26.11.07

j'aime, j'aime pas, c'est ben compliqué.


Je n'aime pas le poids des religions, mais j'aime la petite chapelle de XXXX dessinée à l'encre de Chine sur fond de ciel et de mer, flanquée de deux judicieuses petites vaches noires.
Je n'aime pas l'étouffoir de la dépendance, mais certaines chansons d'alcooliques m'émeuvent à me pendre. Si tu me payes un verre, je ne t'en voudrais pas de n'être rien du tout, je ne suis rien qui vaille*.
Je n'aime pas la foule, mais la ferveur, celle qui ne peut naître que de l'assemblée, m'atteint plus souvent que je ne le voudrais. Après des années de pratique prophylactique de l'ironie, je continue d'avoir la larme badaude, et des enthousiasmes de gobe-mouche.
Je n'aime plus la ville, et pourtant, je suis du regard la ligne d'un immeuble comme celle d'un bateau, et la friche industrielle est, comme la grève, une inépuisable source de trésors oblitérés.
Je n'aime pas la pêche à la baleine, mais les chansons qui en font foi, et le vieux bois d'une chaloupe usée me chavirent, haul away, old fellow away...


( c'est Reggiani qui chantait ça, et, pour une phrase pareille, je lui aurais bien payé une douzaine de verres).

13 commentaires:

samantdi a dit…

Oh cette chanson de Reggiani ... je l'entends encore !

(je me reconnais bien dans ce billet, sauf pour la pêche à la baleine, car ici c'est terre ferme à l'horizon des collines)

Moukmouk a dit…

La pêche... avant l'industrialisation, les humains avaient leur place dans la chaine alimentaire, et les captures étaient tout à fait justifiable. Maintenant les moyens du pêcheurs sont au delà de toute limite raisonnable, et ils réclament des subventions parce que c'est de moins en moins rentable, il n'y a plus assez de poissons. Les pêcheurs sont devenus les fossoyeurs des humains.

il faut faire cesser cette folie.

Valérie de Haute Savoie a dit…

J'aime chanter les passions de Bach. Petite le choral "il fait danser les mondes" me rendait proche de l'extase, et à Noël j'adore installer la crèche et pourtant si tu savais ce que je vomis les religions !

l'âne Onyme a dit…

La réponse lumineuse de Claude Nougaro "la foi est plus belle que dieu" (in plume d'ange).
Gast ! A lui aussi j'y aurais bien payé que'ques canons. Dame oui !

l'âne Onyme a dit…

Haul away hé, hou là tchalez

Fauvette a dit…

Un petit bijou ce billet !
Moi aussi je me reconnais (sauf pour la ville et la boisson).
Et le beau Serge, quel souvenir.

brigetoun a dit…

le récit de ce que nous sommes, nous les humains

anita a dit…

@ Samantdi: les chants des chasseurs de palombes m'ont toujours moins inspiré ... sans doute parce que la casquette vissé sur la crâne, la clopobec et le verre à la main, on risque moins sa vie!

@Moukmouk: il reste chez moi, une pêche très artisanale. Les ligneurs, la langoustine, la sardine à la bolinche... et même de rares goémoniers.

@Huhu, j'ai même fait un jour une crêche en pâte d'amande. il y a une certaine jouissance à croquer le petit Jesus d'un coup de dents!

@ l'âne: et que dirais-tu de ce splendide funambule qu'était Philippe Léotard: "Ma drole de cocaïne, mon amie de la nuit, mon intime ennemie au regard étoilé, ma source au gout amer, ma vie vue de la mer, mon inverse astronaute, sous le volcan des autres"

@ Fauvette : au moins deux beaux
Serge!

@ Brigetoun: un tissu de contradictions!

l'âne Onyme a dit…

je ne dirais plus rien.
J'écouterai la merveilleuse musique de son silence.
Le funambule en équilibre sur le fil du rasoir a fini par s'ouvrir les veines.

Agaagla a dit…

C'est un très beau billet, et très juste. Moi non plus et moi aussi...

Fauvette a dit…

Quoi croquer un petit Jésus d'un coup de dents, d'un seul ! Là tu abuses !

anita a dit…

huhu c'est ça qu'est bon!

dianeenminuscule a dit…

… je n'aime pas ces contradictions qui font de moi une fille formidable un jour et une fille compliquée les suivants…
je n'aime pas être celle qu'on lâche dans sa course, faute de ne pouvoir la suivre.
après tout, je peux toujours courir…