26.11.09

la Baleine geekette.

Ma bouilloire s'est fendue au moment de mon thé salvateur, le chat a cassé ma tasse à moustache dont il ne me restera que cette photo en souvenir, j'ai le nez dans le guidon et le guidon près du fossé...

Mais je m'en vais demain pour Paris, trop tard pour dîner avec Tippie, mais pas trop pour voir Ada et pour participer dimanche au Dotclear install party au Tamm Bara, probablement vers 11h pour profiter de la présence full-pêche de Kozlika décidée à nous faire voire plein de joulis CSS.
Vu les manips malheureuses que j'ai eu la flemme de corriger sur l'Œil de la Baleine, c'est point du lusque.

25.11.09

Le jeu des sept erreurs AREPANRIX/PANDEMRIX

« Chaque dose de 0,5 mL du vaccin ArepanrixMC H1N1 contient 3,75 µg d'hémagglutinine (HA) dérivée de la souche A/California/07/2009 (H1N1)v. L'adjuvant AS03 est constitué d'une phase huileuse, contenant une huile naturelle et biodégradable, soit le squalène (10,69 mg par dose), et du DL-α-tocophérol (huile de vitamine E; 11,86 mg par dose), mélangée à une phase aqueuse composée d'un tampon phosphate isotonique. On a recours au polysorbate 80 (Tween 80; 4,86 mg par dose), un émulsifiant, pour stabiliser l'interface huile/eau.
(Source Ministère Féderal Santé Canada)

Pandemrix suspension et émulsion pour émulsion injectable
Laboratoire GlaxoSmithKline Biologicals
Vaccin grippal pandémique à virion fragmenté inactivé, avec adjuvant, contenant 3,75 microgrammes
d’hémagglutinine de la souche A/California/7/2009 (H1N1) souche analogue utilisée (X-179A), cultivés
sur œufs embryonnés, pour une dose de 0,5 ml.
L’adjuvant AS03 est composé de squalène (10,69 milligrammes), de DL-α-tocophérol
(11,86 milligrammes) et de polysorbate 80 (4,86 milligrammes) ;
(source AFSSAPS)

Mais y sont pas pareils du tout, dit le bon Docteur Courcier, responsable de GSK interrogée sur les cas de chocs anaphylactiques après injection de vaccin provenant d'un lot vaccinal AREPANRIX retiré par précaution.

Je m'empresse donc de relayer l'information :
Nos squalènes français sont élevés sous la mère, notre polysorbate est bio et notre souche california a un bon goût de terroir.
C'est ça, l'exception culturelle (sur œufs embryonnés) française.

Quand je vous dis que, dans l'histoire, le grand perdant, c'est la santé publique.
Quand je vous dis qu'avec ce genre de conneries, on va mettre des années avant de restaurer la nécessaire confiance dans les vaccins.

Ils sont décourageants.

22.11.09

De la grippe et de ses effets sur l'intelligence.


Je ne joue pas souvent au docteur sur mon blog, mais je lis tellement de stupéfiantes âneries sur la grippe que ça me démange d'ajouter mon virion à cette pandémie.
Entre Chatel qui confond l'élévation de température des élèves avec celle des préfets et calcule son épidémie au nombre de classes fermées et les apocalyptiques qui braillent qu'on va vacciner nos enfants de force avec du bouillon d'onze heures dans lequel le médecin scolaire aura soigneusement pris soin de cracher pour qu'il soit plus infectant...
Le dernier truc en date, c'est la fameuse mutation norvégienne qui est prête à nous faire le coup du parapluie bulgare.
Je voudrais juste rappeler qu'un virus, ça mute. C'est même l'une des conditions de sa survie avec celle de ne pas tuer tout le monde.
L'ultra méchant qui tue stupidement tous ses hôtes et qu'est même pas capab' de changer de déguisement pour aller infecter ceux qui lui ont échappé la première fois n'est qu'un gros nigaud qui finit le cul dans dans les poubelles de l'Evolution. Et toc.

Donc ça mute, un peu beaucoup. En l'occurrence, assez peu. La piste de recherche, c'est toujours d'essayer de comprendre ce qui se passe dans ces formes éclairs qui touchent les sujets jeunes et sains. Faut pas en vouloir aux médecins : depuis que le premier s'est mis en tête que la merde n'était pas une fatalité, un médecin ça cherche. Et tant qu'ils n'ont pas fini dans les dites poubelles de l'Evolution, c'est qu'ils ont une raison d'être.

La question de savoir si le vaccin marchera encore, un peu ou beaucoup, c'est une question de gens qui, sans le vouloir, accréditent l'idée que ce virus est tellement féroce qu'une imprécision dans le dispositif, ça vous condamne à jouer à la roulette russe.


Bon, c'est une grippe. Pas la peste noire. Une grippe. Et ça peut être chiant, une grippe. On s'en remet le plus souvent. Et toujours, on peut en mourir. Souvent, c'est une façon de s'en aller quand on a beaucoup lutté, beaucoup bataillé. Mais pour les proches qui tiennent à vous, ça peut être très douloureux de vous voir partir comme cela, en se disant qu'on aurait pu, qu'on aurait dû tout tenter pour vous protéger de ce virus.
Ou pas.

