7.2.11

Plume, caillou et autres belles rencontres

J'ai failli oublier, mais ce blog a cinq ans depuis deux jours.
Je n'aurais jamais cru que le chemin soit si varié.
Je n'aurais jamais cru que j'aurai tant de coups de foudre pour tant de génies partiels mais si expressifs.
Je n'aurais jamais cru que je rirai tant, que j'aurai tant de fibres reliées aux vôtres.

Merci à vous tous.

2.2.11

Faudrait quand même pas pousser le petit bouchon trop loin.

Internet, c'est bien connu, c'est plein de pièges. Plein de photos d'enfants offerts à la convoitise. La LOPPSI vous le dit.
Et c'est vrai.
C'est sur le net, via Crêpe Georgette et le fil Twitter de Bladsurb, que je suis tombée sur ces photos : Talons aiguilles pointure 29

Comme vous pourrez le constater, certaines pourraient porter, en gros, l'estampille ci-dessous :

Le truc, la bêtise, le rien, Madame la Marquise, c'est que ces photos, c'est pas dans le tréfond de l'ordinateur d'un pervers écumant qu'on les trouve, mais dans le supplément "Cadeaux de Vogue -France".
Et ça ne parle même pas de la misère, parfois, de la sexualité humaine. Ça parle, monstrueusement, de la complaisance au pognon et du maquereautage des mères sur les filles.

Je vous accorde un point, accordé à un respectable confrère : ce n'est pas du p0rn∞. On ne voit pas de zezette. Vous m'en accorderez un autre : si on en voyait une, nous n'aurions pas eu envie d'écrire à Vogue. Nous aurions écrit au Procureur de la République, point barre.
Alors on a écrit à Vogue une petite lettre ouverte qu'on a été plein de toubibs à signer. 190 aux dernières nouvelles.
Juste pour rappeler qu'il y a un avant et un après du déclenchement pubertaire. Et que si, déjà, sexualiser à outrance les très jeunes adolescentes, ça craint et ça se paye en trouble de la représentation de soi, le faire avant le premier poil, c'est de l'abus.
Mais ça ne suffisait pas, bien que cette palanquée de pédiatres et de médecins Education Nationale mis ensemble, ça ait fait un joli élan de fraternité pas con.
Alors on a mis une pétition en ligne, parce que la réglementation de ces publi-reportages, elle est aussi mince que l'écart entre certains bouts de tissu sur ces petites filles et le pénal.
Parce qu'à hauteur d'enfant, qu'on pose pour les 3 chuiches ou Vogue, ça fait le même effet quand une main d'adulte vous fait croiser les jambes, un peu plus haut, oui, comme ça.
Parce qu'il ne faut pas croire qu'un enfant de 8 ans n'a pas de sexualité. Il a juste la nécessité d'en mettre les représentations à distance le plus longtemps possible, jusqu'à ce que le corps se mette à dire qu'il est temps. C'est un processus actif, qui coûte une certaine énergie. Parce qu'il n'est pas facile d'ignorer comment on fait les bébés à 8 ans, alors qu'on le sait si bien à 3.
C'est bien assez difficile pour qu'on ne laisse pas l'industrie du luxe faire joujou avec, sous prétexte qu'il faut continuer à vendre des bijoux qui n'en peuvent plus d'être laids à des émirs qui n'en peuvent plus d'être riches.

Alors, dans cette pétition, on demande à ce qu'on arrête de vendre la peau des enfants avant qu'on les ait élevés. Vous avez le droit de la signer en cliquant là, et le droit de diffuser le lien.

