2.10.09

T'artagueule à la récré.


Ce matin-là, Z décida de ne ne pas se lever.
Comme ça.
Peut-être parce qu'il avait un peu trop fumé la veille. Parce que rien, finalement, dans cette journée, n'avait de quoi le hisser hors de son cocon de demi-sommeil. Parce qu'il faisait gris. Parce que ça faisait un moment que tout ça s'effilochait.
Il se promit, vaguement, que demain ça serait différent. Ouais, demain j'arrête de faire le con, faut quand même.
Z. bailla, pas méchant. Gentil par intermittence, feignant souvent, largué presque toujours. Pfff, quelle prise de tête.

C'est donc vers seize heures, que Z. se leva. Alors que le quartier connaissait l'un de ses pics d'animation, parce que les mères se préparaient, en groupes bavards, à aller chercher les petits à l'école.
Les grands, eux étaient déjà sortis. Le proviseur du lycée savait organiser ses emplois du temps. Sauf pour les options choisies par les élèves, maintenir une heure de cours le vendredi de 16 à 17h, c'était s'exposer au triple d'emmerdements à la vie scolaire le lundi matin. Entre les absents et les incidents, on y passait la matinée.

C'est pourquoi une bonne partie de la seconde se retrouvait là, sur le parvis, quand Z. se décida à sortir de chez lui.
Ils l'attendaient, en groupe compact, dur, hostile. De bons élèves, de ceux qui avaient parfaitement compris le jeu social. Ceux qui acceptaient la part de contrainte.
Ceux qui avaient fait alliance avec le monde adulte et en avaient accepté les valeurs.

Ils entourèrent Z.

"Tu nous dois dix briques. Alors, maintenant, tu payes."


Voilà, c'était ma réaction à chaud à l'idée abjecte de donner une prime à une classe pour lutter contre l'absentéisme des élèves.

Une classe n'existe pas. Ce n'est qu'une construction artificielle, temporaire et qui n'existe que par la commodité administrative. Une société, par contre, ça existe et le message ainsi transmis est... d'une violence cachée qui me suffoque.
Ceci étant, j'aurais pu vous pondre un truc sur la récente déclaration de Vanneste ou sur l'indécence des réactions de nos politiques aux faits-divers de la semaine.
Même arrière-goût.
A moins que, merde, ce ne soit qu'un avant-goût.

21 commentaires:

samantdi a dit…

Même écoeurement ici... Comme je suis un peu coupée du monde, j'ai appris la nouvelle par une jeune collègue qui s'en étouffait de rage...

Pour moi je suis toujours frappée de cette incrédulité qui me laisse baba, répétant : "mais c'est pas possible!"

Chaque fois, si, si, c'est possible.

Comment ça se fait qu'on arrive à fabriquer des décideurs qui pondent des idées comme ça ? D'où sortent ces gens ?

Consternant.

Cristophe a dit…

On en viendrait presque à regretter le temps des bons points.

Gilsoub a dit…

J'ai d'abord cru à un gag, et puis je me suis aperçus que l'on n'était pas le premier avril. Pour que la chose soit à son comble, il ne manque plus qu'une déclaration de Frédéric Lefevre dans son style inimitable d'arrogance parfaite. Ceci dit, si on commence à payer les élèves, Il seras bien plus facile de les licencier ;-) Et finalement le résultat sera le même, ils finiront au Pole Emploi :-(

l'âne Onyme a dit…

Oui, mais un Z ça veut dire Zoooro aussi. Zorroooo Zorrrooo Zorrrooooooo

Valérie de Haute Savoie a dit…

Et moi qui croyais que les caisses étaient vides !

JEA a dit…

@ Valérie de Haute Savoie

pas les grosses caisses des orchestres populistes...

Sar@h a dit…

Hum … Sauf que les jeunes ne sont pas des gentils fonctionnaires … Si c'est comme la prime de 400 € pour les évaluations de CM2 passées en janvier (qui sera moindre car ponctionnée soit ± 340 €) qui n'est toujours pas versée à ce jour … Les jeunes n'auront peut-être pas notre patience, je crains l'effet boomrang !

"Pour un projet extra-scolaire " lis-je … Mais qui va le monter ce projet, et à supposer que les élèves ont été assidus … quand leur verse-t-on la prime ? La veille des vacances ?
Quid de réalisation du projet ?

L'année suivante, ils ne seront peut-être pas ensemble !

