1.11.07

Le loup, la pétition, moi et le petit lapin blanc

Mon cher Loup,
bien sûr que non, je ne vais pas supprimer ton commentaire en dessous de mon dernier billet.
Sans se connaître vraiment, je crois qu'on s'aime bien, et toi et moi avons passé l'âge de jouer aux bisounours. Je ne connais pas les raisons de ta colère, mais c'est bien de la colère, et non de la malveillance. Alors je le laisse là, ce commentaire rageur.
Mais j'y laisse aussi chacun de mes billets, bien sûr.
Et bien sûr, il y en aura d'autres du même ordre, pour tout un tas de raisons. Tu ne trouveras pas, même en farfouillant dans le tas, l'idée qu'une pétition change le monde, ou tient lieu pour toute soupe, d'action militante. Se désolidariser d'une mise devant le fait accompli, c'est juste, de façon infime, faire la différence entre une décision prise sans que personne ne moufte, et une décision prise malgré quelques ou beaucoup de protestations.

Quelque chose qui aurait à voir avec l'ultime offense qu'est le silence.

Sans que cela me coûte beaucoup plus que de savoir que je ne serai jamais fonctionnaire de première classe-la belle affaire! Mais penser que je ne serai pas tout à fait seule, à l'heure de la désobéissance, quand je refuserai de signaler aux maires, les enfants instables et les familles vulnérables, me met un peu de baume au coeur. Parce que, au train où vont les choses, ça va m'arriver tout droit sur le nez d'ici peu.
L'ennui, vois-tu, c'est que je n'ai plus la ressource d'imaginer que je vais poser des bombes sans imaginer tout le boulot après pour nettoyer, soigner les blessés, réconforter les familles et répondre aux journalistes.
Remarque que je suis prête à changer d'avis, mais sur d'autres arguments qu'imprécatoires.
Ce que tu ignores sans doute, mon cher Loup, c'est qu'une femme ne vit pas sans être des dizaines de fois confrontée, pour peu qu'elle ouvre un peu la bouche, à une multitudes d'avis masculins extrêmement condescendants, sur le mode "ma pauvre, t'as rien compris!Tu devrais plutôt faire çi, ou ça, poétesse plutôt que porte-pancarte, p*ute plutôt que médecin, otis plutôt que pfiffre etc..."
C'est donc avec beaucoup d'amitié, mais une très ancienne fatigue, cher Loup, que sur ce point très précis ( et le seul, hein les gens!) je t'emmerde.
Il continuera à y avoir ici, exactement ce que j'ai envie d'y mettre, et dans l'ordre que je veux.
On se fait déjà assez suer dans la vie à faire son petit lapin blanc - pas bouger, bonne bête- pour ne pas continuer ici.
Je t'embrasse.

16 commentaires:

Martin-Lothar a dit…

Bon OK docteur, je m'incline et je vous prie de me pardonner.
Je ne suis qu'un con de mâle bête et inculte qui ne comprend rien et ne sert pas à grand chose.
Cette pétition est vraiment géniale, révolutionnaire et constructive en fait.
Bises

anita a dit…

Sale bête!
Mais tu devrais pouvoir me présenter d'autres arguments...
Comme je te l'écrivais je suis prête à pouvoir changer d'avis.

Madame Irza a dit…

Heu... malgré la possible incompréhension, je confirme l'histoire des avis masculins. Ce qui ne présume en rien des raisons de ce fait ! (donc, rien à voir avec les cons, et d'ailleurs justement surtout pas, Martin-Lothar !)

Sinon, drôle l'image du petit lapin blanc, chez moi le lapin n'est pas associé à un animal qui obéit, et spécialement pas le lapin blanc (puisque dans mon imaginaire (collectif? ;-) le lapin blanc c'est celui d'Alice) :-)

brigetoun a dit…

que c"est gentiment dit !

Moukmouk a dit…

Je pourrais dire ce n'est pas mon pays, ça ne me concerne pas. Mais ce sont des enfants et ça, ça me concerne. Je signe.

l'âne Onyme a dit…

Une évidence : quelque soit le moyen, la méthode, il vaut mieux faire que laisser faire.
Avant de changer le monde par une révolution (qui serait à mon avis bien nécessaire vu de la façon dont le monde tourne) on peut se contenter, modestement de changer les choses autour de toi, avec les faibles moyens que l'on a. Ca passe par la signature de pétitions et aussi par les heures de discussion pour essayer de convaincre Pierre, Paul ou Jacqueline du bien fondé de telle ou telle prise de position. Rien n'est critiquable, rien n'est pire que le silence devant l'injustice. Continue Anita, je te lis, je t'approuve parfois, je ne te juge jamais.

l'âne Onyme a dit…

PS : Et si quelqu'un me fait l'affront d'imaginer un seul instant une tentation de politiquement correct ou de complaisance ... Je lui envoie mes témoins et je lui laisse le choix des armes.

Marianne a dit…

Tous ces éhanges sont plutôt rassurants , enfin le loup n'argume pas beaucoup . On peut supposer que les personnes qui viennent sur ce blog sont plutôt d'accord avec l'auteure ...
Il est vrai que les pétitions fleurissent et n'ayant plus l'âge de la révolution ( quoique si l'âne anonyme est partant !) si le sujet m'intéresse je signe .
Anita : cette histoire de signaler les familles vulnérables et ,je crois , suceptibles de tomber dans la délinquance est toujours d'actualité ?