Une ultime précision pour ceux qui passent trop rarement dans les parages pour savoir qui est Anita et ce qu'elle prêche : l'humanité baise, parfois comme elle veut, souvent comme elle peut. Parfois, les artistes parlent notre faille, l'ambiguïté, le risque, l'irreprésentable du troublé et du troublant. Souvent à leur risque.
Il n'y a pas de publicitaires maudits attendant dans des chambres sans feu, une reconnaissance qui leur viendra dans dix ans. Leurs œuvres n'existent que dans leur monétarisation immédiate.
Ces images ne parlent pas d'enfance, ni d'art, elles ne parlent pas de ce bien si intime et si déconcertant qu'est la sexualité. Elles parlent d'une excitation orchestrée, froidement, pour faire du pognon.
PS : un immense merci et des cornes de gazelle en masse à Alain Korkos pour sa brève dans @Si

7.12.10

Lettre ouverte à Monsieur T.



Cher Monsieur T,
décidément, je vous aime beaucoup.
Je ne vous dirais jamais cela en face, ou alors beaucoup plus tard, quand l'un de nous prendra sa retraite.
D'une part, j'imagine sans peine combien cela vous laisserai incrédule, voire gêné et d'autre part, je craindrais de fausser cet équilibre si juste entre ce qui, chez vous, incarne la fonction et ce que vous laissez transparaître d'une âme probe et vraisemblablement tendre.
Vous m'avez toujours fait penser à la flamme d'un bec Bunsen, mince, furtive, incorruptible, indestructible.
Vous m'appelez toujours Docteur en public comme en entretien particulier, cher Docteur par écrit et je veille à vous appeler Monsieur le Directeur devant les enfants, ce qui ne me coûte aucun effort.
Il y a une infinité de raisons pour lesquelles je vous aime beaucoup.
Il y a par exemple le petit C. qui venait juste de se coincer le doigt dans la porte quand je suis passée dans l'école. J'ai senti ce que vous éprouviez devant cette phalange qui ne tenait plus que par un lambeau, mais ce que C a senti, lui, c'est qu'il était en sécurité dans vos bras, que vous l'auriez tenu des heures durant s'il l'avait fallu. J'ai senti votre peur, votre émotion et sa confiance tout au long de ces longues minutes où nous avons attendu les secours autour d'un pansement précaire et d'un enfant qui caressait la peluche que vous aviez pris le temps de trouver.

Je vous aime beaucoup aussi pour Johnny qui n'était pas un ange et pour G. que vous avez tenus d'une toute autre façon, là où deux autres écoles avaient jeté l'éponge. Sans illusion, sans vous scandaliser ni de leur échec, ni du nôtre, patiemment, vous avez tenu jusqu'à ce que s'ouvrent les portes de cette institution spécialisée. Ils y sont partis accompagnés par vous, par les mots que vous avez posés, longuement, sur leurs réussites et leurs efforts. Il a fallu, par la suite, que nous nous gendarmions un peu pour ne pas vous envoyer systématiquement tous nos cas désespérés.

Et puis surtout, je vous aime pour Y. Il faut vous dire que, celle-ci, quand je l'ai vue la première fois, elle avait 9 ans, elle était de profil, maquillée et elle suçait son pouce. Abusée, reprise ensuite dans un maelström de déchirements d'adultes, elle se tenait à des kilomètres d'elle-même, en arrêt tétanisé dans ce qui n'avait plus aucun sens pour elle.
Cela faisait des mois qu'elle ne pouvait plus venir à l'école. Vous l'avez laissée venir dans les interstices, le hall, le périscolaire. Vous lui avez donné une place dans la classe, un porte manteau à son nom, des devoirs. Elle est revenue, un peu, puis complètement. Cela nous a pris plus d'une année. Et chaque fois que nous nous réunissions, tout en sachant de cette histoire sans doute plus que moi-même, vous n'avez parlé que de l'élève. Que de la bonne élève qu'elle était, presque malgré elle.
Cher Monsieur T, vous avez sans doute fait plus de latin que moi. Mais dans les rares choses que je connaisse, il y a ce choix antinomique entre Educere, élever, former éduquer et Seducere, mettre à part, séparer, séduire.
A l'enfant séduite et mise à part, vous avez offert une place, toutes les ressources de votre boîte à outils pédagogiques et votre égalitaire fermeté. Et il me faut commencer à vous connaître un peu pour deviner l'étendue d'une compassion qui ne se manifestait guère que par un acquiescement un peu plus déterminé, chaque fois que c'est à vous que l'on demandait un effort supplémentaire et par votre air pensif, quand vous refermiez le dossier jusqu'à la prochaine réunion.
Bien sûr, il y a eu, il y encore une foule de gens autour d'Y, du psychiatre au responsable de soutien scolaire en passant par le juge et l'éducateur. Mais je me demande lequel d'entre nous peut se targuer d'avoir été si profondément, si quotidiennement, si subrepticement soignant que vous.
Qui ne le savez sans doute même pas.

