31.12.09

En guise de final


Eh bien, le vingt-six décembre, il n'y avait pas de musique au pub que nous avions repéré l'avant-veille. Ou bien c'était plus tôt. Ou bien plus tard.

Ceci étant, dans la bonne ville de Port Laoighise, cela ne manquait pas d'autres pubs. Nos enfants et parents nous ayant gentiment mis dehors, l'homme aux défauts uniquement continentaux et moi-même étions libres de notre soirée.
Nous passâmes un nez fureteur dans l'entrebâillement de plusieurs sombres établissements, sans pouvoir nous décider.

Jusqu'à ce que nous tombions sur ce vantail ouvert sur une cour dans laquelle fumaient quelques jeunes filles. Nous sommes entrés en baissant la tête et devant notre air un peu perplexe, une toute mignonne et court vêtue nous désigna en riant l'entrée fort bien dissimulée.

C'était petit, bondé, chaulé de blanc et totalement plein d'Irlandais. C'était donc bien un pub.

J'ai alors commis trois erreurs.

La première, c'est de m'adresser en français à l'Homme, pour lui dire quelque chose comme : "vouiii, c'est gzactement là que je veux ma bière." Ce qui attira immédiatement l'attention d'un grand diable-car oui, le diable est grand, irlandais et b'solument charming.
Et comme il s'adressait à moi dans un français parfait, je l'en complimentai et je commis ma deuxième erreur.

Je lui demandai où donc il l'avait appris, pour le manier aussi fluidement.
"aoh, j'ai habité longtemps dans une Ile du Pacifique, à V.....u plus précisément et c'est là que je l'ai parlé..."

Ceux qui connaissent l'auteur auront deviné ma troisième et fatale erreur.

"Nooon? Quelle coïncidence! figurez-vous que ma petite sœur, que je viens juste de mettre à l'avion, eh bien, elle passe une partie de sa vie justement à V....u."

Sean avait sept frères et sœurs, dont trois buvaient aussi leur Guiness au pub.
We were definetely screwed.

Les deux heures suivantes ont consisté, outre à se marrer comme des baleines, à un gigantesque jeu de bonneteau pour esquiver le maximum de tournées, réussir à en placer une et ne pas finir complètement bourrés au moment de rentrer sur une route gelée qui porte gentiment l'inscription "drive to the left."*

Je jure que ce n'est pas par mesquinerie que j'ai fini par glisser dans la tournée qu'on a réussi à payer, une des 4 bières qui m'attendaient sur le comptoir.
C'était par simple sauvegarde. Et encore, en tant que lady, j'avais droit à des demi-pintes.


Et puis, j'ai trouvé à ma sobriété (relative) un bénéfice inattendu : quand il a fallu dire adieu à ces irlandais qui mettent autant de générosité à cuiter une dame, j'étais parfaitement consciente du plaisir qu'il y avait à tenir embrassé un, deux, puis trois diables.

Et contrairement à eux, je m'en souviendrai pour longtemps.


* L'inscription est à gauche de la route. Dans l'état où nous étions, il en aurait peut-être fallu une deuxième à droite : " We said to the left, moron!"



Une excellente année à vous tous! Que vos jours soient pleins de baisers tendres, fougueux, mordants, amicaux, proches, lointains, attendus, inespérés, réconfortants, troublants...


30.12.09

L'Histoire de l'Anticyclone Givré



Dans la série des anicroches, j'aurais pu citer l'anticyclone complètement givré qui s'était fixé pour la semaine au dessus de nos têtes.
Mais...
Mais ceux qui connaissent les pays brumeux et doux peuvent s'imaginer la merveille de ce froid sec et soudain sur le paysage.

Les feuilles n'ont pas eu le temps de se racornir avant de se voir enclose dans un gel étincelant qui leur faisait comme une fourrure à l'envers. Une verte Irlande toute blanche, bordée de lumière dans chaque détail.

Car, bien sûr, il faisait beau, d'un soleil d'hiver bas et radieux qui nous éblouissait en pleine face.


Dans le jardin ancien, des nuées de merles piquaient des glaces de pommes et des rouges gorges regardaient par la fenêtre.

