Ce matin, grâce à vous, je me suis rappelée qu'il y a longtemps que je n'étais pas allée à mon travail en passant par la rivière. *
Et que les matins d'hiver, pour peu qu'entre les nuages, un rayon flirte avec le sable à marée basse, cela pouvait enchanter la journée entière.
*Pourquoi depuis longtemps? Parce que deux écoles s'y donnent rendez vous et qu'à cette heure, ça fait un embouteillage d'au moins ... voyons... 20 voitures!
Oui, oui, 20! **
** On est con, parfois, hein. Enfin, je me suis trouvée ben con.
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6.1.16
4.1.16
La première de 2016
Le bonheur du jour, c'est de me rappeler que je fais un métier estimable. Quels que soient les moment où je m'agace, me prends les pieds dans le tapis, m'embrouille et rêve de partir très loin et très longtemps, j'en reviens toujours au fait que j'ai de la tendresse pour ce métier.
Je lui trouve tous les défauts qu'on trouve aux familiers, j'ai pour lui toutes les inquiétudes quand je lui trouve mauvaise mine, le teint brouillé par les circulaires, une anémie ancienne et une boîterie récurrente, il n'empêche que je l'aime bien. C'est une brave bête de métier, au pas un peu lent sur des chemins parfois trop arpentés, un métier de patience et d'affût, parcouru de temps à autre d'avalanches de cailloux et d'orages. Et de surprises.
Aujourd'hui, j'ai rencontré Zoé. Bien sûr, si tout allait bien, je ne l'aurai pas rencontrée. Bien sûr, tout ne sera pas facile. Zoé est réellement déficiente intellectuelle. Mais c'est une petite fille pleine de compétences relationnelles. Attention, je ne dis pas qu'elle est gentille et affectueuse, même si elle l'est sans doute souvent. Je veux parler de vraies compétences qui mettent à l'aise son interlocuteur, lui donnent envie d'entrer dans l'échange, sans niaiserie de sa part, sans charité de la mienne. A la voir ainsi, pertinente, intéressée, intéressante et me souvenant des énormités proférées ces jours-ci par d'éminents personnages, je me suis dit une fois de plus que, vraiment, l'intelligence, c'est parfois un truc extrêmement surestimé.
Elle a ramassé la pile de dessins qu'elle a fait pendant que je mettais diverses choses au point avec ses parents, m'a serré la main avec amusement et cérémonie et elle est partie, sans oublier de sauter dans une flaque. (Mais une seule. Elle est assez sage, en fait) J'étais bien contente qu'elle soit ma première patiente de l'année des petits bonheurs.
PS:
le Planet des bonheurs du jour est là
Je lui trouve tous les défauts qu'on trouve aux familiers, j'ai pour lui toutes les inquiétudes quand je lui trouve mauvaise mine, le teint brouillé par les circulaires, une anémie ancienne et une boîterie récurrente, il n'empêche que je l'aime bien. C'est une brave bête de métier, au pas un peu lent sur des chemins parfois trop arpentés, un métier de patience et d'affût, parcouru de temps à autre d'avalanches de cailloux et d'orages. Et de surprises.
Aujourd'hui, j'ai rencontré Zoé. Bien sûr, si tout allait bien, je ne l'aurai pas rencontrée. Bien sûr, tout ne sera pas facile. Zoé est réellement déficiente intellectuelle. Mais c'est une petite fille pleine de compétences relationnelles. Attention, je ne dis pas qu'elle est gentille et affectueuse, même si elle l'est sans doute souvent. Je veux parler de vraies compétences qui mettent à l'aise son interlocuteur, lui donnent envie d'entrer dans l'échange, sans niaiserie de sa part, sans charité de la mienne. A la voir ainsi, pertinente, intéressée, intéressante et me souvenant des énormités proférées ces jours-ci par d'éminents personnages, je me suis dit une fois de plus que, vraiment, l'intelligence, c'est parfois un truc extrêmement surestimé.
Elle a ramassé la pile de dessins qu'elle a fait pendant que je mettais diverses choses au point avec ses parents, m'a serré la main avec amusement et cérémonie et elle est partie, sans oublier de sauter dans une flaque. (Mais une seule. Elle est assez sage, en fait) J'étais bien contente qu'elle soit ma première patiente de l'année des petits bonheurs.
PS:
le Planet des bonheurs du jour est là
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24.8.12
D'une expérience d'un ancien chagrin, toujours pour S.
Dans un premier temps, on cherche à le surmonter, parce que qu'on croit que le chagrin est un adversaire. Et puis on s'aperçoit un jour que c'est, malgré son caractère désagréablement humide et sa façon de vous foncer dessus sans crier gare, un drôle d'allié. Dans cette obligatoire réorganisation du monde à laquelle le deuil vous assigne, on n'est pas trop, du chagrin et de nous, pour s'y mettre.
Oui, il faut faire sans l'autre que l'on a aimé et cet impératif est une douleur nue.
Il n'y a pas d'autre remède à cette douleur que le chagrin, sa patience, son inaltérable capacité à ramasser dans le chaos, ces toutes petites choses auxquelles on ne savait pas tenir.
C'est lui qui organise, fragment par fragment, l'image à l'intérieur de soi, qui elle, jamais ne nous quittera. Il n'a pas de hiérarchie, il se moque des sentiments élevés, il tolère avec tranquillité des vieux trucs un peu ridicules, des tics de langages, des petites manies indéfendables qu'on croyait nous agacer et qu'il replace obstinément dans notre corbillon.
Ce n'est pas un allié confortable. Ce qu'il édifie n'a rien de beau. Vu de l'extérieur, ça ne ressemble à rien, ça semble sans structure, ça mélange le trivial et le pur, le bibelot et l'instant, le rire incontrôlé avec le sanglot. Il ne s'annonce jamais poliment, il n'a pas d'égard pour votre fatigue ou votre lassitude, il se moque du lieu où l'on est ou de la tâche qu'on exécute. Plusieurs fois, on lui demandera, on le suppliera même de nous lâcher. Mais son temps n'est pas celui du calendrier. C'est celui de la cohérence retrouvée, du lien pacifié entre l'avant et l'après, des fragments réincorporés maintenant indissociables du maillage de notre vie.
Et un jour, plus tard, on s'apercevra que cela fait longtemps qu'on ne l'a pas vu. On ne saura pas exactement à quel moment il l'aura fait, mais on sait que ce jour là, il aura laissé de côté sa gravité coutumière et vous aura déposé l'ombre d'un baiser sur la joue en vous disant :
" Va. Tu peux faire sans moi, maintenant. Je ne reviendrai que lorsque tu auras besoin de moi"
Et l'on continue de se souvenir, sans urgence, sans alarme.
Oui, il faut faire sans l'autre que l'on a aimé et cet impératif est une douleur nue.
Il n'y a pas d'autre remède à cette douleur que le chagrin, sa patience, son inaltérable capacité à ramasser dans le chaos, ces toutes petites choses auxquelles on ne savait pas tenir.
C'est lui qui organise, fragment par fragment, l'image à l'intérieur de soi, qui elle, jamais ne nous quittera. Il n'a pas de hiérarchie, il se moque des sentiments élevés, il tolère avec tranquillité des vieux trucs un peu ridicules, des tics de langages, des petites manies indéfendables qu'on croyait nous agacer et qu'il replace obstinément dans notre corbillon.
Ce n'est pas un allié confortable. Ce qu'il édifie n'a rien de beau. Vu de l'extérieur, ça ne ressemble à rien, ça semble sans structure, ça mélange le trivial et le pur, le bibelot et l'instant, le rire incontrôlé avec le sanglot. Il ne s'annonce jamais poliment, il n'a pas d'égard pour votre fatigue ou votre lassitude, il se moque du lieu où l'on est ou de la tâche qu'on exécute. Plusieurs fois, on lui demandera, on le suppliera même de nous lâcher. Mais son temps n'est pas celui du calendrier. C'est celui de la cohérence retrouvée, du lien pacifié entre l'avant et l'après, des fragments réincorporés maintenant indissociables du maillage de notre vie.
Et un jour, plus tard, on s'apercevra que cela fait longtemps qu'on ne l'a pas vu. On ne saura pas exactement à quel moment il l'aura fait, mais on sait que ce jour là, il aura laissé de côté sa gravité coutumière et vous aura déposé l'ombre d'un baiser sur la joue en vous disant :
" Va. Tu peux faire sans moi, maintenant. Je ne reviendrai que lorsque tu auras besoin de moi"
Et l'on continue de se souvenir, sans urgence, sans alarme.
8.4.12
366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, itinéraire.
Ce sera demain. Mais c'est aujourd'hui que cela se décide. On prendra le vieux pont et on tournera à droite. On passera devant l'église sans toit. Il ne fera pas beau, la centenaire ne sera sans doute pas sur son banc. On descendra la rivière, on passera cet autre pont.
Il faudra laisser la voiture. On marchera un peu, sur le sentier d'abord et puis directement dans le lit de la rivière marine déjà bien déchalée. Les bottes feront un bruit comique dans cette vase douce et rincée.
Plus loin là-bas, ce sera déjà presque la mer et avec de la chance, nous trouverons en grattant les palourdes grises qui ne ressemblent à rien d'autre qu'à des cailloux obtus.
Les doigts gelés, nous referons le chemin inverse. Ils s'arrêteront à la maison et nous boirons le muscadet. Sans doute serais-je la seule à attaquer les coquillages au couteau, sans même les cuire.
Mais peut-être pas.
Peut-être qu'il fera vraiment trop mauvais et nous aurons envie de rester au chaud. Ils viendront quand même et nous boirons et mangerons aussi. Mais pas les mêmes choses. Du café, par exemple et des petits gâteaux de Pâques.
Il faudra laisser la voiture. On marchera un peu, sur le sentier d'abord et puis directement dans le lit de la rivière marine déjà bien déchalée. Les bottes feront un bruit comique dans cette vase douce et rincée.
Plus loin là-bas, ce sera déjà presque la mer et avec de la chance, nous trouverons en grattant les palourdes grises qui ne ressemblent à rien d'autre qu'à des cailloux obtus.
Les doigts gelés, nous referons le chemin inverse. Ils s'arrêteront à la maison et nous boirons le muscadet. Sans doute serais-je la seule à attaquer les coquillages au couteau, sans même les cuire.
Mais peut-être pas.
Peut-être qu'il fera vraiment trop mauvais et nous aurons envie de rester au chaud. Ils viendront quand même et nous boirons et mangerons aussi. Mais pas les mêmes choses. Du café, par exemple et des petits gâteaux de Pâques.
28.3.12
366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, action éclair
Aujourd'hui a bien donné lieu à une action éclair. Mais je ne dirais pas laquelle. Des éclairs de compréhension, des éclairs d'humour, de gentillesse, qui ont émaillé cette journée, oui, je veux bien en parler. Pas longtemps, mais juste pour que vous sachiez.
Que ces éclairs là portent loin et bien plus longtemps que leur trace visible.
Des fois, les gens bien, c'est vraiment bien.
Que ces éclairs là portent loin et bien plus longtemps que leur trace visible.
Des fois, les gens bien, c'est vraiment bien.
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trémail,
va donc bosser feignante.
15.3.12
366 réels à prise rapide. Aujourd'hui, petite satisfaction personnelle.
Ma copine m'a invitée à déjeuner.
En guise de remerciement, je l'ai poussée dans le trou.
Un jour, nous serons peut-être 366 à faire ces petits réels en chaînette.
En guise de remerciement, je l'ai poussée dans le trou.
Un jour, nous serons peut-être 366 à faire ces petits réels en chaînette.
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va donc bosser feignante.
14.9.11
Nidification

