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21.11.12

366 réels à prise rapide Aujourd'hui, une chance

Le fou-rire devant la situation pantalonnesque de l'UMP me permet momentanément d'oublier les baffes qui se perdent du côté présidentiel.
Mais ce n'est pas sûr que ce soit une chance.

10.5.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, une multitude de.

Combien de chagrins d'enfants nous font grandir?
Aujourd'hui, un oiseau de proie nous a ravi P'tite Poule, un bébé poule-soie qui prenait Miss Bibi pour sa mère.
Qui peut-être bien était un coq, d'ailleurs. Mais Miss Bibi avait facilement renoncé aux œufs anticipés. Pas aux drôles de piaulements, au bec fourré dans son giron, à sa façon de courir comme un jeune chiot à son retour d'école.
Chagrins d'enfants, en multitude, avant de pouvoir admettre l'impitoyable.

30.4.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, ce qui craque

La jeune fille de cet après-midi.
Elle se fendille de partout, ça pleure de l'œil et du nez, ça déborde et délave le maquillage.
J'ai toujours des scrupules quand j'ai le sentiment d'avoir porté la pointe un peu trop loin, même si je sais qu'on ne fait pas toujours du bien à ceux que l'on prétend soigner. Dans les débris, je tâche de discerner ce qui ira un peu plus loin que cette soudaine incision, quelque chose avec lequel elle pourrait repartir sans avoir le sentiment de n'avoir fait que craquer.

11.4.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, moment professionnel

I have a dream.
Je rêve de législateurs qui empêcheraient définitivement notre Etat de mettre des enfants en prison pour un délit sans victime qui n'est pas le leur.
Qui empêcheraient des marchands de vendre n'importe quoi, non seulement à, mais aussi au moyen d'enfants.
Qui, avant tout discours pompeux sur l'Education, commenceraient par rénover, dans toutes les écoles de France, l'endroit où ceux ci mangent et où ils pissent.
Qui comprendraient qu'élever l'enfant d'un autre est la tâche la plus subtile qui soit et qu'on ne peut continuer à mépriser, sous payer et abandonner ceux qui le font, des assistantes maternelles aux AVS.

Bref, je crois que j'ai rêvé qu'on réinventait la politique de l'Enfance.

5.4.12

366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, un mot que j'ai écrit.

Aujourd'hui j'ai écrit " A suivre".
Et j'ai rajouté +++.
Sur un de ces post-it qui pointent hors de mes dossiers à l'ancienne, que je range dans mes antédiluviennes armoires.
Et puis je pense que j'ai dû soupirer, ou hausser les épaules, ou grogner.
Je n'aime pas quand une lettre de confrère vient confirmer un souci.
Et puis je réfléchis qu'à suivre, c'est très bien. A suivre oui, à voir comment ça se présente, et puis ce qu'on peut faire là, et puis encore un peu plus loin.
Suivre le mouvement, à côté, pas loin.
A suivre, parce que c'est tellement mieux que le mot fin.

27.3.11

C'est vrai, les délinquants sont de plus en plus jeunes...

Cultive ton Jardin m'a envoyée vers cette histoire.
S'il ne vous fallait qu'un motif pour aller voter aujourd'hui, ce pourrait être celui-là.
M, appelons-là comme cela, est un bébé sans papier.
Ou plus exactement, dans un pays où aucun enfant n'a besoin d'autres papiers que celui qui le rattache à une filiation, il est demandé à M, quelques mois aux prochaines fraises, d'avoir un titre de séjour.
Comprenez moi-bien, si vous avez eu la flemme de cliquer sur le lien : ses parents, eux, ont un titre de séjour. Un vrai, avec un travail et ils payent la part d'impôts qu'ils doivent pour que des politiques éditent des lois aussi ineptes, coûteuses et indignes que celles qui a privé M. de la possibilités d'être dans des bras paisibles, le nourrisson bienvenu qu'elle aurait dû être.
La maman de M. a commis une faute : elle a accouché prématurément en Algérie, où elle y avait, deuxième faute, une mère malade. Donc M, née ailleurs, est un bébé déclaré par un fonctionnaire zélé, touriste de passage pour 3 mois.
Et à l'issue de ces 3 mois, M bascule dans une clandestinité où la moindre bronchiolite coûtera un bras à des parents qui cotisent pour celles des vôtres...
Allons au bout de la logique : Ni les parents, ni la sœur de M. ne sont expulsables.
Verra-t-on un autre fonctionnaire zélé venir chercher cette enfant? La sucette et le doudou sont-ils compris dans les effets dont un individu en situation irrégulière a le droit de se munir avant son transfert en centre de rétention?

