10.5.09

Politesse



Cher ami
auriez-vous la gentillesse
de tenir
la place du rêve.

8.5.09

Rencontre sur la lande


Enlarge your salamandre en cliquant dessus

Rencontré e ce jour sur la lande, la salamandre le lézard a bien voulu poser.
Et pour couper court à toute critique, non,elle il ne fumait pas la pipe! Le brin d'herbe qui dépasse de sa bouche est d'origine.

(Edit : Merci Yves! Ben moi, je croyais que c'était pas un lézard, parce qu'il était vert clair, gros et placide. Un lézard, pour moi, c'est un truc qui se tire dans une faille en te laissant la meilleure part un morceau de lui-même entre les doigts.)

4.5.09

C't'une plaisanterie?

"L'optimisme est l'opium du genre humain ! L'esprit sain pue la connerie. Vive Trotski !"

Milan Kundera articulait son livre "La Plaisanterie" autour de cette phrase, inscrite sur une carte postale pour montrer l'étau dans lequel le système politique tchèque s'était enfermé.
A cause de cette simple plaisanterie, le héros se voyait traité en ennemi du peuple et sa vie entière basculait.
D'après Le Monde, Stéphane, un menuisier trentenaire sans antécédents affichés, vient de passer 24h en garde à vue parce qu'une vague connaissance lui a envoyé un SMS disant: "Pour faire dérailler un train t'as une solution ? Et hop, au gnouf.

Le procureur se défend : Je comprends que, de son côté, la garde à vue puisse paraître violente mais, dans ce genre d'affaire, on ne peut prendre aucun risque".

C'est vrai, ça. Des fois que des innocents puissent subir un préjudice.
Moi, je crois qu'ils auraient dû autoriser les tenailles pour lui faire avouer son forfait, intention de forfait, probabilité de forfait avis sur les déraillements.

Et pour remettre une démocratie sur les rails, vous avez une solution?


Itou chez Maître Eolas.
(pt'être que j'aurais dû faire droit? au lieu de médecine?)

3.5.09

Encore des zoziaux, et des rêves aussi, perchance.


Déjà, il y a quelques années, un zoizillon m'avait fait le coup.
Dans ce temps là, il avait d'un côté, cette famille que je trouvais rapiécée, cette belle-fille à laquelle je ne comprenais rien et surtout pas la terreur que je lui inspirais, les finances en vrac, mes colères et ces assiettes qu'on flanquait par terre, le chantier ni fait ni à faire, les vêtements en vagabondage, le jardin si souvent en déshérence et le sentiment si fort de ma propre incompétence.
De l'autre, ce petit visage qu'on m'avait confié-le temps d'un repas, d'un anniversaire, d'un après-midi de jeu?-va savoir-la bouche enfantine en cerise collante. Elle m'avait déjà poliment glué la joue pour me dire au-revoir et s'était retournée brusquement avec une espèce d'urgence à dire, une intensité qui l'essoufflait et la faisait bégayer :
"vous êtes, vous êtes... ah! vous êtes une jolie famille."
Et d'envoler le dernier bisou avec la main avant de tourner les talons.
Me laissant interdite, statufiée, avec le sentiment vague que j'en reprenais pour dix ans* avec la question : c'est quoi une famille/vie/enfance/ constitution réussie?

Je n'aurais jamais rien attendu de tel de cet autre grand zoizillon, même si je ne me laisse plus prendre à l'adolescente désinvolture. Les larmes au raz des cils n'étaient pas feintes, ni le désir de rester et ce qui se bafouillait avait exactement le même sens.
Je ne sais pas pourquoi et je ne tiens pas à le savoir. Je soupçonne au loin des gens pas méchants qui se sont peut-être perdus de vue, qui, peut-être pour ne pas se faire du mal, ont oublié de se tenir chaud...
Qu'est-ce que je pouvais lui dire, à cet espèce de héron à longues pattes, sinon le houspiller pour qu'il parte à l'heure?
Dois-je lui révéler qu'il ne sert à rien d'envier qui que ce soit, que plus que toute autre, l'économie d'une vie est obscure, incertaine et, la plupart du temps, menteuse? Et pourtant, a-t-on le droit de ne rien dire, d'affirmer à un zoziau si jeune encore, qu'il n'y a ni espoir ni chemin, ni modèle ni assurance?
Et voilà que tout en lui bottant virtuellement l'arrière-train pour qu'il ne rate point le sien, je me disait qu'il faudrait pouvoir, sans peur du ridicule, lui dire : n'envie personne. Mais vole toujours, dans le verger des autres, des autorisations à rêver ta vie, à la faire plus vive, plus drôle, plus chaude que ceux qui t'ont précédé.
Et puis tu es, tu es... Ah! tu es un très chouette zoizillon.

*(c'était y a quinze. Facile.)

Elle voulait du printemps

Tili voulait du printemps.
Est-ce ma faute à moi s'il pleut?
(Et si j'avais envie de faire joujou avec le macro?)



cliquer pour voir en grand

1.5.09

il y a vingt et un ans



Il y a vingt et un ans, j'ai poussé par trois fois et mis au monde un petit bout de zumain dont je m'émerveille, depuis et tous les jours, qu'elle soit si humaine.

Et, en toute objectivité, drôle, fine et belle.
Voui.

29.4.09

Matière à rêver



Je suis entrée en blogosphérie avec ma soeur et quelques cousins.
Des cousins d'en face, avec lesquels, pour copier Oscar Wilde, nous semblons avoir tout en commun, sauf la langue.
Je ne sais pas pourquoi j'ai longtemps lu plus de canadiens que de français, mais c'est ainsi.

Est-ce qu'ils sont très différents?
Oh, il y a bien sûr des signes qui ne trompent pas :
Quand il est écrit que ça sent le printemps parce qu'on entend de nouveau les oisea, les motos et qu'on peut enfin cesser d'entreposer son compost sur le balcon parce que le bac est libéré de ses deux mètres de neige.
Quand les recettes de cuisine sont en tasse et non en gramme.
Quand on est grano plutôt que bobo
Quand ça jure en simonac et que c'est drôle que c'en est écoeurant.
Quand ça complimente bien plus que ça ne débine, mais que ça prend pas de moufles quand ça a décidé de bitcher.
Quand, jamais, mais alors jamais, ça n'écrit que ça à la plotte à terre!
Quand ça peut voir des baleines pour de vrai et que sortir de la ville, ce n'est pas forcément être à la campagne, mais aussi être dans la nature, une nature immense, ni méchante ni bonne, à perte de vue.

Je me demande si le charme que souvent, j'y trouve en sus du contenu en soi, ce n'est pas le rapport aux connivences de langue qu'on trouve chez ceux qui se savent minorité. Une façon, parfois très discrète, et quelque soit le propos, de l'amour à l'histoire de la brosse à dents à travers les âges en passant par la musique et les potins, d'instiller un sentiment d'"être d'ici".

Je n'ai pas besoin de vous présenter Moukmouk, il est connu comme l'ours blanc et beaucoup l'ont déjà en lien.
Vous savez depuis longtemps que j'aime, d'une affection vraie, Chronique blonde, Tassili et Pierre-Léon.
Je lis depuis le début Daniel Rondeau. Pas qu'on copine, hein, je crois pas qu'on ait échangé plus de deux mots mais il a une vraie plume. Je crois que c'est chez lui que j'ai lu la superbe définition du blog : " être tout nu dans une chambre et attendre que quelqu'un allume la lumière".

Je vais aussi chez la Fêlée et son chum l'Ex-ivrogne que je ne lis jamais sans penser à la chanson de Ferré : "Richard, ça va?"
Il y a des fulgurances chez Miss Klektik et les trucs zarbis de l'Enclume des jours.
Il y miss Aboumrad qui est partie enseigner dans le très, mais alors le TRES grand Nord. Sort-on indemne et sans trace du Nunavut?

Oh! Et puis si en chemin à la poursuite de l'homme qu'a lu l'homme qu'a lu le blog de celle qu'a vu l'orignal, vous trouvez d'autres pépites, soyez gentils, partagez...

28.4.09

Le premier mai, défilez masqué!

(Mais pas de blagues, hein les gens! Ne prenez pas les VRAIS, sauf si c'est nécessaire. Sinon, laissez les stocks tranquilles pour le jour où ça sera, hélas, nécessaire.)

27.4.09

Drôles d'oiseaux.


J'étais partie pour faire quelques photos.
Tites fleurs, zoziaux, brins d'herbe.
Des vagues, tiens! 2566 photos de vagues, spa beaucoup, non? Une de plus aurait bien fait mon affaire.
donc, je suis partie vers la dune de R. parce que d'un coté, y a les vagues et de l'autre les zoziaux. Ou les papillons.

En approchant, y avait comme un bruit.
Pardon.
Y AVAIT COMME UN BRUIT!
Genre BOUM BOUM BOUM TCHISSSSSS BOUM BOUM.

Palsambleu, me suis-je dis, car toujours, je jure élégamment pour ne point souiller mon for intérieur.
Y a rave-méga-teuf à la vieille usine.

