8.1.08

Aller au chagrin


La Gueuse est allée au marché. Le plus jeune de ceux qu'elle a raflés, d'une vague traitresse ou d'une collision sournoise, aura à jamais dix-neuf ans et n'aura qu'effleuré cette tenace passion de la mer qui leur tend les mâchoires et les remet inexorablement dans leurs bottes.
Y-a-t-il métier plus constamment dangereux, plus tributaire de l'imprévisible? Quelques soient les progrès techniques des bateaux et de la sécurité, chaque départ est un pari assumé d'un haussement d'épaule.
Oui, c'est triste ce soir, du côté de chez moi.

11 commentaires:

Fauvette a dit…

Je partage cette tristesse.

Martin-Lothar a dit…

J'ai lu que le tribut annuel des pêcheurs du monde à la mort serait de 1 pour mille en moyenne ; ce qui est énorme et épouvantable pour ce qui est d'un des plus anciens métiers de cette planète
Bises

catherine a dit…

Oui c'est bien triste. Métier difficile et dangereux s'il en est.

l'âne Onyme a dit…

et pendant ce temps là, du haut de ses talonnettes monsieur plus dit comment faire et comment être.
ce monde est à hurler parfois

Yves a dit…

Quelque part, peut-être, une petite Julie qui a prêté son nom au bateau doit se sentir orpheline...

Marianne a dit…

A ceux qui ont cessé de vieillir ce jour la et à leurs proches .Puisse le temps apaiser leurs douleurs .

anita a dit…

@L'âne: Le leader minimo qui parle de civilisation, ça me fait le même effet que quand le pape parle de sexualité...

Boutoucoat a dit…

Mon Compagnon est un rescapé de la mer, comme beaucoup chez nous....ils sont revenus....maintenant, on en parle beaucoup, puisque tout est médiatisé mais, tu sais comme moi qu' il y a seulement quelques dizaine d' années , tous les ans notre quartier maritime ( Le Guilvinec ) était lourdement en deuillé, certains hivers plusieurs malamoks, dans une indifférence nationnale .
Chez nous, l' émotion a toujours été grande dans ces cas-là et la solidatité présente entre gens de mer mais, avec beaucoup de pudeur , comme si les marins voulaient presque s' excuser de ces malheurs qui leur tombaient dessus . D' ailleurs, ils n' en parlent toujours pas....du moins chez moi .
Une pensée pour tous nos copains qui ne sont pas revenus .

anita a dit…

@Boutoucoat: oui, je connais lors de la consultation, le silence, le regard qui se détourne et le soupir. Je t'embrasse.

brigetoun a dit…

ben oui la mer on l'aime, mais elle a toujours eu des poussées d'amour vache.

Still a dit…

Ton titre dit tout de cet "aller vers" qui trouve trop souvent cette fin tragique. Grand métier d‘hommes qui porte au rêve se renverse dans la mort, et dans ces moments là, nous fait courber la tête et porter bas l'épaule.
Tristesse...