Il est à peu près certain que non, qu'au bout du compte, un juge va proclamer l'imbécillité absolue de cette mesure. Ce sera long, ça va mobiliser une armée d'autres fonctionnaires (zélés bien sûr, mais pas de la même façon) qui ont des chats à fouetter et pas des enfants, c'est votre argent, le mien , le nôtre, gaspillé dans cette stérile obsession.

Ceux qui applaudissent à cette stricte application d'une loi censée les protéger feraient quand même bien de se méfier... Cette histoire de nourrisson, planqué 3 mois, qu'un homme de la cité prend sous son aile... Ça vous rappelle rien?
Il s'agissait de sortir et non de rester, le nourrisson était un garçon et non une fille, celui qui l'a protégé une fille de Pharaon et non un bon docteur de quartier, mais ça s'est assez mal terminé pour ceux qui, sous couvert de soumettre les adultes, s'en sont pris aux tout-petits.

Il faut combien de pluies de grenouilles sur ce pays pour que les gens comprennent?

1.8.10

Les Diafoirus de la prévention sortent en escadrille...

On se demande toujours si l'on doit faire un commentaire des âneries gouvernementales, ou bien leur offrir le sort habituellement réservé aux éructations de fin de banquet du grand oncle sénile et ancien collabo.
Bon.
Les parents des délinquants mineurs iront en prison.
Tous les deux?
Ou bien on en tire un au sort?

Quand la mère s'est déjà coltiné toute seule l'élevage de trublions dont la carence de père peut un tout petit peu compter dans le glissement vers la délinquance, elle se coltine aussi la peine d'enfermement?

Et puis juste comme ça incidemment, qu'est-ce qu'on fait des autres enfants? Imaginez que vous êtes le petit dernier, celui qui justement fait tout pour effacer le souvenir des conneries des aînés, qui travaille bien à l'école et tout et que tout d'un coup, on vous fasse faire votre baluchon pour une famille d'accueil, vous faites quoi? A part spécialement bien bosser votre cours de chimie pour balancer une bombe dans le bouzin?

Est ce que par hasard l'espèce d'inconscient court sur pattes qui nous dirige aurait voulu sa môman pour lui tout seul, pour oublier ainsi qu'une famille, c'est composé de plusieurs personnes?

13.6.10

bébés phoques


En ce moment, j'ai plein de bébés phoques.
De ceux qu'on pose sur la banquise, l'œil implorant et le poil mouillé devant les caméras et avec l'injonction immédiate et culpabilisatrice de "faire quelque chose!".
Docteur.

De résoudre le problème de ce jeune homme appareillé depuis des années, jamais signalé et dont on se dit, que peut-être, éventuellement il serait gêné pour entendre les bandes sonores aux épreuves orales de langue. Dans une salle déserte avec une seule personne. J'ai dit : "Ah? Et sept ans dans une classe plein d'adolescents bourrés d'hormones, il a entendu correctement?"


De celui qui terrorise tout le monde du haut de ses 8 ans manifestement psychotiques, qui est en attente de classe spécialisée et dont on me demande, faute de position claire du psychiatre et de l'inspection primaire de déclarer qu'il est "médicalement inapte à la scolarisation." Bon d'accord, mais du coup, comment vous allez pouvoir le scolariser dans sa classe spécialisé après? J'ai dit à l'Inspecteur que je pouvais faire un certificat comme quoi l'école de P. était "institutionnellement inapte à scolariser cet enfant." De toute façon, ça fait très longtemps qu'on est pas copains, lui et moi :-).

Celui qui vous demande un certificat d'aptitude pour aller en lycée agricole, parce que c'est le seul endroit qui l' a accepté et qui vous jure, les yeux en coquelicot, le nez en patate et la voix étouffée que non, absolument pas, il n'est pas sensible au rhube des foins. J'ai rien dit, j'ai tendu le paquet de mouchoir et levé un sourcil.

Celui qui a perdu sa maman et qu'on me supplie, à rebours d'une de mes rares règles intransigeantes (On voit un enfant de 6 ans avec l'adulte responsable, point barre.), d'accepter que la visite se déroule avec une grande sœur, parce que le père est en déplacement. Montez le son à 60 décibel et écoutez, sans frémir si vous le pouvez, la phrase proférée devant toute la classe : "PASSQUE C'EST PAS SA MERE QUI VA POUVOIR VENIR, HEIN!". Je suis héroïque, je n'ai pas répondu "il a un père, connasse, et une grande sœur qui a largement autre chose à faire de son chagrin que de jouer les mères de substitution".
J'ai eu le dit père longuement au téléphone, tout va aussi bien que cela peut, ils font face. Nous nous verrons en septembre, calmement. Dignement.