Un jour, quelqu'un y oubliera un livre. Un autre jour, une autre personne laissera, entre les pages, une fleur ramassée sur le chemin, au cours d'une de ces balades qu'on choisit de faire, malgré le temps gris, et qui vous récompense d'une miraculeuse lumière entre la déchirure des nuages. Un grain de sable viendra se loger dans l'embrasure de la porte et s'y fera oublier. La fêlure d'une tasse fera un coup au cœur, un regret minime et déchirant et puis on s'habituera. On la tournera du bon côté en buvant le café pendant un temps et on la jettera un jour. Ou bien non.
La maison perdra de son apprêt, se griffera au fil du temps, comme tous les visages qu'on aime pour longtemps. Il y aura des objets qu'on aura pas vraiment voulu, des cadeaux qui ne vont pas vraiment mais qu'on garde parce que les gens ont tellement voulu dire merci. Le jardin ne sera jamais exactement comme on voudrait, mais d'une année sur l'autre, il pourrait bien y avoir des belles surprises, des abondances imprévues qui remplissent de gratitude et d'un certain étonnement. On fera même l'emplette d'un sécateur pour faire un bouquet qu'on placera là, sur la table basse et il ne sera jamais pareil que le suivant.
C'est la maison de mon amie, une maison toute neuve malgré son grand âge et qui débute dans ses fonctions. Une maison qui lui ressemble déjà tellement, à la fois précise et improgrammée, une maison qu'elle prête, pour que d'autres qu'elle puissent y dérouler un moment de leur histoire avec ce pays au charme prenant.
Je ne passe jamais à proximité sans lui lancer un regard amical et je sais qu'elle me le rend malgré ses volets fermés. Elle attend, sans urgence, de sentir à nouveau la crêpe et le café.
C'est une maison et, déjà, c'est toute une histoire.
PS: et, pour ceux qui ont eu la gentillesse de me demander, au vu de mon long silence, si tout allait bien, la réponse est : oui, cré bien, ne vous inquiétez pas. Juste que l'écriture, ça a toujours des reflux. Mais je vous aime toujours, hein!
30.6.11
Méditer.

