29.4.09

Matière à rêver



Je suis entrée en blogosphérie avec ma soeur et quelques cousins.
Des cousins d'en face, avec lesquels, pour copier Oscar Wilde, nous semblons avoir tout en commun, sauf la langue.
Je ne sais pas pourquoi j'ai longtemps lu plus de canadiens que de français, mais c'est ainsi.

Est-ce qu'ils sont très différents?
Oh, il y a bien sûr des signes qui ne trompent pas :
Quand il est écrit que ça sent le printemps parce qu'on entend de nouveau les oisea, les motos et qu'on peut enfin cesser d'entreposer son compost sur le balcon parce que le bac est libéré de ses deux mètres de neige.
Quand les recettes de cuisine sont en tasse et non en gramme.
Quand on est grano plutôt que bobo
Quand ça jure en simonac et que c'est drôle que c'en est écoeurant.
Quand ça complimente bien plus que ça ne débine, mais que ça prend pas de moufles quand ça a décidé de bitcher.
Quand, jamais, mais alors jamais, ça n'écrit que ça à la plotte à terre!
Quand ça peut voir des baleines pour de vrai et que sortir de la ville, ce n'est pas forcément être à la campagne, mais aussi être dans la nature, une nature immense, ni méchante ni bonne, à perte de vue.

Je me demande si le charme que souvent, j'y trouve en sus du contenu en soi, ce n'est pas le rapport aux connivences de langue qu'on trouve chez ceux qui se savent minorité. Une façon, parfois très discrète, et quelque soit le propos, de l'amour à l'histoire de la brosse à dents à travers les âges en passant par la musique et les potins, d'instiller un sentiment d'"être d'ici".

Je n'ai pas besoin de vous présenter Moukmouk, il est connu comme l'ours blanc et beaucoup l'ont déjà en lien.
Vous savez depuis longtemps que j'aime, d'une affection vraie, Chronique blonde, Tassili et Pierre-Léon.
Je lis depuis le début Daniel Rondeau. Pas qu'on copine, hein, je crois pas qu'on ait échangé plus de deux mots mais il a une vraie plume. Je crois que c'est chez lui que j'ai lu la superbe définition du blog : " être tout nu dans une chambre et attendre que quelqu'un allume la lumière".

Je vais aussi chez la Fêlée et son chum l'Ex-ivrogne que je ne lis jamais sans penser à la chanson de Ferré : "Richard, ça va?"
Il y a des fulgurances chez Miss Klektik et les trucs zarbis de l'Enclume des jours.
Il y miss Aboumrad qui est partie enseigner dans le très, mais alors le TRES grand Nord. Sort-on indemne et sans trace du Nunavut?

Oh! Et puis si en chemin à la poursuite de l'homme qu'a lu l'homme qu'a lu le blog de celle qu'a vu l'orignal, vous trouvez d'autres pépites, soyez gentils, partagez...

28.4.09

Le premier mai, défilez masqué!

(Mais pas de blagues, hein les gens! Ne prenez pas les VRAIS, sauf si c'est nécessaire. Sinon, laissez les stocks tranquilles pour le jour où ça sera, hélas, nécessaire.)

27.4.09

Drôles d'oiseaux.


J'étais partie pour faire quelques photos.
Tites fleurs, zoziaux, brins d'herbe.
Des vagues, tiens! 2566 photos de vagues, spa beaucoup, non? Une de plus aurait bien fait mon affaire.
donc, je suis partie vers la dune de R. parce que d'un coté, y a les vagues et de l'autre les zoziaux. Ou les papillons.

En approchant, y avait comme un bruit.
Pardon.
Y AVAIT COMME UN BRUIT!
Genre BOUM BOUM BOUM TCHISSSSSS BOUM BOUM.

Palsambleu, me suis-je dis, car toujours, je jure élégamment pour ne point souiller mon for intérieur.
Y a rave-méga-teuf à la vieille usine.

Vous avez déjà essayé de photographier des tites fleurs avec de la techno en fond sonore?
Enfin, je dis la techno... Déjà que je patine à reconnaître la gavotte de la polka, alors savoir si c'était du trance goa ou de la techno tribe...

Juste que ça faisait un gros bout de périphérique dans mon petit coin de dune et que dépitée, ronchonne et fumasse j'étais.

Galapiats. Petits cons égocentriques. Pollueurs. Vont faire rater les couvées de pipistrelles à écailles rouges. Laisser des papiers gras. Raides défoncés. Ptits cons.