A vous, parce que vous êtes des potes, je vous dis : cette fin d'année, j'en ai marre.

31.5.10

Dans le champ d'artichauts


Dans le champ d'artichauts, j'ai rencontré Jean. Après tout, les têtes étaient presque mûres et les dames, même aux allures respectables, sont peut être armées tout à la fois de couteaux et de mauvaises intentions.
Jean, en bon trégorois, eut la méfiance aimable et la politesse vigilante. Rapidement convaincu que je n'emporterais que des clichés, il laissa monter un plissement amical au coin des yeux et entama la placote. D'abord légère, météorologique et locale.
Pas banale, non, parce que celui qui a couru le monde m'étonne parfois moins que celui qui n'a pas bougé d'auprès de son arbre.
Je ne crois pas que Jean soit bavard par essence. Je ne crois pas non plus que je sois toujours fascinée par les fragments d'histoire des champs d'artichauts. Mais cela s'est noué comme ça, parce qu'on était bien installé le long du muret, parce que la lumière se faisait attendre. Il s'est mis à raconter et moi à écouter.
Les notices biographique sont toujours étrangement sèches et leur dureté serre souvent le cœur. Jean raconte, sans aucune espèce de plainte, le père mort en 39, la mère aux cinq enfants qui se remarie avec le paysan aux six encore petits, le travail de ferme qu'il découvre à 14 ans. Les longues tablées qu'il faut nourrir. L'artichaut n'était qu'une culture de subsistance et les finistériens n'avaient pas encore amené le chou-fleur. On cultivait la Fin de Siècle.
Et on mangeait ce qu'on cachait aux Allemands.

Il ne met pas plus de vantardise que de plainte à raconter comment il s'est engagé en trichant dans la résistance à 16 ans. Il dit qu'il y avait sans doute plus de désir d'échapper à la tutelle du beau-père casse-pied que d'héroïsme. N'empêche. Il désigne là la petite butte où les résistants avait essayé de bombarder le sémaphore. Candides, ils y avaient encerclé les Allemands en oubliant de leur couper le téléphone. Les autres sont venus les cueillir comme des fleurs. La fosse creusée sous la contrainte, le tir en rafale, les corps qui tombent.

Il dira ensuite combien de petites fioles d'éther on trouvait dans les fossés, combien ils étaient jeunes, ces meurtriers drogués dont la bouche fendillée brûlait.
Et l'œil de Jean, méditatif, flotte sur les contour de ce paysage qu'il connait par cœur.
Il ne sait pas comment finir et moi non plus. Nous revenons à des phrases tempérées. Nous n'oserons pas poser les vraies questions ni donner les vraies réponses.
("Est-ce que cela compte, ce que je vous ai raconté?
-Oui. Pas comme pour vous. Mais oui.
-C'est de l'histoire ancienne, si ancienne.
-Mais vous l'avez vécu. Cela a existé. Cela existe encore. Des hommes meurent. Et puis on fait pousser des artichauts."
)

Nous nous saluerons, avec courtoisie et pudeur. Comme en Tregor.



NB : Et ce soir, en lisant, consternée, les justifications du raid israélien, je me demande comment Jean et moi, nous aurions fini cette conversation, en partie muette, sur la stupéfiante impression d'imbécilité que laissent les fracas humains soixante ans après.

16.5.10

Monde sensible.


(Post déconseillé aux moins de 40 ans) (et aux autres aussi d'ailleurs)

Danser à reculons*. Avec application, avec rage parfois, et parfois encore avec une légèreté inespérée, comme l'aile qui trouve, au ras de la falaise, le courant chaud et l'élan vers le haut.
De toute façon, tout cela finira mal et nos approches ne se différencieront que dans l'infinie variation de notre solitude. Nous mourrons, ici ou comme cela. La plupart d'entre nous n'auront jamais été champions olympiques et ceux qui l'auront été ne sauront jamais vraiment si cette fragile crête valait la peine de toute cette peine. Nous mourrons ici d'une mort occidentale, les malles pleines des rêves d'accomplissement qui ne surgissent qu'au sein des estomacs rassasiés, vaguement coupables de ne pouvoir qu'entrevoir ce que peut être la mort des autres, en plein vol de misère.
Nous n'aurons pas fait grand-chose et les rares, qui auront accompli des exploits, devront tenir dans l'ombre ceux qu'ils auront impitoyablement écartés, disqualifiés, ou bien même affamés pour les réaliser.
Nous mourrons à reculons, la miséricorde n'étant souvent que cette inaltérable capacité à réduire notre vision en quelques points scintillants, jusqu'à l'ultime confort d'un oreiller frais et des jeux de lumière sur le mur blanc.

