13.2.10

rumeurs floues


Allez viens.
Assieds-toi.
C'est bien que tu passes ici, je n'ai rien à te dire.


Je vais me pousser un peu sur la page
et tu vas pouvoir t'installer.
Il y aura un moment de silence.



Puis, nous reprendrons sur des banalités.
ce qu'il fait bon chez toi
Nous échangerons des mots, comme on lèche un galet sur la grève, pour dire en riant que nous avons facilité le travail de la mer et accéléré, infimement, le cours du temps.
Nous échangerons des mots patients et cela nous fera du bien. Sans faire grand sens, cela fera une petite masse que nous ajouterons à la rumeur bénigne du monde.

Elle existe, tu sais, elle est toujours là, même quand nous sommes saoulés des injustices commises en notre nom et dont nous refusons de croire fallacieusement qu'elles le soient pour nous.

Nous ne sommes pas aveugles, ni même indifférents. Mais laissons pour une fois le champ, le chant modeste et banal à ceux qui n'ont d'autres exploits que de tâcher de ne léser quiconque.

Viens près de moi. Je ne te parlerai même pas de la lumière. Pour une fois, elle est plate et grise et le jardin est immobile. Te parlerais-je du chat, qui ne s'inscrit dans un rectangle que quelques minutes par jour? Prend un compas et amusons-nous sans le réveiller, à cette constatation : aux heures d'hiver, près du poêle, le chat est rond.

Un moment viendra où je me lèverais pour nous faire un café. Un thé si tu préfère,
Thé pour moi
ou bien je dégoupillerai la bière que j'aime plus littérairement qu'autre chose. Homme ou femme, je presserais brièvement ton épaule en passant.
far ou crêpes ?
En me rasseyant, je te parlerai de cette photo que j'ai prise, impubliable et douce, d'une enfant dans la lumière des bougies, d'un anniversaire qui n'était pas le sien et qui semblait, pour la première fois, la vieillir, elle aussi.

N'aies pas peur de m'ennuyer. Asinus asinum fricat, c'est juste la phrase d'un qui n'aimait pas les ânes.
Un thé pour moi aussi
Il n'y a pas plus nécessité de choisir tes sujets de conversation que de sculpter chaque grain de sable sur la plage. Dis-moi le tissu de ce qui t'enveloppe, racontes-moi ce qui, trivial et débonnaire, t'amène au jour prochain.
Ce n'est évidemment pas trop mais tellement..

Parles-moi de l'avancement de tes salades, de l'ami(e) que tu espères, du pull que tu as choisi pour ta valise, de la neige qui tombe sur le chemin.
J'ai bien envie d'emmener le gars au Train Bleu
De l'ongle, tu déplieras, comme machinalement, une archive prosaïque de ton existence ou de celle d'un que tu aimes. Si tu es très jeune, ou triste, tu pourras mettre la tête sur mes genoux. Et si ta pensée suit les lignes de la main, je te prêterai ma paume.

Tu dis?

10 commentaires:

Agaagla a dit…

je dis : ce qu'il fait bon, chez toi !

Sar@h a dit…

Thé pour moi … et peut-être pour de vrai !

Je serai (si Dame la Neige le veut bien) sudiste lundi & mardi. Organisez-vous entre sudistes !

anita a dit…

@sarah : viii, bonne idée!
@ Agaagla: si un jour te trouves toi aussi sudiste dans le grand Ouest, tu es la bienvenue!

Still a dit…

Un thé pour moi aussi...
Des bises

Kozlika a dit…

D'habitude je prends plutôt du café mais le thé c'est bien aussi, on peut placer les mains autour du mug et s'y réchauffer en papotant. J'ai bien envie d'emmener le gars au Train Bleu ce soir, je suis sûre qu'il y trouverait de chouettes photos à faire. K't'en penses ?

anita a dit…

@Kozlika : Le gars seulement trouverait des photos à faire?
@Still : Irlandais?

JEA a dit…

Tu dis ?
Je reste plus que silencieux.
Ce n'est évidemment pas trop mais tellement...

BC a dit…

Allez, tous au thé au coin du feu ....far ou crêpes ?
Une belle semaine en perspective.....Bises à tous .

Agaagla a dit…

oh, merci de tout cœur, je viendrais bien, une de ces prochaines vacances... mais pour l'instant mes projets font de moi une nord-ouestiste dans les contrées sud-orientales que je m'apprêtes à visiter (la Grèce en février, la Corse à Pâques !)

Moukmouk a dit…

Mais que font ces horloges normandes dans une maison bretonne? elles doivent sonner faux.