Parfois, ce qui bute, c'est le billet impossible à écrire, impossible à éviter.
Celui-ci, je tourne autour depuis plus d'un mois, très exactement depuis le jour de mon anniversaire.
J'ai reçu un putain de cadeau.
Des proches, qui méditaient depuis longtemps de créer en micro édition, une collection joliment appelée "La pensée vagabonde", m'ont fait la surprise de se lancer avec les pouèmes publiés ici.
Ils l'ont fait avec une telle chaleur, une telle générosité que j'en suis restée coite.
Ils l'ont fait avec une telle discrétion que je ne l'ai su qu'en découvrant le bébé bien emballé. Ils m'ont laissé le choix de le laisser à l'état d'incunable, comme un coup d'essai pour eux et cadeau pour moi seule, ou de le rendre public.
Ben voilà.
J'ai médité. Et puis finalement, j'ai décidé de me considérer comme éditée.
Là.
Pffff.
Cui qui n'en veut aka cliquer.
7.2.11
Plume, caillou et autres belles rencontres
J'ai failli oublier, mais ce blog a cinq ans depuis deux jours.
Je n'aurais jamais cru que le chemin soit si varié.
Je n'aurais jamais cru que j'aurai tant de coups de foudre pour tant de génies partiels mais si expressifs.
Je n'aurais jamais cru que je rirai tant, que j'aurai tant de fibres reliées aux vôtres.

