27.1.08

Fièvre


Journée blanche.
Dans la rumeur de fièvre, les signes de vie de la maison ont des bruits de papiers froissé. En rêve, tu suis la tuyauterie, l'eau qui coule là-bas, le long du mur, te rappelle la soif de ta bouche et des lèvres fendillées. Tu rêves d'une rivière verticale, que ton mince voilier remonterait sans effort, tu es si légère dedans, ascendante, délivrée.
En ces jours indécidables, tu as choisi : tu es tombée malade, juste ce qu'il faut pour t'abstraire. La gorge desséchée, les longs frissons, cette forge derrière tes orbites ne sont rien en comparaison de ce privilège : la jouissance de te tenir à volonté sur cette crête entre veille et sommeil, cette faculté d'échapper à ton corps écrasé pour organiser ta rêverie, y convoquer la tendresse et l'élan qui te manque.
Tu sais très bien être un peu malade, si rare et si bref que ce soit chez toi. Tu sais être patiente.
Rien de tout cela n'est vraiment grave, ni ta fièvre, ni ce contre quoi elle te protège.
D'ailleurs, c'est déjà demain.
Lève-toi.
Et je t'en prie, lave toi.

17 commentaires:

m a dit…

Guérie pour le lundi ? Oh non, allez accorde toi encore un peu de temps pour t'abstraire et rêvasser. Mais tous mes voeux de bonne guérison quand même. Tu veux des BD à feuilleter sous la couette ?

meerkat a dit…

Bouh, on dirait que j'ai eu la flemme de taper mon pseudo... et je n'ai pourtant pas la fièvre.

anita a dit…

Toujours guérie le lundi, hélas.
Mais je veux bien un ptit concombre masqué pour continuer à glabougner.

tassili a dit…

Notre corps est bien élevé, quand même: il attend généralement la fin de semaine pour déclarer forfait! ;-)
J'ai remarqué que le mien faisait le plus souvent défaut quand ma tête avait besoin d'une bienheureuse trêve de mon quotidien.
Quel merveilleux rempart que la fièvre quand on a envie de déposer nos valises! Dommage qu'on ne s'autorise cette trêve que sous ce rempart... ce serait pourtant si simple de se donner congé. Mais non, pas si simple au fond, surtout pour les mères. Et les hommes qui se doivent d'être forts. Et les... (complétez par tout ce qui ressemble aux obligations qui nous semblent obligatoires).
Portez-vous bien bientôt, chère Anita, et en attendant, profitez bien de vos songes enfiévrés.

Tinou a dit…

Fièvre réparatrice... Un peu comme une mise en dormance très temporaire mais nécessaire...
Bon courage demain matin et bonne semaine

la bacchante a dit…

ANITA: glabougner, je ne connais pas ce verbe, mais imagine très bien ce qu'il recèle...
Prends soin de toi.

ada a dit…

Moi aussi j'ai envie de glabougner. Mais rien à faire, je suis en pleine forme...
Prends soin de toi Docteur !

Fauvette a dit…

Bonne petite qui n'est malade que le week-end ! C'est beau !
Allez profite d'un peu de répit...

anita a dit…

@tassili: c'est GZACTEMENT ça!!!
@la Bacchante: c'est un verbe intransitif du premier groupe. Ça se conjugue comme buller, glander et rienfoutrer.
@Tinou: hélas, je pressens la semaine: argg-ma-doué- pourquoi-j'ai pas-fait-horticulture?
@ada: pourtant, tu doid rencontrer plein de jolis petits virus en ce moment. Y en a pas un de complaisant?
@ Fauvette: aller travailler malade, c'est un héroïsme chic,discret de bon ton, et surtout acquis à si peu de frais... Il suffit de lever un peu les yeux au ciel avant de déposer son poumon droit dans son mouchoir à dentelles. (Essayer de ne pas contaminer la clientèle, ça gâche l'effet.)

Still a dit…

Tu sais, l'horticulture, c'est pas ce qu'on croit. Il y le chiendent avec et sans dents, les ronciers qui capturent les belles- au bois dormant , la peste pervenche, le liseron futé, et autres adventices bien décidées à ne pas laisser horticulter en paix...
Tu devrais réfléchir...
En attendant prends bien soin de toi.
Des bises;

Yves a dit…

Je passais prendre la température du blog. Bretzel liquide ! Tu as un petit grain de fièvre. Je ne m'attarde pas.

Marianne a dit…

Et aujourd'hui que la fièvre est tombée a qui dit-on bon anniversaire ?

anita a dit…

@yves: tu n'as pas un petit ciel de lit dans tes cartons? S'ilteuplait....

@Marianne: ah! ça je sais: Mr Ingmar Lego, inventeur danois d'un jouet international. Un homme constructif.

Oxygène a dit…

"...Et je t'en prie lave toi". C'est un besoin de purification que je ressens après une fièvre ou une maladie. Il faut que je me lave ! Je ne peux me sentir bien et véritablement guérie qu'après un savonnage acharné de la tête aux pieds. C'est sans doute faire peau neuve...
Je te souhaite une bonne reprise et un bon mardi.

Marianne a dit…

Bravo Anita , c'était bien Monsieur Lego !

Moukmouk a dit…

Moi aussi je veux vivre, stoppons la pêche commerciale.

( Et oui, c'est triste d'être malade en fin de semaine et en forme pour le retour au boulot)

anita a dit…

@Moukmouk: je te rassure, je ne suis pas en forme, je suis juste au boulot.
Pour le reste de ton commentaire, je te suggère de venir le dire en personne aux pêcheurs de chez moi. Mais choisis bien tes mots, c'est pas gzactement même le modèle que le blog fan club...