À mettre en relation avec les déclarations sur les sorties scolaires :
http://eco.rue89.com/mon-oeil/2009/09/21/les-sorties-scolaires-une-perte-de-temps-dit-on-au-ministere

Après la prime à la casse, bonjour la prime à la classe !

l'âne Onyme a dit…

Oui, mais un Z ça veut dire Zoooro aussi. Zorroooo Zorrrooo Zorrrooooooo

Yves a dit…

M'enfin ! Pourquoi rejeter une idée aussi novatrice ?
Je la verrai bien appliquée à la classe des députés. Je propose même la plus grande exemplarité.
Avec la cagnotte constituée des retenues pour absences non justifiées – qui pourrait rapidement se montrer conséquente – on donnerait une prime d'encouragement aux députés qui lisent les textes avant de les voter.

anita a dit…

Une prime aux électeurs qui se rappellent de ce que disent et font les candidats?

Comme Samantdi, je me c'est pas pos... si, c'est possible.
Je me sens moins seule avec vous. Mais je ne me sens pas encore assez nombreuse.

Tu connais la dernière du gouvernement?
Ah bon, c'est la dernière? Pour de vrai?

Krazy Kitty a dit…

Mais ils y sont allés, à l'école, eux, ces gens-là ? Ils se souviennent, de ce à quoi ça ressemble ? Ils en ont une vague idée ?

C'est pas possible d'être tellement déconnecté de la réalité des gens, des groupes de gens, de la vie ? Si ? C'est possible ? Même chez les gens qui font de beaux discours dans le poste ?

Et flûte.

Boutoucoat a dit…

T' as vu l' heure ?....suis tombée du lit ....pas de la chaise mais suis sur le cu ....sont devenus fous les zozos de là-haut ?

Marianne a dit…

J'espère que les élevés des classes concernées auront la bonne idée de peaufiner l'initiative en désignant "un kapo " pour surveiller le bon déroulement .
Ce n'est pas de la merde c'est pire , la merde on peut l'évacuer aucune réaction du coté des profs ni des élevés pour l'instant!

Marianne a dit…

....... ni des associations de parents

La Marguerite du pré aux bouzes a dit…

Moi j'en veux ben d'la prime pour non absentéïsme au travail. Comme qui dirait c'serait une revalorisation de salaire...

Moukmouk a dit…

Tout faire pour accélérer l'exclusion sociale. Comment Z pourra-t-il retourner à l'école ? Un autre chagrin d'école.

Sar@h a dit…

À l'heure de la préparation de classe …
¿ Si je ne vais pas au travail demain, est-ce que l'on me promettra de meilleures vacances pour me motiver à y aller ?

C'est dommage pour celles & ceux qui fréquentaient (& travaillaient) déjà régulièrement l'école ! Enfin, ça leur donnera un aperçu de ce qui les attend dans le monde du travail …

Oxygene a dit…

Quand on a pour ministre un vendeur de shampoing, on ne peut s'attendre qu'à ce type de décision. Si j'ai bien compris le message, il est inutile que j'essaie d'intéresser mes élèves et de les motiver pour venir en cours. Ils seront payés pour ne pas s'absenter. Je vois d'ici les dérives d'une organisation impossible à gérer.

cultive ton jardin a dit…

Mais pourquoi s'étonner ou s'indigner? C'est dans le droit fil de tout ce que nous voyons à longueur de journée depuis... trop longtemps.

Chaque fois on croit avoir atteint le fond, chaque fois ils descendent, et nous font descendre plus bas.

On se fait mithridatiser.

anita a dit…

#Cultive : je sais bien. Mais je ne peux pas m'en empêcher. Je n'ai aucun syndrôme de Stockholm avec ces gens-là.
J'ai un bulletin de vote, qui ne portera jamais leur couleur.
Mais d'ici-là, quoi faire, sinon localement et inlassablement démonter leurs machines folles?
Il faudra combien de temps pour assainir ce terrain?

jardin a dit…

Ce "mithridatiser" m'était destiné à moi. Une dérisoire tentative de résister à l'accablement qui m'envahit quelquefois. Heureusement, d'autres fois, je me sens combattive et espérante.

Et aussi, il y a les moments de plaisir et de douceur, moments volés où l'on se reconstruit, comme en lisant ton billet d'hier, "apparences", que j'ai pas osé commenter de peur de l'alourdir.

Ah, petit détail, ton adresse, quand tu commentes ailleurs, renvoie sur un bug, car le http s'affiche deux fois. Ce serait dommage que quelqu'un d'inexpérimenté en blogs loupe sa rencontre avec toi à cause de ça.