22.2.10

Nouvel An Chinois


Défilé sage et coloré, plus bruyant que débordant.
Des trucs en plumes et cette incroyable capacité de l'être humain à créer de l'allusion sexuelle sous le plus épais, le plus fluffy des déguisements.
Faute de pouvoir vous présenter le frétillement rythmé des gros tigres, voilà au moins un peu de couleurs.




Mais pourquoi admettons-nous, avec tant de résignation, le gris pour nous-mêmes?


Du coup, j'en ai profité pour revitaliser un peu l'Œil de la Baleine et il y a et aura d'autres photos là-bas.

18.2.10

Pour continuer dans le débat


Si j'en crois le Monde,
Marianne s'est fait baiser par L'UMP...
Ou bien c'est pour dire qu'Elle en a gros?

17.2.10

L'histoire d'une femme qui n'était pas mon genre.

Ne pas vouloir d'enfant, c'est se préparer à des regrets.
Allaiter, c'est aliénant.
Travailler avec des enfants jeunes, c'est passer à côté de quelque chose d'irremplaçable.
Accoucher sans péridurale, c'est masochiste.
Le voile c'est la soumission.
Le string, c'est la soumission.
Les purées maisons, c'est de l'esclavage.
Les petits pots N..lé, c'est le formatage.
Le nourrissage à la demande, c'est se plier au diktat du bébé
Le nourrissage à heure fixe, c'est se plier aux diktats de la société.


Mais.
Mais je ne dis ça que pour mon propre compte.
L'important dans tout ça, ma sœur chérie, c'est que tu te sentes libre de faire comme tu veux. Parce que tu vois, ta liberté, c'est ce pourquoi nous avons tant lutté.


D'où nous vient ce sentiment de menace double? Nous nous trouvons heurtées de toute ces façons d'être femmes et tout autant de nos désaccords, comme si chaque trait posé risquait d'effondrer la perspective.

Comme je le disais dans mon précédent post, tout en affirmant que le but ultime est de prouver qu'il y a toutes les façons d'être femmes, il se renvoie partout, plus ou moins amèrement : "est-ce donc ça, être féministe?"

Je vois rarement les hommes dans une telle incertitude du fait masculin. Par contre, ce que j'entends là, il me semble l'avoir entendu delà même façon dans d'autres positions, vécue de l'en dehors ou de l'en dedans comme minoritaire.
C'est ainsi que certains noirs se font traiter de bounty, (noir dehors et blanc dedans) avec le même soupçon de traitrise. C'est ainsi que souvent, le regard se détourne des cibles encore à atteindre pour se centrer sur des convulsions intestines.

Est qu'il en va ainsi de tout militantisme? Est-ce seulement la nécessité de la lutte qui codifie ainsi le bon et le mauvais, non pas seulement en soi, mais au regard des objectifs?
Est-ce chez les femmes, compte tenu de l'extrême complexité des liens mères-filles, la marque plus archaïque, plus durable du tabou de la rivalité?
(Peut-être, sur ce dernier point, cela vaut le coup que je fasse une incise pour situer de quel endroit je parle. Oui, je pense que la théorie psychanalytique de l'Oedipe est fondamentale. Oui, je pense également que cela ne fabrique pas tout à fait les mêmes enjeux de l'aborder d'une place de fille et d'une place de garçon. Grossièrement, on peut dire que du sein au fantasme de pouvoir épouser sa maman, le garçon ne change pas d'objet de désir. L'objet change de nature, mais pas de support. Il a toujours été là et le troisième personnage, le tiers qui arrive dans l'histoire pour dire "Eh ,bonhomme, je t'aime bien, mais celle-ci, c'est MON amoureuse, il a toujours été en place de troisième. On peut considérer sans effroi de s'opposer à lui.
Chez les filles, ça me semble de fait un poil plus complexe. Il va falloir que je lâche un objet dispensateur de confort, de chaleur dans lequel j'ai habité des mois, dont l'odeur et l'émotion m'ont marqué d'une façon indescriptible, pour un autre objet extrêmement désirable sans doute, mais quand même arrivé plus tard dans l'histoire. Et je pense que je n'arriverais jamais totalement à traiter en tiers, cette dame qui fait obstacle entre moi et mon objet de désir.
Au fond, un garçon, tant qu'il ne tombe pas sur la limite, c'est à dire sur les effets de la rivalité, il peut tenir cette dernière à distance. Pour la fille, la rivalité est déjà là pour elle, entre ses deux objets internes.

Et je me demande combien de temps les psychanalystes vont feindre de croire qu'une expérience aussi différente dès l'origine n'aurait aucune trace, aucune portée dans le cerveau, la psyché, enfin bref dans le système qui se charge d'organiser et de maintenir le sentiment de nous-même.

Le sentiment de nous-même.

Et voilà que cette longue incise sur l'œdipe, qui m'embarrassait bien que je la trouvasse nécessaire, me fait retomber exactement là d'où j'étais partie. Au point que je vais laisser en coquetterie stylistique, la parenthèse ouverte en haut, sans la fermer en bas.

N'est-il pas temps que ce sentiment de nous-même ne ballote plus au regard de l'autre, qu'il soit homme ou femme?

Battons nous pour des sociétés féministes, pas pour que les individus le soient à ce qui, nécessairement, est notre convenance. On peut choisir d'accoucher sans péridurale tout en veillant à ce que la société fabrique assez d'anesthésistes pour les pratiquer. On doit penser et encadrer les différents choix de maternité pour en limiter l'impact sur le travail des femmes et sur sa rémunération, tout en acceptant qu'il y ait des femmes qui choisissent de ne pas contribuer aux revenus du ménage.

Pour celles d'entre nous qui ont connu le manifeste des 343 salopes, qui ont déverrouillé des professions réservées aux hommes, qui ont librement ouverts les bras à ceux qu'elles désiraient, il a quelque chose d'infiniment secouant à voir une jeune fille déclarer qu'elle veut juste faire un riche mariage.

Pensez, sisters, que nous ne sommes pas les seules.
Pensez à Herz, à Marconni et tiens, à l'oublié Bathélémy. Des vies d'ingénieurs, de scientifiques passionnés, un flux continu de génie humain, de rigueur et de curiosité intellectuelle qui des ondes hertzienne à l'invention des diodes et du tube cathodique
nous donnèrent cette merveille : la télévision.

Et la ferme des célébrités.

Tout ça pour ça?

Oui.

Nous nous sommes battues et nous continuerons à le faire pour des femmes qui, décidément, ne sont pas toujours notre genre.

16.2.10

Y a pas que de la pomme. Y en a aussi, mais pas que...


Comme je suis une dame bien éduquée, je m'attendait bien à ce que mon inconscient, à propos d'un sujet aussi tordu que l'aliénation féminine, me jouât un tour en vache. Laitière.
Mais pas celui d'oublier mes propres mots, jetés sur le blog de Samantdi, sans aucune espèce de dédit possible.
Kozlika peut être considérée comme une vraie copine, qui me prévint d'abord par mail, charitablement, encore qu'hilare, que le cordon du tampaxe me dépassait du maillot qu'il y avait comme un hic.
Bon, c'est une taquine aussi parce que la phrase complète c'était :
Il est difficile de trouver un bon équilibre entre l'état de nos connaissances -l'allaitement c'est bon pour les bébés et les couches, ça pollue grave- et le respect des choix de chacun-un bon biberon vaut mieux qu'un sein contraint et je reviendrais aux couches lavables quand les mecs s'en occuperont à 50/50.
Et que je peux toujours arguer que la dernière phrase se voulait relever des opinions trouvés ça et là sur les fils de commentaires, sans qu'elle soient les miennes. Je peux toujours. Je suis pas totalement sûre de me convaincre!
N'ayant jamais eu l'habitude de tout vous dire, je garde pour moi le plus intime de ce qui est en train de ressortir de cette boîte pandorienne, mais c'est finalement assez drôle.

Au passage, que j'aie pu être agacée par les propos d'une dame psychanalyste mère de n enfants réticente à l'allaitement, moi qui suis ... voyons, née d'une mère qui a eu, oui n enfants, assez nettement réprobatrice au delà du 3° mois d'allaitement, et euh... ah oui, psychanalyste aussi, c'est bien entendu un hasard absolu.

Je me vois poindre dans le crâne une infinité de désirs de billets et ça faisait bien longtemps que je n'avais pas senti cette effervescence de dessous de galet.
Pour tâcher de tordre le cou à ma fainéantise, je vais déjà essayé de donner des noms à quelques-uns. Il y aurait :
1) l'histoire du métier impossible qui n'est pas celui qu'on croit.
2) l'histoire du tout ça pour une femme qui n'était pas mon genre
3) l'histoire du déluge et de ce qui se passe avant.
4) l'histoire de ce qui se passe quand je plonge dans tes yeux.
5) l'histoire de qui mange qui.