Et c'est pour ça que je vais classer cette lettre dans le Tag de mes 52 lettres de rupture avec l'Education Nationale, parce que je ne suis pas du tout sûre non plus qu'Elle se rende compte du trésor que peut être quelqu'un comme vous.
Je ne vous dirais rien de tout cela, ou alors dans longtemps, parce que c'est fatigant, d'être l'honneur d'une profession. Et puis, comme Y, J, G, vont mieux ou sont repartis, je vois bien que vous êtes déjà reparti vers autre chose.
Monsieur T, je vous aime vraiment beaucoup.

29.11.10

chapelet



Grain de sel, grain de folie, grain à moudre, grain de blé, gros grand gras grain d'orge.
Grain de peau, peau à peau, grain à grain
Gros grain, grain de raisin
grain de sable dans le chagrin,
Avoir un grain
même pas un grain de raison
y veiller, à ce grain,
trier le bon, garder l'ivresse
quel dessin que ces petits grains mêlés?

24.11.10

Fragments de (chez) moi

Chez moi, la cuisson des spaghettis est une affaire d'importance. J'ai cherché longtemps, sur la plage, la mesure exacte pour saler l'eau... Mais chaque été, quand la maison se remplit, je me dis qu'il faut que je parte à recherche d'une coquille d'ormeau.


Chez moi, les murs portent chapeaux, sardines millésimées



Et bijoux, plus que moi.


L'épiphyte grimpe au filet, qu'E. tenta de m'apprendre à ramender. Comme la langue des signes, je ne désespère pas maîtriser un jour cet art difficile qui vous sert de sésame dans tous les ports de pêche du monde.


Ceci est une lampe. Enfin, dès que je l'aurai déployée. Il paraît qu'elle s'assortit très bien à certaines boucles d'oreilles que j'affectionne.


En ce qui concerne, d'ailleurs, l'harmonie si chère aux maîtresses de maison qui ambitionnent une mention dans "Maison et Jardin", je trouve que le moindre de mes exploits n'est pas d'avoir réussi à croiser le tableau de C. avec le plaid du fauteuil :

Que d'avoir réussi à y assortir le chat.

Il y a dans ma cuisine, des choses qui m'ont été offertes il y a très longtemps :


Et d'autres que j'ai volées depuis tellement longtemps que je suis maintenant assurée de la prescription. Mais à 15 ans, avais-je réalisé que cet Helsimborg était juste en face d'un Elseneur déjà très cher?

Je ne sais pas si cette maison sera la dernière. Elle gardera toujours d'avoir été la première choisie avec une entière liberté, et de tous les lieux que j'ai habités, sans doute celui qui me ressemble le plus. Il est tout à fait possible que ce fauteuil, que je traite, parce qu'il est au bord de la cheminée, de fauteuil d'aïeule, le soit réellement un jour.


Comme il est possible, qu'un jour, je range mon bureau.