Nous croyons avoir tendu la main vers les insignes irréfutables de notre destinée, nous avons pleuré de les voir nous échapper. Vaille que vaille, nous avons habité des lieux, aimé des passants. Nous avons voulu des objets et le soleil sur notre visage.
Nous avons acheté, poli et poncé, nous avons planté et arraché. Nous avons rêvé du désir des autres et, temporairement, nous nous sommes approprié leur paysage.

Nous n'avons rien fait d'autre que de chercher les pierres blanches. Jours heureux, fragiles instants, œuvres minuscules ou murmures flatteurs sur notre passage, satisfaction d'une maison remise en ordre, dernière retouche, réplique parfaite, nous avons moins peur de descendre à reculons quand brillent au loin, les pierres blanches des jours marqués, le dessin sinueux et toujours menteur de notre chemin parcouru.


*Les démons du hasard selon
Le chant du firmament nous mènent
A sons perdus leurs violons
Font danser notre race humaine
Sur la descente à reculons
Appollinaire

(Demain, j'ai 47 ans. Je pense que ceci éclaire cela!)

5.5.10

Des pt'ites fiches, des pt'ites fiches, toujours des pt'ites fiches...


Je sais bien que les gogos gobent tout, mais quand même...
Un fichier des élèves décrocheurs?
Ça existe déjà.
En au moins deux exemplaires.
Le premier est un cahier d'appel.
Le deuxième un logiciel de vie scolaire.*

Etant donné que la scolarité n'est pas obligatoire après 16 ans, à quoi peut bien servir qu'un tartempion au Ministère sache que le petit Nicolas a séché les cours de droit le 15 mai 1975? Karim du Lycée Tombé de Saint Troubidou Chef-Chef n'est pas venu en math?
A appeler le Recteur pour qu'il appelle l'Inspecteur d'Académie pour qu'il rappelle au Principal qu'il doit dire au CPE qu'il doit appeler les parent pour que ceux-ci tirent Karim du lit?


* auxquels ajouter la commission de suivi dans l'établissement, de la commission cas difficiles de l'Académie, des dossiers du conseil Général, voire de ceux du Juge pour Enfant, sans parler des registres mal tenus de votre humble servante.

11.4.10

Ça chie dans le ventilo.

J'aurais pu faire plus littéraire et dire qu'enfin, à l'UMP, on commence à dire que le roi est nu.
Et dès lors que que l'on commence à chuchoter ce qu'on s'est si longtemps interdit de penser, il n'y a qu'un pas pour pouvoir dire qu'il est non seulement nu, mais en plus, pas aussi bien foutu que les tâcherons préposés à l'effacement des Bourrelets Royaux des "Coins de rue et Images Immondes" voulaient bien nous le faire croire.
Le dogme de l'Infaillibilité poncifiante a vécu.
Longtemps, je me suis interrogée sur le silence et la soumission d'individus de droite somme toute plus intelligents et sans doute plus fondamentalement républicains que leur monarque. Mais on n'est pas Ministre de l'Intérieur durant des années sans acquérir quelques notions de bondage. Sans être une acharnée partisanne de la théorie du complot et du tous pourris, je dois quand même dire que je le soupçonne d'en tenir un bon paquet, bien serré avec un fil de soie.
Un bon paquet. Mais à sa manière à lui, avec ce qu'il voit et perçoit du monde. Or donc, si tu n'es pas un puissant, un du premier cercle, à tu et à toi avec les financiers, le cénacle bruyant et brouillon, tu n'existes pas.
Je crois qu'il n'a pas vu venir ce qui vient, non plus du petit noyau de fidèles fascinés ou des courtisans soumis. Il n'a pas vu l'immense cohorte des petits élus qui risquent la perte d'un siège autrefois solidement arrimé à une province qu'ils ne désirent pas quitter.
Il n'a pas vu que non seulement sa griffe ne s'étend pas sur tous les députés, conseillers généraux ou régionaux, maires ou adjoints, mais encore que ceux-ci étaient les mieux placés pour entendre sur les marché, les volées de bois vert que leurs anciens électeurs adressaient au gouvernement. Ceux-là n'ont rien d'autre à perdre que leur territoire d'élection, sont bien souvent plus propres que leurs chefs et ont compris que le nom du président sur une affiche est une formidable machine à perdre.

Si en plus ils sont jeunes et maîtrisent les réseaux, ils se lâchent. Sur le bouclier fiscal, l'effarant vaudeville de la rumeur, le bling-bling, la taxe carbone...