Bon, le vaccin c'est un vaccin contre une grippe. C'est à dire, aussi bon, ou aussi mauvais, parce que l'immunité réelle contre le virus saisonnier, elle est moyenne.
Pas nulle, mais moyenne. Suffisante pour affirmer son bénéfice en tout cas pour les soignants. S'ils se vaccinent, leurs patients meurent moins. Et sans doute profitable à ceux qui ont des facteurs de risque.
Un vaccin qu'il faut tenter de voir comme une des manières de protéger les plus vulnérables en diminuant la quantité de virus circulant.
Profitable aux laboratoires? Oui, aussi.

Ce n'est pas le seul médicament qui fasse le bonheur des actionnaires. Et là,on retombe sur l'autre volet de mon exaspération : l'espèce de kidnapping des pouvoirs publics sur la question, pour faire de cette grippe la catastrophe sanitaire du siècle, alors que la mortalité de la route sera dix fois supérieure et que la rougeole décime les enfants des pays émergents.
Croyez-bien que si un jour, une catastrophe s'abat sur nous, je devancerai la réquisition et je mettrai ma vie personnelle en suspend. Sans aucune espèce d'hésitation.
Mais en l'occurrence, cela fait plusieurs mois, que les indicateurs, en particulier ce qui s'est passé dans l'hémisphère sud nous ont écartés des hypothèses pessimistes de départ.
Et la mise entre parenthèse de mon travail pour une vaccination de masse, ça me fait braire.
Toutes ces questions sur la grippe, l'opportunité d'une vaccination, le choix même du type de vaccin auraient du retourner dans les cabinets des médecins, dans une vraie relation de soin, éclairés par le travail nécessairement lent, patient et parfois ingrat des vrais épidémiologues.

Parce que la science des épidémies, elle est comme ça : elle ne supporte ni les projecteurs des télés, ni le scintillement des Rolex.

14.11.09

Jour blanc en Baie d'Audierne

Chez moi, quand il vente longtemps, il finit par neiger de la mer sur la grève.





Pour un temps, un temps seulement, l'écume accepte de prendre la pose


Les enfants soufflent des flocons salés
jusque sur les voitures






Le bar de l'Océan joue les héros à bon compte



Ce n'est que de la mousse.

13.11.09

Pour une fée


En Aorakit, à carrosser en ce qu'elle veut, ile volante, coin du feu, clafoutis, luxe calme et volupté...


Bon Anniversaire, belle Kozlika!

10.11.09

D'une contribution à l'identité française

Adoncques, le très vaillant Eric Raoult vient de faire proclamer en notre bon Royaume que quiconque aurait reçu le Prix Goncourt des blanches mains de l'Oint du Seigneur par autorisation spéciale du comité de Censure, se devrait, pour l'éternité, de fermer sa goule devant les inepties, stupidités, balourdises, maleconduite, vilénies et autres scélératesses advenant sous ses yeux.

N'ayant pas encore reçu le prix en question, je me permets de poser naïvement, et sans perfidie aucune la question suivante : les deux Goncourt, z'étaient pas un peu potes avec le Zola qui s'est fendu d'un vibrant "J'accuse", pourfendant une droite nationaliste honteusement compromise dans un déni de justice?

Ces immigrés de fraîche date, quand même...

Madame N'Dyaye, félicitations. Pis des bises et des embruns, tiens!

Mais puisqu'on vous dit qu'il y était!

Et même depuis le début!
On a les preuves :



Edit : huhu, je viens de voir dans Libé qu'un certain Zorrodeconduite a eu la même idée que moi. Ou moi la même que lui. Faudrait voir l'heure à la Ro%lex pour savoir kikiyétai avant.
Ou pas, hein!

8.11.09

4.11.09

Protéger, alerter, secourir

si tu vois la mouette
nette
change de lunettes
Si tu veux voir plus grand
clique sur l'image


Pêché, sur le rapport annuel de la Cimade, cette histoire exemplaire. Presque une parabole.
On y apprend qu'au centre de rétention de Paris, Monsieur Z.commence par s'engueuler avec Monsieur Y., demande l'intervention d'un policier parce que le Monsieur Y. paraît un peu franchement décalqué, et, comme la force publique n'est pas disponible, balance, paraît-il à l'adresse de son co-retenu, un vibrant "fils de pute".
La force publique, ayant pris l'insulte pour elle-même, se trouve alors totalement disponible pour entamer une explication musclée avec Monsieur Z.
Bref, noms d'oiseaux et horions plus tard, les rapports de Monsieur Z avec les représentants de l'ordre étaient devenus franchement mauvais.

Par contre, Monsieur Z. n'éprouvait sans doute aucune rancune envers Monsieur Y. puisque, le surprenant en train de se pendre poliment dans les toilettes sans déranger personne, il frappe immédiatement à la fenêtre pour attirer l'attention de ... ben de la force publique.
Laquelle n'est pas plus immédiatement disponible que la première fois.