A ce stade là, Anita n'avait qu'une alternative. Rentrer chez elle. Bougonner. Se faire plaindre par l'homme aux 90 défauts.

Ou bien aller y voir.
Vous pensez bien que j'y suis allée.


C'était fin de teuf. Ne restaient plus que les murs sonores et quelques groupes. C'était presque parfaitement propre et une toute jeune fille enroulée dans un sac de couchage m'a sourit d'une frimousse endormie et et sereine. Ses copains étaient ivres, sans excès finalement, détendus. Ils avaient été sages et avaient désigné à l'avance ceux qui conduiraient.
Tout pour plaire.
J'ai refusé le chouchen et je me suis assise.
J'ai passé un moment délicieux et j'ai de très jolis portraits de jeunes gens beaux, courtois et doucement pétés. Adorables zoziaux.

Les gens, de loin, c'est du bruit.
De près, c'est des gens.

26.4.09

D'une urgence.

Il reste deux semaine pour sauver les films de Pierre Etaix.

A quatre-vingts ans, Pierre Etaix, clown, dessinateur et cinéaste ne peut plus montrer ses films.

Ses cinq longs métrages (dont quatre co-écrits avec Jean-Claude Carrière)sont aujourd'hui totalement invisibles, victimes d'un imbroglio juridique scandaleux qui prive les auteurs de leurs droits et interdit toute diffusion (même gratuite)de leurs films.

Alors, si comme moi, vous souhaitez comprendre les raisons de ce rapt culturel et signer la pétition pour la ressortie des films de Pierre Etaix, visitez ce lien:

Pétition de l'association des amis de Pierre Etaix



Il faudrait 50 000 signatures avant le 10 mai, date à laquelle l'association remettra la pétition à Madame Albanel, juste avant l'ouverture du festival de Cannes
De fait si chacun des signataires déjà listé ramène un seul comparse, le quorum sera atteint.
Vous avez sûrement fait des choses plus idiotes dans votre vie que de soutenir ce poète délicieux.
Après avoir sabré la pipe de M. Hulot, faut-il couper la chique au clown Yoyo?

D'une découverte scientifique de première importance.

Le gène de la mauvaise foi vient toujours de la famille de l'AUTRE PARENT.

25.4.09

Celui qui le fait

Libération se fait l'écho d'une nouvelle espèce de téléréalité, basée sur la célèbre expérience de Milgram.
Pour ceux qui n'auraient pas bénéficié, comme je l'ai fait, d'un généreux et tout à fait suffisant "cours de psychologie médicale"-soit 10 h en deuxième année, je rappelle le principe de la chose.
Vous, étudiant en psychologie, vous êtes l'expérimentateur. Votre tâche est, sous un prétexte quelconque, de tester la résistance à la douleur d'un sujet. Pour ce faire, vous lui envoyez de petites décharges électriques, puis des décharges de plus en plus forte.

Bien entendu, votre cobaye est un comédien, les fils sont débranchés et c'est vous le sujet de l'étude, mais vous n'en savez rien. Le but de l'expérience, ce n'est pas de montrer la résistance à la douleur de celui qui simule la grenouille choquée à 220 volts, mais de montrer votre propre résistance à l'autorité du chef de laboratoire qui est en train de vous faire commettre une authentique saloperie.

Dans le cas qui préoccupe Libération, l'expérience a été appliquée au jeux télévisés et c'est un candidat qui croit sanctionner les erreurs de son coéquipier par des décharges de plus en plus forte.
Le but, comme dans l'expérience initiale est de démontrer que la soumission fait de nous, braves types pourtant, des bourreaux.

Je suis bien incapable de jurer que jamais je ne ferais partie des appuyeurs de bouton rouge.
Mais je suis assez contente, à presque vingt-cinq ans d'intervalle, de rééditer ici ce que j'écrivis dans ma copie d'examen, au risque (minime) de me faire retoquer :

Il est certain que la décharge électrique occasionne une douleur dont la simple pensée nous fait frémir.
Mais se voir brutalement confronté à l'existence de son propre sadisme, et pire, à son étendue, est une douleur que je vis comme tout aussi grande, et plus délabrante peut-être, car plus insidieuse. Comment les étudiants ont-ils été traités, comment se sont-ils traités, après avoir découvert qu'ils étaient capables de ça?
Il y a donc ici deux catégories de sadiques.
Ceux qui appuient sur le bouton à des fins de démonstrations scientifiques.
Ceux qui les regardent faire.
A des fins de démonstrations psychologiques.

Quant à faire la même chose à des fins de divertissement...