Vu de l'autre bord, c'est assez réjouissant. Un peu agaçant aussi, parce qu'on meurt d'envie de leur demander ce qu'ils font dans cette pétaudière et pourquoi ils ne se sont pas aperçus avant que cet homme là ne voyait pas plus loin que son nombril et qu'un politique nul en histoire, pauvre en géographie, fermé à la sociologie, dont la culture s'arrête à Bigard et le sens de la justice à la couverture d'Ici Paris, fait un sinistre présidentiable.

Mais je me reprends, en me rappelant que non seulement j'admets qu'on puisse être de droite, mais en plus qu'ils sont les mieux placés pour nous débarrasser, radicalement de cette calamité.
on dirait que même Juppé, prudent comme une couleuvre, a senti le vent...

1.4.10

Espars


Le post de samantdi, ce qu'elle écrit en commentaire fait remonter à ma mémoire un souvenir professionnel. Un de ces temps où je ne savais si la pièce était-elle ou non drôle, où il me semblait errer dans d'étranges corridors, alors qu'autour de moi, de jeunes et sûrs apprentis médecins semblaient avoir trouvé les portes et tourné le dos à leurs incertitudes.

Dans ce stage de psychiatrie, le médecin-chef était drôle, légèrement barge, attentive et mordante avec les internes, attentive et chaleureuse avec les patients. Je sus plus tard qu'elle était alcoolique. Et maintenant, je sais comment l'ironie et l'impérieux besoin de déranger la fatuité sont les oripeaux d'un espoir pudique et inquiet.
Dans ce service, hors le tout venant d'un secteur ni mieux ni plus mal loti que les autres, il y avait une unité de grands chroniques.
Les grands résidus de l'asile, quasiment sans paroles, de moins en moins impulsifs, moaïs ébréchés et bavant, totons sourds, oscillant sans fin autour d'un carreau de carrelage qu'eux seuls voyaient différent.

Le médecin, appelons-là le Dr K. les voyait une fois par semaine. Admise, en observatrice, j'ai mis du temps à comprendre ce que pouvait être l'échange entre cette femme aux boucles d'oreilles soigneusement excentriques et ces hommes si régressés. Et puis un jour, j'ai compris qu'elle n'espérait pas d'autre traitement que celui de les ré-humaniser et de leur redonner les fragments de l'histoire qu'ils déroulaient en aveugle devant des soignants trop blasés ou trop blessés pour y faire attention.
Un à un, elle ramassait ce qu'ils avaient donné à voir :
" lundi, vous avez mangé de la purée. Vous aviez l'air d'y prendre plaisir.
Samedi, votre tante est venue vous voir.
Jeudi, vous avez craché votre médicament"...
Il n'y avait ni blâme, ni demande de réponse dans son ton. Il y avait une profonde douceur, une empathie inaltérable, une patience qui savait s'arrêter aux manifestations d'agitation ou de détresse.

La perception aigüe, sans doute-en tous cas, c'est ce qui me fut transmis- que l'ultime offense est la disparition du témoignage de votre existence, si ténu, si trivial soit-il.
En s'astreignant à cette rituelle mélopée, elle contribuait à diminuer leur angoisse, mais aussi celle des soignants. Car vient un moment, après 10 ans de purée coulant au commissures, où l'on ne voit plus la raison de continuer, où le geste, de las, devient brusque, où la rancœur cristallise en impulsion haineuse.
C'est alors le moment du désespoir.
En parlant les satisfactions minuscules, les accrocs du quotidien, les minimes modifications de comportement, mine de rien, elle avait réussi à faire baisser les doses de neuroleptiques de façon frappante.
Je lui dois beaucoup.


Ce que dit Samantdi est loin de cette terrible réalité. Mais il est question d'usure, de répétition, d'impasse. Comment redonner du souffle, quand on a l'impression que rien n'arrête la machine à broyer, rien ne sauve du gâchis, que la taule est le seul horizon annoncé, que le reste de la famille risque l'effritement?

Ecrire, dit Samantdi, en écho à l'une de mes interrogations. Ecrire les paroles du père qui est le seul de la famille à ne pas avoir fait de prison, écrire les paroles de l'oncle qui a renoncé un jour à ne faire qu'y entrer et sortir, écrire les paroles des petits qui ont assisté à l'arrestation du grand frère, écrire les parcelles, qui remontent à la surface, comme arrachées aux restes de naufrages, mais aussi écrire ce qui l'a soudé à cette famille.

Ecrire. Lui, eux, nous, de toutes façons, en seront plus humains.

29.3.10

Encore un machin!