Nous avons pique-niqué dans Saint Stephen's Park et sur le bassin, les canards atterrissaient sur le ventre en catastrophe puis patinaient pour attraper les morceaux de soda bread que nous leur lancions.

Nos pas craquaient et le thé était noir et brûlant.



La Guiness? Patience...

29.12.09

L'Affaire de l'Homme aux Louzoù*


Nous étions enfin installés sur ce fameux ferry et je sentais ce minuscule basculement intérieur qui signe que je suis sur un objet flottant. N'importe lequel. Y compris toute espèce de fer à repasser dont je me gausse quand je les vois de l'extérieur mais que j'adopte avec ferveur dès lors qu'ils me permettent cette dilatation indubitable du temps réel : une nuit sur l'eau, des heures à voir défiler l'horizon.
Un bateau, c'est toujours un bateau, voilà.

Et puis, voyant l'Homme aux innombrables défauts frétiller lui aussi d'être sur un ptit navire, j'avais demandé s'il était possible de visiter la passerelle et, sans avoir eu de réponse enthousiaste, il m'avait été promis que la question serait posée au capitaine.

Je me réjouissais également de commander la "daily soup" et des "onions rings" parce que je voyage presque aussi immédiatement avec la nourriture qu'avec la mer.

Et tout à coup, une annonce dans le haut parleur demande un médecin.

Dans ces cas là, une partie de moi dit : "Merde. Et en plus, c'est probablement pour peanuts."
Et l'autre dit : "Merde. Espérons que c'est pour peanuts."

Mais quoi qu'il en soit, les deux parties réunies reposent la serviette sur la table et se dirigent à l'endroit annoncé.
Sur le plan médical, c'était à peu près peanuts, sinon prendre sur soi le rôle du mauvais objet qui annonce à une jeune femme qu'il était impossible que son compagnon prit la mer dans cet état sub comateux et que le surplus de médocs ingérés étant inquantifiable, il nécessitait une surveillance hospitalière.
Sur le plan humain... elle ne pouvait savoir que je comprenais très bien l'espèce d'effondrement qui l'a saisie en pensant à tout ce qui avait été préparé avec sa famille irlandaise.

Comme j'ai très bien compris le soulagement manifeste de l'officier en second, pour qui le problème n'était plus que d'arriver à faire sortir une voiture de la cale.

Je suis remontée m'occuper de mes oignons frits, que j'ai dégusté sous l'œil franchement admiratif de mes filles qui m'imaginaient déjà faire le coup de la trachéotomie au couteau économe. Un peu de respect filial, par les temps qui courent est un assaisonnement rare et friand, aussi, je ne m'en suis point privée.

Le lendemain, on m'expliqua à la réception que, non seulement nous étions invités sur la passerelle de commandement, mais également priés d'accepter un repas pour 4 personnes au motif "d'assistance médicale à un passager".

Bref, nous fîmes sur une mer d'huile, entourés de sourires chaleureux , de signes de têtes cordiaux et de sauts de marsouins, une traversée de rêve.

La pieuse admiration filiale va aussi avec les œufs au bacon, finalement.




* Louzoù, c'est les médicaments en breton

28.12.09

Et d'une suite de petits miracles.


L'Affaire du passeport

Comme je vous le disais, il est totalement impossible d'entrer dans un ferry à destination de l'Irlande sans une pièce d'identité personnelle pour toute personne, y compris un bébé.
Ils vous refusent même l'entrée du bateau car la société est passible d'une amende en cas de passage de clandestins ou assimilés.

Il est plus facile à un morceau de cheddar de traverser les frontières qu'à un être humain, fut-il la plus piquante brunette qu'on aie vu depuis Esmeralda.


Donc, le dimanche, interdits, secoués et honteux comme des corbeaux, nous refîmes le voyage en sens inverse.

Je savais, depuis l'après-midi, que jamais, au grand jamais la préfecture n'accepterait de faire un passeport en urgence pour une raison aussi futile que d'aller boire une Guiness dans l'un des trous du cul du Monde.