Des fois, hein, la psychologie expérimentale me pue au nez encore plus que la télé.

22.4.09

Poirambo est de retour (et il n'est pas content)

La publicité pour les armes étant tout aussi interdite que celle pour le tabac, et dans la droite (!) ligne de la modification de l'affiche représentant Jacques Tati, la cinémathèque de Plussécon en association avec le centre culturel de Plussamarche s/Lebonpeuple vous présente l'affiche de sa rétrospective Rambo :

21.4.09

Pourquoi/Pourquoi pas?

Pourquoi pas montrer des corps?
Mais pourquoi montrer des corps?
Pourquoi une représentation artificielle serait moins parlante, moins pédagogique qu'un cadavre momifié?
A l'heure où les techniques 3D, la diversité des matériaux permettent une foule de combinaisons pour approximer presque à la perfection, la couleur, la texture et les proportions d'un corps, quel est le bénéfice d'exposer de l'ancien vivant?
Parce que là, c'est du vrai?
C'est du vrai momifié, racorni forcément par la technique de conservation.
C'est plus juste, plus authentique?

Mais pourquoi croyez-vous que les futurs chirurgiens continuent, continueront probablement très longtemps à s'entrainer sur des cadavres?

Justement parce qu'il n'y a pas de vrai. Il y a du faux, oui parce que je ne vais pas prétendre qu'un fémur peut pousser à la place d'un humérus.

Mais il n'y a pas de plus vrai fémur que d'autres. Il y a une infinité de variantes, d'aberrations de localisation, de veines qui passent devant au lieu de derrière, comme il y a une infinité d'appendices vagabonds, de reins flottants, de rameaux sensitifs farceurs, d'ectopies, de limites de la normale, d'humains toujours humains qui jamais ne se découpent toujours parfaitement selon le pointillé.

C'est parce qu'ils savent que l'anatomie est toujours menteuse que les apprentis chirurgiens s'entrainent à débusquer, inlassablement, le variable, le fluctuant, voire l'extravagant. Pas une seule fois. Des dizaines et des dizaines de fois, jusqu'à ce que le paysage leur semble familier au delà de la différence de chaque corps. Et un bon chirurgien, toujours, se méfiera de trop savoir.

Il n'y a pas de corps plus vrai qu'un autre.
Pourquoi ne pas en avoir pris des faux, alors, pour cette exposition si controversée d'Our Body?

Parce que cela n'aurait pas fait un rond?

L'obscène, ce n'est pas un testicule nacré, une aorte ourlée, le papillon d'une thyroïde.
L'obscène, c'est le pognon et l'art de tout rentabiliser, y compris un chinois mort.


Voir aussi chez Kystes.

20.4.09

Anita va-t-elle entrer en politique?


Je voudrais m'excuser de ne pas voir entendu les excuses au sujet de ce qui n'a pas été dit, mais je ne m'excuserai pas d'avoir dit ce que vous avez entendu sur le démenti de ce qui été dit ironiquement.
Ou le contraire.

J'ai bon?

A part ça, j'en connais qui sont pas élus, et qui sont intelligents. Ce sont même ceux que je préfère.

19.4.09

jamais eu de robe noire.


Je n'ai jamais eu de petite robe noire qui va avec tout.
Mais j'ai mangé des figues noires en lisant dans l'arbre.
Je n'ai jamais laissé deux hommes se disputer à mon sujet
Mais les hommes de ma vie m'ont attendue plusieurs années.
Je n'ai jamais fait de ski hors piste
mais j'ai volé à l'aube au dessus du Sahel
et j'ai vu boire les éléphants
J'ai perdu toutes mes montres
mais ce morceau d'écorce
mi-madone, mi-idole
est encore près de moi
Je n'ai jamais entendu le cri d'une étoile
mais je connais le bruit de soie
d'une iris qui s'ouvre
et je sais
dans mon corps même
le son inoubliable
d'un dernier battement de coeur.

J'aimerais bien des chaussures neuves
Et savoir chanter juste
Mais j'ai fait une tarte aux myrtilles
et je ressemble de plus en plus
à une baboushka
à l'oeil plissé.

Et puis voilà.