Décidément, ils sont sourds.
Résumons : en cas d'absentéisme d'un élève, la possibilité de suspendre les allocs existe déjà.
Elle est à disposition des deux institutions principalement concerné que sont l'Education Nationale, dont c'est le boulot de scolariser les élèves et le conseil Général, dont c'est le boulot d'assurer la Protection de l'Enfance.
Ce qui emmerde le gouvernement, c'est que cette mesure est peu employée, alors qu'elle fait vachement bien sur le papier.
C'est pourquoi M Chatel vient d'annoncer que la tâche de faire "pan" sur les doigts des vilains parents nécessitait plus de sérieux.
Donc on va faire un machin pour permettre aux Préfets de le faire. Préfets dont ce n'est pas le boulot, qui ont déjà assez à faire avec les élèves assidus qu'on expulse, mais qui ont l'avantage d'être à la botte, pressés comme des citrons et révocables s'ils déplaisent, vaccinent peu, ne savent pas tenir les manifestants aux visites présidentielles, etc...

Et personne pour trouver intéressant que justement, ceux qui s'occupent toute la journée des mômes, sont jugé savoir moins bien faire qu'un préfet?
Personne pour se dire que si ceux qui sont dans le jus n'emploient que peu cette arme, c'est qu'elle est inefficace, inapplicable, injuste*et tout juste bonne à satisfaire l'agité maniaque?
D'ailleurs, c'est bien vrai, quand mon garagiste reste perplexe devant la panne de ma voiture, je la confie à mon boulanger.
Ça sert à rien mais ça me soulage.


* ce mois-ci, j'ai en magasin un pauvre et deux enfants de profs. Les deux enfants de profs sont déclarés en phobie scolaire et l'enfant de pauvre est signalé au Conseil Général.

22.3.10

spéciale dédicace

Pour l'Ane Onyme, qui voulait du Ferré...
Camaret, près de la Tour Vauban. Mars 2010


Je devrais être contente. C'était quand même une belle claque et tout à fait méritée.
Mais rien n'exulte. La France n'est pas devenue subitement de gauche. Tout au plus capable de renvoyer au plus calamiteux de ses présidents que son mélange de brutalité et de paradoxale niaiserie, sa frénésie vite lasse de l'effort réel, ses effets de manches qui ne claquent plus que comme des voiles déventées, tout ça n'intéresse plus personne.
Hélas, l'effet de déliquescence qu'il aura eu sur la vie politique risque bien de durer plus de 5 ans, quelque soit son destin personnel.
Je ne vois plus qu'une solution pour sortir de ce combats de chefs qui seront toujours d'autant plus minables que la place publique est pour beaucoup, réduite à des envols de petites phrases perfides que les télévisions reprennent en boucle.
Il ne faut plus voter sur un nom seul, lors des présidentielles. Cela favorise les échanges ineptes, sans médiateurs et finalement sans épaisseur. Il faut que les équipes qui seront en place soient clairement identifiées dès le début, au moins dans les grandes lignes. Les électeurs de l'UMP, même fascinés par la personnalite du Leader Minimo ont-ils vraiment eu envie de voter pour cette armée de bras cassés?
Ne serait-ce pas à la fois plus tempéré et plus solide si nous votions pour un ticket Président/ principaux ministres? Les points d'alliances politiques y seraient plus clairs. Sans parler du rapport à la parité!
Je n'ai lu qu'en travers la proclamation de Cohn Bendit, dont je ne suis pas sûre que ce soit une révolution. Mais je partage son avis sur la nécessité de refonder autrement les grands partis politiques. Du moins si nous ne nous satisfaisons pas d'une situation qui laissent à quelques-uns la responsabilité du vote et aux autres, la résignation hargneuse.
Non, je ne me réjouis pas complètement.

PS1 : pour les djeuns qui ne saisissent pas le message du bout du banc, le source de l'allusion est là. Ça s'écoute encore bien.
PS2 : Et ce n'est pas dénué de rapport avec un certain découragement du politique!