Merci à vous tous.
Je n'aurais jamais cru que le chemin soit si varié.
Je n'aurais jamais cru que j'aurai tant de coups de foudre pour tant de génies partiels mais si expressifs.
Je n'aurais jamais cru que je rirai tant, que j'aurai tant de fibres reliées aux vôtres.

Merci à vous tous.
24.11.10
Fragments de (chez) moi
Chez moi, la cuisson des spaghettis est une affaire d'importance. J'ai cherché longtemps, sur la plage, la mesure exacte pour saler l'eau... Mais chaque été, quand la maison se remplit, je me dis qu'il faut que je parte à recherche d'une coquille d'ormeau.

Chez moi, les murs portent chapeaux, sardines millésimées

Et bijoux, plus que moi.

L'épiphyte grimpe au filet, qu'E. tenta de m'apprendre à ramender. Comme la langue des signes, je ne désespère pas maîtriser un jour cet art difficile qui vous sert de sésame dans tous les ports de pêche du monde.

Ceci est une lampe. Enfin, dès que je l'aurai déployée. Il paraît qu'elle s'assortit très bien à certaines boucles d'oreilles que j'affectionne.

En ce qui concerne, d'ailleurs, l'harmonie si chère aux maîtresses de maison qui ambitionnent une mention dans "Maison et Jardin", je trouve que le moindre de mes exploits n'est pas d'avoir réussi à croiser le tableau de C. avec le plaid du fauteuil :

Que d'avoir réussi à y assortir le chat.

Il y a dans ma cuisine, des choses qui m'ont été offertes il y a très longtemps :

Et d'autres que j'ai volées depuis tellement longtemps que je suis maintenant assurée de la prescription. Mais à 15 ans, avais-je réalisé que cet Helsimborg était juste en face d'un Elseneur déjà très cher?

Je ne sais pas si cette maison sera la dernière. Elle gardera toujours d'avoir été la première choisie avec une entière liberté, et de tous les lieux que j'ai habités, sans doute celui qui me ressemble le plus. Il est tout à fait possible que ce fauteuil, que je traite, parce qu'il est au bord de la cheminée, de fauteuil d'aïeule, le soit réellement un jour.

Comme il est possible, qu'un jour, je range mon bureau.

(à C. qui inspira cette ballade photographique en ma maison, avec toute ma tendresse)

Chez moi, les murs portent chapeaux, sardines millésimées

Et bijoux, plus que moi.

L'épiphyte grimpe au filet, qu'E. tenta de m'apprendre à ramender. Comme la langue des signes, je ne désespère pas maîtriser un jour cet art difficile qui vous sert de sésame dans tous les ports de pêche du monde.

Ceci est une lampe. Enfin, dès que je l'aurai déployée. Il paraît qu'elle s'assortit très bien à certaines boucles d'oreilles que j'affectionne.