Mais voilà, jamais l'Homme qui trouve le seul revendeur de butagaz d'Apeldoorn ouvert un samedi matin et une pièce détachée de sous marin-nucléaire n'importe quand, sauf le jour de la Saint Vladimir, parce que c'est férié même pour la mafia russe, jamais cet homme ne s'avoue vaincu.

Derrière un miracle, il y a souvent une patiente architecture. L'Homme n'avait pas seulement réuni dès le lundi matin à 9h toutes les pièces possibles d'un passeport en urgence, au cas où la préfecture se laisserait fléchir.

Il avait dès le samedi, identifié un nom qui circulait sur les lèvres des employés de la compagnie tout aussi fermes que désolés. Un certain Monsieur B.

Il employa donc la dernière heure possible avant qu'il soit impossible de rejoindre le dernier ferry, à identifier MonsieurB.

Qui n'était rien de moins que le représentant en france de l'Immigration Irlandaise, chargé d'aplanir en général les histoires de circulation de cheddar, bien plus que celle de touristes de 9 ans nantis d'imprévoyants parents.

Et un monsieur extrêmement gentil.

Qui s'enquit de toutes les pièces que nous avions en main, s'arrêta sur le certificat de filiation.

-"Aoh, y a-t-il une photo sur ce document?
-non, mais on peut en mettre une et le faire valider à la mairie en presence de l'enfant.
-Ok, allez-y, je téléphone à L'Immigration à Rosselare et je vous rappelle."

J'ai un maire également très gentil.
L'Immigration avait envie de chanter Jingle bells
Le terroriste avait programmé son attentat à Heathrow pour plus tard.


Nous sommes donc entrés en Irlande avec un document qui n'existe nulle part ailleurs que dans notre portefeuille et la douane de Rosselare a interrompu nos explications embarassées par un :

"Yes, we know. You're a special case. Happy Christmas!"


(Demain, l'Affaire de l'Homme aux Louzoù)

De quelques anicroches...

Sachant que :

Nous découvrîmes le samedi soir, à l'entrée du ferry, que l'Irlande ne faisait pas partie de l'espace de Schengen.
Et qu'en l'occurrence, il était totalement impossible à Miss Bibi de franchir la douane sans un un acte d'identité personnelle. Bien tout le monde nous attendit à Stradbally dimanche.

Que ma route a croisé celle d'un homme qui avait abusé de diverses drogues.


Qu'il n'y avait pas de musique à l'endroit dit le 26 décembre.



Vous voulez savoir à quoi ont ressemblé mes vacances?


mais ne dégainez pas trop vite la chaleureuse compassion dont vous faites si souvent preuve à l'égard de l'auteur.

La suite du post ce soir ou demain s'intitule :

Et d'une suite de petits miracles....



Bises à vous tous, hommes ou bêtes qui passez ici et à tout bientôt.

19.12.09

la galère est provisoirement à quai

Et Anita s'en allant pour une grosse semaine est heureuse de vous offrir en avance un petit

Radeau de Noël.






En espérant quand même que le ferry vers l'Irlande, lui, tienne le coup!


Bises à vous tous, portez vous bien et faites plein de jolies bêtises.

17.12.09

La technique du Sapeur Camembert.


Médecin scolaire sur le sable attendant la deuxième vague de grippe.


Je m'étais jurée de ne plus vous bassiner avec la grippe à Chihuaha, mais voilà... C'était sans compter l'obstination démentielle du gouvernement à sauver la face et sa tentative camemberienne.

Ne sachant comment se défaire de la terre résultant du premier trou, il tâche de creuser un autre trou suffisamment grand pour y loger la terre du premier et deuxième trou.

Donc, il tâche de planquer le flop de la vaccination des élèves du secondaire en nous demandant dès la rentrée de mettre sur pied la vaccination des personnels.

