27.8.08

sortir.


Il faut sortir, dit-elle. Et c'est vrai, il faut déchirer l'enveloppe une fois de plus, fendre ou feindre, mais s'extirper. Ce n'est qu'une glu de rêves mal finis, d'attentes bercées trop près du mur.
Cesse donc de te suspendre à une improbable réplique, va, bouge sans autre récompense que de sentir tes muscles à leur place de muscles, tes poumons faciles, le coeur intact malgré tout ce que tu peux en dire.
Va, il fait gris, mais cela sied à la mare minuscule comme aux larges lames de la Baie. Ponce-toi de sable et de haltes sans enjeux, tu sais si bien qu'aucune peine n'y résiste, que c'est pour cela, exactement, que tu rôdes autour du fauteuil : la crainte de voir qu'au fond, ce n'était rien, ou si peu, rien que tu n'aies connu des dizaines de fois, et franchi d'autant, rien que tu n'aies, à chaque fois, tenté de croire absolu et définitif.
Tu connais pourtant le goût fade et métallique du vrai malheur, de l'imparable. Celui là vous laisse sans larme, et sans remède, sans attendrissement, resserré sur la structure colmatée. Tu le connais assez pour savoir que cela n'a jamais constitué nul sorte de viatique pour la suite et que la fatigue t'atteindra plus sûrement que la hache.
Va. Conduis ta fatigue comme un bousier, roule-là, patiemment. Quand elle sera assez grosse, elle t'échappera.

6 commentaires:

meerkat a dit…

Ah, eh bien là c'est toi qui dis beaucoup de ce que je ressens. Et puis je fais tout pareil depuis quelques jours, je marche à grandes enjambées mais dans les champs de chaume et les bois, et je me disais justement que c'était déjà bien de sentir ses muscles, quand le reste s'englue.
Des bises et du soleil (si, il y en a !)

Yves a dit…

Femme de peine. Femme de fatigue.

Moukmouk a dit…

Marcher, s'éloigner de soi, pour se fondre dans la réalité, prendre la vrai mesure de son malheur, et revenir en accord avec la vie.

ada a dit…

Bonjour D'İzmir Anita ! Ton billet me parle: je suis en train de me demander si je ne vais pas adopter un chien: İci, tous les matins des que je me leve, le boxer de mon neveu m'acceuille avec une telle joie que c'est avec son entrain que je sors le promener des l'aube. Et pourtant marcher au bord de la mer Egee un matin d'ete c'est un tel bonheur qu'apres coup je me demande pourquoi j'avais tant la flegme. Quand je cesserai d'avoir la flegme de vivre je publierai quelques photos mais la le chien ne va pas m'etre d'un grand secours...
Je t'embrasse bien fort.

Anonyme a dit…

Ah, oui. C'est exactement ça. Celle sans larmes, sans cris.

Merci Anita...

Chroniques Blondes

Valérie de Haute Savoie a dit…

Ponce toi de sable... et me revient ce goût des pieds qui crissent, s'enfoncent légèrement, l'impression que le corps s'imprime dans la vie...