Vous avez déjà essayé de photographier des tites fleurs avec de la techno en fond sonore?
Enfin, je dis la techno... Déjà que je patine à reconnaître la gavotte de la polka, alors savoir si c'était du trance goa ou de la techno tribe...

Juste que ça faisait un gros bout de périphérique dans mon petit coin de dune et que dépitée, ronchonne et fumasse j'étais.

Galapiats. Petits cons égocentriques. Pollueurs. Vont faire rater les couvées de pipistrelles à écailles rouges. Laisser des papiers gras. Raides défoncés. Ptits cons.

A ce stade là, Anita n'avait qu'une alternative. Rentrer chez elle. Bougonner. Se faire plaindre par l'homme aux 90 défauts.

Ou bien aller y voir.
Vous pensez bien que j'y suis allée.


C'était fin de teuf. Ne restaient plus que les murs sonores et quelques groupes. C'était presque parfaitement propre et une toute jeune fille enroulée dans un sac de couchage m'a sourit d'une frimousse endormie et et sereine. Ses copains étaient ivres, sans excès finalement, détendus. Ils avaient été sages et avaient désigné à l'avance ceux qui conduiraient.
Tout pour plaire.
J'ai refusé le chouchen et je me suis assise.
J'ai passé un moment délicieux et j'ai de très jolis portraits de jeunes gens beaux, courtois et doucement pétés. Adorables zoziaux.

Les gens, de loin, c'est du bruit.
De près, c'est des gens.

26.4.09

D'une urgence.

Il reste deux semaine pour sauver les films de Pierre Etaix.

A quatre-vingts ans, Pierre Etaix, clown, dessinateur et cinéaste ne peut plus montrer ses films.

Ses cinq longs métrages (dont quatre co-écrits avec Jean-Claude Carrière)sont aujourd'hui totalement invisibles, victimes d'un imbroglio juridique scandaleux qui prive les auteurs de leurs droits et interdit toute diffusion (même gratuite)de leurs films.

Alors, si comme moi, vous souhaitez comprendre les raisons de ce rapt culturel et signer la pétition pour la ressortie des films de Pierre Etaix, visitez ce lien:

Pétition de l'association des amis de Pierre Etaix



Il faudrait 50 000 signatures avant le 10 mai, date à laquelle l'association remettra la pétition à Madame Albanel, juste avant l'ouverture du festival de Cannes
De fait si chacun des signataires déjà listé ramène un seul comparse, le quorum sera atteint.
Vous avez sûrement fait des choses plus idiotes dans votre vie que de soutenir ce poète délicieux.
Après avoir sabré la pipe de M. Hulot, faut-il couper la chique au clown Yoyo?

D'une découverte scientifique de première importance.

Le gène de la mauvaise foi vient toujours de la famille de l'AUTRE PARENT.

25.4.09

Celui qui le fait

Libération se fait l'écho d'une nouvelle espèce de téléréalité, basée sur la célèbre expérience de Milgram.
Pour ceux qui n'auraient pas bénéficié, comme je l'ai fait, d'un généreux et tout à fait suffisant "cours de psychologie médicale"-soit 10 h en deuxième année, je rappelle le principe de la chose.
Vous, étudiant en psychologie, vous êtes l'expérimentateur. Votre tâche est, sous un prétexte quelconque, de tester la résistance à la douleur d'un sujet. Pour ce faire, vous lui envoyez de petites décharges électriques, puis des décharges de plus en plus forte.

Bien entendu, votre cobaye est un comédien, les fils sont débranchés et c'est vous le sujet de l'étude, mais vous n'en savez rien. Le but de l'expérience, ce n'est pas de montrer la résistance à la douleur de celui qui simule la grenouille choquée à 220 volts, mais de montrer votre propre résistance à l'autorité du chef de laboratoire qui est en train de vous faire commettre une authentique saloperie.

Dans le cas qui préoccupe Libération, l'expérience a été appliquée au jeux télévisés et c'est un candidat qui croit sanctionner les erreurs de son coéquipier par des décharges de plus en plus forte.
Le but, comme dans l'expérience initiale est de démontrer que la soumission fait de nous, braves types pourtant, des bourreaux.

Je suis bien incapable de jurer que jamais je ne ferais partie des appuyeurs de bouton rouge.
Mais je suis assez contente, à presque vingt-cinq ans d'intervalle, de rééditer ici ce que j'écrivis dans ma copie d'examen, au risque (minime) de me faire retoquer :

Il est certain que la décharge électrique occasionne une douleur dont la simple pensée nous fait frémir.
Mais se voir brutalement confronté à l'existence de son propre sadisme, et pire, à son étendue, est une douleur que je vis comme tout aussi grande, et plus délabrante peut-être, car plus insidieuse. Comment les étudiants ont-ils été traités, comment se sont-ils traités, après avoir découvert qu'ils étaient capables de ça?
Il y a donc ici deux catégories de sadiques.
Ceux qui appuient sur le bouton à des fins de démonstrations scientifiques.
Ceux qui les regardent faire.
A des fins de démonstrations psychologiques.

Quant à faire la même chose à des fins de divertissement...

Des fois, hein, la psychologie expérimentale me pue au nez encore plus que la télé.

22.4.09

Poirambo est de retour (et il n'est pas content)

La publicité pour les armes étant tout aussi interdite que celle pour le tabac, et dans la droite (!) ligne de la modification de l'affiche représentant Jacques Tati, la cinémathèque de Plussécon en association avec le centre culturel de Plussamarche s/Lebonpeuple vous présente l'affiche de sa rétrospective Rambo :

21.4.09

Pourquoi/Pourquoi pas?

Pourquoi pas montrer des corps?
Mais pourquoi montrer des corps?
Pourquoi une représentation artificielle serait moins parlante, moins pédagogique qu'un cadavre momifié?
A l'heure où les techniques 3D, la diversité des matériaux permettent une foule de combinaisons pour approximer presque à la perfection, la couleur, la texture et les proportions d'un corps, quel est le bénéfice d'exposer de l'ancien vivant?
Parce que là, c'est du vrai?
C'est du vrai momifié, racorni forcément par la technique de conservation.
C'est plus juste, plus authentique?

Mais pourquoi croyez-vous que les futurs chirurgiens continuent, continueront probablement très longtemps à s'entrainer sur des cadavres?

Justement parce qu'il n'y a pas de vrai. Il y a du faux, oui parce que je ne vais pas prétendre qu'un fémur peut pousser à la place d'un humérus.

Mais il n'y a pas de plus vrai fémur que d'autres. Il y a une infinité de variantes, d'aberrations de localisation, de veines qui passent devant au lieu de derrière, comme il y a une infinité d'appendices vagabonds, de reins flottants, de rameaux sensitifs farceurs, d'ectopies, de limites de la normale, d'humains toujours humains qui jamais ne se découpent toujours parfaitement selon le pointillé.

C'est parce qu'ils savent que l'anatomie est toujours menteuse que les apprentis chirurgiens s'entrainent à débusquer, inlassablement, le variable, le fluctuant, voire l'extravagant. Pas une seule fois. Des dizaines et des dizaines de fois, jusqu'à ce que le paysage leur semble familier au delà de la différence de chaque corps. Et un bon chirurgien, toujours, se méfiera de trop savoir.

Il n'y a pas de corps plus vrai qu'un autre.
Pourquoi ne pas en avoir pris des faux, alors, pour cette exposition si controversée d'Our Body?

Parce que cela n'aurait pas fait un rond?

L'obscène, ce n'est pas un testicule nacré, une aorte ourlée, le papillon d'une thyroïde.
L'obscène, c'est le pognon et l'art de tout rentabiliser, y compris un chinois mort.


Voir aussi chez Kystes.

20.4.09

Anita va-t-elle entrer en politique?


Je voudrais m'excuser de ne pas voir entendu les excuses au sujet de ce qui n'a pas été dit, mais je ne m'excuserai pas d'avoir dit ce que vous avez entendu sur le démenti de ce qui été dit ironiquement.
Ou le contraire.

J'ai bon?

A part ça, j'en connais qui sont pas élus, et qui sont intelligents. Ce sont même ceux que je préfère.

19.4.09

jamais eu de robe noire.


Je n'ai jamais eu de petite robe noire qui va avec tout.
Mais j'ai mangé des figues noires en lisant dans l'arbre.
Je n'ai jamais laissé deux hommes se disputer à mon sujet
Mais les hommes de ma vie m'ont attendue plusieurs années.
Je n'ai jamais fait de ski hors piste
mais j'ai volé à l'aube au dessus du Sahel
et j'ai vu boire les éléphants
J'ai perdu toutes mes montres
mais ce morceau d'écorce
mi-madone, mi-idole
est encore près de moi
Je n'ai jamais entendu le cri d'une étoile
mais je connais le bruit de soie
d'une iris qui s'ouvre
et je sais
dans mon corps même
le son inoubliable
d'un dernier battement de coeur.

J'aimerais bien des chaussures neuves
Et savoir chanter juste
Mais j'ai fait une tarte aux myrtilles
et je ressemble de plus en plus
à une baboushka
à l'oeil plissé.