Si j'arrive à finir le repassage, il en naîtra peut-être quelques-uns.
Qui a dit " ça dépend des horaires du biathlon!"?

15.2.10

Voie lactée, ô sœur lumineuse...


Bon, je m'étais dit que j'attendrai d'avoir lu le bouquin d'Elisabeth Badinter avant de l'ouvrir sur le sujet, mais voilà... renseignements pris auprès de mon libraire local, n'yen a plus chez lui et c'est en réimpression.
Ceci rapporté au nombre de posts, de commentaires sur le sujet-et encore je ne twitte pas- le moins qu'on puisse dire, c'est que ça fait sacrément causer.
Surtout les dames.
Du moins dans les pages que je fréquente, parce qu'il paraît qu'en certains endroits, le mâle frustré s'est lâché lousse dans le crétinisme gras. On mentionne pour mémoire et puis on zappe parce que je ne suis pas sûre que ce soit le plus intéressant.
Par contre, voir comment le sujet enflamme les fils de commentaires, c'est passionnant et j'en suis tout à la fois ravie et perplexe.
Je me demande si je ne vais pas la jouer flemme perverse et me contenter de dégommer les arguments des uns et des autres, parce que c'est finalement tellement plus facile que de démêler le sac d'embrouilles entre celle qui allaite depuis 4 ans, celle qui a brulé le tire-lait, celle qui croit que la révolution va abolir, outre la pauvreté, la discrimination anti-femme, celle qui vomit la purée de brocolis bio, celle qui sait que les couches ne se compostent pas, celle qui s'alarme de voir la proportion de jeunes filles qui veulent faire un riche mariage et toutes les variations de celles qui veulent dire comment elles se sentent femmes avec ou sans parcelles-mères. Je ne vous mets pas les liens, baladez-vous, vous les rencontrerez vite

Et avec tout ceci, le sentiment que beaucoup, tout en affirmant qu'il y a urgence à être femme comme on veut, aimeraient bien-oh discrètement- qu'il n'y ait qu'une façon d'être féministe.

Est-ce que cela vaut le coup que j'y rajoute une goutte, sur ce blog de dimension modeste?
Bah, je disais justement il a peu, la nécessité, parfois, d'entretenir la rumeur du monde...
Disons que j'écris pour les archives d'un monomaniaque du siècle prochain...
Bien sûr, comme l'homme qui cherche sous le réverbère, la montre qu'il a perdu dans le bois, parce qu'il y de la lumière à cet endroit, il est bien possible que je ne situe rien de mes propres impasses.
On n'arrive pas à quelques encâblures de son demi-siècle sans avoir condamnés quelques-uns de ses projets. En quoi cela tient au hasard, à ma personnalité ou bien au contraintes invisibles que l'on autopsie si facilement chez les autres?
Ma foi, vous vous en débrouillerez.

J'ai beaucoup de mal avec le syllogisme déployé sur les couches lavables :1) il existe un courant qui en fait la promotion. 2) c'est toujours les femmes qui font les corvées. 3) donc il ne faut pas pousser les gens l'adopter.
Mais non d'un chien, pourquoi est-ce qu'on continue à prendre acte du numéro 2 comme s'il allait de soi? Et pourquoi, c'est l'inverse qui me semble toujours aller de soi.
Pourquoi est-ce que les copines, l'œil humide, continuent à couver avec admiration l'Homme pourri de défauts en me disant que j'ai de la chance? Moi, je trouve qu'il a bien eu de la chance d'avoir une femme qui n'a jamais lié le repassage au génome.
Il arrive aussi qu'on fasse avancer les questions en affirmant, mieux, en incarnant que la question ne se pose même pas.

J'ai aussi lu un post qui tenait pour argument que les couches lavables, c'était bourgeois, comme les purées maison et qu'il ne fallait pas en parler parce que ça allait culpabiliser la pauvre mère célibataire qui rame déjà avec ses 3h de transport en commun.
Merde. Pour le coup, le fondement a failli m'en escaper.
Des pauvres, j'en vois. Beaucoup. J'en touche et même j'en humme. Ben oui, des fois, le pauvre s'habille mal. Il fait de la malbouffe à ses gosses, (parce qu'il ne connait le blog de la cuisine de 4 sous), il n'achète pas de macarons à la rose et rendez-vous compte, il n'a même pas d'ordinateur pour lire ceux qui le défendent.
Les pauvres, depuis longtemps, ça sait que ça fait comme ça peut. Et c'est pas sûr effectivement que le jour où il lui tombe un sou de plus, il considère la couche lavable comme une priorité.
Mais je vous promet que le jour où je vois un blogueur renoncer à son ordi pour ne pas peiner un pauvre, promis je vais à Canossa, à pied et en espadrille biodégradable.

Quand j'écoute toutes ces femmes qui crient à la culpabilisation des femmes, je me demande toujours pour quoi j'ai été si difficile à culpabiliser.
En fait, je me fous un peu de la façon dont les femmes décident d'être femmes et féministes.
Je me fous beaucoup moins de la façon dont les sociétés sont féminisés ou non.
Et là, il y a bien entendu des constats d'alertes, que je partage absolument.
Oui, il existe des menaces sur les plannings familiaux, oui, dans la machine à broyer que sont nos sociétés avides, les plus vulnérables seront encore les femmes, oui la richesse mondiale est au mains des hommes, oui, nos pays entretiennent des liens diplomatiques avec une infinités de pays pratiquant une forme ou une d'Apartheid de la moitié de l'humanité.
Et oui, il faut continuer à élever la voix.

Mais, depuis les années 70 et les bons souvenirs de colloques animés
dans lesquels j'étais petite souris, il me reste une question, peut-être encore plus obscène que celle de la purée de brocolis roulé sous l'aisselle :
comment se fait-il que les femmes, celles-là même qu'on écrase sous la responsabilité de l'éducation des enfants, n'aient toujours pas appris à leurs petits mecs à faire une lessive?

Peut-être, suite demain...

13.2.10

rumeurs floues


Allez viens.
Assieds-toi.
C'est bien que tu passes ici, je n'ai rien à te dire.


Je vais me pousser un peu sur la page
et tu vas pouvoir t'installer.
Il y aura un moment de silence.



Puis, nous reprendrons sur des banalités.
ce qu'il fait bon chez toi
Nous échangerons des mots, comme on lèche un galet sur la grève, pour dire en riant que nous avons facilité le travail de la mer et accéléré, infimement, le cours du temps.
Nous échangerons des mots patients et cela nous fera du bien. Sans faire grand sens, cela fera une petite masse que nous ajouterons à la rumeur bénigne du monde.

Elle existe, tu sais, elle est toujours là, même quand nous sommes saoulés des injustices commises en notre nom et dont nous refusons de croire fallacieusement qu'elles le soient pour nous.

Nous ne sommes pas aveugles, ni même indifférents. Mais laissons pour une fois le champ, le chant modeste et banal à ceux qui n'ont d'autres exploits que de tâcher de ne léser quiconque.

Viens près de moi. Je ne te parlerai même pas de la lumière. Pour une fois, elle est plate et grise et le jardin est immobile. Te parlerais-je du chat, qui ne s'inscrit dans un rectangle que quelques minutes par jour? Prend un compas et amusons-nous sans le réveiller, à cette constatation : aux heures d'hiver, près du poêle, le chat est rond.

Un moment viendra où je me lèverais pour nous faire un café. Un thé si tu préfère,
Thé pour moi
ou bien je dégoupillerai la bière que j'aime plus littérairement qu'autre chose. Homme ou femme, je presserais brièvement ton épaule en passant.
far ou crêpes ?
En me rasseyant, je te parlerai de cette photo que j'ai prise, impubliable et douce, d'une enfant dans la lumière des bougies, d'un anniversaire qui n'était pas le sien et qui semblait, pour la première fois, la vieillir, elle aussi.

N'aies pas peur de m'ennuyer. Asinus asinum fricat, c'est juste la phrase d'un qui n'aimait pas les ânes.
Un thé pour moi aussi
Il n'y a pas plus nécessité de choisir tes sujets de conversation que de sculpter chaque grain de sable sur la plage. Dis-moi le tissu de ce qui t'enveloppe, racontes-moi ce qui, trivial et débonnaire, t'amène au jour prochain.
Ce n'est évidemment pas trop mais tellement..

Parles-moi de l'avancement de tes salades, de l'ami(e) que tu espères, du pull que tu as choisi pour ta valise, de la neige qui tombe sur le chemin.
J'ai bien envie d'emmener le gars au Train Bleu
De l'ongle, tu déplieras, comme machinalement, une archive prosaïque de ton existence ou de celle d'un que tu aimes. Si tu es très jeune, ou triste, tu pourras mettre la tête sur mes genoux. Et si ta pensée suit les lignes de la main, je te prêterai ma paume.

