
Bon, je m'étais dit que j'attendrai d'avoir lu le bouquin d'Elisabeth Badinter avant de l'ouvrir sur le sujet, mais voilà... renseignements pris auprès de mon libraire local, n'yen a plus chez lui et c'est en réimpression.
Ceci rapporté au nombre de posts, de commentaires sur le sujet-et encore je ne twitte pas- le moins qu'on puisse dire, c'est que ça fait sacrément causer.
Surtout les dames.
Du moins dans les pages que je fréquente, parce qu'il paraît qu'en certains endroits, le mâle frustré s'est lâché lousse dans le crétinisme gras. On mentionne pour mémoire et puis on zappe parce que je ne suis pas sûre que ce soit le plus intéressant.
Par contre, voir comment le sujet enflamme les fils de commentaires, c'est passionnant et j'en suis tout à la fois ravie et perplexe.
Je me demande si je ne vais pas la jouer flemme perverse et me contenter de dégommer les arguments des uns et des autres, parce que c'est finalement tellement plus facile que de démêler le sac d'embrouilles entre celle qui allaite depuis 4 ans, celle qui a brulé le tire-lait, celle qui croit que la révolution va abolir, outre la pauvreté, la discrimination anti-femme, celle qui vomit la purée de brocolis bio, celle qui sait que les couches ne se compostent pas, celle qui s'alarme de voir la proportion de jeunes filles qui veulent faire un riche mariage et toutes les variations de celles qui veulent dire comment elles se sentent femmes avec ou sans parcelles-mères. Je ne vous mets pas les liens, baladez-vous, vous les rencontrerez vite
Et avec tout ceci, le sentiment que beaucoup, tout en affirmant qu'il y a urgence à être femme comme on veut, aimeraient bien-oh discrètement- qu'il n'y ait qu'une façon d'être féministe.
Est-ce que cela vaut le coup que j'y rajoute une goutte, sur ce blog de dimension modeste?
Bah, je disais justement il a peu, la nécessité, parfois, d'entretenir la rumeur du monde...
Disons que j'écris pour les archives d'un monomaniaque du siècle prochain...
Bien sûr, comme l'homme qui cherche sous le réverbère, la montre qu'il a perdu dans le bois, parce qu'il y de la lumière à cet endroit, il est bien possible que je ne situe rien de mes propres impasses.
On n'arrive pas à quelques encâblures de son demi-siècle sans avoir condamnés quelques-uns de ses projets. En quoi cela tient au hasard, à ma personnalité ou bien au contraintes invisibles que l'on autopsie si facilement chez les autres?
Ma foi, vous vous en débrouillerez.
J'ai beaucoup de mal avec le syllogisme déployé sur les couches lavables :1) il existe un courant qui en fait la promotion. 2) c'est toujours les femmes qui font les corvées. 3) donc il ne faut pas pousser les gens l'adopter.
Mais non d'un chien, pourquoi est-ce qu'on continue à prendre acte du numéro 2 comme s'il allait de soi? Et pourquoi, c'est l'inverse qui me semble toujours aller de soi.
Pourquoi est-ce que les copines, l'œil humide, continuent à couver avec admiration l'Homme pourri de défauts en me disant que j'ai de la chance? Moi, je trouve qu'il a bien eu de la chance d'avoir une femme qui n'a jamais lié le repassage au génome.
Il arrive aussi qu'on fasse avancer les questions en affirmant, mieux, en incarnant que la question ne se pose même pas.
J'ai aussi lu un post qui tenait pour argument que les couches lavables, c'était bourgeois, comme les purées maison et qu'il ne fallait pas en parler parce que ça allait culpabiliser la pauvre mère célibataire qui rame déjà avec ses 3h de transport en commun.
Merde. Pour le coup, le fondement a failli m'en escaper.
Des pauvres, j'en vois. Beaucoup. J'en touche et même j'en humme. Ben oui, des fois, le pauvre s'habille mal. Il fait de la malbouffe à ses gosses, (parce qu'il ne connait le blog de la cuisine de 4 sous), il n'achète pas de macarons à la rose et rendez-vous compte, il n'a même pas d'ordinateur pour lire ceux qui le défendent.
Les pauvres, depuis longtemps, ça sait que ça fait comme ça peut. Et c'est pas sûr effectivement que le jour où il lui tombe un sou de plus, il considère la couche lavable comme une priorité.
Mais je vous promet que le jour où je vois un blogueur renoncer à son ordi pour ne pas peiner un pauvre, promis je vais à Canossa, à pied et en espadrille biodégradable.
Quand j'écoute toutes ces femmes qui crient à la culpabilisation des femmes, je me demande toujours pour quoi j'ai été si difficile à culpabiliser.
En fait, je me fous un peu de la façon dont les femmes décident d'être femmes et féministes.
Je me fous beaucoup moins de la façon dont les sociétés sont féminisés ou non.
Et là, il y a bien entendu des constats d'alertes, que je partage absolument.
Oui, il existe des menaces sur les plannings familiaux, oui, dans la machine à broyer que sont nos sociétés avides, les plus vulnérables seront encore les femmes, oui la richesse mondiale est au mains des hommes, oui, nos pays entretiennent des liens diplomatiques avec une infinités de pays pratiquant une forme ou une d'Apartheid de la moitié de l'humanité.
Et oui, il faut continuer à élever la voix.
Mais, depuis les années 70 et
les bons souvenirs de colloques animés
dans lesquels j'étais petite souris, il me reste une question, peut-être encore plus obscène que celle de la purée de brocolis roulé sous l'aisselle :
comment se fait-il que les femmes, celles-là même qu'on écrase sous la responsabilité de l'éducation des enfants, n'aient toujours pas appris à leurs petits mecs à faire une lessive?
Peut-être, suite demain...