Et puis voilà.

16.4.09

Faut sauver le soldat rayonne. ( private post)

Les blogs sont pleins d'histoires de chaussettes.
Veuves.
Esseulées.
Condamnées à attendre solitairement le retour de leur moitié de paire, des semaines durant, voire des mois chez certains procrastinateurs d'élite, recroquevillées en petit tas dans une bachole en plastique blanc, en osier chez les plus chics.
Au fond d'un placard noir, solitairement, la chaussette restante espère et patiente.
Certaines, pour meubler leur solitude et adoucir leur peine, se racontent d'improbables histoires dont l'une a été récemment recueillie par Monsieur Réponse, homme bon et délicat qui ne pouvait imaginer laisser sans réponse une question aussi cruciale pour le mi-bas.
Parfois, l'humanité distraite-feignante aussi hélas- se laisse attendrir et abrège le calvaire de la socquette. Poubelle, vidange ou chiffonniers, on tranche le noeud gordien et par là-même on se délivre du regard accusateur que vous lance la délaissée à chaque corvée de linge.

Mais certains d'entre nous s'obstinent, sans relâche. On lance les troupes d'interpolochons, on sonde les fauteuils et jusqu'aux revers des bibliothèques, on retrace des itinéraires sur des cartes d'états-majors...
Et des fois, on gagne.
Après 237 jours de captivité sous un matelas, je viens de délivrer l'une d'entre elles.
Happy end, embrassade et rideau.

Ou presque.
Car il y a plus terrible encore que l'attente sans fin, plus déchirant que l'euthanasie de la dernière chaussette. C'est si tragique que je n'en ai vu mention nulle part sur les blogs.

Elles sont réunies, oui.
Mais le temps a passé. L'une a vieilli doucement parfumée de lessive bio, tandis que l'autre connaissait les rigueurs de la poussière et des attaques bacteriennes.
Une chaussette d'adolescent(e) laissée à elle-même durant des jours et des jours, dans des conditions extrêmes, cela ne tarde pas à retourner à l'état sauvage.

Elles sont réunies. Elles ne se reconnaissent plus.
Leur prometteuse histoire d'amour ( "où tu iras, j'irais, jusqu'à la fin du monde") a été brisée net. A quoi donc leur a servi leur inutile fidélité, leur chasteté absolue durant l'épreuve? Plus rien ne sera comme avant. Plus jamais elles ne feront les fières ensemble. Leur désaccord est bien trop visible. Même pour les festou noz.

Lecteur, mon ami, lectrice ma soeur, garde-toi de trouver ce post futile. Aide-moi et tourne un regard lourd de reproche vers l'Adolescente inconsciente, dont je sais qu'elle me lit :
"Mon enfant, tes 16 ans printaniers ne te rendent-ils pas sensible à la tristesse absolue de cette histoire? Combien de couples vas-tu ainsi briser, ô jeunesse cruelle, avant de décider que toute histoire d'amour mérite notre protection?"

C'est mon dernier espoir.
Parce que décidément, "descends ton linge sale, criss* ed feignasse baptisée à l'huile de lièvre!" ça marche pô.

14.4.09

Besoin de rêver?

Besoin d'une bonne petite claque au cynisme?
L'adresse se trouve sur ce post de Tassili.
Réjouissant, attendrissant et disponible sur le net-au moins jusqu'au 28 avril.

12.4.09

Pâques.


Photos Anita, l'homme aux 91 défauts

11.4.09

Propos philosophiques de Mademoiselle Bibi, 8 ans.

Une fourmi sur un brin d'herbe, ça va jusqu'au ciel.

10.4.09

Ambiguïté



Chez Gilsoub, c'est une fille.
Dans le cas ci dessus, j'hésite.
Fille ou garçon?

9.4.09

mon quart d'heure de férocité.


Chaque printemps, je dois admettre que mon jardin est la pierre d'achoppement de mes convictions sociales.
J'y pratique finalement bon nombre d'horreurs qu'il est temps de regarder en face.
J'ai recours sans vergogne à l'immigration choisie, appâtant la coccinelle , draguant les vers de terre en leur promettant nourriture choisie dans mon compost, convivialité et respect absolu de leurs moeurs, fussent-elles franchement ambisexuelles et partouzardes.
Le hérisson, privilégié, voit la trêve hivernale étendue aux quatre saisons et c'est avec mille remords que j'ai tâché de le reloger quand ma lutte bisanuelle contre le roncier s'est soldée par son accidentelle expulsion.
Montrez-moi vos quotas de nuisibles dévorés, vous voilà résidents choyés.

Pire, je pratique la chasse au faciès. Piquants, rampants et gluants, vous êtes mal barrés. Mais même ici, votre traitement ne sera pas équivalent, selon que vous serez à la rue ou coquillés. Allez savoir pourquoi je me contente parfois de déporter l'escargot par brouette spécialement affrétée, alors que la limace qui dort dans son sac de couchage de cuir orange subit un martyr immédiat et sans pitié. Tout juste si je consens à adoucir de bière ses derniers moments. Pour le reste, je ne détaillerai pas. Enfin, si, justement.

Je trie, je déracine, j'extermine, utilisant le fer et le feu, la cendre et la poix, au rebours de tout ce que je tâche de discipliner en moi et prêche par ailleurs.
Sans doute, pour contrebalancer cette férocité, me sera compté que je répugne au poison et plus encore, ma relative inefficacité : La velléité me sauve du mal.
C'est si vite que j'abandonne la lutte quand la fougère déroule sa crosse naissante qui ressemble à une main de nouveau né.
Même la ronce peut m'attendrir en son printemps minuscule d'un vert si net et si tendre.

Et le velours presque inquiétant de la tulipe noire...

8.4.09

Chez les autres aussi.

Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi a conseillé aux rescapés du tremblement de terre des Abruzzes hébergés provisoirement sous des tentes de "prendre ça comme un week-end en camping"

C'est ce qu' on appelle une réplique qui tue.

1.4.09

Rendez-moi le Pausilippe, bordel!


Au départ, ce blog devait être une sorte d'anfractuosité, un coin semi-déplié de ma propre vie, un libre court, un machin, quoi, où je pourrais faire se côtoyer des petits bouts de trucs, un atelier de mise en forme des pensées traversières, un fronton à écouter l'écho.

J'aimais bien pouvoir y laisser courir mon goût de la petite fleur et de la quantité négligeable, ma tendresse pour le prochain que j'aime parfois mieux à distance, j'ai bien aimé constater que mes tites photos pouvaient faire plaisir à d'autres, bref je me satisfaisais parfaitement que la pêche à la baleine vive au gré des flux, sans pour autant casser trois pattes à un canard.

Mais voilà, ils ont élu un sagouin qui a nommé plein de désastreux autres sagouins et, maintenant, quand je jette mes filets, j'ai plein de vieux trucs rances dedans et des nouveautés proliférantes que je trouve tellement inquiétantes.

Faut-il les rejeter immédiatement? Mais les rejeter à l'amer, n'est-ce pas les laisser poursuivre leur pollution sournoise? Les moisissures n'aiment pas la mise en lumière, c'est bien connu.
La pêche à la baleine commence à sentir quelque peu la décharge.
Mais j'aurais beau brailler qu'on me rende le Pausilippe et les jardins d'Italie, j'ai le nez sensible et je ne peux le fermer. Je cours bien après les miettes de mon insouciance (faire de moi, la colossale flemmarde, une militante! Ben coudonc, comme on dit en face, fallait vraiment qu'ils mettent le paquet!), il n'empêche que je bous une fois par jour.

Allez, cette fois-ci, je vous incite à écrire au Maire (zump, bien sûr) de Colmar. Sous prétexte que les lycéens ont manifesté avec une certaine impolitesse envers les forces de l'ordre, (ce qui reste, d'ailleurs à démontrer) il a coupé la subvention des voyages scolaires prévus cette année.
Donc, nous conclurons qu'aux yeux de ce monsieur :
  • 1) Les voyages scolaires ne sont pas un objet pédagogique. Ou bien alors il faudrait admettre que la Région puisse supprimer, pour les mêmes motifs, son aide à l'achat de manuels scolaires. (z'ont qu'à aller sur gougueule qui a un partenariat avec l'Education Nationale)
  • 2) Les lycéens ne sont pas des individus, mais une peuplade. Il n'importe pas qu'on sache précisément qui a fait quoi. Si ce n'est toi, c'est ton voisin de classe. Et toc. D'ailleurs, la prochaine fois que quelqu'un me tire la langue dans ma promenade dominicale, je fais couper l'eau à tout le quartier. ( Le problème, c'est que, quand on traite les gens en peuplade, on n'incite pas à les faire agir en concitoyens, mais ça, Monsieur le Maire s'en fout. Jusqu'en 2013.)
  • Monsieur le Maire est le seul propriétaire des sous de la commune. Peu lui chaut que 2 français sur 3 sympathisent avec les mouvements de protestation. Dont peut-être les parents de ces jeunes gens, qui ont déjà payé la subvention par le biais de leurs impôts locaux. (N'avaient qu'à pas pondre de la graine de gauchiste. La prochaine fois, c'est les allocations familiales qu'on supprime aux-mal votants.)
Des sagouins.