Tu dis?

11.2.10

Nouvelle délinquance et aggiornemento

Menottées ou pas, les trois jeunes filles de 14 ans durant leur garde à vue?
Devant l'afflux de suspicions d'infractions de plus en plus violentes, de plus en plus nombreuses, finalement, je vais finir par penser que la vidéo-surveillance est une bonne chose.
Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.
Réclamons leur installation dans les commissariats et les cars de police.

Edit : pendant ce temps, juste à côté de chez Marianne,deux enfants meurent brûlés, 15 mois, 3 ans, parce que des Rroms, m'sieurs-dames, c'est juste bon à vivre dans des cabanes. Et la Protection de l'Enfance, c'est soumis à la possession de papiers.

9.2.10

Passage secret


Une page du blog a rompu ses amarres et, remontant quelques cours souterrains, a atterri (ablogui?) chez JEA sur Mot(s)saïques. La mâtine savait qu'elle y trouverait un accueil ardennais. Donc généreux.
J'aime bien l'idée que le flux d'Est venant me voir croise mes lecteurs découvrant JEA, se saluant au passage.

8.2.10

fondu ou givré?


A vous de voir, c'est chez Jathénaïs et Gilsoub, c'est le chic des clics qui vient du froid.
Je remets celle-ci, par pur plaisir.
Je rappelle que vous vous pouvez tous participer, tous voter ! (dit la fille qui oublie une fois sur deux la date limite pour le faire...)
Pas besoin de technique, de super appareil, de chercher l'angle de la morkitu, c'est pour le kif.

Et pour Mirovinben, qui veut DVMEH (Du Vert Même en Hiver), un peu de douceur :

4.2.10

Quelqu'un.

Elle n'est guère jolie, la petite M. Un peu trop ronde, le nez toujours plein et l'œil à dreuze. Cette morve qui lui coule toujours un peu du museau lui obstrue régulièrement les oreilles, elle entend mal et avale les sons. Autour de cette bouche toujours entrouverte, la peau trop blanche, trop fine, rougit et se fendille.
Elle a une maman très jeune et très jolie, une petite brune fine et nette, un peu désemparée devant ce brouillon d'elle-même, pas rejetante, non, mais désappointée, impatiente d'entendre qu'il faudrait retourner voir l'ORL, et puis l'ophtalmo, oui, oui, et puis...
Routine, train-train un peu apitoyé. On se surveille quand même, dans la profession la condescendance menace toujours un peu.

D'où vient alors, comme un jusant discret, ce sentiment qu'il y a quelque chose d'inhabituel? Je regarde la petite fille de 6 ans qui dessine, s'active, intervient parfois de quelques mots dans la discussion entre les adultes.

Je découvrirai plus tard que je ne suis pas la seule à avoir ce sentiment et à m'en étonner, en parlant avec les adultes de l'école. Au nom de M. les visages s'ouvrent, les yeux deviennent plus animés, le ton plus personnel.
Au milieu de ses difficultés, modestes, mais si souvent stigmatisantes pour qui les porte, M. rend heureux les adultes qui s'occupent d'elle.
on dit : " Ah, M!..."
Et cela tient à un charme aussi insidieux qu'imparable. Une façon peut être de témoigner qu'elle vous comprend, vous situe, et pour tout dire, vous accueille. Une façon entière et douce de dire oui, ou non, ou je ne sais pas, de sourire ou de froncer les sourcils quand elle réfléchit.
Une attention dans les gestes qui contraste de façon singulière avec la parole enchevêtrée et l'aspect un peu stupide qu'ont toujours les enfants qui salivent trop.
M. sonne juste, dans tout ce qu'elle fait.
Tout ce qu'elle a fait durant l'entretien a porté la marque la pertinence, de la mesure et de la grâce.

Elle est dans ma tête depuis trois jours et je crois n'avoir pas encore réussi à dire ma surprise et le plaisir que j'ai à penser à cette enfant que je ne reverrai sans doute pas avant des mois.
Il y a trois jours, j'ai rencontré quelqu'un.

2.2.10

De cadeaux.


NOUS NE SAVONS PAS

Nous ne savons pas où nous allons
Nous ne savons pas qu’il n’y a de vie que risquée
Nous ne savons pas pourquoi la Terre doit tout à la Conscience
Nous ne savons pas, oubliant la pesanteur, nous souvenir qu’il fait bon voler
Nous ne savons pas comment prendre deux bonnes secondes pour taper sur les minutes
Nous ne savons pas et nous ne saurons - caramba ! - jamais faire ce qu’il faut quand il le faut
Nous ne savons pas qu’il est prudent de prendre le temps voulu pour faire l’imbécile
Nous ne savons pas où et quand la mort s’arrête de commencer la vie
Nous ne savons pas pourquoi nous n’avons pas le temps
Nous ne savons pas faire le quintuple saut périlleux
Nous ne savons pas trouver sans chercher
Nous ne savons pas ne pas savoir
Nous ne savons pas filer à l’antillaise
Nous ne savons pas substituer la vie au temps
Nous ne savons pas pourquoi ce jour est le 01.01.2010
Nous ne savons pas que nous ne sommes utiles qu’agréables
Nous ne savons pas pourquoi il ne faut jamais demander pourquoi
Nous ne savons pas que la réponse est déjà entre les cornes de l’escargot
Nous ne savons pas pourquoi, au plus fort de notre activité, nous ne faisons rien
Nous ne savons pas encore que notre infini n’est qu’un rameau sur l’arbre de l’immensité
Nous ne savons pas pourquoi les larves de cigale restent jusqu’à dix-sept ans sous terre
Nous ne savons pas avec certitude que nos certitudes sont les clés de l’impuissance
Nous ne savons pas pourquoi et comment nous avons tout notre temps
Nous ne savons pas bien ce dont nous sommes capables
Nous ne savons pas assez demander notre chemin aux aveugles
Nous ne savons pas pourquoi ni comment l’univers et nous sommes nés
Nous ne savons pas les vers de terre plus beaux que le Taj Mahal et l’Acropole réunis
Nous ne savons pas, même tombés très bas (étant assis sur nos lunettes) désenchanter l’azur
Nous ne savons pas pourquoi (mais savons comment) nous changeons l’or en pauvreté
Nous ne savons pas que les vagues de la mer savent que nos jours sont comptés
Nous ne savons pas déchiffrer le balancement de l’éléphant, le bond du cabri
Nous ne savons pas que la bible éternelle est écrite sur l’aile des oiseaux
Nous ne savons pas pourquoi vivre tient plus que tout de la musique
Nous ne savons pas que le bleu de Prusse est fait de noir désir
Nous ne savons pas nous arrêter d’organiser la fin de tout
Nous ne savons pas pourquoi le café de ce matin
Etait nettement meilleur que d’habitude
Parfumé qu’il était d’azur
Et d’un petit rien
Dansé
Nu

Le texte est de Patrick Lafourcade, la photo de JEA, qui tient le blog Mo(t)saïque. Le hasard a réunis ces deux cadeaux dans ma boîte, à peu d'intervalle. Il y avait aussi dans la marge, un tableau tendre, mais je ne savais pas si je pouvais le rendre public.
Je compte mes richesses!
Et j'embrasse Ada, dont c'est l'anniversaire pour de vrai.

PS : Patrick, je suis désolée : je n'arrive pas à rendre, même en justifiant au centre, la forme de goélette que prend votre texte dans l'aperçu...

Ce blog a quatre ans

J'ai souvent eu envie de faire l'expérience suivante: partir, en même temps qu'un être cher mais par des voies séparées, dans une ville inconnue. Ne nous y fixer aucun rendez vous, regarder la ville. S'y croiser, ou pas. Au retour, comparer les trajectoires, les lieux de repos, les points de fixation. N'en tirer rien de précis; ne méconnaître ni la chance, ni les fils souterrains qui nous animent
Je n'ai averti aucun de mes proches de la naissance de ce blogue. Je n'irais pas la claironner sur ceux que je lis depuis quelques mois. Comme tout le monde, j'attends la rencontre.


C'était le premier texte. Le moins qu'on puisse dire, c'est que j'ai été exaucée bien au delà de ce que j'imaginais. De belles rencontres...

Des temps morts, des gens forts, du bleu, du gris qu'on prend dans ses doigts, un peintre, deux peintres, trois peintres, une duchesse en sabot, une chèvre, un ours, un bouquetin, un loup, un raton laveur,un âne, une vache, une blonde, deux brunes et des chauves, une dame au chapeau vert, des chats qui pelotent, des flamboyants, des photographes, des poètes, des pistaches, un historien, une encyclopédie amoureuse d'un post-it, des clopinettes,des tippie, des coquecigrues, un pêcheur, trois profs, des geeks et des belles, des gothics inside, des qui racontent et des qui regardent, des qui lisent et d'autres qui se taisent.

