15.1.08

D'une question à cent sous-et d'une réponse à deux balles




Tassili, en commentaire de mon dernier post, m'en colle une bien bonne.
"J'aime à penser, écrit-elle, que tu es heureuse".
Bien sûr que oui, ai-je pensé immédiatement de mon hémisphère droit.
Bien sûr que non, ai-pensé un pouillème plus tard de mon hémisphère gauche.
Ou bien le contraire.
Sans compter qu'Anita et moi-même nous nous sommes exclamée en choeur : "Qui? Moi ou l'Autre?"

Et puis je me suis arrêtée là, parce que la vie, qui est farceuse, m'envoya immédiatement en travers de la figure, le genre de tuile désespérante qui vous donne envie de faire grève de toute espèce de sentiment, en dehors d'un quant-à-soi renfrogné.

Mais pas que.

Parce que, bien entendu, la remarque de Tassili a continué sa fermentation instable et je tourne autour, bien obligée, quand même, d'en considérer quelques bulles.

Je ne sais pas si je suis heureuse, mais je suis heureuse et embarrassée qu'Anita puisse le donner à imaginer. Je ne sais pas pourquoi j'écris, mais je sais qu'il y entre quelque chose de l'envie de prendre soin.
De vous, de moi, des instants qui passent, des lumières obliques et de la nécessité de regarder à demain.
Mais je ne peux écrire ici que ce qui me semble pouvoir se transformer chez vous. Dire parfois la peine n'a de valeur que si cela peut, par le semblant de cohésion que font les mots, alléger quelque chose de la vôtre.
Mes cartes sont de toute nature. N'y a-t-il pas, dans le geste de les découvrir en public, l'espoir que vous, là bas, ici et autre part, à votre façon, en ferez meilleur jeu que moi?
Prenez soin de vous.

13 commentaires:

ada a dit…

D'accord docteur !Je prens soin, et j'aime ta formule qui pourrait même me réconcilier avec l'écriture bloguesque ! (voir les interrogations de Valclair ce jour). On essaiera donc d'éviter la schizophrénie, les icebergs et les taupinières.

ada a dit…

je prends avec un d à coudre.

tassili a dit…

Oui, j'aime à vous imaginer heureuse - tout le temps? Sûrement pas.
Mais quand quelqu'un garde un souvenir ému des partages avec son papa, moi, ça m'émeut et me fait fantasmer sur ce que ça aurait pu être, chez moi...
Et quand ce même quelqu'un manipule avec autant de volupté mots et images, je ne peux qu'imaginer que si la vie, la mort et tutti quanti vous apportent leur lot de vacheries, vous savez aussi les détourner et débusquer la beauté, où qu'elle se trouve (j'ai en tête quelques-unes de vos photos de rouille sublimée qui me ravissent).

Quelqu'un d'ici a dit un jour «Le bonheur, c'est comme le sucre à la crème, il suffit de s'en fabriquer.»
Et vous, vous savez vous en fabriquer... il me semble.
P.S.: pour référence, le sucre à la crème, c'est une sorte de fudge. Très fondant, très sucré et très décadent.

anita a dit…

@Ada : oh oui, surtout prend soin de toi, toi qui sait si bien raconter!
@Tassili : Si ce n'était visible entre les lignes, que ce soit dit ici: ton commentaire précédent m'a beaucoup remuée, celui là encore plus.
Et euh... la recette sucrée fondo-décadente, c'est possible, ou c'est un secret d'état? Je sens que ce serait juste le truc pile-poil.

tassili a dit…

Ah, Anita... Quand je viendrai faire un tour en France, faudrait bien que j'aille faire un tour en Bretagne, histoire de voir toutes vos rouilles! ;-)
Le sucre à la crème :(personnellement, je rajoute aussi une pointe de sel, par nostalgie des caramels au beurre salé: http://www.recettesdefamille.com/content/view/113/1/

Il y a aussi celle-ci, plus facile, avec du lait Gloria (Eagle Brand dans la recette) Là, je rajouterais de la vanille, il me semble : http://www.globetrotter.net/gt/recettes/recettes.asp?idRecette=2184

Tippie a dit…

Ahh... Bridge over troubled water. Quelle magnifique chanson, qui colle parfaitement à ton billet.

Tu es une bonne personne Anita.

Marianne a dit…

Cartes de toute nature ,plaisantes à lire , jolies à voir , un beau partage qui se vit dans la légèreté, sans obligations. Je ne me suis jamais posée la question de savoir si l'auteure était heureuse ? les écrits le laisseraient penser .
Tassili a écrit «Le bonheur, c'est comme le sucre à la crème, il suffit de s'en fabriquer.» quelquefois on manque d'ingrédients Fais des réserves si nécessaire et prends soin de toi Anita , un peu pour nous , beaucoup pour toi .

valclair a dit…

Magnifique billet qui dit ce tremblé entre soi et soi, ce tremblé entre nos mots et nous-mêmes.
Mais qui les justifie et justifie cette pratique étrange que nous avons de les déposer sur la toile.
Merci pour ce billet profond, Anita, que je lirai et relirai.

Yves a dit…

Réponse à deux balles, on fait une affaire !
On reste essentiellement dans l'écriture et c'est la qualité de cette écriture qui fera que les mots toucheront au plus profond.

tiphaine a dit…

Je ne sais pas qui tu es, Anita/pas Anita, mais je sais que j'aime ce que tu écris. Tu ne peux écrire que ce qui te semble pouvoir se transformer chez nous et tu y arrives, merveilleusement bien. Je suis plus riche de t'avoir rencontrée. Merci à toi.

anita a dit…

Merci à vous tous de ces commentaires qui vont dans la gamme des goûts du fondant du sucre à la crème au roboratif qui tient au corps, en passant par la discrète amertume d'une bière mélancolique et inspirée, le long d'un canal hollandais ou parisien...
Donné c'est donné, hein! Vous reprendrez pas vos mots, je les garde pour moi, pour tenir chaud.

Alain d'A a dit…

Anita est très forte, même avec la fièvre.
Est-ce qu'elle m'aiderait à installer un lecteur mp3 sur on blog ?
J'ai essayé sans succès...
Bonne journée
Alain d'A

anita a dit…

@Alain d'A : essayer ici: http://boomp3.com/