30.3.08

D'un bord à l'autre


(photo prise le 6/4/08, entre 12 et 13h)

L'humanité se divise en deux camps bien distincts que tout oppose irrémédiablement.
La ligne de fracture passe très précisément au milieu de la table de ma salle à manger...


Il y a , d'un coté, ceux qui sont capable de tenir une contrainte jusqu'au bout, par pur plaisir de la spéculation, jusqu'au vertige. Pour la beauté de la contrainte, pour la justesse réthorique, pour l'échafaudage rigoureux, à défaut d'être constamment gracieux. Ceux-là vous auraient refilé, une fois de plus la rengaine des dis-moi dix mots dans ce billet. Oh! cela aurait été sans difficulté qu'ils auraient imaginé un Xave et une Isolde tartinant (généreusement, bien sûr) une pâte chocolatée sur une tranche de pain de forme ronde (pour y glisser le nombre π).
On aurait fait, sur le mode badin, une ligne de fracture entre ceux qui tartineraient avec le couteau et ceux qui utiliseraient pour ce faire une petite cuillère. Cuillère ou couteau dans le N***tlla, d'une part, c'est une vraie ligne de démarcation psycho-sociologique, mais en plus cela permettait de glisser une phrase du genre "ouaip! pourquoi pas un tire-bouchon"...


Et puis, il y a ceux qui joueront le jeu, une fois, deux fois, six fois même... Puis qui s'arrêteront, rattrapés par la crainte que le jeu ne dévitalise un moment doux et chaleureux. Pour ceux-là, les mots "conditions générales de vente" évoqueront pour toujours, la visite d'une dame qui ne fait pas semblant de rire, qui ne fait pas semblant non plus devant la faille, qu'il était si simple de voir en cette maison, si justement commensale que les chats n'en dressaient pas l'oreille.
Pour ceux-là, le jeu n'est tolérable jusqu'au bout, que s'il laisse sourdre l'écho sous la contrainte, ne se justifie que si les grains du sablier, fusant entre les doigts, dessinent une figure familière, modeste et inlassablement surprenante : une promesse d'amitié.

Septième participation au sablier de printemps.

10 commentaires:

Valérie de Haute Savoie a dit…

Mais comment as-tu fait pour faire une photo sept jours avant la date ? le 6 avril 2008 !

anita a dit…

huhu!

Agaagla a dit…

très beau texte, une fois encore, anita... mais s'il faut t'en rassurer, mon admiration ne va pas tant à la virtuosité de la sablier-dis-moi-dix-mots-ière, qu'à la délicatesse de ce qui, empruntant les chemins détournés de la contrainte, s'exprime malgré tout, et qui donne envie d'être de tes amies.

Gilsoub a dit…

Chapeau bas Madame!, je m'incline devant tant d'élégance et de délicieuse sournoiserie ;-)

Still a dit…

Bravo l'artiste!

Fauvette a dit…

Délicatesse en amitié. C'est vrai cela fait envie.

Marianne a dit…

Et dans promesse c'est surtout la façon de dire la messe qui prime , PRO il n'y a aucun doute .

HELENE J a dit…

tres belle photo !

anita a dit…

Merci à vous tous. je suis un peu nulle en réponse à commentaire en ce moment, mais je les savoure quand même!
Un spécial bienvenue a Hélène J (dès fois, je suis un peu plus en forme que ça, hein!...)

Romook a dit…

J'aime beaucoup le fait de distinguer le monde entre ceux qui tartine avec un couteau et ceux qui le font avec une cuillère. Je fais partie de cette second moitié, qui a pourtant également une subdivision : ceux qui le font normalement (c'est-à-dire comme moi) et ceux qui utilisent le dos de la cuillère...

Le monde est complexe. Y a pas à dire ;-)