Des qui aiment les énumérations, parce qu'ici, des fois, il y en a.
Des qui supportent les creux, pasqu'y en a aussi.
Des qui passent sans commenter, mais qui parfois-et même finalement assez souvent, envoient un petit mot en privé. Le genre qui vous transforme l'intérieur en loukoum que c'en est une honte.



La première photo c'était celle-ci.


Le moins qu'on puisse dire... c'est que j'avais de la marge.

4 ans. J'en reviens pas*



*Comment ça vous non plus?

31.1.10

Minuit


Sous la fenêtre glaciale
Je vois deux lunes
Et ta main sur mon sein gauche.

29.1.10

Observations à l'usage des sociétés savantes.

Non, non, le chat
étendu tout du long
à côté du poêle ronflant
ne dort pas.
Le chat est un savant
à l'âme froide et résolue.
J'ai bien compris :
Il fait la mouette
attendant le prochain courant chaud
pour décoller.

~~~

J'ai failli rire du moineau
qui traverse en sautillant
j'ai oublié qu'à l'oiseau,
la marche est un sport de haut risque.

28.1.10

En hommage à Salinger


Un jour rêvé pour le poisson banane.

(Bon, il avait l'âge. Mais n'empêche, la Faucheuse et l'Ankou ont décidé de faire gras, ce mois de Janvier...)

24.1.10

D'une réponse aux commentaires, un peu en forme de profession de foi...

Merci à tous ceux qui ont déposé un petit mot sur le message précédent. Je laisse sédimenter chacun d'eux et je verrai bien ce qu'il en sortira.
Etre médecin, c'est prendre sur soi une partie de l'histoire des gens. Il est des moments où il faut choisir, volontairement, délibérément, de ne pas se poser de questions. Il est malcommode de réanimer quelqu'un en se demandant si ce dernier en a vraiment envie. Ce n'est pas que la question n'existe plus, c'est qu'on la sort du champ de ses outils de travail. Ce qui est bien plus facile d'ailleurs quand on se l'est posée.
Dans mon exercice particulier, qui comporte infiniment plus d'écoute que de gestes, c'est ce genre de questions même qui est l'outil. Il y a longtemps que la fonction de dépistage s'est éclipsée au profit d'un travail de prévention plus difficile à définir. Quelque chose que j'appelle la fonction de pierre de résilience, du caillou au bord des routes qui tente de faire dérailler les trajectoires promises à l'échec scolaire, à la tentative de suicide, à l'agression d'un tiers, au dentier à 30 ans, à l'obésité morbide, à la grossesse non désirée, au refuge dans le statut du débile.

Mais il y a une autre trajectoire programmée qui m'inquiète d'autant plus qu'elle est un corollaire de l'action que j'entreprends : c'est la façon dont une particularité identifiée, dont il est nécessaire de s'occuper devient une façon extrêmement emprisonnante de définir un individu.
Ainsi, s'il m'est nécessaire de définir comment un trouble du langage de type dyslexie agit et infiltre négativement une part de la scolarité, il m'est tout à fait nécessaire de poser qu'un trouble neurologique n'a jamais fait ni une personnalité, ni un destin.

Et encore, la question se pose bien plus simplement quand il s'agit d'une particularité vécue assez consensuellement comme un trouble, que quand il s'agit d'une particularité tenue pour une variante.

Charybde, c'est nier la particularité lourde à porter. Scylla, c'est rapporter l'ensemble des éléments à cette particularité et priver l'individu d'un espace de négociation interne indispensable à sa construction.
Si je reprends l'exemple de la dyslexie, l'identifier ne doit pas conduire à priver un enfant de la résolution du conflit entre le désir d'apprendre et le bonheur regressif de la paresse.

En ce qui concerne mon petit jeune homme, je veux bien l'écouter autant qu'il voudra, mais ça ne suffit pas. Je dois me demander quelle partie du puzzle s'adresse au médecin.
Ce n'est pas l'homosexualité qui me questionne en soi. C'est la question de la révélation à sa famille. La récurrence avec laquelle cette révélation produit comme conséquence de la violence à enfant, physique ou psychologique, m'oblige à tenir la question ouverte.
Par ailleurs, je vois bien comment Eric-représentatif en cela, me semble-t-il, d'un certain nombre de pédéblogueurs- se remémore ses années lycées comme celle du secret imposé épouvantablement lourd. Qu'il soit en ceci rassuré : en ce qui concerne mon cas clinique, il doit y avoir seulement 17% du lycée qui n'est pas au courant. Et il pratique une activité dans laquelle il me semble avoir non seulement compréhension, mais en plus un beau vivier de zamoureux potentiels.
Donc, ce n'est pas par peur du rejet de son propre groupe social qu'il est venu me voir.

C'est vraiment lié à sa famille et plus encore, à mon humble avis, à son père. Et c'est là qu'est mon Scylla. Il m'est arrivé d'annoncer une grossesse à une famille, en nom et place de la jeune fille, parce qu'il y avait urgence à statuer et éviter un bain de sang. Mais j'ai toujours considéré cela comme un recours ultime.
Dans ce cas précis, il n'y a pas urgence. Je vis comme un écueil de priver ce jeune homme d'une négociation indispensable : pour quoi a-t-il un besoin si urgent de le dire? A qui?
N'y a-t-il pas, dans cette urgence à se définir comme pédé une esquive de la difficulté obligatoire, inévitable, de se définir comme un individu au regard de ses parents? Dans cette envie terrifiée (qui est la définition de l'ambivalence) de risquer la phrase fatale "Tu n'es plus mon fils!", n'y a-t-il une façon d'enterrer la question "En quoi, je suis et demeurerai quand même le fils de cet homme que pour l'instant je méprise?"


Bref, bien qu'ayant cultivé une certaine maîtrise dans l'art d'éviter qu'on me lance mon bureau à la figure lors des premières minutes de débats houleux, je ne suis pas pressée d'ouvrir celui-ci.

Merci encore à ceux qui ont alimenté ma réflexion!

PS : je me relis et je vois bien que les questions que je me pose sont finalement bien plus générales que je pensais au départ et peuvent tout autant s'appliquer à la façon dont le monde adulte a fait main-basse sur la sexualité adolescente en général...

21.1.10

Les voleurs de feu



Il voudrait que je l'aide à le dire à ses parents.
Ou plus exactement, je crois qu'il voudrait que je le dise zeugmatiquement à son père et à sa place.
Qu'il a fait l'amour et que c'était avec un garçon.
J'ai un œil sur les statistiques qui me montrent que, oui, il y a un risque largement supérieur à celui de certain virus grippal pour que son père le vire du domicile familial. Ou pour que cette seule anticipation le précipite au bord de la fenêtre ou un peu trop près de l'armoire à médocs.
Et puis j'ai un autre œil sur la courbe enfantine de sa joue et je me dis qu'il n'a que quinze ans, qu'il n'a personne à présenter à un repas du dimanche et que je ne conseillerais à nul adolescent de convoquer le regard de ses parents à cet acte infiniment privé.
Il ressemble à ces jeunes filles qui laissent traîner leur plaquette de pilules entamée dans la salle de bain de leurs parents.
A cet âge, faire l'amour, avec qui que ce soit, fusse avec soi-même, c'est contempler le soir venu, un éclat du feu dérobé aux Dieux. C'est accepter qu'il soit malcommode, douloureux parfois, de le garder en ses mains. C'est avoir la tentation de se soulager de son butin en le confiant à d'autres, y compris quand cela prend la forme d'un projectile lancé à la face du père, de la mère, de la menace.
Et grandir, c'est y renoncer.
C'est accepter que la brûlure dessine une trace à nulle autre semblable, à toutes superposable, ce lent passage de l'immense à l'îlot, de la découverte du plaisir à l'attachement à l'autre.
Oui, tous les adolescents ont envie de se tatouer sur le front "j'ai baisé!"
Et à tous, je témoigne que ça les regarde.
Je sais, il y a cette foutue statistique.
Mais en dehors de celle-ci, y-a-il une raison, une seule, pour que je te dise autre chose que : "garde cela pour toi, jusqu'au moment où tu pourras dire, sans peur et sans forfanterie, que tu es maintenant du côté des adultes"?
Cet infime scrupule peut-être, de me dire que la discrétion est parfois le luxe ultime de ceux que l'on a pas astreint de force au secret...