En ce qui concerne, d'ailleurs, l'harmonie si chère aux maîtresses de maison qui ambitionnent une mention dans "Maison et Jardin", je trouve que le moindre de mes exploits n'est pas d'avoir réussi à croiser le tableau de C. avec le plaid du fauteuil :

Que d'avoir réussi à y assortir le chat.

Il y a dans ma cuisine, des choses qui m'ont été offertes il y a très longtemps :

Et d'autres que j'ai volées depuis tellement longtemps que je suis maintenant assurée de la prescription. Mais à 15 ans, avais-je réalisé que cet Helsimborg était juste en face d'un Elseneur déjà très cher?

Je ne sais pas si cette maison sera la dernière. Elle gardera toujours d'avoir été la première choisie avec une entière liberté, et de tous les lieux que j'ai habités, sans doute celui qui me ressemble le plus. Il est tout à fait possible que ce fauteuil, que je traite, parce qu'il est au bord de la cheminée, de fauteuil d'aïeule, le soit réellement un jour.

Comme il est possible, qu'un jour, je range mon bureau.

(à C. qui inspira cette ballade photographique en ma maison, avec toute ma tendresse)
11.11.10
Où voir de la littérature de pote ancienne?

Chez Kozlika, qui fête ses cinquante ans et ceux de l'OULIPO par un jeu à contraintes. Voilà donc 10 strophes de cinq vers, commençant par les lettres O,U,L,I,P et terminant par O.
Et vous auriez voulu des petits chats?
Pour saluer Kozlika
Obédience volontaire ou bien
ukase amical
Littérature de mathématicien
inavoué ou bancal
plaidoyer pro domo?
Oublie donc les définitions!
Un poème jamais n'abolira
le hasard des émotions
Inventons ce qu'adviendra
par la plume ou le stylo
Or mon amie Kozlika
Unissant ses voeux
Les mêmes jubilés appelant les mêmes barakas
invite à ce curieux jeu
pondre des vers en solo
On en contera cinquante
Une floppée de contraintes
La rime claudicante
Invitant la sacro-sainte
pieuse finale en O
Opiomanes tous autant que nous sommes!
Uniques adorateurs des pièges tordus
Larbins presque! Bêtes de sommes
Idolâtres tout à fait éperdus
Pâlissant de nos écrits sans brio
Orphelins, tous, de Perec et Queneau
Usuriers de leur fantaisie
lâchée comme volée de moineaux
Impossible amnésie
Parodique placebo
Ouvrons néanmoins le ban
Une amie fête ici
les cinquante sous le vent
Indulgente à la pluie
Paisible tempo
Oasis dévolue à l'amitié
Urbanité déclinée sous forme d'agape
la maison que l'on retape
Inévitablement est encore en chantier
Pourquoi s'en faire un lamento?
Ourdisseuse de liens profonds
Ultra sensible à la peine d'être
l'amie a jeté l'ancre sur les hauts-fonds
Ilienne de ses fenêtres
Prodigue de ses allegretto
Oh! vous aurez compris combien j'aime
Une amie de si longue venue
la diabolique qui sème
insolemment ses jeux saugrenus
Pour hommage à l'OULIPO
Libellés :
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va donc bosser feignante.
14.10.10
chic des clics
Le joli thème choisi par FranckPaul ce mois-ci, c'est histoire sans parole.
C'est pourquoi je ne m'étendrai pas longuement sur les raisons qui font que j'exhume une ancienne photo plutôt que d'en faire une neuve.
Qui a dit " abyssale feignasserie?"
Bon vous pouvez allez voir la galerie chez Gilsoub et voter même si vous n'avez pas présenté de photo.
Et puis vous avez même le droit de lancer une photo si vous n'avez pas de blog, même pas un vieux journal d'étudiant sentimental.
C'est tout expliqué comment yfofaire.
(message perso à C4E, s'il passe ici :j'ai souvenir d'une photo d'imperturbable mendiant qui ferait pas mal dans la galerie. J'dis ça, j'dis rien, moi.)
Bar de l'Océan, le lendemain matin.
C'est pourquoi je ne m'étendrai pas longuement sur les raisons qui font que j'exhume une ancienne photo plutôt que d'en faire une neuve.
Qui a dit " abyssale feignasserie?"
Bon vous pouvez allez voir la galerie chez Gilsoub et voter même si vous n'avez pas présenté de photo.
Et puis vous avez même le droit de lancer une photo si vous n'avez pas de blog, même pas un vieux journal d'étudiant sentimental.
C'est tout expliqué comment yfofaire.
(message perso à C4E, s'il passe ici :j'ai souvenir d'une photo d'imperturbable mendiant qui ferait pas mal dans la galerie. J'dis ça, j'dis rien, moi.)
8.8.10
L'été des amis