A part cela, je vais encore tenter d'avoir des pieds d'alouettes bleus, parce que l'espoir fait vivre, même si mes pieds d'alouettes font surtout vivre les escargots.

26.3.09

Jesus, Marie!




Ça a fait rire Marie des Monts d'Arrée qui me l'a envoyée.
Ça m'a fait rire et je vous l'envoie.

Ils ont sûrement voulu qu'on arrête de crier "sus!"
Mais la question reste:

Qu'est-ce que Benoît entendait par là?


édit : aimablement prêté par Pablo (il m'a juré qu'il était neuf!) ce modèle tout en délicatesse.



Ma Doué Beniguet! Connaissant la dextérité des brodeuses bigoudènes, va-t-on voir fleurir ce modèle au pied du phare d'Eckmühl?

25.3.09

Poursuivez-moi!


Non, ce n'est pas un appel au suivez-moi-jeune-homme.
(encore que?)
Mais le 8 avril, comme 340 AUTRES SALOPES, comme des centaines de simples citoyens, je vais tâcher de demander à être poursuivie pour délit d'assistance à personne en séjour illégal en France.


Je confesse ici publiquement ce que d'aucuns appellent une faute et d'autres une simple mesure de bon sens et d'humanité : je n'ai, jamais, jamais, mais alors absolument jamais demandé à quelqu'un s'il avait un titre de séjour avant d'examiner son enfant.

Pas plus qu'en filant une pièce à quelqu'un, le jour où j'en avais marre d'acheter des bébelles coûteuses et inutiles aux miens.

Je redis également que le trafic d'êtres humains est une infamie et que je souhaite effectivement le démantèlement des filières maffieuses qui vendent tout aussi bien du passage dans d'effroyables conditions que de la dope, des enfants soldats ou prostitués et des armes. Mais ce démantèlement, comme tous ceux qui veulent s'attaquer à ces réseaux parfaitement organisés réussira quand se préoccupera de l'argent et de ses circuits.
Pas du père de famille venu voir son enfant à l'hôpital, ou de la facture d'électricité de Maâme Dupond qui recharge les portables ou de la facture d'eau M'sieur Durand qui offre la douche.

Le monde idéal où les pauvres et les opprimés* auront compris qu'il vaut mieux crever chez eux que chez nous, c'est comme le monde idéal de la fidélité et de la chasteté : c'est un idéal, on n'est pas obligé de partager, pas forcé d'y renoncer non plus d'ailleurs, mais en attendant qu'il arrive, on agit de façon pragmatique.

Parce que je ne crois pas plus au préservatif comme facteur aggravant du SIDA qu' au sandwich comme facteur aggravant de l'immigration clandestine.


* L'endroit, peut-être, pour rappeler la profonde enquête de Smain Larcher sur Sangatte, qui démontrait au passage le haut niveau d'études de plus de 50% des étrangers qui désiraient migrer en Angleterre. Bien loin de la vision d'une horde analphabète et nécessiteuse. Ici, également, une très belle interview de ce chercheur.

23.3.09

Pour Tili


(photo pour Tili, avec amitié et respect)

Le léopard et la girafe.

Je l'ai dit quelque part, je ne commente jamais ou presque, les dessins des enfants. Mais je les regarde, toujours, et souvent je souhaite que l'image qui, alors, se forme sans mot dans mon esprit, leur soit perceptible, tout comme l'émotion et l'admiration que j'éprouve.

J'ai revu J. Sa maman me l'avait amené, parce qu'il rêve en classe. Beaucoup.
Il n'y a que dans les rêves des adultes que ceux de l'enfance sont toujours enchantés. Les rêves de J. ne ressemblent pas à des rêveries, ces jeux de saute-moutons ensoleillés, quand la pensée des enfants sautille sur les paroles de l'adulte et franchit les gués sans y penser.

En fait, je ne crois pas que J. rêve vraiment.
Je pense qu'il s'absente. Au point qu'il m'a d'abord fallu vérifier que sa conscience elle-même ne le quittait pas, par éclats épileptiques.
J. s'absente, devant moi aussi. Il n'est pas dans ses yeux quand il me regarde. Mais parfois, quand il les baisse, il me sourit.

J'écoute la maman de J. Elle est bien d'accord avec les conclusions du neurologue qui pense que J. a besoin d'un psychologue.
Elle y pense depuis longtemps. Elle dit qu'elle aurait du le faire plutôt. Pour elle-même aussi, d'ailleurs peut-être.
Et puis, elle déroule devant moi une histoire terrifiante. La sienne. Saisissante au point que je m'empresse de fournir crayons et papier à J. qui se crispe et s'agite.
Et puis, peu à peu, à coté de l'histoire qui fait peur, il y a une autre histoire, faite du courage à toute petite voix de cette maman, cette ténacité à faire de la vie, du paisible autant que possible, l'absence de rancoeur, la sollicitude. Je dis quelques mots sur ce qui me semble avoir été un immense travail et aussi, je crois, sur le droit à se faire confiance.

J. déploie une activité que je n'avais pas encore vue. Et sous mes yeux, apparait un dessin que je trouve bouleversant. Il est coupé en deux. C'est un zoo. A droite, au crayon noir, une cage, avec des barreaux dans tous les sens et, dedans, un léopard impressionnant, dont on voit bien que ce n'est nullement du hasard s'il est à ce point enfermé. A gauche, simplement cerné par un cadre léger, une girafe, elle aussi très belle, très colorée, souriante, qui broute avec beaucoup de délicatesse le sommet d'un arbre vert. A voir ses magnifiques mamelles, c'est une bonne mère, qui donne envie d'être très grand et de voir les choses de haut.

Il va falloir sans doute un peu de temps pour donner des couleurs au léopard, et plus encore avant d'ouvrir sa cage. Mais J., comme sa mère, a des ressources insoupçonnées.

J'ai demandé à J. l'autorisation de garder ce dessin dans son dossier. J'ai reçu tout à la fois le regard, le sourire et le dessin, avec un grand naturel.


Bien sûr, on peut toujours se tromper. Mais il me semble que quand nous nous sommes dit au revoir, avec beaucoup de chaleur de part et d'autre, nous avions tous les trois le cou haut et dégagé.

20.3.09

Je suis une bande de jeunes à moi tout seul...



Dans la série "j'associe mes rollex à mes chaussettes et les lois aux faits-divers", la peut-être future nouvelle loi sur les bandes me paraît encore un coup fumeux, une usine à gaz et un boulevard pour le délit de sale-gueule.

Il est à peu près clair pour tout le monde, qu'une fois plus, le potentiel délinquant visé est bien le djeun's qui zone au pied de son immeuble avec une dizaine de guss partageant son code vestimentaire et non l'aimable homme d'affaires qui a pris quelques drinks avec Madoff-sans intention de nuire, bien entendu.

Ne croyez pas que je veuille justifier la descente avec barres de fer et cagoules dans les lycées et collèges de banlieue. J'y ai suffisamment travaillé pour être exempte de ce soupçon et pour m'étonner durablement de la propension des exclus du système scolaire à revenir dans des lieux qu'ils ont tout fait pour fuir.

M'enfin faut reconnaître que je souhaite bien du plaisir à ces messieurs de la police pour établir les liens de bandes, du moins tant que les faits ne sont pas commis.
Et dès lors qu'ils le sont, je pense qu'il doit bien exister dans l'arsenal judiciaire un truc du genre violence en réunion, ou association de malfaiteurs qui auraient pu faire l'affaire.
Les jeunes que je connaissaient s'assemblaient volontiers dans des territoires géographiques finalement bien connus des ilotiers. Mais ils ne signaient pas de pactes secrets, ne se tatouaient pas forcément de signes cabalistiques, ne programmaient pas d'action de destruction de l'institution scolaire sur cinq ans, bref, francs psychopathes et gentils désoeuvrés pouvaient facilement se confondre à première vue et se mélangeaient la plupart du temps. Ce n'est qu'au moment du passage à l'acte, dans le genre de conneries violentes qui viennent de se produire, que sédimentent les faux caïds, les vrais branques, les disjonctés sévères et les prudents qui rentrent chez eux.

Encore une fois, n'étant pas juriste, il est possible qu'une argumentation bien comprise me convainque que, finalement, si, c'est une bonne idée, qu'il manque bel et bien un maillon dans la chaine pour protéger la société. (Ceux qui ont répondu "les éducs de rue" sont disqualifiés!) Pour l'instant, n'en voyant pas les bénéfices, j'en vois par contre très bien les risque en terme de justice expéditive et d'amalgame.
Au fait, comment notre cher Président va-t-il articuler son argumentation sur les bandes et celle sur la libération de Florence Cassez?
Au fait bis, il y a quoi dans le dossier de Coupat?
Au fait ter, je rappelle à ceux qui voudraient intégrer une bande de vieux décidés à nuire à cette usine à produire du délinquant qu'ils peuvent m'envoyer un mail.
Au fait divers, la musique sur les mots, c'est bien sûr Renaud


Edit : sur les conseils de Titi, je suis allée voir chez Maitre EOLAS. Je corrige donc : finalement, cette loi risque d'être plutôt un signe d'indulgence. Peut-être pas exprès, mais ne boudons pas notre plaisir...