Je pourrais donner une foultitude de preuves que c'est une totale absurdité, mais je préfère, ô mon lecteur chéri qui dépend de Notre Très Grand Ministère ( Que Dieu l'ai en son éclatante Sauvegarde), m'adresser à toi dans ce ton vibrant qui fait ma célébrité entre Daoulas et Trégunc:

Lecteur chéri, lectrice adorée,

Peu m'importe que tu sois, dans ce Temple-Du-Savoir-Mais-Pas-de-L'Histoire-Géo, Inspecteur d'Académie, Homme d'Entretien ou Professeur de Latin ou des Ecole.

Peu m'importe les raisons tout à fait légitimes que tu aurais de désirer te faire vacciner.

Mais si tu réfléchis bien, en obéissant à la voix de ton Ministre, tu vas attendre trois semaines et planter tes élèves pour te faire vacciner pendant tes heures de cours par un toubib qui ne voit que des mômes depuis quinze ans.

Et ce, alors que tu as quinze jours de vacances pour aller en centre dédié, à l'heure que tu veux et commencer ton immunité juste à temps pour être protégés de ces immondes monstres infectants que sont tes élèves.

Et ce, alors que lassée de jeter des doses par flacons entiers, je te proposais de venir le faire et que je ne t'ai vu qu'à trois ou quatre reprises.


Et ce, alors que probablement, on sera au début du milieu de la fin de non remontée du pic.


Alors soit gentil : téléphone à ta Caisse, fais toi éditer une hostie , un bon de vaccination.
Et laisse- moi bosser.

Je considérerai comme une injure personnelle que tu viennes la gueule enfarinée me dire que tu te considères comme une priorité que je te vaccine après 12 semaines de grippe, au détriment de tes élèves.

16.12.09

Histoire de vieux couples


Une promenade, le long de la rivière. Un cormoran sèche sur une balise, il fait froid et léger, le flot montant est rapide.
Un bon moment pour ces minimes ajustements indispensables qui sont aux vieux couples ce que le chiffon de laine est aux meubles cirés.

"Tu vois, mon cœur, des fois, ça me pèse, cette difficulté que tu as toujours à jeter les vieux trucs.

-Moi? De la difficulté? mais pas du tout, regarde : tu vois ce caillou? Eh bien il a des millions d'années et je vais le jeter sans aucune difficulté dans la rivière..."

Ploc.


Mékilékon.*


* Mais s'il croit qu'il suffit de me faire rire pour sauver son infâme paire de chaussettes... **


**A prononcer avec l'équivalent féminin du ton de: "Y connaît pas Raoul!"

15.12.09

Y a pas photo mais des fois, si.

On annonce qu'on est à peu près à 3 millions et demi de vaccinés contre la grippe H1N1, dans le millier de centres ouverts depuis le 12 novembre. Plus de 7 français sur 10 continuent à s'y montrer réticents.

En 2008,à la même époque, on annonçait le franchissement du pic des 5 millions de français sur les 9 millions invités par l'Assurance Maladie à se faire vacciner contre la grippe saisonnière.
Soit 57% d'adhésion en deux mois et demi.


Tranquillement, sans effets de manche, sans panique, sans centre, sans réquisition.

Y a pas photo.


Par contre, tiens, y a photo chez Chic des clics et tu peux voter. Sans file d'attente, sans bon et sans autres effets secondaires que d'avoir envie de participer au suivant...

14.12.09

un sigle peut en cacher un autre

Vignette de campagne électorale.

Personnages :

Madame 1 est une ex-députée qui s'est fait ravir son siège. C'est une fidèle du présiprince, mais une lambda. N'a probablement pas inventé ni le fil à couper la marche arrière, ni le robinet à beurre. Frisottée. Un peu dodue.

Madame 2 est une autre lambda. Visage un peu fatigué, mais amène. Les traits tirés. Une quarantaine pas très bien coiffée.


La scène se passe sur un marché. Madame 1 fait l'habituelle retape saisonnière, en vue des prochaines échéances.
Madame 2, doucement, mais avec détermination l'interpelle :

"Est-ce que vous savez à quel point c'est la grande misère dans l'hôpital où je travaille? Moi par exemple, j'assure presque deux services parce que ma collègue n'est pas remplacée."