14.3.10

Introuvables

A Portsmouth et à Cherbourg, j'ai cherché longuement, patiemment, de la tresse pour presse-étoupe, sans avoir aucune espèce d'idée de ce à quoi ça pouvait servir.
A Belgrade, nous avons cherché anxieusement, des heures durant, l'Obrenovaskidrum, ou quelque avenue dont le nom ressemblait à ça, et, des heures durant, d'obligeantes bonnes volontés nous ont égaré de plus en avant dans les faubourgs illisibles du joyau du maréchal Tito.
A Saint-Raphaël, non plus anxieuse mais hilare, je cherchais le feu vert à éclat toutes les 4 secondes qui marque l'entrée du vieux port. La fête foraine s'étant installée sur le port, je le cherchais dans les myriades d'ampoules clignotantes de toutes les couleurs et menaçais le capitaine de faire échouer le voilier dans un océan de barbe à papa.
J'ai cherché de même la sortie du port de containers de Gävle et je me suis égarée au milieu des montagnes de sel et des hélices Rolls-Royce, avec le sentiment d'avoir débarqué sur la lune et une immense ironie sur moi-même et sur ce qui m'avait poussée à me retrouver ici. Durant ce même voyage, j'avais aussi cherché avec la défiance de plus en plus violente qui me saisit devant les villes que je ne comprends pas, à entrer dans Bruxelles et à sortir d'Anvers. J'ai renoncé lâchement à la première et je me suis évadée de la seconde grâce à la sortie qu'un routier russe manifestement psychopathe me poussa à prendre.
J'ai cherché souvent à ce qu'une parole humaine m'aide à préciser les contours flous de la place que je tiens au monde et je dois reconnaissance à ceux qui, parfois, avec désintéressement, ont joint le geste à la parole. Je cherche toujours ce qui continue à nous tenir à notre aveugle ligne de vie, ce pourquoi nous admettons d'adjoindre un jour après un autre jour.
Et sans doute, s'il me distrait un moment de chercher où diable peut bien être l'Obrenovacmachin dans la Belgrade de quarante ans plus tard, c'est parce que cela temporise et au moins allège, l'évidence de ne pas savoir à cela sert.

9.3.10

Pourquoi


Ai-je le sentiment que l'information la plus significative que j'aie entendue ces jours-ci soit...
Que les salariés de l'association Emmaüs ont entamé leur première grève?

"Miserere Seigneur
du fond des carmagnoles..."
(Ferré)

2.3.10

fatwa pas mal


Un éminent érudit de tradition soufie, Muhammad Tahir-ul-Qadri, vient de faire un geste important. Il vient, si j'en crois un article du Monde, de publier une fatwa condamnant sans appel le terrorisme. Au cours des 600 pages, il a balayé toutes les justifications habituelles du martyre et son travail est considéré par certains comme " l'argumentaire théologique le plus complet contre le terrorisme islamiste à ce jour."

C'est très bien. Comme tous ceux qui n'ont nulle passion pour les puzzles humains aux quatre coins de Paris ou de d'ailleurs, j'applaudis.

Mais le pouvoir de la religion m'esbaudit toujours autant.

600 pages.
Des années d'érudition, de glose savante, de pesée précise, minutieuse de chaque terme, de réfutation pied à pied, des années de travail pour pouvoir opposer, trait à trait , au Paradis promis, la Géhenne de ceux qui ont suivi les mauvais prophètes.
600 pages.
Tant de génie humain.
Pour en arriver au fait qu'il n'est peut-être pas nécessaire d'envoyer des êtres humains se faire sauter le caisson à coup de dynamite dans un marché surpeuplé, parfois même surpeuplé de ses propres coreligionnaires.
Pinaise.

Auber(On)ge*

*ndlr : On n'est pas sorti de l'auberge.

15.2.10

Voie lactée, ô sœur lumineuse...


Bon, je m'étais dit que j'attendrai d'avoir lu le bouquin d'Elisabeth Badinter avant de l'ouvrir sur le sujet, mais voilà... renseignements pris auprès de mon libraire local, n'yen a plus chez lui et c'est en réimpression.
Ceci rapporté au nombre de posts, de commentaires sur le sujet-et encore je ne twitte pas- le moins qu'on puisse dire, c'est que ça fait sacrément causer.
Surtout les dames.
Du moins dans les pages que je fréquente, parce qu'il paraît qu'en certains endroits, le mâle frustré s'est lâché lousse dans le crétinisme gras. On mentionne pour mémoire et puis on zappe parce que je ne suis pas sûre que ce soit le plus intéressant.
Par contre, voir comment le sujet enflamme les fils de commentaires, c'est passionnant et j'en suis tout à la fois ravie et perplexe.
Je me demande si je ne vais pas la jouer flemme perverse et me contenter de dégommer les arguments des uns et des autres, parce que c'est finalement tellement plus facile que de démêler le sac d'embrouilles entre celle qui allaite depuis 4 ans, celle qui a brulé le tire-lait, celle qui croit que la révolution va abolir, outre la pauvreté, la discrimination anti-femme, celle qui vomit la purée de brocolis bio, celle qui sait que les couches ne se compostent pas, celle qui s'alarme de voir la proportion de jeunes filles qui veulent faire un riche mariage et toutes les variations de celles qui veulent dire comment elles se sentent femmes avec ou sans parcelles-mères. Je ne vous mets pas les liens, baladez-vous, vous les rencontrerez vite

Et avec tout ceci, le sentiment que beaucoup, tout en affirmant qu'il y a urgence à être femme comme on veut, aimeraient bien-oh discrètement- qu'il n'y ait qu'une façon d'être féministe.