Au fond, ce n'est qu'un ressac un peu plus doux, qui use et lave les marches de mon perron. Des amis vont et viennent et je vais chez eux. De vrais amis, qui bavardent en musiciens, trillent et montent la gamme, jusqu'au silence propice d'où monte la note juste, tenue jusqu'à la rupture, jusqu'à ce qu'il redevienne convenable de s'esquiver, de dérober la faille en un haussement d'épaule.
Les failles? Si nous n'avons pas les mêmes, nous en avons le même nombre, la même ironique mesure. Et il est bien rassurant que nous ayons presque tous atteint la possibilité de rire de nos passions sans cesser d'en éprouver.Nous nous nourrissons les uns les autres, d'une maison à l'autre, et le vin tient moins lieu d'ivresse que de lien fluide. Comme d'autres vertus réconfortantes, l'hospitalité reçue ne se rend jamais en lieu et place. Je ne te rendrai jamais la vue de tes collines, ni à toi, le curry chaud et parfumé, le plaid moelleux sur tes épaules. C'est un autre que tu emmèneras pêcher, c'est au suivant que j'offrirai le café et c'est de lui que je recevrai le moment mystérieux qu'il aura absorbé d'une histoire ailleurs déroulée.
C'est l'été des amis, une vacance en méandres, une broderie espiègle aux points lâches et solides, où il faut avoir l'œil aiguisé pour s'apercevoir que cette main là a resserré le mousqueton, cette autre-ci glissé un discret tuteur, la consoude sur la brulûre, l'eau fraîche à la plante.
Amis, passeurs de balles, grains de komboloï...
6.8.10
Au vrai lusque.

Je croyais connaître quelques petites choses du lusque. Mon pays n'en est pas avare, même s'il le décline de façon discrète. Lumière d'or, pêche enfantine et miraculeuse de coquillages que la marée trompe à coup sûr, muscadet chantant dans le verre.
Et les amis qui passent, qui méritent un billet à eux seuls.
Mais voilà, Samantdi et Coloc m'ont démontré que je n'étais qu'une novice. La découverte de l'année, ce n'est pas le soleil du Sud Ouest ni la pierre chaude du Lauragais, ni même les eaux douces et serviables de la Garonne.
Le découverte, c'est la tente mauritanienne dans le jardin, meublée de matelas de hasard et de tapis d'aventure, de cotonnade flottante et de chats, peuplées de snobs véritables
qui connaissent le véritable goût de la glace à la pomme et de la palabre intemporelle.
Non, franchement, je le dis: si avant cinquante ans tu n'as pas connu la raïma de Coloc, tu es en grand danger d'avoir raté ta vie.