18.3.09

Et le monde devint simple...

Suite au commentaire de Still, j'ai envie de commencer une nouvelle collection : celle des fracassantes révélations qui changent votre vie du tout au tout.
Foin de ces encombrants postulats humanistes, sociologiques, voire même scientifiques! Une solution est bonne quand elle est simple.


Nous avons donc :

le préservatif qui renforce le sida
Le syndicalisme qui supprime les emplois
Les seringues propres qui augmentent la toxicomanie
Les éducateurs de la PJJ qui favorisent la délinquance des jeunes
Les diverses allocations et prestations sociales qui sont un facteur de pauvreté
Les parents qui sont un frein à l'autonomie de l'enfant.

Et hop! on supprime tout cela et on ne s'embête plus la vie.

edit : remarquez, j'ai bien, un jour, rencontré un confrère qui disait que la Sécurité Sociale avait tué la médecine. C'est sans doute pour cela qu'aux USA, vous attendez 3 mois pour avoir un dépistage du cancer de la peau et 48h pour avoir une injection de B°otox...

Vous en connaissez sûrement d'autres...

17.3.09

C'est ce qui s'appelle sérieusement capoter.

Ms'ieurs Dames, mefiez vous du preservatif, il vous mène au SIDA.
C'est ce que vient de déclarer sans rire Benoît très étroit.

Ça c'est sûr, Maame Michu! Dans tous les endroits où on ne trouve pas de capotes, y a plus de sida. On a même supprimé les dépistages.

Cher Pape, je tiens à vous préciser encore une fois que le préservatif ne se met pas à l'Index.
Par ailleurs, il m'arrive assez souvent ces derniers temps, de penser que la calotte mérite des baffes.

16.3.09

le chic déclic pourrave de l'année

Chez Gilsoub et Jathénais, c'est concours de photo floue-ratée-bougée-doigts-dans-le-nez.
Moi j'ai ça. Et vous?


"Oh! pauv'zoziaux. Ils devraient faire attention aux vagues...
-A mon avis, f'raient mieux de se méfier de la photographe.
-Au moins, l'a pas loupé la vague
-La vague non plus l'a pas loupée."

14.3.09

Pinaise que c'était bien!

Je ne vais pas vous mentir : c'était fatiguant.
Mais c'était vraiment bien. Le geek, de nos jours, c'est Saint Martin surmultiplié. C'est n'est même plus son manteau, c'est lui même qu'il coupe en quatre. En douze, même, s'il le faut.
Et va-z-y que je te prête mon câble, ma clé, je trifouille pour voir pourquoi ça coince, j'ai gz'actement le plugin qu'il te faut là, je travaille sur un thème qui pourrait te convenir, prend donc mon ordi, puisque tu as renversé du café sur le tien (non, prends pas peur, homme aux 91 défauts, ce n'est pas le mien...).

Et puis, je te fais ça avec patience, avec gentillesse, sans jamais m'énerver de tes maladresses, ni du fait que j'ai déjà sans doute fait la même chose, répété les mêmes explications cent fois.

Voilà, c'était la deuxième dotclear install et je vais revenir, sinon complètement formée, du moins toute réchauffée par ces gens jardiniers qui prennent si bien soin.
Et puis, il y a ceux qui sont venus juste pour faire une bise, parce que je venais de loin, et ça, c'est parfaitement adorable. Voir, en une seule journée, tant de gens dont on aime tant qu'ils existent, c'est précieux en maudit.


Je n'ai pas toujours demandé les prénoms, pseudo et url de tous ceux qui m'ont prêté l'oreille, la main et parfois la clé USB.
Merci en vrac à Kozlika, Franck, Gilsoub, Traou, l'Ami des villes, Nicolas, Ada, Marianne, Jean-Michel, Tine, Pascal (même sans crinoline), Tomtom, Lomalarch, Moe et tous les autres.
Et merci aussi à Still et Mlle Moi d'avoir délicieusement assuré l'After.
( pour les lecteurs, je vous mettrai tous ces nobles noms en lien demain-mais ce soir, pfiu! j'suis vannée!) (pas de photos de la journée, bien trop le nez dans le guidon!)

edit : voilà, vous avez les liens, et pour les photos, faut voir chez Franck.

13.3.09

En direct des Mines de Salomon


Finalement, il y a mieux que l'envoi de mails aux restaurants et aux lodges des Iles Salomons.
Il y a Skype.
Et Mr H. d' Honiara. Un inspecteur des mines (si! cela ne s'invente pas!) totalement charmant qui a bien voulu répondre à mes questions.

"Faites simple", m'a-t-il dit. Nous aimons cuire vite et ne pas trop nous casser la tête.
Prenez un poisson de récif, écaillez-le, coupez-le en morceaux.
Râpez une à deux noix de coco et pressez pour extraire le lait de coco.
Mettez le lait de coco sur le poisson et portez à ébullition.
Quand cela commence à bouillir, ajouter des légumes, ce qui vous vient : chou émincé, tomate, une demi-cuillérée de sel, du curry. Remuez le tout, faites cuire sans couvrir jusqu'à ce que les légumes soient cuits.
Et c'est tout."


Pas de poisson de récif chez mon poissonnier, ce jour. Mais des merveilles de petites dorades à moins de 6 euros le kilo. Hop,on lève les filets, on enlève les petites arrêtes et on coupe en morceaux. Une dorade pour deux, donc. ( Les demoiselles étaient, ce soir, plutôt branchées régressif croque monsieur)
Les noix de coco de ma serre tropicale n'étant pas tout à fait mûres, je me suis contentée d'un boite de lait de coco. J'y ai ajouté un quart de chou vert en lanière, une grosse carotte râpée, une tomate grossièrement coupée, un demi-pouce de gingembre frais pressé au presse-ail, une petite cuillère de curry et j'ai laissé touiller une dizaine de minutes à peine.
Verdict : légumes encore croquants, parfumé d'un trio curry-coco-gingembre, poisson pas trop cuit, recette type fouzytou qui permet de faire avec ce qu'on a dans le frigo, bref une réussite.
Thank's, Mister H.!
Recommencerai.
C'est parti pour dix-sept recettes de chou & lait. (Plaisanterie destinée aux perecolâtres...)
Je rappelle que ceci est ma contribution au 1/232° du fantastique tour du monde gastronomique organisée par Mzelle Gwenn.

11.3.09

NAPO strophes, suites.


Douée pour la militance comme pour la gavotte, je suis un peu comme une poule devant un couteau. Faut-il constituer une association? Faut-il juste un collectif informel? Un site?
Je ne peux pas être une bande de jeunes à moi toute seule, j'ai besoin de votre avis.

On peut commencer tout bêtement par ce par quoi nous avons presque tous commencé, un espace public comme ici, un blog. C'est peut-être limité, mais pourquoi pas.
Je vais samedi 14 mars à Paris pour la journée "passe-moi la grenadine, je te passe le CSS" de Dotclear-install. Prétexte à boire des canons avec des gens sympas, bien sûr, mais cela peut également servir de piste de décollage pour l'idée.

La seule chose qui soit réellement certaine, c'est que j'en ai assez que l'on fasse en mon nom des choses qui m'indignent et pour lesquelles je continue, en bonne citoyenne, de verser des impôts.

Vous dire à quel point cela devient caricatural?

Mon amie S., avocate et écrivaine, m'envoie un mail où elle m'écrit qu'elle est scandalisée par les poursuites effectivement entamées contre des bénévoles qui ont donné à manger à des étrangers en situation irrégulière :
"Je te mets en pièce jointe l'article 311-3 du code pénal (le vol simple est passible de trois ans d'emprisonnement et de 45.000 € d'amende) et l'article L622-1 du CESEDA (code d'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile) Le fait d'aider au séjour d'un étranger en situation irrégulière est passible de cinq ans d'emprisonnement et de 30.000 € d'amende.

Le don pourrait donc être puni plus sévèrement que le vol ?"



L'homme aux quatre-vingt-treize défauts, qui fait parfois montre d'une présence d'esprit tordue mais hilarante vous a trouvé la parade.
Si jamais vous êtes poursuivi pour avoir filé un sandwich à un pauvre sans lui demander ses papiers, prétendez devant le Juge que vous aviez l'intention de lui piquer son portefeuille. Ce n'est que parce qu'il s'en est aperçu que vous avez préféré prendre la fuite, abandonnant pour courir plus vite, votre paquet de sandwichs et de bouteilles d'eau.

Monique, cela doit pouvoir marcher pour les portables : prétendez que vous les avez piqués et que vous vouliez les recharger pour les revendre au Puces. Vous risquez moins gros.

