10.1.07

des jours avec, des jours sans moi.



Ma clandestine, 14 ans aux prochaines fraises de pleine terre, me pose cette question, me prévenant qu'il s'agit d'une question stupide. Belle antiphrase.
" Maman, est-ce que tu soignerais Hitler ?"

Passons sur le frisson de dégoût, qui, à froid (c'est le mot), me fait m'imaginer en train de faire un bouche-à-bouche à Pinochet. J'aime bien voir surgir chez elle cette question qui a occupé quelques unes de nos nuits d'étudiants de garde. Sans autres réponses que purement spéculatives.
Le plus difficile n'est pas, en disant "oui, bien sûr"- parce que c'est oui, bien sûr- de se faire à peu de frais une réputation d'incorruptible, le serment d'Hippocrate coincé entre les dents.
Non, parce que si un ou deux abrutis que je voue régulierement aux gémonies (parche que gémonies, on peut le prononcher avec che truc dans les badigoinches, mais chi tu crois que ch'est fachile d'intuber à la volée avec cha, t'as de de la chanche), me tombe en pâmoison sous les yeux, je n'aurais même pas le temps de voir la tête qu'ils ont. La maison prend la tension avant les autographes.
L'urgence facilite la prise en charge des noeuds gordiens, surtout quand elle reste parfaitement hypothétique.
Je trouve beaucoup plus dur de réprimer certains agacements quotidiens, et de maintenir ses oreilles ouvertes, quelque soit ceux qu'on a en face de soi.
Y compris quand les gens souffrent d'une façon qui énerve.

La petite G. souffre certainement, je veux bien le croire, mais elle et malheureusement sa mère aussi ont une tête à claque. J'ai bien peur que tous les diagnostics de phobie scolaire posés par toutes les sommités mondiales ne parviennent pas à réfréner mon envie d'expérimenter les:

"Bénéfices de la culpo-pédo-thérapie, à propos d'un cas, LE SIEN." par Jean Aymard, Rine Afoot&Casimir Haculeux.
J'ai également bien peur que cela ne soit senti.

Oui, ça m'arrive.
A l'inverse, je ne me suis pas demandé hier si Mr N. était ou non un sale type, avant d'envoyer son petit garçon à la cantine avec un sourire et de tirer son père par la manche. Je savais juste qu'à la mort de sa femme, il s'est retrouvé très seul pour élever ses 4 fils, et qu'il avait bu avant de venir à la visite. J'ai recraché le guide de la protekchion de l'enfanche, qui me gênait un peu, et je lui proposer de discuter un petit quart d'heure avec moi, et plus si affinités.
Pleurer, par exemple.
Des fois, y a , des fois y a pas.

3 commentaires:

Still a dit…

Plusieurs jours que je tourne autour de ce message. Je l'aime beaucoup....sans doute parce qu'il te ressemble beaucoup...:-)

anita a dit…

Vouii..., mais comme dit La Souche:

"mais si j'dis ça, je casse mon image
ce s'rait dommage d'être au chômage
à mon âge..."

Chroniques blondes a dit…

Oui, mais c'est tout de même vrai sous l'image...