8.1.10

Mes cinquante deux lettres de rupture avec l'Education Nationale. La Numéro Un.


Sur une idée de Still-que je laisse se débrouiller avec son humour et son institution qu'elle a-j'entame une nouvelle rubrique. Peut-être hebdomadaire, mais avec moi rien n'est moins sûr.


EducNAt.

C'en est trop. Ça fait des années que tu me négliges et que tu me jettes juste des miettes. J'ai tout supporté de toi, tes exigences innombrables et contradictoires, tes sthétos qui se dévissent et mes toises baladeuses qui se décollent du mur. Et qui parfois décollent le mur.
J'ai mendié de l'essence pour ma voiture, j'ai fait des bassesses pour une gomme et trois crayons. Une fois dans la rue, j'ai quêté des timbres en pleurnichant "Pour la Fonction Publique, s'il vous plaît, donnez..."*
Tu t'en es toujours foutu sans aucune vergogne.
Oh! Quand les circonstances t'obligent à une courte honte, tu sais me faire les yeux doux.
Je dois avoir quelque part une liasse de tes mots doux et je pourrais te les jeter à la figure si tu m'y obliges. Ah! Ce ton douceâtre, ces trémolos avec lesquels tu me caresses dans le sens du poil quand ça t'arrange. Tu loues ma fidélité, ma solidité et tu m'assures de ton attachement à grand renfort de papier à en-tête qui te coûte le prix d'une forêt primaire chaque année.

Et surtout, tu connais mon point sensible, ma petite faiblesse, le pivot de tous tes chantages affectifs.
Tu sais que si je suis restée si longtemps, c'est pour ça. Et c'est pour ça que je te quitte.
Pour ce dont tu me prives depuis presque deux mois, alors que tu m'imposes un imbécile marathon.
Tu n'as pas le droit.
Tu sais bien que si j'ai tenu tout au long de ces années, c'est pour qu'Ils ne restent pas tout seuls face à toi, parce que t'as beau faire, des fois tu te rends pas compte.
Et moi, sans eux, je m'emmerde grave.

Rends-moi les mômes.

Signé : Anita.



* Authentique.

5 commentaires:

Yves a dit…

Madame Anita,
En réponse à votre lettre du 8 courant*, j'ai l'honneur de vous informer que je viens d'obtenir à votre intention, une réduction de la taxe sur le papier carbone et suis prêt à vous dispenser de m'adresser vos rapports en double exemplaire, si vous revenez sur votre intention de quitter la Fonction publique.
Veuillez agréer, etc.
Luc C.

* NDC : qui ne passe plus très bien !

anita a dit…

Yves, je t'en prie! Entre l'Ednat et moi, ça n'a jamais été qu'une simple histoire de luc...

JEA a dit…

ne pas effacer la ligne de vie dans la paume des mômes...

tippie a dit…

Mais, c'est pas un bonhomme de neige, en vrai?!
Quelle illusion. :)

l'avis du psy a dit…

J'aime bien le titre de la série, ça claque comme une série d'Hokusai...