Martin-Lothar a dit…

@ Anita : Tu me connais assez pour savoir que je ne suis pas un nazi, mais un chercheur angoissé sans opinion aucune et que je poserai des questions sur tout et à tout le monde jusqu'à la dernière seconde de ma vie que j'aime, malgré tout et malgré mes con-génères
Or donc ma question du jour est pourquoi un connard de député de droite (à gauche ils ont fait pareil et même pire et je peux te le prouver !) a eu l'idée sotte et grenue de proposer ce truc à l'ADN hein !
Bonne question hein ?
C'est peut-être (???) pour pallier des pratiques (africaines ou autres) qui feraient sans doute trop peur à ton petit coeur de féministe, de contribuable et de mère convaincue...
Je suis assez bien placé pour le savoir, mais trop mâle et trop con pour le dire surtout à des gens qui ne veulent rien entendre de trop politiquement incorrect !
@ Moukmouk : Tu es concerné et impliqué en plus et ce ne sont pas ni les enfants, ni leurs parents qui te niqueront; c'est ceux qui les envoient !
Comprennent qui vivra et qui aime les enfants à éduquer, à niquer ou à bouffer !

anita a dit…

@Martin: j'ai bien spécifié que si je laissais ton commentaire, c'est parce que je crois (croyais?) à la sincérité de ta question. Mais des phrases comme "ton petit coeur de féministe" va tout à fait dans le sens de ce que je disais sur l'incroyable condescendance, même de la part de types bien. (Axel Kahn est-il un doux féministe? Pelloux? Bayrou?)
Je ne ferais pas ici un concours d'horreurs vues et entendues, mais je t'assure que ton expression,qui ne me prête que de la sensiblerie, jointe au fait que tu n'es guère explicite, tend plutôt à te discréditer.
Un précédent commentateur avait tenté de m'expliquer-avec le même genre de morgue- que le tests ADN limiterait l'exploitation sexuelle des enfants africains.
Je vais partir du principe que ton obscure allusion est de cet ordre.
Je n'ai hélas, pas grand doute sur le fait qu'elle existe.
Dois-je te rappeler que la veille contre la maltraitance fait partie de mes attributions, et hélas aussi de mon quotidien?
Mais quand à prétendre que vaste réseau, qui implique des complicités chez nous- et des clients, tiens!-serait arrêté par cette ligne Maginot? Des clous , Marie, ou bien c'est vous qui êtes candides sur le plus fructueux trafic du monde.
Employer la police à démanteler les points d'appuis occidentaux, que ce soit du trafic de main-d'oeuvre ou de celui d'enfants me paraît bien plus rentable.
Mon petit coeur.

Marianne a dit…

Merci Anita de laisser les messages du chercheur sans opinion et surtout merci pour les réponses que vous lui faites .
Chercheur angoissé et sans opinion ?
Je doute qu'il le soit lorsqu'on lit ses propos.
C'est triste à lire !

anita a dit…

@ Marianne; je soutiendrai toujours l'échange avec Martin, même si je ne suis pas d'accord avec lui, et même si je suis un peu triste aussi. Mais Martin n'est pas un troll, ni un crétin.
J'engage d'ailleurs les gens à aller voir son blog qui est beau, bizarre, plein de tensions et souvent drôle.

l'âne Onyme a dit…

Juste un mot pour répondre à Martin Lothar : la barbarie des autres n'est pas une excuse pour libérer la sienne.
Dans nos cœurs à nous autres, humains est caché le pire comme le meilleur. Notre destinée, si nous l'acceptons et de tenter d'aller vers le meilleur.
Les nazis avaient également d'excellentes raisons.. C'est ça qui est tragique dans la folie : la logique qui la sous tend est implacable, seules les données de départ sont fausses.

Marianne a dit…

Anita cela vous regarde et c'est une preuve d'ouverture d'esprit que de soutenir l'échange avec cette personne .Il rédige bien, son blog est techniquement bien mais ses propos à prendre à je ne sais quel degré sont surprenants .
Il dit se poser des questions et vouloir s'en poser jusqu'à la fin de ses jours ,mais sur son blog ce sont des affirmations qu'il rédige . Cet individu érudit peut- être, n'est-il pas à la recherche d'une certaine reconnaissance dans ses propos provocateurs qui le conforterait dans l'idée d'être le génie du siècle ?
La souffrance humaine ainsi exprimée est pathétique .Il faut lui venir en aide au plus vite ....

Moukmouk a dit…

Oui. il y a un désastre africain et pire, la cruauté, la barbarie, et l'infamie va en augmentant, et il y a peu d'espoir que cela s'atténue à court terme. Je parle principalement de la RDC, du Soudan, de la Somalie de l'Éthiopie et du cône Sud. Et encore on pourrait continuer la liste.

Les causes ne sont pas raciales, génétiques ou culturelles, mais essentiellement le colonialisme, la Banque Mondiale, L'exploitation des ressources et surtout les subventions agricoles dans les pays du Nord qui empêche toute agriculture dans ces pays.

Il y a très peu d'espoir pour les africains, c'est bien pour cela qu'ils tentent par tous les moyens de fuir l'enfer dans lequel nos lois et notre logique économique les enferment.

Je ne serai jamais d'accord pour envoyer qui que ce soit en enfer, sauf peut-être les dirigeants actuels des grandes banques et industries qui auraient besoin de redécouvrir l'efficacité économique là-bas....

Tassili a dit…

Anita, j'adore l'élégance de votre style pour remballer quelqu'un qui s'y prend avec... disons, moins de délicatesse que vous.
Qui disait, déjà : «Qu'en termes choisis ces choses-là sont dites!»
J'adore, j'admire, et vous émulez. ;-))