Madame 1 fait alors exactement la moue que vous pouvez imaginer. Elle pince les lèvres comme ça, puis elle remonte asymétriquement les sourcils comme ça et ça donne l'expression calibrée "abinouimébon".
"Ah ça vous savez, je n'y peux rien, ça ne dépend pas de nous , toussa... Vous faites quoi d'ailleurs?"
- bin je suis là et puis là. et puis je suis à l'UMP...
- Oooooooh!
Et là, Madame 1 change complètement d'expression. La bouche s'arrrondit, les yeux aussi, tout le visage respire la sollicitude :
- Oooh écoutez, bon... Ecoutez , passez me voir à ma permanence, on va voir ce qu'on peut faire...

Et Madame 1 continue son chemin, non sans avoir abreuvé Madame 2 de recommandations chaleureuses et pressantes.

Laquelle Madame 2, le sourcil à son tour froncé semble légèrement perplexe. Visiblement, quelque chose ne passe pas dans le revirement subit de l'ex-députée.

Puis tout à coup, le visage de Madame 2 se détend, elle sourit puis pouffe puis devient carrément la proie d'un fou-rire.

Nos regards se croisent.

"UMP hé?
- Oui! Je voulais lui dire que j'étais aussi à l'Unité Médico-Psychologique!!! Elle peut toujours m'attendre à sa permanence..."


PS : où ça?

13.12.09

ma lettre au père Noël

Pour déposer dans la hotte de Tippie, cinglée mais qui s'assume, avec un zouli ruban rouge et vert, ma lettre au pernouel.


Cher Père Noël,

Merci de ta confiance. Il est tout à fait compréhensible que tu te sois senti blessé. Même si c'est en partie vrai, dire aussi brutalement à quelqu'un qu'il n'existe pas est une agression. C'est souvent le fait de gens qui ne supportent pas la déception.
Il faut absolument que tu travailles à dépasser ce sentiment de blessure. Rester auprès de ta cheminée à manger des chocolats et à boire du cocla ne t'aidera en rien. Entre être inexistant à 130 kg et illusoire à 170, le choix est quand même en faveur du premier.
Tu dis dans ta lettre que tu es dégoûté de tout, que tu n'aime plus les cheminées, que les rennes t'insupportent...
Peut-être qu'il est temps pour toi de découvrir de nouvelles choses. As-tu essayé les pompes à chaleur et les éoliennes? Change tes rennes pour des Kangourous, ils pètent sans méthane...

Ne te laisse surtout pas abattre par ton irréalité. Cela arrive à des tas de gens, tu sais.
Et puis, entre nous, est-ce que tu n'as pas une part de responsabilité dans les critiques qui te sont adressées? N'aurais-tu pas confondu le fait d'avoir des amis avec le fait de les inonder de cadeaux? Donner, c'est parfois aussi réclamer de l'amour et de l'attention.
Il est important que tu réfléchisses à tes propres demandes. N'ont-elles pas été quelque peu envahissantes ces derniers temps? Bien sûr, tu as envie de faire gagner beaucoup d'argent à ceux qui, en retour, te promettent que tu existes, puisque des milliers d'autres dépensent ce même argent.
Mais c'est un peu un cercle vicieux dont tu es prisonnier.
Tu as aussi le droit d'être différemment.
Chère Père Noël, je ne peux répondre à ta dernière demande comme tu le voudrais. Tu sais, il y trop de gens qui écrivent à Anita, courrier du cœur, et je ne peux adopter tout le monde.
Exceptionnellement, parce que tu n'existes effectivement pas, je veux bien d'accueillir une nuit, mais que les choses soient claires : en civil et pas question de râler si c'est pâtes au beurre.

Merci de ta confiance dans notre chaîne de l'amitié.
Anita.

Prison et santé mentale.