Avec en prime, une rarissime photo du Cheik Ari Ibn Ben Apple
9.7.10
Knock knock knock!
Tiens, quelqu'un est entré.
Cela n'a pas fait de désordre. Pas de pont-levis abaissé à grand bruit de chaînes, pas de porte claquée, nulle effraction.
Savait-on d'ailleurs, qu'il existait à cet endroit-là, un imperceptible guichet? Accessible à lui ou elle seuls, franchi d'autant plus souplement qu'en toute vraisemblance, il ou elle ignore être entré.
Ce n'est pas faute, en commensal poli, d'avoir décliné titres et travaux et montré patte blanche sans mendicité. Ce n'est pas faute d'avoir respecté l'usage du perron, du petit banc d'entrée, du porche banal et commun.
Il ou elle peut y être resté une heure ou un an, peuvent n'avoir pas même esquissé l'intention d'un pas plus avant.
Qu'est-ce qui, tout d'un coup, les déplacera (et ce sera irrémédiable)?
La beauté d'un profil, pris dans la lumière? Le geste quasi-philosophique autour de la tasse de café qui dit tout du détachement amusé? La faille pudiquement recouverte? La connivence insolite? Mais tout autant le rire en torrent, la jeunesse entêtée, la pensée précise, l'honnêteté à vivre ce qui doit être vécu.
Peu importe. Des fois, on ne le sait même pas. Quelqu'un est entré, il est à l'intérieur de vous et là-bas, tout près ou très loin, pour le peu ou le prou, avec douceur ou déchirement, avec sympathie, curiosité, désir ou nostalgie, quelqu'un s'est mis à compter pour vous.
Cela n'a pas fait de désordre. Pas de pont-levis abaissé à grand bruit de chaînes, pas de porte claquée, nulle effraction.
Savait-on d'ailleurs, qu'il existait à cet endroit-là, un imperceptible guichet? Accessible à lui ou elle seuls, franchi d'autant plus souplement qu'en toute vraisemblance, il ou elle ignore être entré.
Ce n'est pas faute, en commensal poli, d'avoir décliné titres et travaux et montré patte blanche sans mendicité. Ce n'est pas faute d'avoir respecté l'usage du perron, du petit banc d'entrée, du porche banal et commun.
Il ou elle peut y être resté une heure ou un an, peuvent n'avoir pas même esquissé l'intention d'un pas plus avant.
Qu'est-ce qui, tout d'un coup, les déplacera (et ce sera irrémédiable)?
La beauté d'un profil, pris dans la lumière? Le geste quasi-philosophique autour de la tasse de café qui dit tout du détachement amusé? La faille pudiquement recouverte? La connivence insolite? Mais tout autant le rire en torrent, la jeunesse entêtée, la pensée précise, l'honnêteté à vivre ce qui doit être vécu.
Peu importe. Des fois, on ne le sait même pas. Quelqu'un est entré, il est à l'intérieur de vous et là-bas, tout près ou très loin, pour le peu ou le prou, avec douceur ou déchirement, avec sympathie, curiosité, désir ou nostalgie, quelqu'un s'est mis à compter pour vous.
17.5.10
Pierres blanches
Des mots généreux, des fleurs, des pensées précieuses, des appels, un fin et doux réseau...
Amis inquiets qui, au son du précédent billet, ont cru le jour triste, ou moi soucieuse de l'âge, ne vous alarmez pas : je suis de celles que l'absence de solution rassure, que l'empêchement de croire en une finalité de la vie réconforte. Quand je bute, je me plains ou je tire les moustaches du chat et je bats mes enfants. j'embête mon monde.
Quand j'écris, c'est que je suis déjà un peu plus loin, que le courant a levé les obstacles.
Pis, à midi, j'ai pique-niqué là :

Je vous zème très beaucoup.
PS: pour ceux qui veulent, il y a quelques photos d'Irlande en ligne sur l'Œil de la Baleine...
Amis inquiets qui, au son du précédent billet, ont cru le jour triste, ou moi soucieuse de l'âge, ne vous alarmez pas : je suis de celles que l'absence de solution rassure, que l'empêchement de croire en une finalité de la vie réconforte. Quand je bute, je me plains ou
Quand j'écris, c'est que je suis déjà un peu plus loin, que le courant a levé les obstacles.
Pis, à midi, j'ai pique-niqué là :

Je vous zème très beaucoup.
PS: pour ceux qui veulent, il y a quelques photos d'Irlande en ligne sur l'Œil de la Baleine...
31.3.10
A qui se fier?
Au fond, j'étais partie pour une journée de m...
Un coup d'accélérateur sur des histoires lourdes, cette heure d'été qui me scotche, ce grand vent qui refroidit mon jardin, ce post de Samantdi qui tord les tripes.
Et puis, décidément rien ne se passe comme on prévoit.
Un coup de fil, et je prend le thé chez la délicieuse Boutoucoat.
Un coup de fil et un transporteur m'avertit qu'un paquet imprévu m'attend dans ma boîte.
Je rentre et commence à ouvrir mon paquet, alors qu'il flotte dans ma maison, une ébouriffante odeur de gâteau. la Clandestine vient d'inventer le cookie à parfum de baklava. Une tuerie.
Et dans le paquet, il y a une tête de pied.

Ça va avec ça, annoncé par la suite:

C'est un truc absolument mirifique, pour faire des portrait (en pied!) en marchant sur les mains. Ça se pose n'importe où, ça résiste à force 7, c'est léger et maniable.
Ça fait juste pas les crêpes, mais ça, j'ai pas besoin.
Je doit ça à A et F.
Des blogopotes.
Deux photographes, chacun leur œil, mais tendres et drôles toujours.
Aperture et Focal.
Des fous.
A qui se fier?
Trugarez dit, paotred!
(mais franchement, zêtes dingues!)
Un coup d'accélérateur sur des histoires lourdes, cette heure d'été qui me scotche, ce grand vent qui refroidit mon jardin, ce post de Samantdi qui tord les tripes.
Et puis, décidément rien ne se passe comme on prévoit.
Un coup de fil, et je prend le thé chez la délicieuse Boutoucoat.
Un coup de fil et un transporteur m'avertit qu'un paquet imprévu m'attend dans ma boîte.
Je rentre et commence à ouvrir mon paquet, alors qu'il flotte dans ma maison, une ébouriffante odeur de gâteau. la Clandestine vient d'inventer le cookie à parfum de baklava. Une tuerie.
Et dans le paquet, il y a une tête de pied.