NB: Ce qu'il y a de bien, avec les modèles pas finis de cuire, c'est qu'ils vous obligent en permanence à lâcher les bonnes vieilles recettes trop éprouvées. Mes amis, voilà, après des années de boutique, que je débute dans le modèle ouvertement pédé tentant de vous refiler ses états d'âme. Qu'est ce que ce serait facile, la médecine, s'il n'y avait pas les patients... J'ai bien l'intention, pour l'instant, de ne rien faire d'autre que d'écouter. Mais s'il y a dans cette histoire quelque chose que je n'entend pas, merci, amis lecteur/trices, de venir me le corner aux oreilles.

19.1.10

Après les faux Lacostes, les faux Kokopelli...

Soit une société B. productrice de graines en procès avec l'association Kokopelli, conservatoire de semences anciennes que pour des raisons mystérieuse, l'Etat semble vouloir faire disparaître au point de l'avoir condamnée pour s'être -ô crime- intéressée à des graines non inscrites au catalogue officiel.
Motif repris par la société B. qui accuse en outre ces graines de faire courir"un danger à la population". (Le médecin que je suis, n'étant pas juriste, aimerait bien que ce point soit argumenté...)

Comment qualifier le fait que la société B. après avoir traîné dans la boue le dit conservatoire, s'enorgueillisse de mettre à son catalogue 2010 une "Tomate Kokopelli"?

Comme du marketing de fumiers?

Pétition chez cyberacteurs, ici.

16.1.10

Limites de la littérature.


Il manque un mot pour décrire l'expression offusquée, victorienne et pour tout dire incrédule, du chat qu'on pousse du fauteuil pour s'y asseoir.
Pourtant, même sa queue arrondie en point d'interrogation y crée un synonyme de scandale.

15.1.10

Mes cinquante deux lettres de rupture avec l'Education Nationale. La Numero deux.

Chère Education Nationale,

Toi et moi c'est fini.
De toute façon, tu t'en fous.
Ça fait deux mois que je fais autre chose que ce que je suis censée faire et tu ne l'as même pas remarqué.
En tous cas, tu n'as rien dit.

Tu sais ce que Maître Eolas disait des fonctionnaires de l'OFPRA, au sujet de leur mouvement de grève : des gens qui font un métier qu'ils adorent dans des conditions qu'ils détestent.
Quelle merveilleuse formule.
Et puis tu vois, c'est comme l'histoire de pince-mi et pince-moi dans un bateau. Si en plus tu nous prives de notre travail, il ne reste plus que les conditions détestables.

Pourtant, toi et moi, ça a pu être beau. Tiens, j'ai revu F. aujourd'hui. Oui, oui, tu sais, celui qui se sauvait tout le temps dans la rue en hurlant quand il paniquait? Celui qui avait la technique dite "de la toupie meurtrière" quand tu cherchais à le saisir. Ben voilà, il est en CLIS la moitié du temps et puis les parents ont accepté la prise en charge thérapeutique et il va bien. Vraiment bien. Et il démarre.
C'est un bon souvenir, parce que ce jour là, l'année dernière, tu avais accepté de prendre un risque. J'étais fière de toi, comme chaque fois que tu sais parier sur l'avenir. Et puis faut reconnaître que chaque fois que je vois cette institutrice, je me dis que quand même, t'as un art pour séduire des gens bien...

Mais ça ne peut pas toujours suffire. Tu ne peux pas maintenant te contenter de hausser les épaules quand je te parle de tous ceux que tu m' as forcée à lâcher pendant des semaines. Merde. Il y a bien plus de jeunes gens qui meurent d'actes suicidaires que de grippe, bien plus chez eux, de détresse humaine que respiratoire. Ou en tous cas, bien moins de médecins pour s'en occuper.

Alors, quand tu m'obliges à glander des heures dans un local sinistre et mal chauffé, quand je m'arrache les cheveux pour recaser des urgences dans un agenda que tu risques bien de me faire modifier encore trois fois, quand tu viens, en guise de priorité absolue et la bouche en cul de poule, me demander de valider des dispenses de sport pour des élèves opérés sept fois en trois ans, je me dis que je quitterais bien le navire, moi aussi.

Je rejoins pince-mi.

Avec mon meilleur souvenir.

Anita

13.1.10

Relance de la vaccination en milieu scolaire : un tableau d'émeute.

Une mini émeute a failli avoir lieu au Lycée de C. où se déroule la deuxième campagne de vaccination.
A 15h, le personnel mobilisé depuis 8h30 pour l'opération s'est rué sur le seul candidat en hurlant "c'est mon tour! il est à moi!"
L'enseignant a heureusement été dégagé des mains des cinq infirmiers et des trois médecins et a pu être vacciné sous surveillance policière.

12.1.10

Apprivoiser le rutabaga.

Si je faisais bien mon métier, je t'aurais remballé tout ça.
Allez hop, on déblaie, les fausses allégations, les références fantaisistes, le déni, la terreur montée de toute pièce qui en cache une autre, zou, retour dans le panier de la dame.
Mais la dame en question n'est pas ministre et somme toute, elle est sincère dans sa façon de s'arc bouter à son plaidoyer.
Son fils n'est pas plus allergique que moi et la panier-repas qu'il trimballe tous les jours n'est pas plus justifié que l'éviction de piscine chez la petite fille rendue rachitique par le port du voile intégral.
Donc, si j'obéissais à la circulaire, je dirais un non sec et je serrerai la main en disant au revoir Madame.
Mais.
Mais d'une part, faut pas trop me gratter en ce moment avec les circulaires et puis d'autre part, ce pâle rutabaga qui n'ose pas me regarder en face, il m'intrigue.
Je vois très bien d'où vient cette pseudo allergie au protéines du lait, au lactose et au gluten jamais réellement bilantée. Rajoutez-y l'absence totale de vaccination, la certitude que le chlorure de magnésium guérit le tétanos, la scolarisation à domicile et le repas froid pour éviter toute possibilité de réchauffage au micro-ondes et vous avez tout le kit du long combat contre le monde méchant qui ne songe qu'à vous empoisonner.
Je vois très bien ce qui va se passer si je fais ce que je dois. Ils vont prendre leurs cliques et leurs claques et disparaître une fois plus dans la nature. Aimant leur enfant unique et persuadés d'agir pour son bien.

Il a d'ailleurs exactement l'air de quelqu'un dont on veut la totale préservation. Et bordel de vierge enceinte, ça ne rend pas heureux, si j'en crois sa politesse vide de toute spontanéité, son expression souffreteuse, son developpement prudemment arrêté au bord de l'adolescence.
Doit rire une fois par an et fréquemment laisser son tour à un camarade plus motivé.

Alors, quitte à bouffer son fenouil cru, autant qu'il le fasse à la cantine, avec les autres, même si le choc culturel avec les grands couillons habituels peut être rude. Il y en a des plus fins que d'autres, dans la masse et il semble trouver sa place. De toute façon, il a beau se retenir, les poils lui poussent et dans le grand 8 qui l'attend, bien malin celui qui sait ce qu'il prendra ou laissera de ces deux discours si différents.

Je vais tâcher d'obtenir au moins une vaccination anti tétanique, sans trop y croire, mais surtout, je vais tâcher qu'il reste avec nous. Et puis, ça m'amusera de voir comment il va s'y prendre pour faire chier les adultes.
Ça m'étonnerait quand même qu'on le retrouve tatoué jusqu'aux yeux ou avec des piercings en quinconce sur la langue. Au stade où en sont ses parents, il a des armes beaucoup plus économiques que cela.
Un BN lui suffira. Un hamburger, s'il veut vraiment la guerre.

9.1.10

Je ne veux pas de bisous

Il m'écrit un bisou.
Mais je n'en veux pas.
Oh, j'en connais l'espèce, à qui ne serait-elle pas familière?
Un bisou borde les peines, clôt les lèvres.
C'est une monnaie de billon, un passe-avant
La paix achetée.

Laisse-moi un baiser...
Même incomplet, même frustré
un baiser entrouvert
comme l'éraflure d'une bête acclimatée
redevenue indocile

Je veux la trace de la comète
la traîne et le sillage
les berges d'un manque

Je veux la flèche
un instant suspendue
la seconde de trop
juste au coin des lèvres

et l'ironique cicatrice
de la bienséance.

8.1.10

Mes cinquante deux lettres de rupture avec l'Education Nationale. La Numéro Un.


Sur une idée de Still-que je laisse se débrouiller avec son humour et son institution qu'elle a-j'entame une nouvelle rubrique. Peut-être hebdomadaire, mais avec moi rien n'est moins sûr.


EducNAt.

C'en est trop. Ça fait des années que tu me négliges et que tu me jettes juste des miettes. J'ai tout supporté de toi, tes exigences innombrables et contradictoires, tes sthétos qui se dévissent et mes toises baladeuses qui se décollent du mur. Et qui parfois décollent le mur.
J'ai mendié de l'essence pour ma voiture, j'ai fait des bassesses pour une gomme et trois crayons. Une fois dans la rue, j'ai quêté des timbres en pleurnichant "Pour la Fonction Publique, s'il vous plaît, donnez..."*