Voir aussi le post de Samantdi.

9.3.09

D'une fausse question.

Je n'ai pas vu le film "Welcome".
Je ne suis même pas sûre que M. Besson l'ait vu.
Nous ne parlerons donc que de sa réaction publique. Il s'offusque de ce que, dans le film, une voix off identifie les clandestins de Calais aux juifs français vivant en 43.

Je ne partage pas son indignation. Mais je suis d'accord pour dire que cette identification ne vaut rien.

La vraie question, la seule qu'il faille se poser est, à mes yeux, la suivante : est-ce que les français qui tendent la main aux clandestins d'aujourd'hui sont les mêmes qui, dans l'urgence et l'effroi, auraient quand même pris le risque de tendre la main et l'abri aux juifs de 43?

La réaction de Besson me ramène à l'ineptie proférée par le présiprince, quand il suggérait que chaque élève de CM2 porte la mémoire d'un enfant assassiné dans les camps.

Il ne sert à rien de s'identifier aux victimes, ou d'identifier les victimes entre elles.
C'est à celui qui porte secours, qui assiste, qui aide qu'il faut tâcher de s'identifier.
Si l'on veut pousser un enfant de France à s'interroger sur la terrible histoire de la Deuxième Guerre Mondiale, c'est le nom d'un résistant qu'il faut leur donner. Où, quand, comment et pourquoi quelqu'un décide de contrevenir, en toute lucidité, aux lois en vigueur à un moment donné dans son pays?


On peut toujours me rétorquer que je ne risque pas grand chose à le dire, puisque mon petit pré carré comporte peu de clandestins acharnés à rejoindre le Canada à la rame.
Mais justement : comme nous ne sommes pas en 43, que le risque est mince et l'afflux peu probable, je ne vois vraiment pas pourquoi je me priverai de donner, à qui me le demande, la crêpe et la prise pour le portable.

8.3.09

Cette enfant là.


Cette enfant-là fronce le nez devant le légume non répertorié, hulule un effroi surcoté devant l'innocente araignée, se pâme devant des fées roses aux ailes scintillantes et des créatures de plastique que je soupçonne de servir d'alibi aux créationnistes.
Chaque matin, elle lance toute son ardeur militante pour obtenir de sa mère qu'elle la laisse partir à l'école en tee-shirt noir et doré et couve d'un oeil anxieux et perplexe les deux tavelures à peine distinctes de ce torse qui lui semble si loin du mien.
Elle tâche d'anticiper, suppute les prochaines transformations et mille fois dans le mois, me demande quand donc elle aura liberté de se teindre les cheveux, de se percer les oreilles et de prendre le train sans nous.
Mais lancée avec petite voisine dans une opération d'élevage, elle fouisse avec l'ardeur d'un chien terrier, s'emboue jusqu'aux oreilles et me supplie au moindre coup de bêche, de lui mettre de coté, les plus gras, les plus dodus, les plus mirifiques de mes vers de terre.
Allons, tout va bien.

5.3.09

Napo, napuka.




C'est paltout d'y dire, faut encore y faire...
Alors, kiki s'y colle de concert avec moi?
Ceux qui veulent peuvent m'envoyer un mail à l'adresse suivante : lapechealabaleine(@)laposte.net, en ôtant les parenthèses, bien sûr.

27.2.09

60 Millions de délinquants?

On pourrait penser que l'auteur d'un délit, c'est celui qui commet l'acte.
Que nenni.
L'auteur d'un délit, c'est le législateur.
C'est lui qui, en portant le regard de la société sur un acte présumé condamnable, inscrit l'auteur dans la catégorie des délinquants.
Pour que le crime existe, il ne suffit pas d'Abel et de Caïn, il faut la loi, le gendarme et le juge.
Sinon, c'est au plus une mauvaise action.
Des crimes et délits, il s'en invente tous les ans, ou bien, comme les mots rares dans le dictionnaire, il en disparait, sans bruit ou avec fracas, d'eux-mêmes ou sous la pression du regard lourd, persistant et tenace du corps collectif.
Ainsi, des capitaines de navire ont appris que le dégazage sauvage en pleine mer est une infamie, la main aux fesses des patrons n'est plus une innocente plaisanterie, il vous est signifié que fumer au bar tue les autres et que ne pas mettre votre ceinture de sécurité vous coûtera la peau du dos et celle du visage.
A l'inverse, il n'importe plus à personne en France que vous aimiez quelqu'un du même sexe que vous et on préfère, si vous vous piquez, que vous le fassiez avec des seringues propres délivrées au grand jour par votre pharmacien.
Il y en a toujours eu, au cours de l'évolution, pour s'indigner de la perte de liberté ou pour crier au laxisme.
Rien d'étonnant donc à ce que la création de nouveaux délits soulève un débat.

Mais quand même.

Est-ce qu'on n'est pas en train de créer à tour de bras des délits d'un nouveau genre depuis deux ans?
Le délit de citation des phrases présidentielles, quand Monsieur Heon est condamné pour avoir brandi une pancarte avec le désormais célèbre: "casse-toi pauv'con".
Le délit d'avoir des parents qui n'ont pas les bons papiers, quand des enfants sont placés en centre de rétention.
Le délit de ne pas savoir lire et écrire à cinq ans, quand une enfant présentée devant un juge est présumée avoir refusé de signer un procès verbal d'interpellation
Le délit de protestation, quand des citoyens s'élèvent contre les conditions d'expulsion des étrangers dans les avions d'Air-France
Le délit de ne pas faire passer des évaluations aberrantes de Cm2, quand ce sont les gendarmes eux-même qui viennent vérifier, alors cela regarde simplement un supérieur hiérarchique.

Et aujourd'hui, dans Libé, l'histoire de Monique Pouille, gardée à vue pendant neuf heures pour avoir accepté de garder trois portables de migrants chez elle pour les recharger.

Et bien pour moi, et quitte à me faire huer par les historiens et les spécialistes du droit, c'est peut être exactement cela, le début du fascisme.
C'est l'invention de délits qui ne sont plus connectés a des réalités sociales, fussent-elles discutables, à des nécessités impérieuses (oui, la ceinture de sécurité, ça sauve des vies) mais uniquement destinées à permettre à un système de se survivre.

Lors de son génial réquisitoire contre JM Le Pen, au cours du Tribunal des Flagrants Délires, le tout à fait génial Desproges citait une phrase pas mal non plus d'Ettore Scola : "Vous vous méprenez, monsieur : ce n'est pas le locataire du sixième qui est anti-fasciste, c'est le fascisme qui est anti-locataire du sixième."

Notre société, au dire de l'actuelle justice, souffrirait mille morts du fait de ses membres qui s'indignent de la grossièreté, ne supportent pas de voir des enfants en prison, trouvent inepte d'en évaluer d'autres sur des données non encore apprises, s'opposent au fait de maltraiter des hommes enchaînés et pire, donnent bénévolement un peu d'électricité à des hommes sans maison.

Or, quand un patient vient voir son médecin et énonce toutes les parties du corps qui le font souffrir quand il appuie, soit là, là et puis encore là, et tenez, si j'appuie ici, c'est atrocement douloureux, il y a une chose que le médecin doit examiner en premier : c'est l'index de son patient. Si ça fait mal vraiment dans tous ces endroits, c'est que l'index est très probablement cassé.

Allez, on lance une association de plus? Le "Non A la Pénalisation Outrancière", par exemple. Napo, c'est un joli nom?
Non?

25.2.09

D'un autre côté.


Je l'ai prise par les revers et comme dans une scène de film noir, j'ai approché mon visage du sien. Je l'ai gardée ainsi, pour qu'elle ne s'échappe pas, pour que son regard puisse se dérober et je lui ai tenu des mots durs et nécessaires. J'étais dans une colère calme et profonde à la fois et je sentais ma force dans le mouvement de mes mains. J'ai tout dis de ce gâchis, de l'urgence qu'il y avait à le regarder en face. Je n'ai tu aucune blessure, je ne voulais même pas savoir comment on en était arrivé là, je lui ai juste dit que cela ne devait pas continuer, qu'elle n'avait pas toujours été comme cela, que peu importe au fond la nature de sa dope, que ce soit l'alcool, la malveillance ou la peur, mais qu'il fallait qu'elle s'arrête.
Jamais je n'ai été aussi profondément en colère mais aussi attentive à ne pas la lâcher, à ne pas lâcher prise, comme si c'est à moi qu'il revenait de l'extirper de cette coulée de boue qui la sépare de nous, du vivant, de l'acceptable. Jamais je n'ai été aussi déterminée, aussi puissante, aussi sûre.

Et jamais je n'ai su à quel point il est dommage que ce soit impossible à dire et à faire pour de vrai, parce qu'au premier mot articulé, non, au premier rapprochement, je serais, comme un météore présomptueux dans une atmosphère tellement trop lourde, pulvérisée, expulsée, incendiée avant même de pouvoir, ne serait-ce que la toucher.
Ce n'est, depuis longtemps, qu'en rêve que je parle à ma mère.

22.2.09

Indécision.