Est-ce que cela vaut le coup que j'y rajoute une goutte, sur ce blog de dimension modeste?
Bah, je disais justement il a peu, la nécessité, parfois, d'entretenir la rumeur du monde...
Disons que j'écris pour les archives d'un monomaniaque du siècle prochain...
Bien sûr, comme l'homme qui cherche sous le réverbère, la montre qu'il a perdu dans le bois, parce qu'il y de la lumière à cet endroit, il est bien possible que je ne situe rien de mes propres impasses.
On n'arrive pas à quelques encâblures de son demi-siècle sans avoir condamnés quelques-uns de ses projets. En quoi cela tient au hasard, à ma personnalité ou bien au contraintes invisibles que l'on autopsie si facilement chez les autres?
Ma foi, vous vous en débrouillerez.

J'ai beaucoup de mal avec le syllogisme déployé sur les couches lavables :1) il existe un courant qui en fait la promotion. 2) c'est toujours les femmes qui font les corvées. 3) donc il ne faut pas pousser les gens l'adopter.
Mais non d'un chien, pourquoi est-ce qu'on continue à prendre acte du numéro 2 comme s'il allait de soi? Et pourquoi, c'est l'inverse qui me semble toujours aller de soi.
Pourquoi est-ce que les copines, l'œil humide, continuent à couver avec admiration l'Homme pourri de défauts en me disant que j'ai de la chance? Moi, je trouve qu'il a bien eu de la chance d'avoir une femme qui n'a jamais lié le repassage au génome.
Il arrive aussi qu'on fasse avancer les questions en affirmant, mieux, en incarnant que la question ne se pose même pas.

J'ai aussi lu un post qui tenait pour argument que les couches lavables, c'était bourgeois, comme les purées maison et qu'il ne fallait pas en parler parce que ça allait culpabiliser la pauvre mère célibataire qui rame déjà avec ses 3h de transport en commun.
Merde. Pour le coup, le fondement a failli m'en escaper.
Des pauvres, j'en vois. Beaucoup. J'en touche et même j'en humme. Ben oui, des fois, le pauvre s'habille mal. Il fait de la malbouffe à ses gosses, (parce qu'il ne connait le blog de la cuisine de 4 sous), il n'achète pas de macarons à la rose et rendez-vous compte, il n'a même pas d'ordinateur pour lire ceux qui le défendent.
Les pauvres, depuis longtemps, ça sait que ça fait comme ça peut. Et c'est pas sûr effectivement que le jour où il lui tombe un sou de plus, il considère la couche lavable comme une priorité.
Mais je vous promet que le jour où je vois un blogueur renoncer à son ordi pour ne pas peiner un pauvre, promis je vais à Canossa, à pied et en espadrille biodégradable.

Quand j'écoute toutes ces femmes qui crient à la culpabilisation des femmes, je me demande toujours pour quoi j'ai été si difficile à culpabiliser.
En fait, je me fous un peu de la façon dont les femmes décident d'être femmes et féministes.
Je me fous beaucoup moins de la façon dont les sociétés sont féminisés ou non.
Et là, il y a bien entendu des constats d'alertes, que je partage absolument.
Oui, il existe des menaces sur les plannings familiaux, oui, dans la machine à broyer que sont nos sociétés avides, les plus vulnérables seront encore les femmes, oui la richesse mondiale est au mains des hommes, oui, nos pays entretiennent des liens diplomatiques avec une infinités de pays pratiquant une forme ou une d'Apartheid de la moitié de l'humanité.
Et oui, il faut continuer à élever la voix.

Mais, depuis les années 70 et les bons souvenirs de colloques animés
dans lesquels j'étais petite souris, il me reste une question, peut-être encore plus obscène que celle de la purée de brocolis roulé sous l'aisselle :
comment se fait-il que les femmes, celles-là même qu'on écrase sous la responsabilité de l'éducation des enfants, n'aient toujours pas appris à leurs petits mecs à faire une lessive?

Peut-être, suite demain...

11.2.10

Nouvelle délinquance et aggiornemento

Menottées ou pas, les trois jeunes filles de 14 ans durant leur garde à vue?
Devant l'afflux de suspicions d'infractions de plus en plus violentes, de plus en plus nombreuses, finalement, je vais finir par penser que la vidéo-surveillance est une bonne chose.
Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.
Réclamons leur installation dans les commissariats et les cars de police.

Edit : pendant ce temps, juste à côté de chez Marianne,deux enfants meurent brûlés, 15 mois, 3 ans, parce que des Rroms, m'sieurs-dames, c'est juste bon à vivre dans des cabanes. Et la Protection de l'Enfance, c'est soumis à la possession de papiers.