16.4.09

Faut sauver le soldat rayonne. ( private post)

Les blogs sont pleins d'histoires de chaussettes.
Veuves.
Esseulées.
Condamnées à attendre solitairement le retour de leur moitié de paire, des semaines durant, voire des mois chez certains procrastinateurs d'élite, recroquevillées en petit tas dans une bachole en plastique blanc, en osier chez les plus chics.
Au fond d'un placard noir, solitairement, la chaussette restante espère et patiente.
Certaines, pour meubler leur solitude et adoucir leur peine, se racontent d'improbables histoires dont l'une a été récemment recueillie par Monsieur Réponse, homme bon et délicat qui ne pouvait imaginer laisser sans réponse une question aussi cruciale pour le mi-bas.
Parfois, l'humanité distraite-feignante aussi hélas- se laisse attendrir et abrège le calvaire de la socquette. Poubelle, vidange ou chiffonniers, on tranche le noeud gordien et par là-même on se délivre du regard accusateur que vous lance la délaissée à chaque corvée de linge.

Mais certains d'entre nous s'obstinent, sans relâche. On lance les troupes d'interpolochons, on sonde les fauteuils et jusqu'aux revers des bibliothèques, on retrace des itinéraires sur des cartes d'états-majors...
Et des fois, on gagne.
Après 237 jours de captivité sous un matelas, je viens de délivrer l'une d'entre elles.
Happy end, embrassade et rideau.

Ou presque.
Car il y a plus terrible encore que l'attente sans fin, plus déchirant que l'euthanasie de la dernière chaussette. C'est si tragique que je n'en ai vu mention nulle part sur les blogs.

Elles sont réunies, oui.
Mais le temps a passé. L'une a vieilli doucement parfumée de lessive bio, tandis que l'autre connaissait les rigueurs de la poussière et des attaques bacteriennes.
Une chaussette d'adolescent(e) laissée à elle-même durant des jours et des jours, dans des conditions extrêmes, cela ne tarde pas à retourner à l'état sauvage.

Elles sont réunies. Elles ne se reconnaissent plus.
Leur prometteuse histoire d'amour ( "où tu iras, j'irais, jusqu'à la fin du monde") a été brisée net. A quoi donc leur a servi leur inutile fidélité, leur chasteté absolue durant l'épreuve? Plus rien ne sera comme avant. Plus jamais elles ne feront les fières ensemble. Leur désaccord est bien trop visible. Même pour les festou noz.

Lecteur, mon ami, lectrice ma soeur, garde-toi de trouver ce post futile. Aide-moi et tourne un regard lourd de reproche vers l'Adolescente inconsciente, dont je sais qu'elle me lit :
"Mon enfant, tes 16 ans printaniers ne te rendent-ils pas sensible à la tristesse absolue de cette histoire? Combien de couples vas-tu ainsi briser, ô jeunesse cruelle, avant de décider que toute histoire d'amour mérite notre protection?"

C'est mon dernier espoir.
Parce que décidément, "descends ton linge sale, criss* ed feignasse baptisée à l'huile de lièvre!" ça marche pô.

14.4.09

Besoin de rêver?

Besoin d'une bonne petite claque au cynisme?
L'adresse se trouve sur ce post de Tassili.
Réjouissant, attendrissant et disponible sur le net-au moins jusqu'au 28 avril.

12.4.09

Pâques.


Photos Anita, l'homme aux 91 défauts

11.4.09

10.4.09

Ambiguïté



Chez Gilsoub, c'est une fille.
Dans le cas ci dessus, j'hésite.
Fille ou garçon?

9.4.09

mon quart d'heure de férocité.


Chaque printemps, je dois admettre que mon jardin est la pierre d'achoppement de mes convictions sociales.
J'y pratique finalement bon nombre d'horreurs qu'il est temps de regarder en face.
J'ai recours sans vergogne à l'immigration choisie, appâtant la coccinelle , draguant les vers de terre en leur promettant nourriture choisie dans mon compost, convivialité et respect absolu de leurs moeurs, fussent-elles franchement ambisexuelles et partouzardes.
Le hérisson, privilégié, voit la trêve hivernale étendue aux quatre saisons et c'est avec mille remords que j'ai tâché de le reloger quand ma lutte bisanuelle contre le roncier s'est soldée par son accidentelle expulsion.
Montrez-moi vos quotas de nuisibles dévorés, vous voilà résidents choyés.

Pire, je pratique la chasse au faciès. Piquants, rampants et gluants, vous êtes mal barrés. Mais même ici, votre traitement ne sera pas équivalent, selon que vous serez à la rue ou coquillés. Allez savoir pourquoi je me contente parfois de déporter l'escargot par brouette spécialement affrétée, alors que la limace qui dort dans son sac de couchage de cuir orange subit un martyr immédiat et sans pitié. Tout juste si je consens à adoucir de bière ses derniers moments. Pour le reste, je ne détaillerai pas. Enfin, si, justement.

