Et c'est vrai.
C'est sur le net, via Crêpe Georgette et le fil Twitter de Bladsurb, que je suis tombée sur ces photos : Talons aiguilles pointure 29
Comme vous pourrez le constater, certaines pourraient porter, en gros, l'estampille ci-dessous :

Le truc, la bêtise, le rien, Madame la Marquise, c'est que ces photos, c'est pas dans le tréfond de l'ordinateur d'un pervers écumant qu'on les trouve, mais dans le supplément "Cadeaux de Vogue -France".
Et ça ne parle même pas de la misère, parfois, de la sexualité humaine. Ça parle, monstrueusement, de la complaisance au pognon et du maquereautage des mères sur les filles.
Je vous accorde un point, accordé à un respectable confrère : ce n'est pas du p0rn∞. On ne voit pas de zezette. Vous m'en accorderez un autre : si on en voyait une, nous n'aurions pas eu envie d'écrire à Vogue. Nous aurions écrit au Procureur de la République, point barre.
Alors on a écrit à Vogue une petite lettre ouverte qu'on a été plein de toubibs à signer. 190 aux dernières nouvelles.
Juste pour rappeler qu'il y a un avant et un après du déclenchement pubertaire. Et que si, déjà, sexualiser à outrance les très jeunes adolescentes, ça craint et ça se paye en trouble de la représentation de soi, le faire avant le premier poil, c'est de l'abus.
Mais ça ne suffisait pas, bien que cette palanquée de pédiatres et de médecins Education Nationale mis ensemble, ça ait fait un joli élan de fraternité pas con.
Alors on a mis une pétition en ligne, parce que la réglementation de ces publi-reportages, elle est aussi mince que l'écart entre certains bouts de tissu sur ces petites filles et le pénal.
Parce qu'à hauteur d'enfant, qu'on pose pour les 3 chuiches ou Vogue, ça fait le même effet quand une main d'adulte vous fait croiser les jambes, un peu plus haut, oui, comme ça.
Parce qu'il ne faut pas croire qu'un enfant de 8 ans n'a pas de sexualité. Il a juste la nécessité d'en mettre les représentations à distance le plus longtemps possible, jusqu'à ce que le corps se mette à dire qu'il est temps. C'est un processus actif, qui coûte une certaine énergie. Parce qu'il n'est pas facile d'ignorer comment on fait les bébés à 8 ans, alors qu'on le sait si bien à 3.
C'est bien assez difficile pour qu'on ne laisse pas l'industrie du luxe faire joujou avec, sous prétexte qu'il faut continuer à vendre des bijoux qui n'en peuvent plus d'être laids à des émirs qui n'en peuvent plus d'être riches.
Alors, dans cette pétition, on demande à ce qu'on arrête de vendre la peau des enfants avant qu'on les ait élevés. Vous avez le droit de la signer en cliquant là, et le droit de diffuser le lien.
Une ultime précision pour ceux qui passent trop rarement dans les parages pour savoir qui est Anita et ce qu'elle prêche : l'humanité baise, parfois comme elle veut, souvent comme elle peut. Parfois, les artistes parlent notre faille, l'ambiguïté, le risque, l'irreprésentable du troublé et du troublant. Souvent à leur risque.
Il n'y a pas de publicitaires maudits attendant dans des chambres sans feu, une reconnaissance qui leur viendra dans dix ans. Leurs œuvres n'existent que dans leur monétarisation immédiate.
Ces images ne parlent pas d'enfance, ni d'art, elles ne parlent pas de ce bien si intime et si déconcertant qu'est la sexualité. Elles parlent d'une excitation orchestrée, froidement, pour faire du pognon.
PS : un immense merci et des cornes de gazelle en masse à Alain Korkos pour sa brève dans @Si














































