4.4.08

Reprise.


Les amis, dit la plaisante sagesse lyonnaise, ça fait toujours plaisir : si c'est pas quand ils viennent, au moins c'est quand ils partent.

Que personne ne sursaute. Je ne parle nullement de celle qui vint discrètement accoster, partagea le pain et le beurre, et repartit en ne laissant comme brèche derrière elle que quelques regrets ( je ne lui ai pas montré le phare, ni les petits étangs moirés derrière la dune) et une question de Miss Bibi, glissant sa main dans la mienne à la sortie de l'école (Elle revient quand ta copine?)
Brèches si engageantes que nous décidâmes de les laisser en l'état, conquis et curieux de voir ce qu'il en surgirait aux prochains solstices, équinoxes ou hasards.

Non, vous aurez deviné que je parle de Xave et Isolde, qui se sont invités pendant dix jours dans ce lieu. Invités bienvenus, mais légèrement astreignants, bousculant la maîtresse de maison, exigeant la disponibilité, ce qui n'est rien, mais aussi l'heure fixe, ce qui est beaucoup pour qui me connaît, et dont le départ me laisse comblée d'expériences nouvelles et un peu hagarde.
Comment reprendre pied et plume dans ce blog qu'ils ont peuplé de tire-bouchons parme, de brosses à dent et de chansons de Pascal Obispo?

Tout le monde n'est pas Apollinaire, qui, dans la romance du Mal-aimé, terminait la "Réponse des cosaques Zaporogues au Sultan de Constantinople" par:
"Groin de cochon cul de jument
tes richesses garde les toutes
pour payer tes médicaments."

et enchaînait, sans sourciller par
"Voie lactée
ô Soeur lumineuse
des blancs ruisseaux de Canaan"...


Allons, il faut bien revenir à mon rythme, à mon écriture propre, aux photos de tempêtes et à mes mal-vissés d'élections.
J'ai fait des exercices de méditation, un régime dépuratif et Feng-shui dans mon clavier.
Depuis, tout va bien, je suis complètement désintoxiquée, et je ne pense plus du tout aux contraintes littéraires. Je vais pouvoir vous raconter tout à fait autre chose.
Tiens mon rêve de la nuit dernière :
je ne sais pas pourquoi, mais j'ai rêvé d' Archimède dans ma salle de bain, revêtu d'une toge pourpre, et qui me disait d'un ton à la fois sérieux et mesquin :" Mais vous n'avez donc pas lu les conditions particulières de location?"
Rien à voir avec la choucroute, hein.

15 commentaires:

Kozlika a dit…

Je comprends tout très bien qu'est-ce que tu dis madame. Moi c'est un peu pareil, je fais un genre de «baby blues» à chaque fin de jeu et je me dis : mais que vais-je bien pouvoir écrire maintenant ?

(Ne le répète à personne mais souvent je m'invente une contrainte ou deux, pour me désintoxiquer progressivement.)

Pi dis donc, tu nous aurais pas dit dix mots toi dans ce billet ? Ou prexe.

anita a dit…

Madame, je ne vous connais pas du tout, et je ne vois vraiment ce que vous essayez d'insinuer. Je ne lorgne absolument pas sur les 39 autres listes de mots proposées.

samantdi a dit…

Idemmement, je me vis aujourd'hui toute désinspirée!

Valérie de Haute Savoie a dit…

Et toujours ces photos que j'aime !

Yves a dit…

On reprochera à Archimède de n'avoir trouvé qu'une approximation de Pi...

anita a dit…

Samantdi : shak-inspire!
Valerie: huhu (rose+++)
Yves : un Pi -aller, en quelque sorte!

caco a dit…

Je me sens moins seule, d'un coup... les mots qui se dérobent, rien d'intéressant à raconter, et les histoires qui se réfugient bien au chaud, inaccessibles.
Ça dure longtemps !?

Boutoucoat a dit…

C' est la grande marée.....enfile tes bottes, prends ton seau et vas à la pêche ...c' est l' heure !

Marianne a dit…

Un piaf en manque d'embruns et de tempêtes à l'iode ? il n'est pas le seul . Même cuit dans une choucroute , il ne va pas nourrir toute la petite famille surtout si Archimède est encore présent . Il parait qu'il a bon appétit,le bougre .

anita a dit…

@Marianne : boutoucoat et toi avez raison. Demain, m'en va pêcher la telline pour nourrir le rêve et Archimède.

Boutoucoat a dit…

La telline ?
mon homme est aux ormeaux sur les îles en face ...j' espère qu' il ne fera pas le gourmand ( on s' en régale ) gare à l' infraction, 20 autorisés et de la bonne taille.. çà ne rigole pas !
Bonne pêche .

anita a dit…

La telline, c'est ce minuscule coquillage blanc en baie d'Audierne. Les bigoudens ne les mangent quasiment pas, les espagnols en raffolent. Moi, j'adore simplement au beurre avec un fond de muscadet, ou même un rosé, réduit feu vif, en apéro. Et une pêche miraculeuse, dans un paysage sublime, sans autre effort que d'arriver à s'arrêter!

Marianne a dit…

On a le droit de saliver sur une photo le verre à la main ?

BC a dit…

Super....j' arrive pour l' apéro !

anita a dit…

@BC : chiche! l'adresse mail est disponible dans le profil. Et on prendra des photos pour Marianne. :-)