Tu t'en es toujours foutu sans aucune vergogne.
Oh! Quand les circonstances t'obligent à une courte honte, tu sais me faire les yeux doux.
Je dois avoir quelque part une liasse de tes mots doux et je pourrais te les jeter à la figure si tu m'y obliges. Ah! Ce ton douceâtre, ces trémolos avec lesquels tu me caresses dans le sens du poil quand ça t'arrange. Tu loues ma fidélité, ma solidité et tu m'assures de ton attachement à grand renfort de papier à en-tête qui te coûte le prix d'une forêt primaire chaque année.

Et surtout, tu connais mon point sensible, ma petite faiblesse, le pivot de tous tes chantages affectifs.
Tu sais que si je suis restée si longtemps, c'est pour ça. Et c'est pour ça que je te quitte.
Pour ce dont tu me prives depuis presque deux mois, alors que tu m'imposes un imbécile marathon.
Tu n'as pas le droit.
Tu sais bien que si j'ai tenu tout au long de ces années, c'est pour qu'Ils ne restent pas tout seuls face à toi, parce que t'as beau faire, des fois tu te rends pas compte.
Et moi, sans eux, je m'emmerde grave.

Rends-moi les mômes.

Signé : Anita.



* Authentique.

7.1.10

La plus mauvaise idéee de l'année? Ou comment trouver toujours plus con.

S'cusez, je ris.
Après le retentissant vol de coussins en forme de lapin play-boy, un autre challenger pour le casse du siècle.
Ça se passe près de chez moi.
Un peu moins de 400 flacons de vaccins Panenza ont été nuitamment dérobés, ainsi que des flacons d'adjuvants totalement inutiles.
C'est déjà comique.

Mais le plus drôle revient à l'annonce de la Préfecture qui adjure la population de ne pas se "laisser vacciner hors du circuit officiel."

Donc je résume : un vaccin gratuit déjà difficile à fourguer, des revendeurs à sauvette genre qui vont te le faire à moitié prix et la Force Publique ( que Dieu la sauve du Mal et du Collectivisme) qui s'emploie à conjurer le péril afin que les innocents attirés en masse par ces soldes scintillantes ne tombent pas comme des mouches victimes d'un vrai-faux vaccin.
Surtout que je vois bien le pékin alléché par la bonne occase s'entendre avec le revendeur pour le rappel :
(Voix sépulcrale):
"Rendez-vous dans trois semaines à minuit au vieux cimetière pour la deuxième dose. Et viens seul."


Franchement, ça clôt l'affaire en beauté.
Et je vous jure que c'est pas moi!!!!

5.1.10

comptabilité exaspérée

Chère Roselyne,

grâce à ton bidouillage express, tu dis que tu vas économiser 350 millions d'euros.
Or,tu étais prête à les dépenser pour- et c'est tout à ton honneur- le bien public et la préservation des vies.

350 personnes sont mortes de froid cette année en France, soit une estimation d'1 SDF sur mille.
Beaucoup, mais alors beaucoup plus que la grippe.

Je te propose donc de reverser ces 350 millions directement à des SDF.
Un million par SDF, c'est peut être un peu beaucoup, la plupart n'ont pas des goûts de ministre et 350, c'est un peu juste pour diminuer la mortalité.
Mais avec 350 000 000 euros, à 70 000 euros une maison HLM pour 5 personnes, tu mets déjà 24 500 personnes à l'abri.



J'dis ça, moi, j'dis rien. Ch'suis pas ministre.

(OK je retourne vacciner mes pauvres profs qui n'ont pas pu le faire pendant leurs 15 jours de vacances.)

2.1.10

Elle disait



Elle disait
qu'elle ne voulait pas venir à la plage
mon enfant du bord de mer

Elle a dit
pas tout de suite
cette vague-ci
je ne l'ai pas encore vue

Nous sommes restés.
Il y avait encore

bah

deux centimètres carrés
de cette enfant
pas encore complètement salés

31.12.09

En guise de final


Eh bien, le vingt-six décembre, il n'y avait pas de musique au pub que nous avions repéré l'avant-veille. Ou bien c'était plus tôt. Ou bien plus tard.

Ceci étant, dans la bonne ville de Port Laoighise, cela ne manquait pas d'autres pubs. Nos enfants et parents nous ayant gentiment mis dehors, l'homme aux défauts uniquement continentaux et moi-même étions libres de notre soirée.
Nous passâmes un nez fureteur dans l'entrebâillement de plusieurs sombres établissements, sans pouvoir nous décider.

Jusqu'à ce que nous tombions sur ce vantail ouvert sur une cour dans laquelle fumaient quelques jeunes filles. Nous sommes entrés en baissant la tête et devant notre air un peu perplexe, une toute mignonne et court vêtue nous désigna en riant l'entrée fort bien dissimulée.

C'était petit, bondé, chaulé de blanc et totalement plein d'Irlandais. C'était donc bien un pub.

J'ai alors commis trois erreurs.

La première, c'est de m'adresser en français à l'Homme, pour lui dire quelque chose comme : "vouiii, c'est gzactement là que je veux ma bière." Ce qui attira immédiatement l'attention d'un grand diable-car oui, le diable est grand, irlandais et b'solument charming.
Et comme il s'adressait à moi dans un français parfait, je l'en complimentai et je commis ma deuxième erreur.

Je lui demandai où donc il l'avait appris, pour le manier aussi fluidement.
"aoh, j'ai habité longtemps dans une Ile du Pacifique, à V.....u plus précisément et c'est là que je l'ai parlé..."

Ceux qui connaissent l'auteur auront deviné ma troisième et fatale erreur.

"Nooon? Quelle coïncidence! figurez-vous que ma petite sœur, que je viens juste de mettre à l'avion, eh bien, elle passe une partie de sa vie justement à V....u."

Sean avait sept frères et sœurs, dont trois buvaient aussi leur Guiness au pub.
We were definetely screwed.

Les deux heures suivantes ont consisté, outre à se marrer comme des baleines, à un gigantesque jeu de bonneteau pour esquiver le maximum de tournées, réussir à en placer une et ne pas finir complètement bourrés au moment de rentrer sur une route gelée qui porte gentiment l'inscription "drive to the left."*

Je jure que ce n'est pas par mesquinerie que j'ai fini par glisser dans la tournée qu'on a réussi à payer, une des 4 bières qui m'attendaient sur le comptoir.
C'était par simple sauvegarde. Et encore, en tant que lady, j'avais droit à des demi-pintes.


Et puis, j'ai trouvé à ma sobriété (relative) un bénéfice inattendu : quand il a fallu dire adieu à ces irlandais qui mettent autant de générosité à cuiter une dame, j'étais parfaitement consciente du plaisir qu'il y avait à tenir embrassé un, deux, puis trois diables.

Et contrairement à eux, je m'en souviendrai pour longtemps.


* L'inscription est à gauche de la route. Dans l'état où nous étions, il en aurait peut-être fallu une deuxième à droite : " We said to the left, moron!"



Une excellente année à vous tous! Que vos jours soient pleins de baisers tendres, fougueux, mordants, amicaux, proches, lointains, attendus, inespérés, réconfortants, troublants...

30.12.09

L'Histoire de l'Anticyclone Givré



Dans la série des anicroches, j'aurais pu citer l'anticyclone complètement givré qui s'était fixé pour la semaine au dessus de nos têtes.
Mais...
Mais ceux qui connaissent les pays brumeux et doux peuvent s'imaginer la merveille de ce froid sec et soudain sur le paysage.

Les feuilles n'ont pas eu le temps de se racornir avant de se voir enclose dans un gel étincelant qui leur faisait comme une fourrure à l'envers. Une verte Irlande toute blanche, bordée de lumière dans chaque détail.

Car, bien sûr, il faisait beau, d'un soleil d'hiver bas et radieux qui nous éblouissait en pleine face.


Dans le jardin ancien, des nuées de merles piquaient des glaces de pommes et des rouges gorges regardaient par la fenêtre.

Nous avons pique-niqué dans Saint Stephen's Park et sur le bassin, les canards atterrissaient sur le ventre en catastrophe puis patinaient pour attraper les morceaux de soda bread que nous leur lancions.

Nos pas craquaient et le thé était noir et brûlant.



La Guiness? Patience...

29.12.09

L'Affaire de l'Homme aux Louzoù*


Nous étions enfin installés sur ce fameux ferry et je sentais ce minuscule basculement intérieur qui signe que je suis sur un objet flottant. N'importe lequel. Y compris toute espèce de fer à repasser dont je me gausse quand je les vois de l'extérieur mais que j'adopte avec ferveur dès lors qu'ils me permettent cette dilatation indubitable du temps réel : une nuit sur l'eau, des heures à voir défiler l'horizon.
Un bateau, c'est toujours un bateau, voilà.

