27.3.11

C'est vrai, les délinquants sont de plus en plus jeunes...

Cultive ton Jardin m'a envoyée vers cette histoire.
S'il ne vous fallait qu'un motif pour aller voter aujourd'hui, ce pourrait être celui-là.
M, appelons-là comme cela, est un bébé sans papier.
Ou plus exactement, dans un pays où aucun enfant n'a besoin d'autres papiers que celui qui le rattache à une filiation, il est demandé à M, quelques mois aux prochaines fraises, d'avoir un titre de séjour.
Comprenez moi-bien, si vous avez eu la flemme de cliquer sur le lien : ses parents, eux, ont un titre de séjour. Un vrai, avec un travail et ils payent la part d'impôts qu'ils doivent pour que des politiques éditent des lois aussi ineptes, coûteuses et indignes que celles qui a privé M. de la possibilités d'être dans des bras paisibles, le nourrisson bienvenu qu'elle aurait dû être.
La maman de M. a commis une faute : elle a accouché prématurément en Algérie, où elle y avait, deuxième faute, une mère malade. Donc M, née ailleurs, est un bébé déclaré par un fonctionnaire zélé, touriste de passage pour 3 mois.
Et à l'issue de ces 3 mois, M bascule dans une clandestinité où la moindre bronchiolite coûtera un bras à des parents qui cotisent pour celles des vôtres...
Allons au bout de la logique : Ni les parents, ni la sœur de M. ne sont expulsables.
Verra-t-on un autre fonctionnaire zélé venir chercher cette enfant? La sucette et le doudou sont-ils compris dans les effets dont un individu en situation irrégulière a le droit de se munir avant son transfert en centre de rétention?

Il est à peu près certain que non, qu'au bout du compte, un juge va proclamer l'imbécillité absolue de cette mesure. Ce sera long, ça va mobiliser une armée d'autres fonctionnaires (zélés bien sûr, mais pas de la même façon) qui ont des chats à fouetter et pas des enfants, c'est votre argent, le mien , le nôtre, gaspillé dans cette stérile obsession.

Ceux qui applaudissent à cette stricte application d'une loi censée les protéger feraient quand même bien de se méfier... Cette histoire de nourrisson, planqué 3 mois, qu'un homme de la cité prend sous son aile... Ça vous rappelle rien?
Il s'agissait de sortir et non de rester, le nourrisson était un garçon et non une fille, celui qui l'a protégé une fille de Pharaon et non un bon docteur de quartier, mais ça s'est assez mal terminé pour ceux qui, sous couvert de soumettre les adultes, s'en sont pris aux tout-petits.

Il faut combien de pluies de grenouilles sur ce pays pour que les gens comprennent?

5 commentaires:

Babeth a dit…

Rhoooo, j'adore la comparaison, j'y aurais pas pensé!!! J'ai lu cette histoire hier via je sais plus quel blog, c'est effarant, on croirait du Kafka!

cultive ton jardin a dit…

Merci d'avoir relayé.

Il est en effet probable (pas certains tout de même, chaque fois nous descendons plus bas) que cette situation sera régularisée grâce à sa médiatisation. Mais je pense aussi à tous ceux qui n'ont pas eu la chance de rencontrer un docteur Ménard. Par ailleurs, une histoire comme celle ci laisse des traces indélébiles, même si elle se termine bien.

J'ai longtemps été, en tant que psychologue de crèche, responsable du bien être affectif et psychologique des enfants accueillis. Je n'ose imaginer les dégâts que peut faire une telle situation dans le psychisme d'un bébé et de sa famille.

mirza a dit…

J'aurais aimé te laisser un premier nouveau commentaire sur une note un peu plus gaie !

Je n'ai pas été psychologue de crèche moi-même mais en tant que jeune maman ce que dit Cultive ton jardin me semble évident, oui. Et d'autant plus cruel.

Je suis simplement outrée, les mots me manquent pour dire ce que je pense de du fait de s'en prendre à un bébé. En effet nous tombons un peu plus bas à chaque fois.

sewa mobil a dit…

Nice article, merci pour l'information.

FD a dit…

De jolis mots pour raconter une très laide histoire. C'est chez nous et "en notre nom"... Bougez pas, je vais aller me pendre...
Et puis non, pas me pendre... Lutter. NO PASARAN :-)