Je trie, je déracine, j'extermine, utilisant le fer et le feu, la cendre et la poix, au rebours de tout ce que je tâche de discipliner en moi et prêche par ailleurs.
Sans doute, pour contrebalancer cette férocité, me sera compté que je répugne au poison et plus encore, ma relative inefficacité : La velléité me sauve du mal.
C'est si vite que j'abandonne la lutte quand la fougère déroule sa crosse naissante qui ressemble à une main de nouveau né.
Même la ronce peut m'attendrir en son printemps minuscule d'un vert si net et si tendre.

Et le velours presque inquiétant de la tulipe noire...

8.4.09

Chez les autres aussi.

Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi a conseillé aux rescapés du tremblement de terre des Abruzzes hébergés provisoirement sous des tentes de "prendre ça comme un week-end en camping"

C'est ce qu' on appelle une réplique qui tue.

1.4.09

Rendez-moi le Pausilippe, bordel!


Au départ, ce blog devait être une sorte d'anfractuosité, un coin semi-déplié de ma propre vie, un libre court, un machin, quoi, où je pourrais faire se côtoyer des petits bouts de trucs, un atelier de mise en forme des pensées traversières, un fronton à écouter l'écho.

J'aimais bien pouvoir y laisser courir mon goût de la petite fleur et de la quantité négligeable, ma tendresse pour le prochain que j'aime parfois mieux à distance, j'ai bien aimé constater que mes tites photos pouvaient faire plaisir à d'autres, bref je me satisfaisais parfaitement que la pêche à la baleine vive au gré des flux, sans pour autant casser trois pattes à un canard.

Mais voilà, ils ont élu un sagouin qui a nommé plein de désastreux autres sagouins et, maintenant, quand je jette mes filets, j'ai plein de vieux trucs rances dedans et des nouveautés proliférantes que je trouve tellement inquiétantes.

Faut-il les rejeter immédiatement? Mais les rejeter à l'amer, n'est-ce pas les laisser poursuivre leur pollution sournoise? Les moisissures n'aiment pas la mise en lumière, c'est bien connu.
La pêche à la baleine commence à sentir quelque peu la décharge.
Mais j'aurais beau brailler qu'on me rende le Pausilippe et les jardins d'Italie, j'ai le nez sensible et je ne peux le fermer. Je cours bien après les miettes de mon insouciance (faire de moi, la colossale flemmarde, une militante! Ben coudonc, comme on dit en face, fallait vraiment qu'ils mettent le paquet!), il n'empêche que je bous une fois par jour.

Allez, cette fois-ci, je vous incite à écrire au Maire (zump, bien sûr) de Colmar. Sous prétexte que les lycéens ont manifesté avec une certaine impolitesse envers les forces de l'ordre, (ce qui reste, d'ailleurs à démontrer) il a coupé la subvention des voyages scolaires prévus cette année.
Donc, nous conclurons qu'aux yeux de ce monsieur :
  • 1) Les voyages scolaires ne sont pas un objet pédagogique. Ou bien alors il faudrait admettre que la Région puisse supprimer, pour les mêmes motifs, son aide à l'achat de manuels scolaires. (z'ont qu'à aller sur gougueule qui a un partenariat avec l'Education Nationale)
  • 2) Les lycéens ne sont pas des individus, mais une peuplade. Il n'importe pas qu'on sache précisément qui a fait quoi. Si ce n'est toi, c'est ton voisin de classe. Et toc. D'ailleurs, la prochaine fois que quelqu'un me tire la langue dans ma promenade dominicale, je fais couper l'eau à tout le quartier. ( Le problème, c'est que, quand on traite les gens en peuplade, on n'incite pas à les faire agir en concitoyens, mais ça, Monsieur le Maire s'en fout. Jusqu'en 2013.)
  • Monsieur le Maire est le seul propriétaire des sous de la commune. Peu lui chaut que 2 français sur 3 sympathisent avec les mouvements de protestation. Dont peut-être les parents de ces jeunes gens, qui ont déjà payé la subvention par le biais de leurs impôts locaux. (N'avaient qu'à pas pondre de la graine de gauchiste. La prochaine fois, c'est les allocations familiales qu'on supprime aux-mal votants.)
Des sagouins.


A part cela, je vais encore tenter d'avoir des pieds d'alouettes bleus, parce que l'espoir fait vivre, même si mes pieds d'alouettes font surtout vivre les escargots.