On discute souvent de la frontière parfois ténue entre l'hôpital psychiatrique et l'univers carcéral.
J'ai trop souvent accusé ce gouvernement de judiciariser ce qui, à mon avis, ressort bien plus du soin que de la coercition, pour ne pas signaler haut et fort qu'il vient de faire l'inverse.
En nommant à la tête de l'Etablissement Public de Santé Mentale de la Marne, Xavier Dousseau, membre de la Communauté Pain de Vie, condamné en 96 à 18 mois de prison dont 9 (!) fermes pour s' être enchaîné à la salle d'opération de l'hôpital dont il était le directeur-adjoint, pour empêcher des interruptions volontaires de grossesses.
Avec 10 personnes, qu'il avait fait entrer dans le bloc opératoire.


Bigre. Madame le Ministre veut faire baisser les infections nosocomiales et son Présiprince limiter les signes religieux ostentatoires?
Mauvais casting.

12.12.09

miscellanées

Régulièrement, ma live-box clignote. Il paraît que c'est normal et que je n'ai pas le droit de râler. C'est Noël et elle joue à la guirlande.

Je viens d'observer le chat. Je peux témoigner qu'il n'a pas bougé d'une patte pendant deux heures. Comment ça, moi non plus?

Ma petite sœur est malade. Le Net ne peut pas lui porter un bol de ma soupe du soir. Pourquoi y a pas un plug-in pour ça?

Je pars en Irlande pour Noël. Si, moi, j'y vais en bateau, mes commensaux prennent l'avion. J'ai renoncé à offrir des haltères et des cocottes en fonte. Mais je compte venir avec des réserves d'amandes, de chocolat, de rhum et de beurre salé. Après tout, on pèse les bagages, pas les gens.

J'ai envie de choses douces et drôles. J'ai envie qu'une de mes filles me vole un bout de plaid.
J'ai envie de ces choses qui s'exprimaient très bien autrefois dans la volute d'une cigarette, dans ces cafés de rencontre juste assez partagés entre le neutre et le chaud.

11.12.09

Gné?


(début du pic de l'Aiguille, vu du Drac, photo Wikipédia)

Bon, je sais que je vous bassine avec ça, mais...

Est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer, me faire un croquis, une formule mathématique, une sculpture en mie de pain

POUR M'EXPLIQUER CE QUE ROSELYNE ENTEND PAR DEBUT DE PIC PANDEMIQUE????????


Misère...


(Fin du pic de l'Aiguille, vu du Drac, photo Wikipédia)

10.12.09

Le partage c'est la santé...

S@rah, dite aussi la Dame de Nage ( sublimes photos du bout de notre monde) m'a communiqué cette merveilleuse adresse qui vous permet, vous aussi, de contribuer au Piquathon!

Je ne saurais la garder pour moi seule, alors, allez-y mes petits loups.
M'en veuillez pas si je ne participe pas ce soir, j'ai eu ma dose.

NB: message à Eric. Je ne sais pas si ça vaccine de tout, mais tu ne perds rien à essayer! Ça ou peigner la girafe...

8.12.09

L'ostentatoire esprit de clocher protège-t-il de la grippe?

Ou, comment deux pantalonnades arrivent à faire une vraie question.

Vous le savez-ou bien vous habitez à l'étranger, notre Gouvernement (Gloire à Lui) a actuellement deux chevaux de bataille visibles, obsédants, omniprésents dans les médias : l'Identité Nationale et la grippe H1 N1.

Personnellement, je me contenterais bien de renvoyer ces deux chevaux de cirque gambader dans les prés.

L'identité nationale, j'ai déjà expliqué ici, ce que j'en pense. Il faut dire que dans mon Pen ar bed, quand mes identités russo-polono-franco-vaguo finlando-judéo-mécréante maquée avec un italo-sicilien catholico-incroyant rencontrent la très bigoudenne pur lambig Boutoucoat, on parle plutôt recette de gâteau breton et apport de l'huile d'olive sur le bar que grand débat foireux sur le mode " comment tu sais que tu es toi?".
On ne parle même pas de l'histoire de France en Terminale S, puisque son histoire de France à elle démarre en 1552 et la mienne... bah, comme je le disais, ça dépend des morceaux.