(à C. qui inspira cette ballade photographique en ma maison, avec toute ma tendresse)

23.11.10

Hop! on continue dans le calendrier des postes


Après les vagues, les chats... le coucher de soleil.
Assumé, aussi, faut pas croire.
(Plus de photos que de billets, je sais. Mais ça va reviendre)
(finalement, elle rend pas grand chose avec la compression de blogger, cette photo.
Elle est mieux sur Lookskedenn et encore, en cliquant sur l'image pour l'agrandir)

21.11.10

les vagues de novembre

Marée montante, courants traversiers, vents contraires...
Et si mon amour des vagues tenait juste à ceci : la survenue de la beauté au milieu de toutes ces forces complexes, contradictoires et parfois violentes qui ne cessent de travailler.







(comme d'habitude, si on clique sur l'image, on voit en plus grand-et comme d'hab, ceux qui veulent le fichier, z'ont qu'à demander)

12.11.10

chat (lle) de bain


(et tant pis pour ceux qui attendaient des révélations fracassantes sur l'intimité de mes chats à l'occasion du jeu chic des clics de novembre. Peuvent se brosser, nanmého!)

11.11.10

Où voir de la littérature de pote ancienne?


Chez Kozlika, qui fête ses cinquante ans et ceux de l'OULIPO par un jeu à contraintes. Voilà donc 10 strophes de cinq vers, commençant par les lettres O,U,L,I,P et terminant par O.
Et vous auriez voulu des petits chats?

Pour saluer Kozlika


Obédience volontaire ou bien
ukase amical
Littérature de mathématicien
inavoué ou bancal
plaidoyer pro domo?


Oublie donc les définitions!
Un poème jamais n'abolira
le hasard des émotions
Inventons ce qu'adviendra
par la plume ou le stylo


Or mon amie Kozlika
Unissant ses voeux
Les mêmes jubilés appelant les mêmes barakas
invite à ce curieux jeu
pondre des vers en solo


On en contera cinquante
Une floppée de contraintes
La rime claudicante
Invitant la sacro-sainte
pieuse finale en O


Opiomanes tous autant que nous sommes!
Uniques adorateurs des pièges tordus
Larbins presque! Bêtes de sommes
Idolâtres tout à fait éperdus
Pâlissant de nos écrits sans brio


Orphelins, tous, de Perec et Queneau
Usuriers de leur fantaisie
lâchée comme volée de moineaux
Impossible amnésie
Parodique placebo


Ouvrons néanmoins le ban
Une amie fête ici
les cinquante sous le vent
Indulgente à la pluie
Paisible tempo


Oasis dévolue à l'amitié
Urbanité déclinée sous forme d'agape
la maison que l'on retape
Inévitablement est encore en chantier
Pourquoi s'en faire un lamento?


Ourdisseuse de liens profonds
Ultra sensible à la peine d'être
l'amie a jeté l'ancre sur les hauts-fonds
Ilienne de ses fenêtres
Prodigue de ses allegretto


Oh! vous aurez compris combien j'aime
Une amie de si longue venue
la diabolique qui sème
insolemment ses jeux saugrenus
Pour hommage à l'OULIPO

8.11.10

rien qu'une et après je passe aux petits chats


(parce sinon, Franck is really going to kill me)

1.11.10

clichés asssumés









Si j'ai bien mérité dans ce bref épisode terrestre, je franchirai un pas dans l'évolution du cycle de la vie, et je deviendrais un caillou de la Baie d'Audierne. J'aurais alors tout le temps qu'il faut pour refléter les lumières diaprées, pour me poudrer de brume et me chauffer au soleil.
Le risque, c'est qu'un amoureux me prenne un jour en poche, parce que je serais devenu aussi lisse que cette joue embrassée qui sentait le sel et la criste.
J'assume.
Comme j'assume les clichés de cette journée.
Un vrai calendrier des postes.

27.10.10

écholocation

Jésus Marie Joseph et les Saints Anges! qui me lit de San Antonio de Palé sur l'Ile d'Annobon?

26.10.10

télémédecine

M'dame Bachelot vient de déclarer la création d'une mission sur la télésanté.
La pêche à la baleine, toujours à la pointe des nouvelles technologies est heureuse de contribuer à cette priorité de Santé Publique en vous offrant d'emblée le logo de l'Ordre des Télémedecins.



