26.1.07

Piété filiale.

Le drame des enfants d'intellectuels, c'est que leur héritage leur est souvent malaisé à quantifier, fluctuant dans dans le temps, et bien plus difficile à vanter qu'une collection de porcelaines en vrai Wedgwood.
Ainsi, recevant la sous-préfète pour le thé, m'imaginez-vous, penchée de concert avec elle sur un délicat présentoir à idées?
"Oui, celle ci me vient de mon père.
- !!
-N'est ce pas? J'y tiens beaucoup. Elle est en plus très pratique. Je m'en sers AB-SO-LU-MENT tous les jours.
- ???
-Mon Dieu quelques-unes , très chère amie. Encore que mes frères aient fait main basse sur certaines d'entre elles. Mais je crois avoir pu conserver, sinon les plus considérables, du moins les plus finement ouvragées. Celle-ci, tenez, il me l'a offerte en...85, me semble-t-il. Exquise, non? Il n'en avait plus l'usage, il venait tout juste d'en avoir une autre. Très brillante d'ailleurs.
- ?
-Oui, brillante. Non, je n'ai pas dit clinquante, mon Dieu non, le cher homme, mais enfin pas tout à fait mon style... Et vous même?
- ...
-Ah? Humm. (...) un treizième petit gâteau?"


C'est un fait, certaines gloires sont inacccessibles aux enfants d'intellectuels.
Au moins, puis-je compter, au nombre de mes richesses visibles et indéniables, une chevelure insoumise, qui se lève avec la rafale et jamais ne s'abaisse avec elle, un effarant stock de chansons idiotes et les œuvres complètes de Simenon. Plus plein de ratons-laveurs en liberté.

7 commentaires:

Leu Warou a dit…

L'avantage avec les ratons laveurs, c'est qu'ils sont propres ; l'inconvénient, c'est qu'ils bouffent tout, même les meilleures idées !
Ceci étant, ce n'est pas une très bonne idée d'étouffer les sous-préfettes avec de petits fours (même si c'est une espèce des plus protégées en France) Bises

Super Mouton a dit…

C'est un héritage qui se tient, somme toute.

Anitta a dit…

Oui, mais d'un autre côté, est-ce qu'une sous-préfète atteindra jamais la gloire, elle ? Et fais attention, les ratons-laveurs en liberté adooorent les petits gâteaux, très chère...

Moukmouk a dit…

Il faut quand même faire attention avec ces petites bêtes-là. Quand on met deux idées ensembles il se passe souvent des trucs franchement... et puis il y a d'autres idées qui naissent. Bizarre non?

anita a dit…

Pfff! c'est malin! A cause d'Anitta, de leu warou, et de l'ours, mon bloug est plein d'idées de ratons-laveurs qui folâtrent avec de gourmandes sous- préfètes.
Si Papa voyait ça! Heureusement que super mouton veille sur le troupeau.

devine a dit…

Moi , j'en ai plein qui me viennent de mes enfants. Comme quoi le sort des parents d'intellectuel(le)s n'est pas moins enviable. J'aurais seulement une question perfide sur les origines du lien pervers à Simenon (pervers parce que des qui se sont farci tout Simenon y en a encore moins que des qui se sont farci tout Balzac ou tout Ponson du Terrail).
Ah, et puis au fait, il doit bien y avoir des sous-préfètes qui sont des filles d'intellectuels dévoyées. Et d'autres qui ont grandi dans le terreau où qu'on se raconte des histoires de "un deuxième petit four Madame…euh… Mc Mish".
Ceux qui connaissent pas, pleurez pas, on vous la racontera un jour. Si vous êtes sages

anita a dit…

@Devine. Tout sur mes Simenon? Mais si! Mais non...
Z'avez qu'à deviner.
Par contre, si des filles d'intellectuels sous-préfètes (FISP) veulent faire leur coming out ici, faut surtout pas qu'elles hésitent.