Ça va avec ça, annoncé par la suite:
C'est un truc absolument mirifique, pour faire des portrait (en pied!) en marchant sur les mains. Ça se pose n'importe où, ça résiste à force 7, c'est léger et maniable.
Ça fait juste pas les crêpes, mais ça, j'ai pas besoin.
Je doit ça à A et F.
Des blogopotes.
Deux photographes, chacun leur œil, mais tendres et drôles toujours.
Aperture et Focal.
Des fous.
A qui se fier?
Trugarez dit, paotred!
(mais franchement, zêtes dingues!)
27.3.10
Petits joueurs, va!
Puisque Kozlika a fait son Breizh-out sous une identité toute aussi réelle que A, il n'y a plus de raison de la dissimuler sous ce pseudo.
Je désignerai seulement par XX et XY ses deux enfants qui semblent faire la moue devant le rose dragée dont rêve Kozlika pour sa nouvelle façade.
Franchement les djeuns, vous êtes à la fois p'tits joueurs et imprudents.
Si on considère les habitudes du coin, l'immense capacité de votre mère à bidouiller des CSS et ce que j'ai engrangé comme couleurs de façade en moins d'une heure de balade, je vous laisse imaginer ce qu'elle est capable de proposer dans un an.
C'est rose accepté maintenant ou alors...
Je désignerai seulement par XX et XY ses deux enfants qui semblent faire la moue devant le rose dragée dont rêve Kozlika pour sa nouvelle façade.
Franchement les djeuns, vous êtes à la fois p'tits joueurs et imprudents.
Si on considère les habitudes du coin, l'immense capacité de votre mère à bidouiller des CSS et ce que j'ai engrangé comme couleurs de façade en moins d'une heure de balade, je vous laisse imaginer ce qu'elle est capable de proposer dans un an.
C'est rose accepté maintenant ou alors...
Libellés :
breizh,
trémail,
va donc bosser feignante.
23.3.10
Sortilège
Je me souviens de la première fois où je l'ai vue. Je savais, à une espèce de frémissement, qu'il s'agirait d'une vraie rencontre, sans plan, sans calcul, sans aucun autre tracé qu'un point d'impact aussi discret que définitif. Je me souviens du sillon qui s'était ouvert au premier regard, du sourire, du sentiment que je ne m'étais pas trompée.C'était la Baie d'A.
Je me souviens de la première fois où je l'ai vue. Je savais, à une espèce de frémissement, qu'il s'agirait d'une vraie rencontre, sans plan, sans calcul, sans aucun autre tracé qu'un point d'impact aussi discret que définitif. Je me souviens du sillon qui s'était ouvert au premier regard, du sourire, du sentiment que je ne m'étais pas trompée.
C'était A.
Avec un soupçon de malignité, j'avais offert à la seconde un petit caillou de la première. Un soupçon? Un bon kilo dans une caisse de criée, ouiche! Ces petits cailloux n'ont l'air de rien, ils sont gris, doux, ovales plutôt que ronds. Ils tiennent un instant dans la main, puis s'égarent sous un meuble, dans une soucoupe, inaperçus, benêts, presque.
Seulement voilà. Sous leur granit insignifiant, ils cachent le pouvoir redoutable, patient et imparable, d'amener ou de ramener sur ses grèves, celui qui les a acceptés.
Ils s'aident parfois de grands et doux amoureux des bateaux.
Au besoin, d'ailleurs, ils recrutent d'astucieux ramendeurs de filets.
Ils attendent le temps qu'il faut.
A. vient de décider d'acheter une maison. Là, tout près de la Baie d'A.
Les complices sont heureux.
Ça existe, les sourires de caillou.
5.3.10
Jouissif en diable!
Sur l'excellentissime blog La Boite à Image, qui fourmille de posts délicieux ( oui, je suis partiale, so what?), Bazile a généreusement partagé en commentaire ce clip qui fait mon bonheur de fin de semaine :
Régalez-vous, essayer de les trouver tous et si vous ne trouvez pas, rendez vous chez Alain Korkos, il les a tous trouvé.
Et buzzez, c'est permis.
70 Million by Hold Your Horses ! from L'Ogre on Vimeo.
Régalez-vous, essayer de les trouver tous et si vous ne trouvez pas, rendez vous chez Alain Korkos, il les a tous trouvé.
Et buzzez, c'est permis.
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