N'y mettez plus les mains! c'est dégoûtant et vulgaire! La télémédecine est la médecine de l'avenir.
Pour un infarctus, tapez 1
Pour une colique néphrétique, tapez 2
Pour un état d'agitation, tapez fort.


Blague dans le coin, si c'est pour donner une existence légale aux conseils que moi-même, je prodigue parfois à distance, d'accord.
Si c'est pour voir se développer des officines qui seront à la médecine ce que Las Vegas est au mariage et Bamako à la téléphonie, ça craint sévère du boudin.

23.10.10

Octobre


Il y a quelques années, j'avais photographié le dos d' une cycliste plutôt âgée dont le panier sur le porte-bagage transportait un éclatant bouquet de jonquilles.
Je m'écrivais en dessous, en guise de conjuration : ne jamais se sentir trop vieux pour le printemps.
Est-ce la même ou une sœur automnale que je viens de croiser? Elle a une soixantaine massive et au fond largement dépassée. Elle est vêtue d'un manteau gris, sans recherche et confortable et je ne crois pas qu'elle soit maquillée.
Elle se penche, lourdement et cherche quelque chose sur le sol. Une clé tombé de sa poche?
Et puis soudain, regardant l'arbre au dessus d'elle, je parviens à identifier ce mouvement très doux du pouce caressant l'objet dans la paume et ce sourire retenu mais rien moins qu'allègre :
c'est un marron. Et je ne doute pas une seconde qu'elle ait choisi le plus rond, le plus brillant, le plus lisse de tous, enfoui dans la poche du manteau gris.
Ah oui, note à moi-même : me rappeler, même quand il me deviendra difficile de me pencher, de continuer à aimer Octobre.
Au besoin, pour le marron, demander à un enfant de passage.
Quand il s'agit de choses importantes, ils sont bien plus serviables qu'on ne croit.

14.10.10

chic des clics

Le joli thème choisi par FranckPaul ce mois-ci, c'est histoire sans parole.
C'est pourquoi je ne m'étendrai pas longuement sur les raisons qui font que j'exhume une ancienne photo plutôt que d'en faire une neuve.
Qui a dit " abyssale feignasserie?"
Bon vous pouvez allez voir la galerie chez Gilsoub et voter même si vous n'avez pas présenté de photo.
Et puis vous avez même le droit de lancer une photo si vous n'avez pas de blog, même pas un vieux journal d'étudiant sentimental.
C'est tout expliqué comment yfofaire.
(message perso à C4E, s'il passe ici :j'ai souvenir d'une photo d'imperturbable mendiant qui ferait pas mal dans la galerie. J'dis ça, j'dis rien, moi.)
Bar de l'Océan, le lendemain matin.

11.10.10

Eulémentaire!

Fille Cadette me reproche souvent de me tromper dans les prénoms de mes enfants, surtout quand je les engueule. Au passage, elle m'annonce qu'elle a l'intention d'appeler mes futurs petits enfants "Eurydice, Euclide et Œdipe".
Je suis ébahie de tant de sagesse :

"EUH... viens mettre la table!"

Pourquoi diable n'y avais-je pas pensé?

10.10.10

envol

sillons


Nous ne nous souviendrons pas de toutes nos folies.
Les robes seront vides
Le papier jaunira
les cailloux brillants
qui nous coulent à pleine main
s'éteindront
la bouche mordue sera sans trace
Aurions-nous vécu en vain?

C'est oublier que plus que tout
le corps engrange
notre plus haute humanité
sous la peau

Sous ta main,
dans la rencontre imprévue
et si familière pourtant
comme l'aiguille d'un gramophone
voilà que j'entends
la voix légère et ample
des sillons minuscules
notre mémoire sans souvenirs

l'amour peau à peau
inscrit infiniment