Cet arbuste est moche, encombrant, poussé n'importe comment et il prend la lumière de mes rosiers.

Qu'est-ce qui m'empêche de le couper?

Il a été planté par un autre que moi. J'ai un respect superstitieux des traces laissées dans les jardins, par d'autres que moi, même si, sans doute, elles sont bien moins volontaires que je ne l'imagine. Au jardin plus qu'ailleurs, j'habite des endroits dont je ne me sens qu'usufruitière, transitoire, plus gardienne que propriétaire. Même dans cette maison que j'ai choisie plus que tout autre et dont je trouve qu'elle me ressemble bien.

Et puis il y a un nid dans la fourche. Il n'est plus habité, mais c'est un nid. La prescription trentenaire joue-t-elle pour les arbres? Ai-je le droit de rayer cette enclave d'un trait qui ne serait même pas de plume?

Et puis, cet arbre mal fichu a une vertu : celle de me rappeler que je n'aime pas, non que je crains plus que tout les vies et les espaces tirés au cordeau, que je pense comme Devos qu'un homme fait est un homme fini. Cet arbre, c'est aussi un rabicoin, un carré de sédimentation, un humus soustrait à l'ordre.

Oui mais.
Oui, mais il est vraiment vilain.
Et puis, une petite voix me dit que, pour les jardins trop propres, je ne risque rien, je suis immunisée de longue date. Les oiseaux iront dans l'arbre d'à côté, je ferai fouillis avec un beau camélia, ou avec ce rhododendron dont je rêve depuis si longtemps.
Et puis, il ne sent rien, je ne l'aime ni de l'oeil, ni du nez.


Allez hop.

Mon guieu, Anita, tu ne crois pas que tu te prends le chou avec l'arbre?

20.2.09

Ça aurait pu être les Iles Cook.

Le monde est plein d'innocents, invisibles et redoutables monomaniaques. Oh, je ne parle pas de ceux que vous voyez, dans le métro, tenir des discours à une brosse à dents ou de ceux qui notent les paroles de Lefevbre pour la postérité.

Non, je parle de monomaniaques bien plus réjouissants, ceux qui éclatent délicieusement sur la toile, qui s'enflamment pour un projet sans aucune autre finalité que de faire circuler de l'imagination et faire miroiter des petits fragments étincelants, des bribes scintillantes. Petits calumets sans prétention, qu'on passe, avec gourmandise, au voisin.

Vous connaissez les pelleteurs de nuages, les chercheurs d'alphabets, les photographieuses de tresses de petites filles, les collectionneuses de je t'ai.me, les réécriveurs de cartes postales, les ramasseurs de cartes à jouer, les contempleurs de chat, les démons du dis-moi dix-mots.
Et puis il y a les cuisiniers.
Ceux du quotidien, ceux du snob, ceux du beau, ceux de l'insolite, que je lis souvent sans mettre les recettes à l'épreuve, mais qui me fascinent par cette passion très humaine du jamais encore fait. Cent mille façon d'utiliser une gousse d'ail et une fève tonka... Et qui dira le nombre de recette de Cheesecake en circulation?

Je vous ai parlé de Ciorane et de sa cuisine de quat'sous. c'est chez elle que j'ai trouvé mention du projet de Gwen, un projet tout à propice à détourner de son devoir professionnel une blogueuse très gourmande et pas mal vagabonde.
Mzelle Gwen a décidé de faire le tour du monde en 232 recettes, dont une bonne partie par procuration. Si vous lui envoyez un mail, elle vous attribue par tirage au sort un pays. A vous d'en réaliser un plat et d'en publier la recette.
Cuisine, jeu du hasard, tour du monde et inoculation au lecteur... Vous voudriez que je résiste?

J'ai donc envoyé candidature.
M'ont échu les Iles Salomons.

Ah, les Iles Salomons! Ses cocotiers, ses coups d'Etat, sa gastronomie mondialement connue!
Des pages et des pages entières dans le web.
Ses ingrédients en promo sur le marché du jeudi, Taro, crabe de cocotier, poissons de récifs...
Bref.

A ce stade là, je pourrais tricher. Inventer une recette, ou bien mendier chez Mlle Moi, la recette du Lap-lap en prétextant que Vanuatu n'est qu'à 2000km, c'est à dire un jet de bigorneau.
Ou pire, je pourrais être tristement réaliste et dire qu'au moins dans les villes, la pizza et le hamburger sont à la cuisine locale ce que le pidgin est aux quatre-vingts langues du pays...

Mais je suis un genre de polymaniaque à ma façon.
Comme disait l'un de mes amours littéraires, c'est bien plus beau quand c'est inutile.
Alors, soit je drague un chercheur du Lacito
récemment rentré de voyage, dans une manif, soit je me livre à une manoeuvre dont la seule évocation me fait sourire jusqu'aux oreilles.
Je vais, dans mon anglais de cuisine, écrire à de parfaits inconnus, à l'autre bout du monde, dont je ne connais que l'adresse au bas de leur page internet, pour leur demander ce qu'ils font à manger ce soir.

Internet, parfois, c'est magique. :-D
Tanggio tumas fo helpem mi.
(Merci beaucoup de m’avoir aidé)

15.2.09

Retour à l'envoyeur.

Une amie m'envoie par mail, la copie du courrier qu'un maire du Nord a adressé à l'Inspecteur de la circonscription dont dépend sa commune.
Je ne résiste pas au plaisir de vous la faire partager :


Monsieur l'Inspecteur,

J'ai bien reçu votre courriel du 27 courant à 8h50 au sujet du droit d'accueil concernant le mouvement de grève du jeudi 29 Janvier 2009.
J'ai pris bonne note que dans 4 groupes scolaires, les grévistes dépassaientles 25%. les services municipaux étant touchés également par le mouvement de grève, n'ayant qu'une seule dame de service à l'Ecole G. qui n'est pas gréviste et plus de 90% du personnel communal absent à cette date, nous sommes donc dans l'incapacité d'assurer quelque service d'accueil que ce soit.
Par ailleurs, vous connaissez ma position sur cette loi qui demande aux voisins de régler ses propres conflits de couple et qui ne m'agrée nullement.
Mais dans la même optique, je vous saurai gré de bien vouloir m'adresser par retour, une liste d'enseignants, de personnels de l'Education Nationale non grévistes le 29 janvier 2009 et qui pourraient assurer la continuité du service public en venant tenir les guichets de la mairie, fabriquer les repas à la cuisine centrale, mettre les couverts, servir les enfants, faire la vaisselle et le nettoyage.

Je pense bien évidemment que vous n'aurez aucun mal à trouver le personnel compétent (...)

Si j'avais un début de liste à faire et à vous soumettre, je mettrais :
  • Monsieur l'Inspecteur de l'Education Nationale Douai-Waziers
  • Le personnel de l'inspection de l'Education Nationale Douai-Waziers (...)
  • Monsieur le Sous-Préfet de Douai
et, pourquoi pas Monsieur le Préfet de Région!
Et, pour changer les couches, Monsieur Darcos, ministre de l'Education Nationale.

je pense que l'ensemble de ces personnes sont parfaitement qualifiées pour exercer le droit d'accueil dans les écoles de Waziers
Jacques Michon
Maire de Waziers
Conseiller général du Nord

14.2.09

sel gemme



Ah! la Saint Valentin! ses coeurs en peluche rouge cramoisi, ses cartes postales sucrées, sa comptabilité féroce sous le masque dégoulinant, son faux-semblant verrouillé, son menu spécial à 39 euros, gingembre à tous les étages et triple chocolat, son SMS de folaï et son bon-cadeau valable jusqu'au tant.

Mais le gingembre, c'est vraiment bon, le chocolat aussi; je viens de voir des rouges somptueux et les je vous aime, voyez-vous, les je vous aime...
Quelquefois, on trouve des je vous aime en bouquets frais. Chez jevousai.me, par exemple.
C'est un oui-qui, alors si vous aussi, vous en aimez un, une, des tas, pour de vrai, si vous aimez les rousses de 83 ans ou les pinceaux en poils de martre, votre voisin ou l'inconnu du septième étage, ou si vous aimez juste les je vous aime des bloggeurs, c'est à cette adresse.

13.2.09

photo tag

Lyjazz me tague, d'une photographique patate à se refiler. Il faut aller dans le sixième dossier photo, à partir du plus récent, et vous montrer la sixième image.

Moi je veux bien. Mais cela procède d'une douce illusion. Celle que je serais capable une fois, d'avoir organisé de façon cohérente les images qui trainent dans mon ordinateur. Or, il en traine partout, de l'extracteur au dossiers de traitements intermédiaires, sans parler de leurs destinées différentes entre Lookskedenn, la pêche, les albums picasa, les photos de mariages qui attendriront sûrement les arrières petits-enfants du couple auquel je dois toujours les envoyer...
Bref, une tag de plus pour mettre en évidence une de mes facultés les plus récurrentes : comment bordéliser le maximum d'espace avec le minimum de choses.
Enfin voilà, dans le dossier d'extraction, la fameuse 6eme image, brute de décoffrage, sauf un minime recadrage, qui prouve aussi que je suis capable de prendre n'importe quoi. En l'occurrence, ce qui m'avait frappé, c'est l'absence de couleur de ce tableau hivernal, pris dans le gris.
Je pense que j'étais aussi ce jour là dans le gris.


