes.

Non, non, le chat
étendu tout du long
à côté du poêle ronflant
ne dort pas.
Le chat est un savant
à l'âme froide et résolue.
J'ai bien compris :
Il fait la mouette
attendant le prochain courant chaud
pour décoller.

~~~

J'ai failli rire du moineau
qui traverse en sautillant
j'ai oublié qu'à l'oiseau,
la marche est un sport de haut risque.

9.1.10

Je ne veux pas de bisous

Il m'écrit un bisou.
Mais je n'en veux pas.
Oh, j'en connais l'espèce, à qui ne serait-elle pas familière?
Un bisou borde les peines, clôt les lèvres.
C'est une monnaie de billon, un passe-avant
La paix achetée.

Laisse-moi un baiser...
Même incomplet, même frustré
un baiser entrouvert
comme l'éraflure d'une bête acclimatée
redevenue indocile

Je veux la trace de la comète
la traîne et le sillage
les berges d'un manque

Je veux la flèche
un instant suspendue
la seconde de trop
juste au coin des lèvres

et l'ironique cicatrice
de la bienséance.

6.12.09

breizhkou


Sur la plage d'hiver
une méduse gelée en tremble
Urticant détail.

30.10.09

les lits bordés


Nous choisissons nos mots
comme des sacs de sables
l'œil en amont.
Soigneux.


Cela s'appelle de la retenue.


Et pourtant, dans nos miroirs mélancoliques,
tout appelle le débordement
La trace des anciens oueds se fendille
réclame que se déplie
ce que nous avons trop tôt ferlé.


Ah! comme j'ai bien appris
à mettre les mains
derrière mon dos.

8.9.09

mal archivée




Faut bien dire
je gagne souvent
à n'être pas connue.
Oh!
inutile
de retourner mes poches
d'épier le pli de mon coude


Je n'ai pas de secret

Mais sous le regard
je m'alourdis
Je m'assagis

pour faire bonne fille
plus que bonne figure

Vous auriez dû
me laisser sur la route
libre et si peu méchante

je vous aurais griffé
juste un peu mordu peut-être
Mais c'est ce que je fais de mieux
cette trace délicate
d'une morsure
au milieu d'un poème forain

Et puis quoi!
vous vous en seriez
si bien remis
n'eut été cette faim
mal archivée
Ce besoin
de scruter l'horizon

25.6.09

Lourd

Ce que je traine
c'est mon chalut
tout à la fois
ma peine
et ma subsistance

2.1.09

La patience du merle



Branche d'hiver.
Le merle s'est juré d'attendre
sans bouger
l'éclosion de la première feuille.
Résolution
de début d'année : on sait
ce qu'il en est.

9.11.08

ceci est une photo couleur


Et l'horizon là-bas
comme un trait
sur notre miroir
nous consolant
de n'être que des segments.

22.10.08

un pont par hasard



Le passant sur le pont
a la tête à l'envers
l'eau elle-même
en est troublée
Il s'en excuse:
je ne fais que passer.
Moi aussi dit l'eau.

17.10.08

celui qui parle peu


Celui qui parle peu, souvent,
laisse sous ses pas
l'équivoque sillage
d'un qui vivrait sur ses réserves
d'un qui observerait derrière ses paupières
comme sous le filtre de persiennes
défiantes et protectrices
d'un qui jugerait à huis clos
nos brouillons irréfléchis.

Si je parlais peu
je marcherai
toujours au ras de l'écume
ou bien je gribouillerais
ou bien encore
dans un atelier silencieux
éclairé de biais
j'ordonnerais des pièces
minuscules et compliquées
avec de très petits outils d'horloger

Mais je parle beaucoup
des fois même
je lève les bras
et j'use de l'anathème
avec des grand cris.
Alors je dis
que celui qui parle peu
est un homme empêché
un profiteur
de la parole de l'autre


Je ne veux pas voir
combien je me fatigue
et comme j'aimerais
un jour
être le caillou
plutôt que le torrent.

14.9.08

paysage flottant


Ecrire ces instants arrêtés
la nuque mordue
ce vacillement précis et doux
Cela ne dirait rien de ce regard que l'on jette autour de soi.
Manque-t-il donc quelque chose ici?
Non, rien ne manque, au contraire.
Les couleurs sont plus brillantes,
les accents plus vifs

Ce n'est pas ici que se déroule et s'enroule
cette inverse rêverie
Poser-une fois
juste une fois
dit le chant menteur
mon front au creux de son épaule

Pourquoi désirer
sans fin
que la main nomme
ce que les mots ne diront pas?

23.8.08

Breizhkou


La lumière froide
a transpercé le bol bleu
C'est une fin d'été.


(cliquer sur l'image pour la voir en plus grand)

10.7.08

Des fois je sors de moi


Des fois je sors de moi
dans mon costume de tapinois;
Il est heureux
que vous ne le sachiez pas.

J'ai un grand rire féroce
que je garde pour moi
un attendrissement de houle

des consolations
de très vieil éléphant


Je passe comme un vent d'Annonce
je soulève les feuilles mortes
sous votre seuil
et seul, le chat suspend son frisson



J'ai l'oeil à tout
à vos genoux d'enfants
à vos chagrins d'hommes
Il ne vous faudrait qu'un mot
pour dormir entre mes bras


Mieux vaut finalement
que vous n'en sachiez rien.

Et puis
ça ne dure pas.