Et puis, voyant l'Homme aux innombrables défauts frétiller lui aussi d'être sur un ptit navire, j'avais demandé s'il était possible de visiter la passerelle et, sans avoir eu de réponse enthousiaste, il m'avait été promis que la question serait posée au capitaine.

Je me réjouissais également de commander la "daily soup" et des "onions rings" parce que je voyage presque aussi immédiatement avec la nourriture qu'avec la mer.

Et tout à coup, une annonce dans le haut parleur demande un médecin.

Dans ces cas là, une partie de moi dit : "Merde. Et en plus, c'est probablement pour peanuts."
Et l'autre dit : "Merde. Espérons que c'est pour peanuts."

Mais quoi qu'il en soit, les deux parties réunies reposent la serviette sur la table et se dirigent à l'endroit annoncé.
Sur le plan médical, c'était à peu près peanuts, sinon prendre sur soi le rôle du mauvais objet qui annonce à une jeune femme qu'il était impossible que son compagnon prit la mer dans cet état sub comateux et que le surplus de médocs ingérés étant inquantifiable, il nécessitait une surveillance hospitalière.
Sur le plan humain... elle ne pouvait savoir que je comprenais très bien l'espèce d'effondrement qui l'a saisie en pensant à tout ce qui avait été préparé avec sa famille irlandaise.

Comme j'ai très bien compris le soulagement manifeste de l'officier en second, pour qui le problème n'était plus que d'arriver à faire sortir une voiture de la cale.

Je suis remontée m'occuper de mes oignons frits, que j'ai dégusté sous l'œil franchement admiratif de mes filles qui m'imaginaient déjà faire le coup de la trachéotomie au couteau économe. Un peu de respect filial, par les temps qui courent est un assaisonnement rare et friand, aussi, je ne m'en suis point privée.

Le lendemain, on m'expliqua à la réception que, non seulement nous étions invités sur la passerelle de commandement, mais également priés d'accepter un repas pour 4 personnes au motif "d'assistance médicale à un passager".

Bref, nous fîmes sur une mer d'huile, entourés de sourires chaleureux , de signes de têtes cordiaux et de sauts de marsouins, une traversée de rêve.

La pieuse admiration filiale va aussi avec les œufs au bacon, finalement.




* Louzoù, c'est les médicaments en breton

28.12.09

Et d'une suite de petits miracles.


L'Affaire du passeport

Comme je vous le disais, il est totalement impossible d'entrer dans un ferry à destination de l'Irlande sans une pièce d'identité personnelle pour toute personne, y compris un bébé.
Ils vous refusent même l'entrée du bateau car la société est passible d'une amende en cas de passage de clandestins ou assimilés.

Il est plus facile à un morceau de cheddar de traverser les frontières qu'à un être humain, fut-il la plus piquante brunette qu'on aie vu depuis Esmeralda.


Donc, le dimanche, interdits, secoués et honteux comme des corbeaux, nous refîmes le voyage en sens inverse.

Je savais, depuis l'après-midi, que jamais, au grand jamais la préfecture n'accepterait de faire un passeport en urgence pour une raison aussi futile que d'aller boire une Guiness dans l'un des trous du cul du Monde.

Mais voilà, jamais l'Homme qui trouve le seul revendeur de butagaz d'Apeldoorn ouvert un samedi matin et une pièce détachée de sous marin-nucléaire n'importe quand, sauf le jour de la Saint Vladimir, parce que c'est férié même pour la mafia russe, jamais cet homme ne s'avoue vaincu.

Derrière un miracle, il y a souvent une patiente architecture. L'Homme n'avait pas seulement réuni dès le lundi matin à 9h toutes les pièces possibles d'un passeport en urgence, au cas où la préfecture se laisserait fléchir.

Il avait dès le samedi, identifié un nom qui circulait sur les lèvres des employés de la compagnie tout aussi fermes que désolés. Un certain Monsieur B.

Il employa donc la dernière heure possible avant qu'il soit impossible de rejoindre le dernier ferry, à identifier MonsieurB.

Qui n'était rien de moins que le représentant en france de l'Immigration Irlandaise, chargé d'aplanir en général les histoires de circulation de cheddar, bien plus que celle de touristes de 9 ans nantis d'imprévoyants parents.

Et un monsieur extrêmement gentil.

Qui s'enquit de toutes les pièces que nous avions en main, s'arrêta sur le certificat de filiation.

-"Aoh, y a-t-il une photo sur ce document?
-non, mais on peut en mettre une et le faire valider à la mairie en presence de l'enfant.
-Ok, allez-y, je téléphone à L'Immigration à Rosselare et je vous rappelle."

J'ai un maire également très gentil.
L'Immigration avait envie de chanter Jingle bells
Le terroriste avait programmé son attentat à Heathrow pour plus tard.


Nous sommes donc entrés en Irlande avec un document qui n'existe nulle part ailleurs que dans notre portefeuille et la douane de Rosselare a interrompu nos explications embarassées par un :

"Yes, we know. You're a special case. Happy Christmas!"


(Demain, l'Affaire de l'Homme aux Louzoù)

De quelques anicroches...

Sachant que :

Nous découvrîmes le samedi soir, à l'entrée du ferry, que l'Irlande ne faisait pas partie de l'espace de Schengen.
Et qu'en l'occurrence, il était totalement impossible à Miss Bibi de franchir la douane sans un un acte d'identité personnelle. Bien tout le monde nous attendit à Stradbally dimanche.

Que ma route a croisé celle d'un homme qui avait abusé de diverses drogues.


Qu'il n'y avait pas de musique à l'endroit dit le 26 décembre.



Vous voulez savoir à quoi ont ressemblé mes vacances?


mais ne dégainez pas trop vite la chaleureuse compassion dont vous faites si souvent preuve à l'égard de l'auteur.

La suite du post ce soir ou demain s'intitule :

Et d'une suite de petits miracles....



Bises à vous tous, hommes ou bêtes qui passez ici et à tout bientôt.

19.12.09

la galère est provisoirement à quai

Et Anita s'en allant pour une grosse semaine est heureuse de vous offrir en avance un petit

Radeau de Noël.






En espérant quand même que le ferry vers l'Irlande, lui, tienne le coup!


Bises à vous tous, portez vous bien et faites plein de jolies bêtises.

17.12.09

La technique du Sapeur Camembert.


Médecin scolaire sur le sable attendant la deuxième vague de grippe.


Je m'étais jurée de ne plus vous bassiner avec la grippe à Chihuaha, mais voilà... C'était sans compter l'obstination démentielle du gouvernement à sauver la face et sa tentative camemberienne.

Ne sachant comment se défaire de la terre résultant du premier trou, il tâche de creuser un autre trou suffisamment grand pour y loger la terre du premier et deuxième trou.

Donc, il tâche de planquer le flop de la vaccination des élèves du secondaire en nous demandant dès la rentrée de mettre sur pied la vaccination des personnels.

Je pourrais donner une foultitude de preuves que c'est une totale absurdité, mais je préfère, ô mon lecteur chéri qui dépend de Notre Très Grand Ministère ( Que Dieu l'ai en son éclatante Sauvegarde), m'adresser à toi dans ce ton vibrant qui fait ma célébrité entre Daoulas et Trégunc:

Lecteur chéri, lectrice adorée,

Peu m'importe que tu sois, dans ce Temple-Du-Savoir-Mais-Pas-de-L'Histoire-Géo, Inspecteur d'Académie, Homme d'Entretien ou Professeur de Latin ou des Ecole.

Peu m'importe les raisons tout à fait légitimes que tu aurais de désirer te faire vacciner.

Mais si tu réfléchis bien, en obéissant à la voix de ton Ministre, tu vas attendre trois semaines et planter tes élèves pour te faire vacciner pendant tes heures de cours par un toubib qui ne voit que des mômes depuis quinze ans.

Et ce, alors que tu as quinze jours de vacances pour aller en centre dédié, à l'heure que tu veux et commencer ton immunité juste à temps pour être protégés de ces immondes monstres infectants que sont tes élèves.

Et ce, alors que lassée de jeter des doses par flacons entiers, je te proposais de venir le faire et que je ne t'ai vu qu'à trois ou quatre reprises.


Et ce, alors que probablement, on sera au début du milieu de la fin de non remontée du pic.


Alors soit gentil : téléphone à ta Caisse, fais toi éditer une hostie , un bon de vaccination.
Et laisse- moi bosser.

Je considérerai comme une injure personnelle que tu viennes la gueule enfarinée me dire que tu te considères comme une priorité que je te vaccine après 12 semaines de grippe, au détriment de tes élèves.

16.12.09

Histoire de vieux couples


Une promenade, le long de la rivière. Un cormoran sèche sur une balise, il fait froid et léger, le flot montant est rapide.
