23.10.10

Octobre


Il y a quelques années, j'avais photographié le dos d' une cycliste plutôt âgée dont le panier sur le porte-bagage transportait un éclatant bouquet de jonquilles.
Je m'écrivais en dessous, en guise de conjuration : ne jamais se sentir trop vieux pour le printemps.
Est-ce la même ou une sœur automnale que je viens de croiser? Elle a une soixantaine massive et au fond largement dépassée. Elle est vêtue d'un manteau gris, sans recherche et confortable et je ne crois pas qu'elle soit maquillée.
Elle se penche, lourdement et cherche quelque chose sur le sol. Une clé tombé de sa poche?
Et puis soudain, regardant l'arbre au dessus d'elle, je parviens à identifier ce mouvement très doux du pouce caressant l'objet dans la paume et ce sourire retenu mais rien moins qu'allègre :
c'est un marron. Et je ne doute pas une seconde qu'elle ait choisi le plus rond, le plus brillant, le plus lisse de tous, enfoui dans la poche du manteau gris.
Ah oui, note à moi-même : me rappeler, même quand il me deviendra difficile de me pencher, de continuer à aimer Octobre.
Au besoin, pour le marron, demander à un enfant de passage.
Quand il s'agit de choses importantes, ils sont bien plus serviables qu'on ne croit.

6 commentaires:

ada a dit…

Bonjour Anita,

Des marrons, par poussette, rien que pour toi ramassés par un enfant serviable :

http://ilederacinee.canalblog.com

A part ça, vacances !!!

Valérie de Haute Savoie a dit…

Plutôt que de te pencher, tu t'accroupiras.

Anonyme a dit…

Et puis vous savez, à la soixantaine on ne peine pas du tout à se pencher, surtout si c'est pour ramasser le marron le plus brillant...
Une sorcière comme les autres

... a dit…

...ce que j'aime chez vous...

...c'est vos... météo rites...

...

anita a dit…

Oh merci belle @Ada!

@Valérie : je me mettrai sous l'arbre, paume ouverte et j'attendrai la chute. aie!
@la sorcière comme les autres : je veux bien attendre 80 ans.
@... Etrange et beau site que le vôtre. Bienvenue ici; moi, je retourne chez vous.

Yves a dit…

J'aime beaucoup ce texte.
Et la photo.

Et les marrons non plus.