Allez, la Tag à Miss Glu, si elle veut, ainsi qu' à Benjamin s'il passe ici.

9.2.09

Trois ans



Décidément, je suis nulle en anniversaire, brouillée avec la chronologie, et sans doute obscurément réfractaire aux célébrations.
Cela fait quand même trois ans que j'ai ouvert pour la première fois, une minuscule échoppe à ce coin de rue. Je m'étais dit qu'un jour, je ferais un post sur l'avant et l'après, sur demain si vous le voulez bien.
Mais je crois que je suis aussi nulle en bilan qu'en bougies à souffler.
Juste vous dire que je suis toujours impressionnée, quand je me promène chez vous, du nombre de génies modestes et bienveillants qu'il y a dans le monde, de génies partiels bien sûr, mais si souvent généreux de leur temps, de leur astuce, de leur sens du beau.
Comme ça.
Comme pour jouer.
For free.
Pour tout vous dire, au bout de trois ans, il arrive qu'Anita m'agace.
Mais vous, jamais.












(Joni Mitchell-for free)

7.2.09

butin

J'ai rarement la ballade désintéressée.
Cela peut, bien sûr, m'arriver de goûter le plaisir pur du corps en mouvement, surtout quand je suis restée enfermée trop longtemps, ou bien quand c'est le soleil qui est resté trop longtemps dans un fauteuil de nuages.
Adolescente, je me suis prêtée beaucoup au jeu du "courage, c'est la dernière courbe de niveau, après, tu verras, la vue est superbe."
Mais en promenade, j'aime le butin. J'aime guetter ce qui se mange ou qui sent bon, la première violette, la fraise des bois, la châtaigne, le champignon que je ne mangerai pas, l'homme que je ferai qu'humer. J'aime ramasser des petits bouts de verre polis sur la grève, des coquillages troués, des morceaux d'écorces.
Moi qui ne court jamais à l'heure de rater le train, vous me feriez trotter en me promettant des myrtilles et des noisettes, moi la frileuse, je serai la dernière à lâcher le filet à crevette, même transie.
Si je garde un souvenir ému d'un lieu secret de la colline de mon enfance, c'est peut-être autant pour le chemin compliqué qui m'y amenait que pour la découverte que j'y fis : au delà de ce vieil immeuble, de cette porte ouverte au premier étage sur une cour minuscule, de cet escalier sans rampe, moussu et vertigineux, qui franchissait des espaliers abandonnés depuis des lustres, là haut, tout en haut, il n'y avait pas seulement une table en pierre, un rosier et une vue sur toute la ville. Il y avait aussi le plus saugrenu, le plus inattendu, le plus généreux des figuiers croulant sous les fruits.

Il fait trop froid pour la pêche à pied, les mûres ne sont encore qu'un appel vers l'été, je vieillis et les hommes comme les champignons me semblent plus souvent fades que réellement vénéneux; heureusement, la photo me tire encore du coin du feu et les amis veillent.
L'ami des villes, expert en contraintes, en chausse-trappes et en jeter d'os à ronger, me mit, en partant, sur la piste de cette mirifique idée : trouver l'alphabet qui dort dans le paysage environnant, et le réveiller d'un clic.

Comme plus y a de contraintes, meilleur c'est, j'ai décidé que mon alphabet serait, obligatoirement, portuaire et rouillé.



Edit: voili, je cherchais l'adresse sur le blog de Cali Rezo pour voir d'où venait l'idée... D'autres lettres, magnifiques.

5.2.09

De vils despotes deviendraient les maîtres de nos destinées ?

Selon Le Monde, le député UMP de Menton vient de déposer un projet de loi pour obliger les sportifs de l'équipe nationale à chanter La Marseillaise.
Effectivement, c'est une des urgences du moment.
Remarquez, il a raison, nous avons un gouvernement qui aime bien les Mouvements de Menton.

3.2.09

l'école buissonière.


0,4 mm.
C'est l'épaisseur de la couche de neige qui suffit à désorganiser un pays breton, qu'il soit ar vro Vigouden ou ar vro Kemper.
Et ma journée avec.
N'allez par croire que je me plains : sous l'écorce rude du médecin, il y a une franche, une abyssale feignasse.
Ou bien, s'il faut se trouver un alibi, une éthologue inaboutie qui profite des consultations annulées pour venir à pied, regarder et écouter.
Comme cela change vite, le paysage sonore d'une ville.
Perplexes, les goélands ont pour une fois cessé de la ramener, et j'entends une infinité de petits oiseaux aux chants tellement plus grand qu'eux.
Presque pas de voitures, et, quand elles roulent, elles ne font vrrrrrr, elles font schlusshshssh.
Pas de voiture, les voix humaines ressortent comme des pensées sur la neige. Celles des enfants dominent au passage des trois écoles que je croise. C'est bon, on sait d'avance qu'ils seront trempés et heureux, et que les mots se bousculeront pour raconter quoi, comment et que, que c'était bien.
Pas d'énervement, ou peu. Discordante, quand même, la note de désespoir d'un homme à côté d'un camion tanké dans le rond-point :
"P'tain!, je bosse que trois jours par mois et je reste coincé!
-trois jours? dit celui qui a traversé la rue d'un pas incertain pour venir lui serrer la main.
-Ouais...Peu plus, peu moins. Mais tu sais.
-Ouais".
Le silence dit ce que tout le monde sait.
Une dame bien mise, joliment chaussée de ce qu'elle met habituellement pour aller au ski, sourit gentiment et tente de le réconforter. C'est vrai que la neige dure peu, que l'ouest est annoncé.
J'habite un pays amène, où l'habitude est restée de se saluer en se croisant dans une petite rue, de se sourire au pas des portes. Les transports sont arrêtés. La ville est pleine de jeunes lycéens gais et bavards qui n'ont pu se rendre à leur établissement.
Je taillerai six ou sept rapides et bienveillantes bavettes tout au long du petit kilomètre qui me sépare de l'un de mes bureaux.
De l'automobiliste heureux et fier d'avoir réussi à freiner pour me laisser passer, et qui me raconte son périple depuis la côte à la dame emmitouflée, qui sort un minuscule APn pour photographier la rivière, et me raconte son mariage, ici, sous la neige. Le mari avait dit "premier samedi de février".
L'année de ma naissance, je le sais maintenant, les marches de l'église étaient blanches.

2.2.09

Jeter le cogne après la Manche.

Souvent, ils m'affligent.
Quand ils veulent mettre les enfants de 12 ans en prison. Si, si allez voir le site même si vous ne voulez pas signer la pétition. Parce qu'on y apprend plein de choses tout à fait intéressantes sur la fameuse délinquance des mineurs.

Quand ils suppriment les crédits pour le planning familial. Délit d'initiée, m'sieurs-dames, investissez dans l'aiguille à tricoter, il va y avoir un boum sur les actions. Si vous avez moins de vingt ans et que l'allusion ne vous évoque rien, raison de plus pour exprimer sur la pétition en ligne.

Donc ils m'affligent et je rêve de virer tout.
Le grigne, le gras, le gris, le grinçant, le grossier, la greluche et les gravats.
Et hop.

Mais il y en a un qu'il faut garder, c'est Lefebvre. Celui-là, il est tellement, mais tellement trop qu'il en devient drôle.

Celui dont vous dites:
" Tu connais pas la dernière?
-Non? la dernière? Pour de vrai?"

Bon l'avant dernière de ce grand dépendeur d'andouille de la Manche, c'est de prétendre que si le préfet d'icelle a été lourdé, c'est parce que Bernard Tibault, le cégétiste-bras-armé-de-la chienlit-communiste, il a cafté à minicolas comme quoi le préfet s'était mal conduit envers les manifestants.
Tout le monde sait parfaitement que, quand le président de sa république est sifflé, sa première idée, c'est de s'assurer que les manifestants soient traités avec égards, et qu'on leur dise pas des vilaineries. Au contraire, si le manifestant vient à glisser sur le pavé, il est de bon ton, dans la France d'aujourd'hui, de lui dire avec douceur "Ne te casse pas, pauvre sondé!"...
L'acharnement de Lefebvre à défendre son maître, jusqu'où il est obligé d'aller, le pauvre... ça me fait tout à fait penser à cette scène du Sacré Graal :



N'empêche, vous conviendrez que j'avais eu le nez creux, en août, quand je vous avais proposé de jouer avec moi au grand jeu de "déplace un haut fonctionnaire de ta région et gagne des caramels au beurre salé".
Maintenant, vous avez le choix entre deux théories de jeu : ou vous sifflez durant la visite du présiprince, ou vous vous fendez d'une missive après pour vous plaindre qu'un policier vous a marché sur le pied.
C'est vous qui voyez, mais l'une est certainement plus efficace que l'autre