Un bon moment pour ces minimes ajustements indispensables qui sont aux vieux couples ce que le chiffon de laine est aux meubles cirés.

"Tu vois, mon cœur, des fois, ça me pèse, cette difficulté que tu as toujours à jeter les vieux trucs.

-Moi? De la difficulté? mais pas du tout, regarde : tu vois ce caillou? Eh bien il a des millions d'années et je vais le jeter sans aucune difficulté dans la rivière..."

Ploc.


Mékilékon.*


* Mais s'il croit qu'il suffit de me faire rire pour sauver son infâme paire de chaussettes... **


**A prononcer avec l'équivalent féminin du ton de: "Y connaît pas Raoul!"

15.12.09

Y a pas photo mais des fois, si.

On annonce qu'on est à peu près à 3 millions et demi de vaccinés contre la grippe H1N1, dans le millier de centres ouverts depuis le 12 novembre. Plus de 7 français sur 10 continuent à s'y montrer réticents.

En 2008,à la même époque, on annonçait le franchissement du pic des 5 millions de français sur les 9 millions invités par l'Assurance Maladie à se faire vacciner contre la grippe saisonnière.
Soit 57% d'adhésion en deux mois et demi.


Tranquillement, sans effets de manche, sans panique, sans centre, sans réquisition.

Y a pas photo.


Par contre, tiens, y a photo chez Chic des clics et tu peux voter. Sans file d'attente, sans bon et sans autres effets secondaires que d'avoir envie de participer au suivant...

14.12.09

un sigle peut en cacher un autre

Vignette de campagne électorale.

Personnages :

Madame 1 est une ex-députée qui s'est fait ravir son siège. C'est une fidèle du présiprince, mais une lambda. N'a probablement pas inventé ni le fil à couper la marche arrière, ni le robinet à beurre. Frisottée. Un peu dodue.

Madame 2 est une autre lambda. Visage un peu fatigué, mais amène. Les traits tirés. Une quarantaine pas très bien coiffée.


La scène se passe sur un marché. Madame 1 fait l'habituelle retape saisonnière, en vue des prochaines échéances.
Madame 2, doucement, mais avec détermination l'interpelle :

"Est-ce que vous savez à quel point c'est la grande misère dans l'hôpital où je travaille? Moi par exemple, j'assure presque deux services parce que ma collègue n'est pas remplacée."

Madame 1 fait alors exactement la moue que vous pouvez imaginer. Elle pince les lèvres comme ça, puis elle remonte asymétriquement les sourcils comme ça et ça donne l'expression calibrée "abinouimébon".
"Ah ça vous savez, je n'y peux rien, ça ne dépend pas de nous , toussa... Vous faites quoi d'ailleurs?"
- bin je suis là et puis là. et puis je suis à l'UMP...
- Oooooooh!
Et là, Madame 1 change complètement d'expression. La bouche s'arrrondit, les yeux aussi, tout le visage respire la sollicitude :
- Oooh écoutez, bon... Ecoutez , passez me voir à ma permanence, on va voir ce qu'on peut faire...

Et Madame 1 continue son chemin, non sans avoir abreuvé Madame 2 de recommandations chaleureuses et pressantes.

Laquelle Madame 2, le sourcil à son tour froncé semble légèrement perplexe. Visiblement, quelque chose ne passe pas dans le revirement subit de l'ex-députée.

Puis tout à coup, le visage de Madame 2 se détend, elle sourit puis pouffe puis devient carrément la proie d'un fou-rire.

Nos regards se croisent.

"UMP hé?
- Oui! Je voulais lui dire que j'étais aussi à l'Unité Médico-Psychologique!!! Elle peut toujours m'attendre à sa permanence..."


PS : où ça?

13.12.09

ma lettre au père Noël

Pour déposer dans la hotte de Tippie, cinglée mais qui s'assume, avec un zouli ruban rouge et vert, ma lettre au pernouel.


Cher Père Noël,

Merci de ta confiance. Il est tout à fait compréhensible que tu te sois senti blessé. Même si c'est en partie vrai, dire aussi brutalement à quelqu'un qu'il n'existe pas est une agression. C'est souvent le fait de gens qui ne supportent pas la déception.
Il faut absolument que tu travailles à dépasser ce sentiment de blessure. Rester auprès de ta cheminée à manger des chocolats et à boire du cocla ne t'aidera en rien. Entre être inexistant à 130 kg et illusoire à 170, le choix est quand même en faveur du premier.
Tu dis dans ta lettre que tu es dégoûté de tout, que tu n'aime plus les cheminées, que les rennes t'insupportent...
Peut-être qu'il est temps pour toi de découvrir de nouvelles choses. As-tu essayé les pompes à chaleur et les éoliennes? Change tes rennes pour des Kangourous, ils pètent sans méthane...

Ne te laisse surtout pas abattre par ton irréalité. Cela arrive à des tas de gens, tu sais.
Et puis, entre nous, est-ce que tu n'as pas une part de responsabilité dans les critiques qui te sont adressées? N'aurais-tu pas confondu le fait d'avoir des amis avec le fait de les inonder de cadeaux? Donner, c'est parfois aussi réclamer de l'amour et de l'attention.
Il est important que tu réfléchisses à tes propres demandes. N'ont-elles pas été quelque peu envahissantes ces derniers temps? Bien sûr, tu as envie de faire gagner beaucoup d'argent à ceux qui, en retour, te promettent que tu existes, puisque des milliers d'autres dépensent ce même argent.
Mais c'est un peu un cercle vicieux dont tu es prisonnier.
Tu as aussi le droit d'être différemment.
Chère Père Noël, je ne peux répondre à ta dernière demande comme tu le voudrais. Tu sais, il y trop de gens qui écrivent à Anita, courrier du cœur, et je ne peux adopter tout le monde.
Exceptionnellement, parce que tu n'existes effectivement pas, je veux bien d'accueillir une nuit, mais que les choses soient claires : en civil et pas question de râler si c'est pâtes au beurre.

Merci de ta confiance dans notre chaîne de l'amitié.
Anita.

Prison et santé mentale.

On discute souvent de la frontière parfois ténue entre l'hôpital psychiatrique et l'univers carcéral.
J'ai trop souvent accusé ce gouvernement de judiciariser ce qui, à mon avis, ressort bien plus du soin que de la coercition, pour ne pas signaler haut et fort qu'il vient de faire l'inverse.
En nommant à la tête de l'Etablissement Public de Santé Mentale de la Marne, Xavier Dousseau, membre de la Communauté Pain de Vie, condamné en 96 à 18 mois de prison dont 9 (!) fermes pour s' être enchaîné à la salle d'opération de l'hôpital dont il était le directeur-adjoint, pour empêcher des interruptions volontaires de grossesses.
Avec 10 personnes, qu'il avait fait entrer dans le bloc opératoire.


Bigre. Madame le Ministre veut faire baisser les infections nosocomiales et son Présiprince limiter les signes religieux ostentatoires?
Mauvais casting.

12.12.09

miscellanées

Régulièrement, ma live-box clignote. Il paraît que c'est normal et que je n'ai pas le droit de râler. C'est Noël et elle joue à la guirlande.

Je viens d'observer le chat. Je peux témoigner qu'il n'a pas bougé d'une patte pendant deux heures. Comment ça, moi non plus?

Ma petite sœur est malade. Le Net ne peut pas lui porter un bol de ma soupe du soir. Pourquoi y a pas un plug-in pour ça?

Je pars en Irlande pour Noël. Si, moi, j'y vais en bateau, mes commensaux prennent l'avion. J'ai renoncé à offrir des haltères et des cocottes en fonte. Mais je compte venir avec des réserves d'amandes, de chocolat, de rhum et de beurre salé. Après tout, on pèse les bagages, pas les gens.

J'ai envie de choses douces et drôles. J'ai envie qu'une de mes filles me vole un bout de plaid.
J'ai envie de ces choses qui s'exprimaient très bien autrefois dans la volute d'une cigarette, dans ces cafés de rencontre juste assez partagés entre le neutre et le chaud.

11.12.09

Gné?


(début du pic de l'Aiguille, vu du Drac, photo Wikipédia)

Bon, je sais que je vous bassine avec ça, mais...

Est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer, me faire un croquis, une formule mathématique, une sculpture en mie de pain

POUR M'EXPLIQUER CE QUE ROSELYNE ENTEND PAR DEBUT DE PIC PANDEMIQUE????????


Misère...


(Fin du pic de l'Aiguille, vu du Drac, photo Wikipédia)

10.12.09

Le partage c'est la santé...

S@rah, dite aussi la Dame de Nage ( sublimes photos du bout de notre monde) m'a communiqué cette merveilleuse adresse qui vous permet, vous aussi, de contribuer au Piquathon!

Je ne saurais la garder pour moi seule, alors, allez-y mes petits loups.
M'en veuillez pas si je ne participe pas ce soir, j'ai eu ma dose.

NB: message à Eric. Je ne sais pas si ça vaccine de tout, mais tu ne perds rien à essayer! Ça ou peigner la girafe...