Quant à la grippe... Je continue à penser qu'il est logique que des médecins mettent à disposition de leurs patients, tous les moyens possibles de ne pas mourir avant l'heure.
Je continue à être stupéfiée de l'hystérie gouvernementale (Gloire à Lui) qui en est à défaire les plannings d'interventions chirurgicales pour réquisitionner des internes pour les centres de vaccinations.
Je continue à être scandalisée qu'on publie un par un tous les morts de la grippe alors que la mortalité de la route est sans commune mesure.
Je continue à penser que les déclarations du directeur général de la Santé Mr Houssin sur un cas de contamination d'un chat par une famille grippée sont d'une rare putasserie.
Je continue d'être ébahie que le seul endroit où il deviennent impensable de vacciner soit désormais le cabinet d'un médecin. Faut quand même le faire! Et le bon peuple avale ça tout cru?


Et avec tout ça Anita fait une question?
Voui.
Parce que mon travail est avant tout d'essayer de démêler le vrai du faux, je vais beaucoup sur les sites qui parlent sérieusement de grippe. Y compris les sites gouvernementaux des voisins. Celui des Etats-Unis par exemple.

J'y ai trouvé une information qui me semble d'autant plus exemplaire, qu'elle est d'une naturelle banalité pour un américain et qu'elle prendrait chez nous la dimension d'un minaret.

Les informations de base sur la prévention de la grippe sont, sur le site du gouvernement américain, disponibles en anglais, français,allemand, espagnol, vietnamien, coréen, chinois, tagalog, arabe...

Chez nous?

Et ben mes amis, qu'un mucus impur abreuve nos sillons ou pas, c'est en français ou crève. Sur le site de notre général des armées de l'Immunité Parlem Antigrippale (Gloire à Lui) , aucune indication n'est donnée dans une langue susceptible d'être comprise par des gens récemment arrivés chez nous.

Donc, nous pouvons tirer au moins trois conclusions de ces faits :

1)Le Gouvernement (Gloire à Lui) estime que les étrangers maîtrisant mal le français ne méritent pas la prose virile de Madame Bachelot.

2) Le Gouvernement (Gloire à Lui) a enjoint au virus H1N1 de vérifier le degré d'acculturation des étrangers avant de pénétrer leur organisme. Une vérification de leur carte de séjour est souhaitable avant réplication.

3) De 1939 à nos jours, en passant par l'explosion de Tchernobyl, la culture des Lignes Maginot reste constitutive de l'identité française.

6.12.09

breizhkou


Sur la plage d'hiver
une méduse gelée en tremble
Urticant détail.

4.12.09

Le comique de vaccination.

Nous sommes vendredi, 12 heures.
Lundi, je doit entamer la vaccination d'environs deux cent jeunes gens.
Comme le centre de vaccination, seul habilité à délivrer le matériel est à plus de trente kilomètres et que ma récente expérience me démontre qu'avec la meilleure bonne volonté préalable, il reste une foultitude de détails à régler avant la première injection, je téléphone au chef de centre :

"Bonjour, on va être un peu chaud lundi. Est-ce qu'un administratif peut venir chercher les vaccins à 9h30, au lieu que ce soit le médecin ou l'infirmière? Je vous promet qu'il partira avec une check-liste en béton armé et...

- Administratif ou pas, le centre n'est ouvert qu'à 15H00 le lundi."


Nous sommes vendredi 16H20. Après une partie de billard à 6 bandes entre la Ddass, la préfecture, l'inspection académique, les infirmières, le chef d'établissement et le chef de centre, je n'ai toujours pas de réponse.

J'ai un truc qui me démange dans le bras, je ne sais pas si c'est ma récente vaccination ou le devoir de réserve.

Mais si vous lisez dans le journal qu'un respectable proviseur et un non moins respectable médecin ont été arrêtés pour tentative de cambriolage d'un centre de vaccination, dites que vous ne savez rien.

2.12.09

Si la salade meurt...