C'est là que Monsieur Z. a un éclair de pur génie, un sens de l'urgence tel que je lui voterais son diplôme de premier secours dans la minute : il déplie soigneusement son medius et adresse, par la fenêtre, un doigt d'honneur sans ambiguïté à l'adresse du Pandore.

Après quoi, certain d'avoir déclenché l'action sans délai de qui vous savez, il retourne soutenir Monsieur Y. de ses épaules vaillantes, jusqu'à ce que le drap qui l'étrangle soit coupé.

Paraît qu'on ne lui a même pas dit merci.
Merci Monsieur Z.


(c'était notre séquence : peut-on rire de tout? Oui, mais pas avec n'importe qui...)
(pour ceux qui veulent, mais c'est pas drôle à chaque page, le rapport de la Cimade est téléchargeable ici. Quant à ce qui veule...)

3.11.09

Nota

Le précédent message concernant le placement d'enfants en centre de rétention pour étrangers a été mis hors ligne.
Non que je l'aie renié.
Mais une revue de pédiatrie a décidé de le publier.
Je le retire donc de cet espace semi public pour le soutenir sous mon vrai nom.
Merci à tous de vos commentaires.

1.11.09

Plus ça change, plus c'est la même chose.

Parfois, de mon poste d'observation, je vois quelque chose frémir. Quelque chose qui me fait balayer rapidement ma mémoire professionnelle pour convenir, que oui, c'est bien une sorte de première fois.

En l'occurrence, c'est moins la répétition à une semaine d'intervalle qui m'a frappé, que l'absence de complication.

Peut-être que la plus spectaculaire dans sa paradoxale neutralité, fut cette grande jeune fille assez gauche. Examen de routine d'aptitude en lycée professionnel, parcours assez standard de limitation scolaire aboutissant en une formation peu qualifiante. Pas de drame pour autant, pas la joie, mais sans plus. Examen de routine, pêche standard, outils polis de longue date, pas forcément subtils, mais éprouvés. L'important n'est pas de tout savoir, mais d'indiquer que tout est abordable, que c'est l'occasion de ne pas repartir avec une question qui pourraient empoisonner ses dix-sept ans.
"Médicaments?
-Non.
-Contraception?
-Non.
-Pas besoin, pas envie, des questions?
-Pas besoin.
-OK.
-J'aime pas les mecs."

Là, quand même, je lève un sourcil un peu plus subtil. Formulé comme cela, cela peut vouloir dire bien des choses, y compris la rancune.
Mais non.
- J'aime que les filles".

Et le sourire est paisible, qui ne quête aucune compréhension de ma part et qui, par là même, dit celle de l'entourage proche.
Passons donc à l'hameçon suivant.


Le deuxième fut un peu plus complexe, parce qu'adressé par l'infirmière. Celui là avait semé sur son chemin des petits cailloux légèrement plus inquiétants, depuis des mouchoirs roulés en boule en passant par des petits comprimés roses et des monosyllabes indiquant qu'un adulte était dans le paysage.
Le jeune homme ayant atteint l'âge du consentement, la question à élaguer, au vu de ce qu'il manifestait, était principalement de vérifier qu'il s'agissait bien d'un oui, libre de contrainte.
Assez rapidement convaincue qu'il avait été aussi désirant que son partenaire majeur, le médecin s'est mis en retrait, laissant place à l'auditrice.
J'étais juste un peu en colère contre mon confrère, parce que franchement, les petits bonbons roses, on aurait pu s'en passer. Il lui aurait suffit de virer les parents dans la salle d'attente pour faire le même diagnostic que moi. Désirer, plaire, séduire, chercher, provoquer, ça empêche les adolescents de s'endormir le soir. Et parfois, ça fait pleurer, des larmes d'anticipation crispantes et délicieuses. La belle affaire...


Bien sûr, il reste le risque, sociologiquement non négligeable, de voir le père du dit jeune-homme oublier qu'il est un père et flanquer son fils à la porte en hurlant "pas de ça chez nous!", mais le pire n'est pas toujours sûr et pour l'instant, je peux me contenter d'écouter l'à-peine sorti d'enfance parler de "sa différence". (sic, hein!)
En songeant, mon tout beau, que ton mélange d'inquiétude vraie et de provocation faraude, ta façon de clabauder ton secret absolu à des dizaines d'oreilles, ton envie de cacher cela à tes parents tout en faisant tout pour qu'ils s'en aperçoivent, ton discret, mais perceptible regret de ne pas arriver à me scandaliser, tout ceci te rend extrêmement semblable à d'autres adolescents que j'ai vus dans ce bureau.

Ce n'est pas de tes camarades de classe dont j'ai envie de te différencier. C'est de cet autre tout neuf désirant qui fut le premier à me dire, il y a pas tout à fait vingt ans, " Docteur, je crois que je suis homosexuel." Fait qui n'aurait entrainé nulle consultation, si ce n'est que cette fois, les cachets étaient blancs au lieu d'être roses, aussi blancs que celui qui les avait avalés tous d'un seul coup, crevant de ne pouvoir dire, émerveillé, fat, candide et horripilant, qu'il avait fait l'amour pour la première fois.

Que veux-tu, moi, j'aime bien quand le médecin n'est pas concerné.