Le centre Georges Pompidou est en grève. Je ne rentrerai pas dans le détail de ce conflit social, dont j'ignore tout.
Mais mon sang n'a fait qu'un tour.
Comprenez-moi bien : les zœuvres habituellement gardées dans les musées se conservent généralement fort bien, même sans conservateurs et peuvent observer, d'un œil tranquille et d'un sourire de Joconde, les aléas de notre politique culturelle. Comme dirait la Victoire de Samothrace : "on s'en bat les ailes".
Il en va tout autrement de l'art conceptuel. Celui-ci, c'est bien connu, demande un entretien colossal, quotidien, une attention de chaque jour. Ne serait-ce que pour rappeler à la femme de ménage qu'il ne s'agit pas de gravats à balayer d'urgence, mais de trucs signés qui valent la peauduc.
Et aux veilleurs de nuit qu'il ne faut, surtout, mais surtout pas confondre les œuvres de Manzoni avec une réserve de boites de cassoulet dans lesquels ils pourraient impunément piocher en cas de petite faim.

Toutefois, avec un peu de formation du petit personnel, on s'en sort.
Sauf pour celle-ci :



Cette chose délicate, fleuron de l'arte povera de Giovani Anselmo, composée de granit et de laitue fraîche mobilise un conservateur tous les deux jours pour changer la salade.
Sinon, elle pourrit. Et c'est plus de l'art, c'est du caca, et là, il faut que la femme de ménage nettoie. (Compter une bonne semaine de formation.)

Monsieur le Ministre, comme je vous l'ai dit, j'ignore complètement la teneur du conflit. Mais si vous laissez le conflit perdurer, l'artiste va attaquer l'Etat en justice, les champignons vont envahir Paris et les boîtes de Merda d'Artista, rongées par la corrosion, exploseront au nez des dignitaires étrangers venus se nourrir de notre exception française...
Si la salade meurt, Monsieur le Ministre, si la salade meurt...

1.12.09

D'un rêve et d'une rencontre


Cette nuit, tout était très clair.
Un homme, dans un chemin creux, dessinait sur les planches d'un vieux portail de ferme les détails de sa récente invention.
Un tracteur passe, obligeant l'homme à faire un pas en arrière. Il le fait sans hâte, il connait visiblement l'agriculteur qui conduit le tracteur. Ce dernier lui jette un coup d'œil, sans manifester de sentiment particulier, continue de longer le chemin, contourne un mur et se retrouve dans la ferme, de l'autre côté du portail.
Ensuite, il descend de son tracteur et saisit une tronçonneuse, avec la visible intention de découper le portail pour donner à l'homme le fragment qui porte les plans de sa précieuse invention.
Une alliance rendue par le sommeil d'une absolue limpidité.

Je me dis souvent, en ce moment, que mes nuits sont plus pertinentes que mes journées.

Encore qu'il me semble que ce rêve a un lien avec la Dotclear install party 4, même si je n'y ai fait qu'une courte apparition. Toujours, le même sentiment de respect pragmatique, d'échange bienveillant de clefs à molette de toutes dimensions entre des gens qui ont tous les degrés de connaissance de l'objet, depuis le geek qui commence ses rêves par div#oniric jusqu'à celle qui s'est baladée 6 mois avec un violet immonde sur son blog photo.
J'y ai raté Mlle Moi, Tippie et pas vraiment eu le temps de discuter en raison d'un train trop précoce. Mais j'y ai pris une grande bouffée d'air.
J'en profite pour dire aux timides, aux atteints chroniques du sentiment d'imposture, aux sépapourmois, aux débutants et à ceux qu'ont deux mains gauches qu'il ne faut hésiter à franchir la porte de la 5ème install party, parce que ces gens sont d'une extrême douceur aux néophytes et que vous trouverez toujours plus manchot que vous. Surtout si j'y suis.
Et avec un peu de chance, outre le grand sourire de Kozlika, le sourire canaille de Gilsoub, celui en coin de Ben, vous aurez peut-être droit au rire de Lomalarch...
Un étonnant croisement entre les chutes du Niagara, les dix-sept pianos traînés sur un plancher de béton, la hyène hurleuse et le sanglot de la mouette éperdue d'amour.
Une révélation.
(pis l'est beau d'abord!)

Et merci, de tout mon coeur, à la très lumineuse Ada qui cornaquait Miss Bibi pendant ce temps, après avoir nourri sa mère de feuilletés persil féta à tomber.